La preuve des recherches d'emploi : ce qui rend une candidature vérifiable
Mis à jour:
Ce n'est pas l'annonce qui compte, mais la vérifiabilité : date, entreprise, personne contactée, mode de postulation, résultat. Ce que le formulaire officiel demande réellement.
- Comment prouver une candidature sans annonce ?
- Qu'est-ce qui compte comme recherche d'emploi pour l'ORP ?
- Où saisir mes recherches d'emploi ?
- Quelles indications doit contenir une preuve de recherche d'emploi ?
- Comment documenter une démarche par téléphone ?
- Que faire si l’annonce n’est plus en ligne ?
Comment prouver une candidature sans annonce ?
En bref
Exactement comme n'importe quelle autre candidature. Le formulaire officiel des preuves de recherches d'emploi ne comporte aucune colonne pour une annonce. Il demande la date, l'entreprise et son adresse, la personne contactée avec son numéro de téléphone, la description du poste, le taux d'activité, le mode de postulation — par lettre ou par voie électronique, en visite personnelle, par téléphone — et le résultat. Ce que l'office vérifie, c'est que votre inscription puisse être contrôlée, pas l'origine du poste. Une candidature spontanée portant un vrai nom et une vraie date est mieux prouvée qu'une réponse à une annonce dont la colonne « personne contactée » reste vide.
Seules la décision de votre caisse de chômage et les informations de votre ORP font foi. Toute appréciation se fait au cas par cas. Ce texte est rédactionnel et ne constitue pas un conseil juridique.
Le malentendu est répandu : on croit que l'annonce fait la preuve et que la candidature n'en est que la suite. C'est l'inverse. Une annonce prouve qu'un poste a été publié ; elle ne dit rien sur le fait que vous ayez postulé. La preuve naît de votre côté, le jour où vous avez écrit ou téléphoné, et dans le nom de la personne qui l'a reçue.
Concrètement : inscrivez la démarche spontanée comme les autres, notez la personne à qui elle a été adressée, et gardez la copie de ce que vous avez envoyé. Quand l'office revient sur une ligne de votre formulaire, ce sont ces éléments qu'il demande — jamais un lien.
Comptage du 23 août 2026 sur les annonces ouvertes ce jour-là, regroupées par nom d'employeur normalisé. Les 5,4 pour cent d'employeurs comptant plus de vingt annonces représentent ensemble 54,5 pour cent de tout ce qui est ouvert ; les 45,4 pour cent n'en ayant qu'une seule représentent 7,0 pour cent.
- Le formulaire officiel n'a pas de colonne « annonce » : il demande la date, l'entreprise et son adresse, la personne contactée et son numéro, le poste, le taux, le mode de postulation et le résultat.
- Le critère est la vérification : l'assuré remet « les indications écrites nécessaires à la vérification de ses recherches d'emploi » (Directive LACI IC, chiffre marginal B321).
- L'art. 26 al. 1 OACI demande de cibler ses recherches « en règle générale selon les méthodes de postulation ordinaires » — une manière de postuler, pas une origine du poste.
- Conservez les copies de vos offres de services et des réponses négatives, et présentez-les sur demande : c'est écrit sur le formulaire lui-même.
- Une personne contactée inventée relève d'un motif de suspension distinct (art. 30 al. 1 let. e LACI), indépendamment du nombre de recherches remises.
- « En suspens » est un résultat recevable : que la candidature aboutisse ou non est expressément sans importance pour l'appréciation.
Le formulaire ne dit pas « candidature », il dit « offre de services »
Le vocabulaire officiel français règle la question à lui seul. La colonne des dates s'intitule « Date de l'offre de services », et le formulaire s'appelle « Preuves des recherches personnelles effectuées en vue de trouver un emploi ». Une offre de services est une démarche que vous engagez : vous proposez votre travail à un employeur. Rien dans cette formulation ne suppose qu'un poste ait d'abord été publié.
La grille comporte huit indications par ligne : la date de l'offre de services, avec le jour et le mois ; l'entreprise et son adresse ; la personne contactée et son numéro de téléphone ; la description du poste ; une case réservée aux assignations de l'ORP ; l'activité, à plein temps ou à temps partiel avec le pourcentage ; le mode de postulation, à cocher entre « par lettre / électronique », « visite personnelle » et « par téléphone » ; et le résultat, à cocher entre « en suspens », « entretien », « engagement » et « négatif », avec un champ pour le motif.
Relisez cette liste et voyez ce qui manque : ni numéro de référence, ni lien, ni case indiquant le site sur lequel le poste a été trouvé. Rien, dans le document officiel qui retrace vos recherches, ne demande d'où venait le poste.
La seule colonne qui relie votre ligne au monde extérieur est « Personne contactée, numéro de tél. ». Et c'est précisément celle que la plupart des assurés laissent vide, y compris pour des postes annoncés. Le cas difficile n'est donc pas la candidature spontanée : c'est la candidature anonyme, une ligne avec un nom d'entreprise et une date derrière laquelle personne n'est joignable. Qui postule sans annonce a presque toujours cherché un interlocuteur avant d'écrire, et remplit donc de lui-même la colonne décisive.
Ce que le droit exige réellement
L'obligation figure à l'art. 17 al. 1 LACI, et la phrase déterminante est la plus courte : « Il doit pouvoir apporter la preuve des efforts qu'il a fournis. » Ce qui doit être prouvé, c'est l'effort, pas le poste. L'art. 26 al. 1 OACI précise la forme attendue : « L'assuré doit cibler ses recherches d'emploi, en règle générale selon les méthodes de postulation ordinaires. » Aucune des deux dispositions ne mentionne d'annonce.
« Selon les méthodes de postulation ordinaires » vise la manière de postuler — un dossier complet, une lettre, un destinataire —, non la provenance du poste. Écrire à une entreprise qui ne publie rien à ce moment-là est une méthode de postulation ordinaire, et l'était bien avant l'existence des portails d'emploi.
La Directive LACI IC du SECO, dans sa version en vigueur au 1er janvier 2026, énonce le critère au chiffre marginal B321 : « La personne assurée doit fournir la preuve des efforts entrepris pour trouver un emploi. À cet effet, elle remet à l'autorité compétente, pour chaque période de contrôle, les indications écrites nécessaires à la vérification de ses recherches d'emploi. » Le mot qui décide de tout est « vérification ».
Le chiffre marginal B313 lève l'autre inquiétude propre aux démarches spontanées : peu importe que les efforts soient couronnés de succès ou non. Une offre de services restée sans réponse compte autant qu'une autre, à condition d'être documentée.
Ce qui rend une ligne vérifiable
Vérifiable signifie que quelqu'un pourrait téléphoner et obtenir une réponse. En pratique, cela tient à quatre éléments : un nom qui existe, un chemin vers cette personne — un numéro, ou l'adresse à laquelle votre envoi est parti —, la date d'envoi réelle, et le résultat dans l'état où il se trouvait ce jour-là.
