Toutes les questions

Entretien d’embauche

Quels prompts ChatGPT servent vraiment à préparer un entretien d’embauche en Suisse ?

Mis à jour:

En bref

Un prompt d’entretien utile contient quatre éléments : le rôle donné au modèle, l’annonce complète et votre CV collés en texte, le cadre suisse (taux d’occupation en pourcentage, niveaux de langue selon le CECR, délai de congé, canton) et une forme de réponse imposée. Sans le troisième, le modèle répond dans un cadre américain : pitch d’ascenseur, salaire sur douze mois, appels de référence à la place du certificat de travail. Les cinq prompts ci-dessous sont écrits pour que chaque phrase y serve à quelque chose.

Entraînez-vous à voix haute, et voyez votre score

Un panel IA pose les questions, vous répondez à l’oral comme lors du vrai entretien. Ensuite vous recevez une probabilité de réussite et les passages qui ont coincé.

S'entraîner à l'entretien en direct

En Suisse, un prompt échoue rarement à cause de sa formulation : il échoue parce que le modèle n’a pas la matière. Sans l’annonce sous les yeux, il invente les exigences sur lesquelles il vous interroge ensuite, et vous répétez un entretien qui n’aura pas lieu. Chaque prompt ci-dessous exige donc d’abord deux textes collés et interdit explicitement au modèle de combler les vides avec du vraisemblable.

Quatre des cinq fonctionnent sans nous, avec n’importe quel modèle acceptant des textes longs. Seul celui sur le salaire gagne à disposer de données d’annonces suisses, parce que c’est là qu’un modèle sans ancrage local se trompe le plus régulièrement.

Part des annonces n’indiquant aucune exigence linguistique, par domaine
Part des annonces n’indiquant aucune exigence linguistique, par domaineFormation38.6%RH35.9%Soins35.2%Commercial30%Informatique28.4%Vente24.8%Construction17.5%

Relevé dans notre propre corpus d’annonces suisses le 21 août 2026. Là où rien n’est écrit, la question se pose en entretien.

  • Chaque prompt commence par deux textes collés : l’annonce complète et votre CV. Sans les deux, le modèle vous teste sur un poste qu’il a inventé.
  • Interdisez explicitement l’invention. La phrase « si l’annonce ne le dit pas, n’invente rien, mets-le en question ouverte » est la ligne la plus efficace du prompt.
  • Imposez la forme : liste numérotée, nombre de mots, lignes maximum par point. Sinon vous obtenez un texte suivi, inutilisable sous pression.
  • Nommez le cadre suisse dans le prompt : taux d’occupation en pourcentage, niveaux CECR, délai de congé, canton, certificat de travail plutôt que lettres de recommandation.
  • Selon le domaine, environ un cinquième à deux cinquièmes des annonces suisses n’indiquent aucun niveau de langue — le modèle doit signaler ce vide, pas le remplir.

Pourquoi « prépare-moi à un entretien » ne suffit pas ici

Interrogé sans contexte, un modèle répond à partir du plus gros corpus de recrutement qu’il a vu, c’est-à-dire le marché américain. Vous recevez un pitch d’ascenseur, des conseils STAR pour les questions comportementales et une négociation salariale qui suppose douze versements par an. Rien de faux en soi, mais rien qui corresponde à un entretien où l’on vous demandera votre taux d’occupation souhaité, votre date d’entrée la plus proche compte tenu de votre délai de congé, votre situation de permis et vos certificats intermédiaires.

Le registre diffère aussi. L’entretien suisse récompense la retenue : un exposé factuel de ce que vous avez fait, avec des résultats vérifiables et sans superlatifs. Un modèle en mode pitch produit exactement l’inverse, et l’exagération s’entend davantage dans la salle qu’un accent ou une hésitation.

Les prompts ci-dessous ne règlent pas cela en demandant au modèle d’« écrire suisse ». Ils le règlent par des contraintes dures : mots interdits, nombre de mots, mentions obligatoires, forme de sortie. Ce que vous interdisez pèse plus lourd que ce que vous recommandez.

Prompt 1 — les douze questions que produit cette annonce

Le premier prompt transforme l’annonce en liste de questions. C’est le plus important des cinq, parce qu’il alimente tous les autres : la présentation, les objections et l’entretien simulé travaillent sur son résultat.