Pour une démarche spontanée, l'interlocuteur est le plus souvent le responsable du secteur dans lequel vous voulez travailler, ou la personne mentionnée pour les ressources humaines dans l'impressum de l'entreprise. Si vous avez téléphoné au préalable pour savoir à qui adresser votre dossier, cet appel fait déjà partie de la preuve : il explique d'où vient le nom.
Constituez la trace le jour même. Le droit des assurances sociales fonctionne lui-même selon ce principe : d'après l'art. 43 al. 1 LPGA, « les renseignements donnés oralement doivent être consignés par écrit ». Reconstituer un mois de recherches le 4 du mois suivant produit des dates que plus rien ne soutient, et la date est le premier élément que l'office regarde.
Si vous avez postulé par le portail de recrutement de l'employeur, l'accusé de réception par courriel est votre justificatif : il porte la date, le nom de l'entreprise et souvent une référence propre, et il subsiste même lorsque le poste disparaît du site. Classez-le au lieu de l'effacer.
Si la piste vient d'une conversation — un salon, une association, une ancienne collègue —, notez dans vos propres documents qui vous a orienté, et n'inscrivez sur le formulaire que la personne à laquelle votre offre de services a réellement été adressée. La recommandation est l'occasion ; la candidature est l'effort.
La seule ligne à ne jamais inventer
Comme la colonne de la personne contactée pèse lourd, la tentation est grande de la remplir même sans avoir parlé à quiconque. C'est l'erreur la plus coûteuse du domaine, parce qu'elle ne relève pas des recherches insuffisantes mais d'un motif distinct. L'art. 30 al. 1 let. e LACI suspend le droit à l'indemnité de l'assuré qui a donné des indications fausses ou incomplètes, et le formulaire le rappelle à côté de la signature : la personne assurée qui fournit des indications fausses ou incomplètes est punissable au sens des art. 105 et suivants LACI.
L'office a le droit de contrôler. L'art. 43 al. 1 LPGA oblige l'assureur à prendre d'office les mesures d'instruction nécessaires et à recueillir les renseignements dont il a besoin, et l'art. 28 al. 2 LPGA vous oblige à fournir gratuitement tous les renseignements nécessaires pour établir votre droit. Une ligne citant une personne qui ne travaille pas dans cette entreprise n'est pas un risque à prendre : c'est le seul moyen qu'un mois de recherches honnêtes finisse plus mal noté que l'absence de recherches.
Rien ne vous oblige non plus à affirmer plus que ce qui s'est passé. « En suspens » reste une réponse complète dans la colonne des résultats, même trois mois plus tard. Si vous n'avez trouvé aucun interlocuteur nommé, indiquez l'adresse générale utilisée et joignez votre copie. Une ligne incomplète mais vraie se discute avec votre conseiller ; une ligne inventée, non.
Pourquoi postuler sans annonce est le cas normal
L'idée que la candidature spontanée serait un pis-aller ne résiste pas à la structure du marché suisse. Sur SwissJobs.app, le 23 août 2026, 45,4 pour cent des employeurs présents n'avaient qu'une seule annonce ouverte, et 34,3 pour cent de plus en avaient de deux à cinq. L'employeur médian en affiche deux. À l'autre extrémité, 5,4 pour cent des employeurs dépassaient vingt annonces — et ce petit groupe fournit à lui seul 54,5 pour cent de tout ce que vous voyez.
C'est la vraie réponse à la question posée derrière la question. Ne postuler qu'à ce qui est publié revient à passer l'essentiel du mois dans la production de quelques gros annonceurs. La grande majorité des employeurs apparaît quelques semaines avec une seule annonce, puis redevient invisible, tout en continuant d'engager. Les approcher sans annonce ne contourne pas le système : c'est la seule voie vers cette partie du marché.
Un chiffre du même jour mérite d'être placé à côté : le plus gros annonceur unique de l'index n'est pas un employeur mais une société de placement, et elle représente à elle seule près d'un dixième des annonces ouvertes. On comprend alors pourquoi la Directive LACI IC précise, au chiffre marginal B315, qu'il ne suffit pas de s'inscrire dans une agence de placement pour que les efforts soient considérés comme suffisants. S'inscrire une fois puis attendre les annonces de cette agence ne couvre ni la largeur du marché ni l'obligation.
L'appréciation, elle, n'obéit à aucun barème rigide. Selon le chiffre marginal B316, l'autorité compétente dispose d'une marge d'appréciation, et le type comme le nombre de recherches dépendent de la situation du marché du travail et des circonstances personnelles — âge, formation, mobilité géographique, difficultés de langue. Dans un domaine étroit où peu de postes sont publiés, l'offre de services spontanée n'est donc pas seulement admise : c'est ce que votre conseiller s'attend à voir.
Quand l'ORP revient vers vous
Une question de contrôle n'est pas une marque de défiance, c'est la mission : l'autorité compétente est tenue de vérifier chaque mois les recherches d'emploi (art. 26 al. 3 OACI, chiffre marginal B322). Lorsqu'elle porte sur une ligne sans annonce, la question est presque toujours la même — à qui, quand, sous quelle forme. C'est précisément ce que contient votre copie.
Refuser de répondre de manière inexcusable a une conséquence prévue : selon l'art. 43 al. 3 LPGA, l'assureur peut se prononcer en l'état du dossier, après vous avoir adressé une mise en demeure écrite vous avertissant des conséquences juridiques et vous impartissant un délai de réflexion convenable. Si les recherches sont jugées insuffisantes, la suspension tombe sous l'art. 30 al. 1 let. c LACI ; sa durée dépend de la gravité de la faute et s'élève au maximum à soixante jours par motif.
Dans les faits, la plupart de ces situations n'arrivent pas. Une ligne comportant un nom, une date, un mode de postulation et une copie annexée répond à la question avant qu'elle ne soit posée. Documentez donc vos offres de services spontanées plus soigneusement que les autres, et non moins : ce sont les seules dont personne d'autre que vous n'a gardé la trace.
Ce que rapportent les personnes concernées
Un problème pratique revient dans les témoignages, quel que soit le secteur : les annonces disparaissent alors que la candidature est encore en cours. Qui saisit tout en fin de mois cherche alors des informations qui n'existent plus en ligne. Ceux qui ont résolu la chose notent les données clés le jour même — parfois au format numérique, parfois simplement sur papier.
Expérience décrite à plusieurs reprises par des demandeurs d’emploi dans des publications LinkedIn suisses, lues en août 2026.
Les chiffres de marché proviennent des annonces ouvertes le 23 août 2026 sur SwissJobs.app, regroupées par nom d'employeur normalisé ; les parts se rapportent une fois au nombre d'employeurs et une fois à l'ensemble des annonces ouvertes ce jour-là. État du droit : LACI, OACI et LPGA dans leur teneur en vigueur au 1er janvier 2026, et Directive LACI IC du SECO, état au 1er janvier 2026.
Suivre ses candidatures — garder la date, l'entreprise et l'interlocuteur
Qu'est-ce qui compte comme recherche d'emploi pour l'ORP ?
En bref
Une recherche d'emploi est une offre de services ciblée, adressée à une entreprise identifiable pour un poste identifiable, selon les méthodes de la postulation ordinaire : par lettre ou par voie électronique, par visite personnelle, ou par téléphone. Le formulaire fédéral ne connaît que ces trois formes et demande pour chacune la date, l'entreprise, la personne contactée, la description du poste, le taux d'activité et le résultat. Les offres qui ne répondent pas à une place mise au concours ne constituent qu'un moyen complémentaire. L'entretien de conseil, lui, est une autre obligation.
Seules la décision de votre caisse de chômage et les informations de votre ORP font foi. Toute appréciation se fait au cas par cas. Ce texte est rédactionnel et ne constitue pas un conseil juridique.
La distinction n'a rien de théorique. L'article 17 LACI s'intitule « Devoirs de l'assuré et prescriptions de contrôle » : deux choses reliées par un « et ». Et l'article 30 leur réserve deux lettres différentes, donc deux suspensions possibles, qui peuvent tomber le même mois.
Le test pratique tient en une phrase. Avez-vous sollicité une entreprise précise pour un travail précis, à une date que vous pouvez nommer, avec un résultat que vous pouvez écrire ? Si oui, cela fait une ligne sur le formulaire. Sinon, c'était peut-être utile à votre recherche, mais ce n'est pas une recherche au sens de la loi.
Comptage du 23 août 2026 sur les annonces ouvertes ce jour-là sur SwissJobs.app, classées selon le domaine visé par le lien de postulation. Le domaine propre de l'employeur inclut les pages carrière hébergées sur un logiciel loué mais publiées sous le nom de l'entreprise. Aucune annonce ouverte n'invite à postuler à une adresse e-mail.
- L'article 26 alinéa 1 OACI exige une recherche ciblée, « en règle générale, selon les méthodes de postulation ordinaires ».
- Le formulaire fédéral propose trois cases à cocher sous « Activité » : par lettre ou électronique, visite personnelle, par téléphone. Il n'y en a pas de quatrième.
- Le guide fédéral pour les assurés précise que les offres dites spontanées « ne constituent qu'un moyen complémentaire ».
- L'inscription dans une agence de placement compte une fois : s'y inscrire ne suffit pas à rendre les efforts suffisants, rappelle la Directive LACI IC.
- Une place assignée par l'ORP se note comme toute autre candidature, avec la case « Assignation ORP » cochée en plus.
- Genève sépare explicitement les obligations : être joignable dans les 24 heures, participer aux entretiens, rechercher un emploi. Seule la troisième remplit le formulaire.
- Gain intermédiaire, mesure de marché du travail en cours et candidatures encore sans réponse ne libèrent pas de l'obligation de continuer.
Deux obligations distinctes, deux motifs de suspension
Le titre de l'article 17 LACI dit déjà l'essentiel : « Devoirs de l'assuré et prescriptions de contrôle ». L'alinéa 1 décrit le devoir de fond — entreprendre tout ce qu'on peut raisonnablement exiger de vous pour éviter le chômage ou l'abréger, chercher du travail, au besoin en dehors de la profession exercée précédemment, et pouvoir apporter la preuve des efforts fournis. L'alinéa 2 décrit l'autre volet : s'inscrire personnellement, puis se conformer aux prescriptions de contrôle.
La Directive LACI IC du SECO range les devoirs en deux colonnes. Du côté de la prévention du dommage : des efforts intensifs pendant le délai de congé. Du côté de la diminution du dommage : des recherches intensives pendant l'indemnisation, la participation aux mesures de marché du travail, aux entretiens de conseil et aux journées d'information sur instruction de l'autorité, et l'acceptation de tout emploi convenable. La participation figure à côté des recherches, pas dedans.
L'article 30 alinéa 1 LACI tire la conséquence en deux lettres. La lettre c vise l'assuré qui ne fait pas tout ce qu'on peut raisonnablement exiger de lui pour trouver un travail convenable. La lettre d vise celui qui n'observe pas les prescriptions de contrôle ou les instructions de l'autorité, notamment refuse un travail convenable, ne se présente pas à une mesure de marché du travail ou l'interrompt sans motif valable.
Genève rend cette architecture lisible pour le quotidien. La page cantonale sur les droits et obligations liste séparément : être joignable dans les 24 heures par poste, e-mail ou téléphone ; participer aux entretiens auxquels votre conseillère ou conseiller vous convoque ; rechercher un emploi et en fournir la preuve sur le formulaire. Trois obligations, un seul formulaire.
Les trois formes que connaît le formulaire
Le formulaire fédéral « Preuves des recherches personnelles effectuées en vue de trouver un emploi » est plus précis que n'importe quelle explication. Sa colonne « Activité » propose trois cases : par lettre ou électronique, visite personnelle, par téléphone. À côté figurent une case « Assignation ORP », le taux d'activité à plein temps ou à temps partiel en pourcentage, et le résultat — en suspens, entretien, engagement, négatif, avec le motif.
Le vocabulaire français du formulaire éclaire d'ailleurs la notion mieux que le mot « recherche ». Ce que vous inscrivez ligne après ligne, ce sont des « offres de services » : vous proposez vos services à quelqu'un, pour un poste donné, un jour donné. Une consultation d'annonces n'est pas une offre de services ; un appel dans lequel vous vous annoncez pour un poste affiché en est une.
La date qui compte est celle de l'offre de services, pas celle où vous remplissez le formulaire. Et la colonne la plus exigeante reste « Personne contactée, numéro de tél. » : c'est elle qui rend la ligne vérifiable, et c'est elle qui reste vide dans la plupart des dossiers, y compris pour des postulations à des annonces publiées.
Le formulaire rappelle enfin la seconde couche de la preuve : les justificatifs écrits, copies d'offres de services ou de réponses négatives, doivent être conservés et présentés sur demande. Le formulaire est la déclaration ; votre classeur est la pièce justificative. Seule la déclaration part chaque mois.
« Pour une place mise au concours » : la place des offres spontanées
Le guide fédéral pour les assurés, édition 2026, formule l'attente en une phrase : vous devez cibler vos recherches, déjà avant d'être au chômage, en règle générale selon les méthodes de la postulation ordinaire, éventuellement dans une autre profession — et « les offres qui ne répondent pas concrètement à une place mise au concours (offres dites spontanées) ne constituent qu'un moyen complémentaire ».
Complémentaire ne veut pas dire inutile. Cela veut dire qu'un mois composé uniquement d'offres spontanées appelle une explication, et qu'une offre spontanée demande le même soin qu'une autre : un destinataire nommé, une référence à une activité qui existe réellement dans l'entreprise, une date. La postulation spontanée élargit le marché ; elle ne remplace pas la réponse aux places affichées.
Combien de places affichées existent dans votre métier n'est pas une question de volonté. C'est précisément pour cela que la directive refuse de fixer un nombre national et fait dépendre le type et le nombre de recherches de la situation du marché du travail et des circonstances personnelles : l'âge, la formation, la mobilité géographique, les problèmes de langue. Dans un domaine étroit, l'offre spontanée n'est pas un contournement, c'est la seule porte ouverte.