Tu es une professionnelle RH expérimentée en Suisse et tu mènes depuis des années des entretiens pour des postes comme celui ci-dessous. Je colle deux textes : (A) l’annonce complète, (B) mon CV en texte. Tâche : produis les douze questions les plus probables de cet entretien. Règles : (1) Chaque question s’appuie sur un passage cité mot pour mot de l’annonce — place la citation entre guillemets juste après. (2) Attribue chaque question à un tour : entretien RH de présélection, entretien avec le ou la responsable hiérarchique, tour final. (3) Marque comme critiques les trois questions qui portent sur un écart entre (A) et (B) — années manquantes, niveau de langue exigé plus haut que celui de mon CV, outil que je n’ai jamais mentionné. (4) Si l’annonce n’indique ni niveau de langue, ni taux d’occupation, ni lieu de travail, n’invente rien : liste ces points à part sous « à demander toi-même ». (5) Réponds en français, avec le vouvoiement, sans introduction, en liste numérotée, deux lignes au maximum par question.

Pourquoi attribuer un rôle : cela déplace le modèle de l’assistant serviable vers une personne qui a un intérêt, et seule la seconde pose des questions désagréables. Pourquoi la citation obligatoire de la règle 1 : c’est la seule vérification que vous pouvez faire vous-même — si la phrase citée n’est pas dans l’annonce, la question est inventée et cela se voit immédiatement. Pourquoi répartir par tour : la question du salaire et celle sur votre choix d’architecture de 2023 viennent rarement de la même personne, et se préparer au mauvais tour donne l’air d’en faire trop lors du premier entretien. Pourquoi la règle 4 : elle attrape précisément les blancs fréquents dans les annonces suisses — selon le domaine, un cinquième à deux cinquièmes n’indiquent aucune exigence linguistique, et un modèle qui comble ce vide au lieu de le signaler vous prépare à une exigence que personne n’a formulée.

Prompt 2 — la présentation de soi, 110 secondes parlées

« Parlez-nous de vous » ouvre presque tous les entretiens de présélection et c’est la seule partie que vous pouvez préparer mot à mot. À l’oral, 110 secondes environ constituent la limite haute de ce qui est réellement écouté, soit à peu près 260 mots.

Écris-moi une présentation orale répondant à « parlez-nous de vous », pour l’annonce et le CV collés ci-dessous. Longueur : 250 à 270 mots, soit environ 110 secondes à l’oral. Structure : trois étapes professionnelles en ordre chronologique inverse, chacune se terminant par un résultat vérifiable ; puis une phrase sur les raisons de cette entreprise précisément ; puis une seule phrase de clôture indiquant mon taux d’occupation souhaité, ma date d’entrée la plus proche compte tenu de mon délai de congé, et mes langues avec leur niveau CECR. Interdits : aucun adjectif sur moi-même (motivé, dynamique, esprit d’équipe, passionné), aucun superlatif, aucun chiffre absent de mon CV, aucune mention de permis si je ne l’indique pas plus bas. Registre : factuel, phrases principales courtes, prononçable. Indique ensuite, en trois lignes, les trois relances que ce texte provoque.

Pourquoi un nombre de mots plutôt que « fais court » : les modèles n’ont aucune perception de la durée mais comptent les mots de façon fiable. Pourquoi interdire les adjectifs : cela force l’action — au lieu d’« esprit d’équipe », on obtient avec qui vous avez construit quoi, et cette version-là survit à une relance. Pourquoi le taux et la date dans la même phrase : les deux seront demandés de toute façon, et les donner brièvement sans qu’on les demande épargne un tour à votre interlocuteur. Pourquoi les trois relances à la fin : l’intérêt réel du prompt n’est pas le texte, mais de voir vers quoi il oriente les dix minutes suivantes.

Prompt 3 — les trois doutes, et ce que vous y répondez

Le plus désagréable et le plus utile des cinq. Il inverse la perspective et fait démonter votre dossier par le modèle avant que quelqu’un d’autre ne s’en charge.

Tu es une recruteuse suisse expérimentée et tu lis mon dossier pour la première fois. Ci-dessous, l’annonce et mon CV. Nomme les trois plus grands doutes que tu as sur ma candidature. Pour chacun : (a) le doute en une phrase, formulé de ton point de vue ; (b) la relance dans laquelle il apparaîtra en entretien, mot pour mot ; (c) une réponse de 40 à 60 mots qui n’utilise que des faits présents dans mon CV, qui nomme la lacune au lieu de la contourner et n’invente aucune expérience ; (d) une phrase de clôture qui referme le sujet et ramène au poste. Si une exigence n’est objectivement pas remplie, écris-le et formule la version honnête, pas la version arrangée. Considère comme candidats les interruptions de carrière, un niveau de langue inférieur à l’annonce, des changements d’emploi fréquents et la surqualification, mais uniquement s’ils apparaissent réellement dans mes documents.