La qualité est jugée en même temps que la quantité. La directive tient pour insuffisantes des postulations si superficielles qu'elles ne peuvent être qualifiées de sérieuses, et range dans le même devoir l'exigence de salaire : elle doit être conforme aux conditions du marché et à vos qualifications. Genève sanctionne d'ailleurs explicitement les preuves « en nombre insuffisant, de qualité insuffisante » ou remises trop tard.
Ce qui ne compte pas, même si cela demande du travail
La liste la plus longue est celle des activités qui prennent un après-midi sans produire une seule ligne. Refaire son CV. Créer un profil. Configurer des alertes. Lire des annonces. Préparer un entretien. Chacune prépare une offre de services ; aucune n'en est une, faute de destinataire.
L'inscription auprès d'une agence de placement est le cas limite, et la directive le règle expressément : s'inscrire est une démarche, mais il ne suffit pas de s'inscrire dans une agence pour que les efforts soient considérés comme suffisants. Après l'inscription, ce sont de nouveau les postulations à des postes concrets qui comptent, y compris ceux que l'agence publie.
Un cours ou une mesure de marché du travail ne compte pas non plus, même s'il occupe tout le mois. La directive inverse même l'attente : pendant une mesure, les recherches restent dues, à moins d'en avoir été explicitement libéré. Il en va de même pendant un gain intermédiaire, salarié ou indépendant.
Enfin, un contact sans poste n'est pas une preuve. Un café avec une ancienne collègue, un salon professionnel, un appel sur l'état du marché peuvent être le début d'une démarche. Ils en deviennent une le jour où ils se transforment en candidature pour une fonction précise — et c'est cette date-là, pas celle du café, qui va sur le formulaire.
Quand les recherches continuent alors qu'on croirait pouvoir souffler
Tant que vous prétendez à des prestations, vous devez effectuer suffisamment de recherches. Cela couvre les mois de gain intermédiaire, la durée d'une mesure de marché du travail et la période où vos candidatures attendent une réponse : attendre trois réponses ne dispense pas d'en envoyer une quatrième, ni d'accepter un travail proposé en dehors de votre profession.
Trouver un emploi qui commencera à une date future ne libère pas davantage. La directive attend de vous que vous cherchiez un engagement de durée limitée dans l'intervalle. La preuve ne tombe que lorsque l'emploi convenable peut débuter dans le mois, parce que les efforts ne peuvent alors plus contribuer à diminuer le dommage.
Les cas où l'autorité renonce à la preuve sont énumérés de façon exhaustive : les deux mois qui précèdent l'accouchement, les six mois précédant l'âge de référence ou un versement anticipé définitif de la rente de vieillesse, les jours sans contrôle, les congés de maternité, de l'autre parent et de prise en charge, l'incapacité de travail due à la maladie ou à l'accident, la phase d'élaboration d'un projet d'activité indépendante durable, le semestre de motivation et certaines mesures d'insertion.
Cette liste comporte une réserve qu'on oublie souvent : être dispensé de prouver ses recherches ne dispense pas de rester disposé à accepter tout travail convenable assigné — seules exceptions, les jours sans contrôle et la phase d'élaboration d'une activité indépendante. Ensuite, les recherches reprennent, dans un type et un nombre laissés à l'appréciation de l'autorité cantonale.
Ce qu'une candidature laisse réellement derrière elle aujourd'hui
Le formulaire a été pensé pour une époque où postuler signifiait écrire à quelqu'un. Les annonces ouvertes sur SwissJobs.app le 23 août 2026 racontent autre chose : chacune, sans exception, mène à une page web, et aucune n'indique une adresse e-mail comme voie de postulation. La colonne « Personne contactée », le marché ne la remplit plus pour vous.
Les destinations se répartissent en trois groupes : 43,7 pour cent des annonces ouvertes pointent vers une adresse portant le nom de l'employeur, 35,4 pour cent directement vers le logiciel de recrutement d'un prestataire, 20,9 pour cent vers un portail d'emploi ou une agence. Derrière, la dispersion est extrême : 45,1 pour cent des destinations de postulation n'apparaissent qu'une seule fois dans tout le stock ouvert.
La conséquence pour votre preuve est simple. Puisque le formulaire demande aujourd'hui ce qu'il demandait il y a trente ans, c'est à vous de produire ce que le formulaire web ne donne pas : le nom de la personne à qui la candidature est destinée, relevé dans l'annonce ou obtenu par un appel bref, et l'accusé de réception renvoyé par le système. Celui-ci porte la date, l'entreprise et souvent un numéro de dossier, et il survit à l'annonce une fois le poste pourvu.
C'est là toute la différence entre une recherche qui compte et une qui a seulement eu lieu. Ce n'est pas le nombre de clics qui décide, mais le fait que chaque ligne du mois ait quelque chose derrière elle. Classez l'accusé de réception le jour même, inscrivez la ligne pendant que l'onglet est encore ouvert, et la preuve est terminée bien avant que le délai du 5 du mois suivant ne se rapproche.
Ce que rapportent les personnes concernées
Deux regards de terrain décrivent le même mécanisme par les deux bouts : des recruteurs signalent des candidatures qui arrivent en fin de mois sans lien visible avec le poste, et des spécialistes de l'assurance-chômage constatent que les exigences remplies uniquement en nombre sont les plus souvent contestées. Compléter le compte le 28 produit précisément les candidatures que les deux camps remarquent.
Motif récurrent dans des publications LinkedIn germanophones de recruteurs et d'anciens conseillers ORP, lues en août 2026.
Les chiffres sur la destination des candidatures proviennent des annonces ouvertes sur SwissJobs.app le 23 août 2026, classées selon le domaine visé par le lien de postulation de chaque annonce, les pages carrière publiées sous le nom de l'employeur étant comptées comme domaine propre. État du droit : LACI et OACI dans leur teneur en vigueur au 1er janvier 2026, et Directive LACI IC du SECO, état au 1er juillet 2026.
Suivre ses candidatures — inscrire chaque démarche le jour même
Où saisir mes recherches d'emploi ?
En bref
Dans l'un des deux endroits officiels, à votre choix : l'eService des recherches d'emploi sur job-room.ch, ou le formulaire fédéral « Preuves des recherches personnelles effectuées en vue de trouver un emploi », qui se remet à l'ORP. L'eService transmet tout seul. Le formulaire part par courriel à votre conseillère ou conseiller, par courrier postal, ou dans la boîte à lettres de l'office. Une seule chose compte juridiquement : que la preuve du mois civil soit parvenue à l'office au plus tard le cinq du mois suivant.
Seules la décision de votre caisse de chômage et les informations de votre ORP font foi. Toute appréciation se fait au cas par cas. Ce texte est rédactionnel et ne constitue pas un conseil juridique.
Le choix entre les deux n'est pas une question de confort. Il détermine si vous pouvez établir, en cas de contestation, que la preuve est arrivée dans le délai — et c'est exactement là qu'une assurée genevoise a perdu devant le Tribunal fédéral, pour un envoi en courrier A.
Ce qui suit est la carte : les deux endroits, les quatre canaux qui mènent à l'ORP, ce que les cantons acceptent réellement, où vont les premières recherches tant qu'aucun accès n'existe encore, et pourquoi tenir en parallèle son propre relevé n'est pas un doublon.
Comptage du 23 août 2026 sur les annonces ouvertes ce jour-là sur SwissJobs.app, regroupées selon le domaine visé par le lien de postulation. Valeurs cumulées : les cent destinations les plus fréquentes couvrent ensemble 60,3 pour cent, le reste se répartissant sur plus de deux mille autres.
- Deux endroits officiels : l'eService des recherches d'emploi dans Job-Room, ou le formulaire fédéral des preuves de recherches publié sur arbeit.swiss.
- Un seul délai pour les deux : le 5 du mois suivant, ou le premier jour ouvrable qui suit (art. 26 al. 2 OACI). La période de contrôle est le mois civil (art. 27a OACI).
- Zurich cite quatre canaux — en ligne, courriel au conseiller, courrier postal, dépôt au guichet — et refuse explicitement les photos du formulaire : rempli électroniquement ou rempli à la main puis numérisé.
- À Genève, la conseillère ou le conseiller ORP reçoit automatiquement les recherches saisies dans l'eService, le 5 du mois suivant au plus tard.
- L'indisponibilité du portail ne repousse pas le délai : Vaud a répondu « Non. Le délai sera dépassé » et renvoyé au courriel, au courrier ou à la boîte à lettres de l'ORP.
- C'est la réception qu'il faut prouver, pas l'envoi : le Tribunal fédéral a rétabli cinq jours de suspension faute de preuve de remise d'un courrier A (8C_763/2017 du 30 octobre 2018).
- Barème : de un à quinze jours en cas de faute légère (art. 45 al. 3 OACI), cinq à neuf jours selon le barème du SECO lorsqu'une période de contrôle reste sans recherches.
- Conservez les justificatifs : copies des offres de services et des réponses négatives, à présenter sur demande — c'est écrit sur le formulaire.
Le mois ORP, de la recherche à la preuve
| Étape | Ce qu’il faut faire | Avec quoi |
|---|---|---|
| 1. Trouver des postes | chercher et filtrer les annonces | 22’518 annonces suisses indexées, 21,9 % de moins de 7 jours |
| 2. Vérifier l’adéquation | confronter le CV à cette annonce précise | analyse du CV face à une annonce |
| 3. Postuler et saisir aussitôt | date, entreprise, poste, canal | suivi des candidatures |
| 4. Conserver l’annonce | copier les données avant sa disparition | enregistré avec la candidature |
| 5. Préparer l’entretien | questions et réponses pour ce poste | aide-mémoire d’entretien |
| 6. S’entraîner | simuler le panel, lire le débriefing | entraînement, jusqu'à 5 rôles de panel |
| 7. Remettre la preuve | le formulaire officiel, rempli | téléchargement du PDF officiel |
| Ce que l'outil ne fait pas | négocier le nombre avec l'ORP | votre objectif est dans la convention |
La preuve est due en fin de mois, que vous ayez pris des notes ou non. Saisir une candidature au moment de l'envoyer évite toute reconstruction le 28 — et c'est cette reconstruction qui produit les candidatures inadaptées que les recruteurs remarquent.
Les deux endroits officiels, et ce qui les sépare
Le premier est l'eService des recherches d'emploi, dans Job-Room, la plateforme officielle de l'assurance-chômage. arbeit.swiss le range parmi les eServices de l'ORP, aux côtés de l'annonce d'incapacité de travail et de la transmission de documents. Les eServices de la caisse de chômage — la demande d'indemnité et le formulaire mensuel « Indications de la personne assurée » — forment une pile distincte, avec un destinataire distinct.
À Genève, la présentation est directe : « Plus besoin de les envoyer par la poste à l'Office cantonal de l'emploi (OCE) ! Votre conseillère ou conseiller en personnel ORP les reçoit automatiquement le 5 du mois suivant au plus tard. » La même page met en garde contre un réflexe fréquent : ne pas utiliser le service de téléversement de l'ORP pour des documents destinés à la caisse de chômage. Deux destinataires, deux boîtes, et un document déposé dans la mauvaise n'arrive pas tout seul dans la bonne.
Le second endroit est le papier. Le formulaire est publié en PDF sur arbeit.swiss, porte la mention « A remettre à l'ORP au plus tard le 5 du mois suivant » et se termine par trois éléments que le portail n'a pas : une date, une ligne « Justificatifs » et la signature de la personne assurée. Il n'est pas un pis-aller : c'est le support que l'ordonnance désigne, et la remarque imprimée au dos précise que la preuve écrite se fournit « au moyen du présent formulaire ».
La différence entre les deux ne tient pas au contenu, mais à l'acheminement. Dans l'eService, c'est le système qui transmet, et qui laisse la trace. Sur papier, c'est vous — et la trace, c'est aussi à vous de la produire.
Les quatre canaux qui mènent à l'ORP
Le canton de Zurich les énumère un par un sur sa page consacrée aux recherches personnelles. En ligne, d'abord : si vous saisissez vos recherches dans les eServices d'arbeit.swiss, vous n'avez rien d'autre à faire. Par courriel ensuite, en envoyant le formulaire rempli à votre conseillère ou conseiller ORP. Par courrier postal, à la même personne. Ou en le déposant vous-même au guichet.
Zurich y ajoute une règle qui a l'air d'un détail de bureau et n'en est pas un : n'envoyez pas de photos du formulaire. Soit vous le remplissez électroniquement, soit vous le remplissez à la main et vous le numérisez. Une feuille photographiée peut être traitée comme non remise — et c'est alors tout un mois de candidatures réelles qui ne compte plus.
Que ces canaux coexistent pour une raison est apparu au grand jour lors de l'arrêt prolongé des eServices du SECO autour d'un passage à l'année. La Direction générale de l'emploi vaudoise avait écrit la marche à suivre à l'avance : celles et ceux qui n'avaient pas saisi le nombre convenu de candidatures avant la coupure pouvaient encore les transmettre « par courriel, par courrier postal ou encore en les déposant directement dans la boîte à lettres de votre ORP ».
Et à la question de savoir si l'indisponibilité repoussait le délai, la réponse tenait en trois mots : « Non. Le délai sera dépassé. » Le même document rappelle que « quelle que soit la méthode de transmission choisie », la date limite reste la même, et qu'un dépassement « peut entraîner des jours de suspension ». Un portail hors service ne déplace pas le cinq du mois.
Ce qui compte, c'est la réception, pas l'envoi
L'article 26 alinéa 2 OACI fixe le terme : la preuve se remet « au plus tard le cinq du mois suivant ou le premier jour ouvrable qui suit cette date », et passé ce délai, sans excuse valable, les recherches ne sont plus prises en considération. L'article 27a précise que la période de contrôle est le mois civil.