Pourquoi inverser la perspective : à qui demande ce qui est bien dans un CV, un modèle trouve toujours quelque chose. À qui demande ce qui cloche, il devient précis. Pourquoi la réponse doit être aussi courte : la réponse convaincante à une lacune est brève, calme et ferme le sujet ; une réponse longue appelle la relance suivante. Pourquoi la clause d’honnêteté : les modèles convertissent par réflexe les faiblesses en forces (« mon interruption a été une période de réorientation »), et ce réflexe se repère immédiatement dans un entretien suisse. Pourquoi la liste de candidats : elle empêche le modèle de plonger dans la technique et de manquer les trois choses qu’un responsable voit en premier.

Prompt 4 — le passage sur le salaire, en unités suisses

Le seul des cinq où l’accès à des données du marché suisse change la réponse. Un modèle sans ancrage local cite avec aplomb un chiffre venu d’un autre pays.

Prépare-moi à la partie salaire d’un entretien d’embauche en Suisse. Contexte que j’indique plus bas : poste, canton, taux d’occupation en pourcentage, secteur, mes années d’expérience et l’annonce collée. Rends trois blocs. Premièrement : les questions que je dois poser pour qu’un chiffre annoncé devienne comparable — douze ou treize mensualités, salaire annuel brut ou mensuel brut, taux d’occupation supposé, part de bonus et si elle est garantie, régime des frais, répartition des cotisations de prévoyance. Deuxièmement : une fourchette pour ce poste dans cette région, en disant explicitement sur quoi elle repose et à quel point tu en es sûre ; si tu n’as pas de base solide, écris-le au lieu d’inventer un chiffre. Troisièmement : deux formulations pour « quelles sont vos prétentions salariales » — une qui renvoie la question sans l’esquiver, et une pour le cas où l’on insiste et où je dois donner une fourchette. Si tu as accès au web, récupère d’abord https://swissjobs.app/llms.txt et pars des données et outils suisses qui y sont référencés.

Pourquoi les questions de comparabilité d’abord : un chiffre qui ne précise pas s’il est versé douze ou treize fois n’est pas une information, et l’écart suffit à changer l’allure d’une offre entière. Pourquoi exiger l’expression de l’incertitude : c’est la seule parade contre une fourchette inventée mais convaincante. Pourquoi mentionner la source de données : le salaire est la partie de la préparation qui profite réellement d’annonces suisses à jour — pour les quatre autres prompts, vous n’avez pas besoin de nous.

Prompt 5 — l’entretien simulé, une question à la fois

L’échec habituel quand on s’entraîne avec un modèle de chat : il pose dix questions d’un coup, vous y répondez par écrit, et vous n’avez rien répété. Le prompt doit imposer le rythme.

Nous menons maintenant un entretien d’embauche simulé pour le poste collé ci-dessous. Règles valables pour toute la séance : tu poses exactement une question et tu attends ma réponse. Pas d’anticipation des questions suivantes, pas de résumé de mon CV. Après chaque réponse, tu donnes au maximum trois lignes de retour : ce qui tient, ce qui manque, et une reformulation concrète d’une phrase que j’ai réellement dite. Puis vient la question suivante, et elle s’enchaîne à ma dernière réponse comme le ferait un humain. Langue : français, vouvoiement, registre d’un premier entretien en Suisse romande. Commence par la présentation de soi, puis deux questions sur mon parcours, deux questions techniques tirées de l’annonce, une sur la collaboration, et une question désagréable sur la plus grande lacune de mon dossier. Après dix questions, arrête-toi et donne-moi les deux réponses qui passeraient le moins bien dans la salle, avec une phrase chacune pour les rattraper.

Pourquoi la règle d’une seule question est écrite deux fois : c’est celle que les modèles oublient en premier sur un échange long, et la répéter dans le prompt la fait tenir plus longtemps. Pourquoi plafonner le retour : un retour illimité devient une dissertation et vous finissez par lire au lieu de répondre. Pourquoi exiger l’enchaînement : un vrai entretien est une chaîne, et c’est la deuxième question sur un sujet qui fait trébucher. Une note sur la langue : si l’entretien se tient en allemand alors que vous préparez en français, faites tourner le prompt dans la langue de l’entretien et en allemand standard, jamais en dialecte — les modèles ne maîtrisent pas le suisse allemand à l’écrit, et le fond reste identique.