Un arrêt genevois montre à quel point la formule est littérale. L'assurée avait envoyé son formulaire en courrier A le 26 du mois, comme chaque mois, et avait joint une copie du document à son opposition. La juridiction cantonale a retenu qu'« elle n'avait pas été en mesure de prouver qu'elle l'avait remis dans le délai légal » : la sanction était donc fondée. Les premiers juges l'ont toutefois réduite de cinq à deux jours, au motif qu'il s'agissait d'un premier manquement et que ni la qualité ni la quantité des recherches n'étaient contestées.
Le Tribunal fédéral a rétabli les cinq jours. En les fixant à cinq, « l'administration a infligé la sanction minimale prévue par le barème du SECO en cas de faute légère », et les circonstances ne présentaient « pas de singularités qui justifieraient de s'en écarter » ; en réduisant la suspension, la juridiction cantonale avait substitué sa propre appréciation à celle de l'administration sans motif pertinent. Cinq jours de suspension, plus trois cents francs de frais judiciaires, pour une lettre qui était peut-être arrivée.
Le même arrêt rappelle le principe posé dans la jurisprudence publiée : la loi n'impose aucun délai supplémentaire, et il importe peu que les preuves soient produites ultérieurement, « par exemple dans une procédure d'opposition ». Le cadre de la sanction vient de l'article 45 alinéa 3 OACI — de un à quinze jours en cas de faute légère — et le barème du SECO retient cinq à neuf jours lorsqu'une période de contrôle reste sans recherches.
En pratique : l'eService crée lui-même la réception et n'a besoin d'aucune preuve. Si vous restez au papier, fabriquez la réception au lieu de l'espérer. Le courriel reste dans les éléments envoyés et se fait accuser réception en une ligne de réponse ; le guichet délivre une confirmation ; le recommandé laisse une distribution. Le courrier A ne laisse rien des trois.
Avant l'accès : où vont les premières recherches
L'obligation de postuler est plus ancienne que n'importe quel identifiant. La remarque imprimée sur le formulaire fédéral est explicite : l'assuré est « déjà tenu de le faire avant le début du chômage (par ex. pendant le délai de congé ou un emploi à durée déterminée) ».
Or l'eService suppose un compte, et l'ordre des opérations est fixe : on s'inscrit d'abord à l'ORP, puis on s'enregistre sur Job-Room une fois l'inscription traitée par l'office. Genève précise ce qu'il faut avoir sous la main : le numéro personnel remis lors de l'inscription au chômage, qui figure sur la confirmation d'inscription à l'ORP ou sur le formulaire IPA mensuel.
Entre la première candidature envoyée pendant le délai de congé et le premier accès au portail, il y a donc des semaines sans aucun endroit officiel. Ces recherches se consignent là où vous décidez — une liste, un tableau, le formulaire imprimé — et se remettent au premier entretien. La consigne vaudoise pour la période de fermeture le formule d'une phrase qui vaut bien au-delà de cette période : « Quel que soit le moment de votre inscription, conservez précautionneusement toutes les recherches d'emploi et candidatures que vous effectuez. »
Cette conservation n'est d'ailleurs pas un conseil mais une obligation. Le formulaire l'écrit noir sur blanc : « Les justificatifs écrits tels que les copies d'offres de services ou de réponses négatives doivent être conservés et présentés sur demande. » La preuve, c'est la ligne dans le portail ou sur la feuille. Les justificatifs, eux, restent chez vous jusqu'à ce qu'on les demande.
Pourquoi tenir son propre relevé n'est pas un doublon
Jusqu'à trente-cinq jours peuvent séparer le jour de la candidature du jour où la preuve est due. Postulez le premier janvier, vous l'inscrirez le cinq février. Tout ce qui va de soi le jour même — le nom exact de l'entreprise, la personne à qui vous avez écrit, un plein temps ou un temps partiel — doit alors être reconstitué.
Reconstituer serait simple si les candidatures se rassemblaient quelque part. Elles ne se rassemblent pas. Sur les annonces ouvertes de SwissJobs.app, la destination la plus fréquente d'un lien de postulation porte 10,6 pour cent des annonces ; les dix plus fréquentes en couvrent ensemble 32,0 pour cent, les cinquante plus fréquentes 50,7 pour cent, et même les cent plus fréquentes n'atteignent que 60,3 pour cent. Le reste se disperse sur plus de deux mille destinations supplémentaires. Il n'existe pas de boîte de réception contenant vos douze candidatures du mois : il existe douze systèmes séparés, dont plusieurs ne vous écriront jamais.
Un piège se cache dans la donnée la plus simple, le nom de l'entreprise : 11,6 pour cent des annonces ouvertes paraissent sous le nom d'une agence de placement ou d'un cabinet de recrutement, et non sous celui de l'employeur. Inscrivez ce qui s'est réellement passé — la candidature est allée à l'intermédiaire, et c'est ainsi qu'elle figure sur la preuve. Une ligne nommant un employeur que vous n'avez jamais approché directement est, en cas de vérification, moins bonne qu'une ligne honnête.
Dernier détail qui coûte du temps en fin de mois : les annonces ne sont pas toutes rédigées dans la langue de votre formulaire. Dans le stock ouvert, 41,6 pour cent sont en allemand, 20,2 pour cent en anglais, 9,7 pour cent en français et 1,6 pour cent en italien ; pour un quart environ, aucune langue ne se laisse identifier clairement. Le formulaire, lui, existe en allemand, en français et en italien. Reprenez l'intitulé du poste tel qu'il figurait dans l'annonce : il correspondra à ce que l'office retrouverait s'il allait vérifier.
Le rythme mensuel qui rend le 5 confortable
Saisir le jour de la candidature, pas en fin de mois. Une ligne dans l'eService prend une minute, et pour un poste trouvé dans Job-Room même, elle en prend moins : le bouton de reprise sur l'annonce la bascule directement dans vos recherches.
Le dernier jour du mois, tout relire une fois en regard de votre propre liste. S'il manque une candidature, c'est maintenant qu'on l'ajoute, pas le cinq. Puis exporter le récapitulatif du mois en PDF et le classer. Il ne coûte rien et c'est, à l'entretien de conseil, le seul document que vous avez tous les deux sous les yeux.
Transmettre le premier ou le deuxième jour ouvrable du mois suivant, pas le cinq. Le délai se reporte bien au premier jour ouvrable lorsque le cinq tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié — l'ordonnance le dit et les cantons le répètent — mais qui planifie sur cette marge ne l'a plus le jour où le portail tombe ou le courriel se perd.
Et les justificatifs dans un seul dossier, physique ou numérique : lettres, accusés de réception, réponses négatives. On vous les demandera rarement. Le jour où on vous les demande, ils font la différence entre une question et une décision.
Les chiffres sur les annonces proviennent du stock ouvert sur SwissJobs.app le 23 août 2026 : destinations regroupées par domaine du lien de postulation, part des intermédiaires selon le nom sous lequel l'annonce paraît, parts linguistiques selon la langue détectée sur l'annonce. État du droit : LACI et OACI dans leur teneur en vigueur au 1er janvier 2026. Indications cantonales tirées des pages officielles de Zurich, Genève et Vaud, consultées le 23 août 2026.
Suivre ses candidatures — garder la date, l'entreprise et l'interlocuteur
Quelles indications doit contenir une preuve de recherche d'emploi ?
En bref
Huit indications par recherche, alignées sur une seule ligne du formulaire officiel « Preuves des recherches personnelles effectuées en vue de trouver un emploi » : le jour et le mois de l'offre de services ; l'entreprise avec son adresse, la personne contactée et son numéro de téléphone, le tout dans une seule case ; la description du poste ; une croix en cas d'assignation ORP ; l'activité, à plein temps ou à temps partiel en pourcentage ; le mode de postulation ; et le résultat, avec son motif. S'y ajoutent en tête vos nom et prénoms, le numéro AVS et le mois, et au bas les justificatifs, la date et votre signature.
Seules la décision de votre caisse de chômage et les informations de votre ORP font foi. Toute appréciation se fait au cas par cas. Ce texte est rédactionnel et ne constitue pas un conseil juridique.
La vraie question est presque toujours la même : laquelle de ces indications peut rester vide ? Aucune case n'est facultative. En revanche, elles ne viennent pas du même endroit — la moitié se recopie depuis l'annonce, l'autre moitié n'existe que dans votre souvenir du jour où vous avez postulé.
La preuve ne s'écrit donc pas le 5 du mois suivant. Elle s'écrit le jour même, dans la liste que vous tenez, et se recopie ensuite.
Dénombrement effectué le 22 août 2026 sur les annonces ouvertes ce jour-là sur SwissJobs.app. « Activité chiffrée » compte les annonces dont le titre porte un pourcentage ; « lieu de travail » compte celles qui nomment une commune plutôt qu'une région ou le pays. Aucune annonce ouverte n'est référencée chez nous avec une personne de contact et un numéro : cette case-là, c'est vous qui la produisez.
- En tête : nom et prénoms, numéro AVS, mois et année — une feuille par période de contrôle.
- La colonne de date ne demande que le jour et le mois : l'année ne figure qu'une seule fois, en haut.
- « Entreprise, adresse » et « personne contactée, numéro de tél. » partagent une seule et même case.
- La description du poste est la fonction visée, pas le titre complet de l'annonce.
- Activité : cocher à plein temps, ou inscrire un pourcentage pour le temps partiel.
- Trois cases à cocher pour le mode, quatre pour le résultat, un champ libre pour le motif.
- Le formulaire compte quatorze lignes : huit sur la première page, six sur la seconde.
- Au bas de la feuille, les justificatifs sont nommés, la date posée et la signature apposée.
Le vocabulaire du formulaire dit déjà ce qu'il attend
La version française ne parle nulle part de « candidature ». Elle parle d'offre de services : la date de l'offre de services, le résultat de l'offre de service. Ce n'est pas une coquetterie administrative. Une offre de services est un acte adressé à quelqu'un, à une date donnée, dans une forme donnée — et les huit cases de la ligne ne font que décrire cet acte sous ces trois angles.
Deux termes méritent une traduction interne. « Activité » ne désigne pas votre métier mais le taux d'occupation visé, à plein temps ou en pourcentage. « Assignation ORP » ne désigne pas une recommandation informelle mais une place que votre conseiller ou conseillère vous a formellement assignée.
Le formulaire existe en trois éditions — allemande, française, italienne — et la version italienne pose d'ailleurs la question du poste sous forme de phrase, « impiego in qualità di ? », employé en qualité de ? C'est une meilleure description de ce qui va dans la case que le mot « poste » lui-même.
La tête de feuille : trois indications qui rattachent chaque ligne à un mois
Trois champs surmontent le tableau : nom et prénoms, numéro AVS, mois et année. Le numéro AVS est l'identifiant sous lequel l'ORP et la caisse de chômage vous enregistrent l'un comme l'autre ; sans lui, une feuille n'appartient à personne.
Comme le mois figure une fois en haut, la colonne de date des lignes ne réclame plus qu'un jour et un mois. Aucune ligne ne porte d'année. La feuille est donc liée à une seule période de contrôle par construction. Genève va plus loin : la feuille est envoyée chaque mois, elle est personnelle et n'est valable que pour le mois indiqué en haut à droite, la version téléchargeable ne servant qu'en complément.
En haut à gauche figure enfin une case qui ne vous appartient pas : « date de réception / du timbre postal ». C'est l'office qui l'utilise. Elle explique pourquoi une preuve ne peut pas naître après coup, et la feuille rappelle elle-même qu'elle est à remettre à l'ORP au plus tard le 5 du mois suivant.
Le tableau offre quatorze lignes, huit sur la première page et six sur la seconde. C'est une contrainte d'impression, pas un objectif : une deuxième feuille est parfaitement normale.
Une case, quatre indications : entreprise, adresse, personne, numéro
La deuxième colonne porte un intitulé sur deux lignes — « entreprise, adresse » puis « personne contactée, numéro de tél. » — et une seule case en dessous. Quatre indications se disputent la largeur d'une ligne, ce qui explique pourquoi, en pratique, cette colonne se réduit à un nom d'entreprise.
C'est le raccourci le plus coûteux de la feuille, car l'adresse est ce qui rend deux lignes distinctes. Dans notre stock d'annonces ouvertes au 22 août 2026, 73,0 pour cent provenaient d'employeurs qui recrutaient au même moment dans au moins deux lieux différents, et 50,1 pour cent d'employeurs présents dans cinq lieux ou plus. Dans 14,4 pour cent des cas, le même employeur diffusait le même intitulé de poste dans plusieurs localités à la fois.
Pour ces 14,4 pour cent, l'adresse est la seule chose qui sépare votre offre de services à Lausanne de celle déposée à Fribourg. Avec le seul nom de l'entreprise, deux recherches du même mois deviennent identiques sur le papier — et trois mois plus tard, vous ne saurez plus laquelle est laquelle.
Le marché vous donne le côté adresse : 98,4 pour cent des annonces ouvertes nomment une commune précise plutôt qu'une région ou « Suisse ». Il ne vous donne pas la personne. Aucune annonce ouverte de notre stock n'est accompagnée d'un nom et d'un numéro : cette indication se trouve dans le texte de l'annonce, dans l'impressum, au bout d'un appel téléphonique bref, ou dans l'accusé de réception qui revient après l'envoi.
Description du poste : la fonction, débarrassée du reste
La case demande une description du poste, et le titre de l'annonce n'en est presque jamais une. Parmi les annonces ouvertes le 22 août 2026, 54,9 pour cent portaient dans leur intitulé quelque chose qui n'a rien à faire dans la case : une mention de genre entre parenthèses (31,6 pour cent), des parenthèses de toute nature (45,8 pour cent) ou un pourcentage (22,0 pour cent).