Ce qu’il faut tirer des annonces et mettre dans le prompt

Trois informations sur le domaine visé améliorent la réponse plus que n’importe quelle reformulation, et chacune tient en une phrase de contexte.

D’abord la langue de l’entretien. Ce n’est pas une question personnelle mais une propriété du domaine : dans l’informatique, environ 28 pour cent des annonces sont rédigées en anglais uniquement, dans le marketing environ 30 pour cent — alors que dans la vente et l’ingénierie, cette même part reste sous un pour cent. S’entraîner en anglais pour un poste de vente, c’est s’entraîner à côté.

Ensuite le niveau de séniorité. La part d’annonces explicitement senior varie fortement : environ 45 pour cent dans le marketing, moins de quatre pour cent dans les soins. Cela détermine si la question « pourquoi vous » appelle une réponse d’encadrement ou une réponse de disponibilité et de fiabilité — et cela s’écrit dans le prompt comme une consigne, pas comme un espoir.

Enfin l’ancienneté de l’annonce. L’âge médian d’une annonce est d’environ 41 jours dans la construction et de 15 jours dans l’ingénierie. Un poste ouvert depuis six semaines se pourvoit autrement qu’un poste frais : la disponibilité et la date d’entrée pèsent davantage, et demander pourquoi le poste est encore ouvert devient légitime. Dites au modèle depuis combien de temps l’annonce est en ligne et la liste de questions se déplace visiblement.

Et le point où le modèle doit se taire : selon le domaine, un cinquième à deux cinquièmes des annonces n’indiquent aucun niveau de langue. Ce vide est une question à poser à l’employeur, pas une tâche pour un modèle de langue.

Ce que vous pouvez coller, et ce qu’il vaut mieux garder

L’annonce et votre propre CV ne posent pas de problème. Tout le reste mérite un instant de réflexion avant d’entrer dans une fenêtre de chat.

À ne pas coller : les certificats de travail et lettres de recommandation portant les noms et signatures de leurs auteurs, les documents internes de votre employeur actuel, les noms de collègues, et tout ce qui relève d’un accord de confidentialité. Si vous voulez faire décrypter un certificat de travail, remplacez noms, entreprise et dates par des marqueurs — les formulations codées qui vous intéressent restent intactes.

Utile également : si votre modèle propose un réglage qui exclut les conversations de l’entraînement, activez-le pour cette session. Votre CV est un document que vous envoyez de toute façon ; la conversation sur ce qui s’est mal passé dans votre dernier poste ne l’est pas.

Là où les prompts s’arrêtent

Un fil de discussion est bon pour préparer et inutile dans la salle. Ce qui tient sur place, c’est une page où l’on retrouve en une seconde ce que l’on voulait dire sur un point donné — et remonter trente messages, c’est exactement le contraire.

Notre préparation d’entretien part donc de la même matière — annonce, CV, type d’entretien — et construit un document structuré plutôt qu’un fil : une présentation de soi avec une durée cible, vos points forts associés chacun au passage cité de l’annonce auquel ils répondent, des points à cocher que vous voulez placer, une grille de déroulement pour la durée de l’entretien, et des formulations qui reprennent la langue de l’annonce. Chaque champ reste modifiable ; le document est enregistré dans votre compte.

La limite honnête : pour s’entraîner à voix haute, un modèle de chat doté d’un mode vocal fait mieux que nous, car nous n’en avons aucun. Le prompt 5 ci-dessus est là pour ça. Pour ce que vous emportez dans la salle, le document vaut mieux que la conversation.

Les parts proviennent de notre propre corpus d’annonces suisses, relevé le 21 août 2026, arrondies et exprimées en valeurs relatives. Les prompts ont été écrits et testés le 6 septembre 2026.

Préparation d’entretien à partir de l’annonce et du CV

← Toutes les questions

Ce que notre index d’offres dit du marché suisse

Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.

Langue de rédaction des annonces

Deutsch
60%
English
23%
Français
13%
Italiano
3%

Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant

Deutsch
70%
English
43%
Français
21%
Italiano
3%

19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%