La place impose la même discipline. L'intitulé médian de notre stock fait quarante caractères, 18,3 pour cent dépassent soixante, et le dernier centile va au-delà de cent. Écrit à la main, cela ne tient pas. Ce qui tient, c'est la fonction telle que l'employeur la nomme — assistante de direction, chauffeur poids lourds, ingénieur qualité —, sans les décorations.
En revanche, ne la traduisez pas. La langue de rédaction a pu être déterminée pour trois quarts des annonces ouvertes ; dans ce sous-ensemble, 27,2 pour cent étaient rédigées en anglais, derrière l'allemand (56,1 pour cent) mais devant le français (13,1 pour cent) et l'italien (2,2 pour cent). Un « Senior Data Engineer » reste un Senior Data Engineer dans la ligne : l'intérêt de la case est que votre libellé, celui de l'annonce et celui de l'accusé de réception se superposent exactement.
Activité : la case pour laquelle le marché fournit rarement un chiffre
La colonne « activité » offre deux gestes : cocher à plein temps, ou inscrire un pourcentage de temps partiel. C'est donc le champ qui contient le plus souvent une indication qui ne provient d'aucun document. Seules 22,0 pour cent des annonces ouvertes affichaient un pourcentage dans leur titre.
Et quand un chiffre apparaît, c'est plus souvent une fourchette qu'un nombre : 12,7 pour cent des annonces ouvertes proposent une plage du type 80–100 pour cent, contre 6,7 pour cent qui exigent explicitement un temps plein. Une plage ne se recopie pas, elle vous pose une question. Ce qui va dans la ligne, c'est le taux pour lequel vous avez effectivement postulé, et le même chiffre devrait figurer dans votre lettre.
Ce n'est pas une subtilité. L'activité est la colonne où vos recherches sont confrontées à l'aptitude au placement que vous avez annoncée à l'inscription. Se déclarer disponible à cent pour cent et déposer un mois entier d'offres à soixante pour cent n'est pas une ligne fautive : c'est une stratégie de recherche qui appelle une explication, et il vaut mieux la donner soi-même à l'entretien suivant.
Trois croix pour le mode, quatre pour le résultat
Entre la description du poste et le résultat se glisse une colonne étroite, « assignation ORP ». Elle ne reçoit une croix que si la place vous a été assignée par votre conseiller ou conseillère. Laissée vide, elle signifie que vous avez trouvé l'annonce vous-même, ce qui est le cas ordinaire et ne vous dessert en rien.
Le mode se coche, il ne se raconte pas : par lettre ou par voie électronique, visite personnelle, par téléphone. Une postulation déposée dans le formulaire en ligne d'un employeur relève de la voie électronique, même si aucune lettre ni aucun courriel n'a été produit. Un appel ne va dans la case téléphone que s'il constituait l'offre de services, et non sa préparation.
Le résultat propose quatre cases — en suspens, entretien, engagement, négatif — et seule la dernière s'accompagne d'un champ « motif ». On y écrit ce qui vous a été dit : poste repourvu en interne, profil ne correspondant pas, aucune réponse reçue. Bref suffit ; inventé, jamais.
Aucune colonne n'est prévue pour les corrections ultérieures, et c'est voulu : votre ligne décrit l'état des choses au jour de la signature. Un refus qui tombe en septembre pour une offre d'août appartient à votre propre liste et à l'entretien suivant, pas à une feuille déjà remise.
Justificatifs : la case qui désigne le second étage
Sous le tableau figure un champ que beaucoup laissent vide en le prenant pour un ornement : « justificatifs ». Il nomme les pièces que vous remettez avec la feuille, et il est la partie visible d'une obligation inscrite dans le formulaire lui-même — les justificatifs écrits tels que les copies d'offres de services ou de réponses négatives doivent être conservés et présentés sur demande.
La preuve est donc à deux étages. La feuille est la déclaration : huit indications par ligne, signées. Votre classeur est la pièce justificative, et il ne devient visible que si on le demande. Seul le premier étage se remet chaque mois, raison pour laquelle le second doit être constitué au jour le jour. Le guide vaudois le dit dès la lettre de congé : conservez les justificatifs de vos démarches, copies de vos postulations et des réponses reçues, car l'ORP vous demandera de prouver ce que vous avez entrepris.
La forme de la remise compte aussi. Zurich l'écrit sans détour, et le conseil vaut partout : pas de photographie du formulaire, mais soit la version remplie électroniquement, soit un scan de la version manuscrite. Une photo de travers dont les numéros de téléphone sont illisibles n'est pas un détail — elle rend inutilisables précisément les indications pour lesquelles la feuille existe.
La date, la signature et le paragraphe qui les accompagne
Au pied de la feuille, trois éléments se suivent : la date, les justificatifs et la signature de l'assuré ou de l'assurée. La date n'est pas celle d'une recherche mais celle de la déclaration : la signature valide d'un coup toutes les lignes qui la précèdent.
Juste à côté, le bloc « remarques » rassemble ce qui donne son poids au document. Que la personne assurée est tenue d'entreprendre tout ce qu'on peut raisonnablement exiger d'elle pour éviter le chômage ou l'abréger. Qu'elle y est déjà tenue avant le début du chômage, par exemple pendant le délai de congé. Que les recherches déposées après le 5e jour du mois suivant ne peuvent plus être prises en considération, sauf excuses valables. Et que la personne qui fournit des indications fausses ou incomplètes est punissable.
Cette dernière phrase est la raison pour laquelle une case vide vaut toujours mieux qu'une case inventée. Une personne de contact qui n'existe pas dans l'entreprise ne relève pas du même registre qu'une ligne manquante. Si vous n'avez trouvé aucun nom, inscrivez l'adresse générale à laquelle vous avez écrit et joignez la copie.
Les mêmes indications, saisies en ligne
Saisir ses recherches par les eServices remplace la grille par un masque, mais les indications demandées sont les huit mêmes. Le seul vrai gain est la reprise : une place trouvée sur la plateforme publique peut être reportée dans la saisie au lieu d'être retapée, ce qui supprime les fautes de frappe sur les deux champs — employeur et intitulé — dont dépendra plus tard la reconnaissance.
Ce que la saisie en ligne ne fournit pas, ce sont les quatre indications qui n'ont jamais figuré dans l'annonce : la date de votre offre de services, la personne à qui elle s'adressait, le taux visé et le résultat. Le masque épargne de la frappe, pas de l'observation.
Puisque les deux voies demandent la même chose, tenez votre propre liste dans les mêmes huit colonnes, quel que soit le canal de remise. C'est aussi la seule version qui vous restera une fois le chômage terminé.
Ce qu’il faut noter le jour même
Cinq indications ne sont disponibles avec certitude que le jour de l'offre de services : la date, l'employeur avec l'adresse du site visé, la personne et son numéro si vous en avez un, l'intitulé du poste dans l'orthographe de l'annonce, et le taux d'activité pour lequel vous avez postulé. Deux arrivent plus tard : le résultat et, s'il est négatif, son motif.
Trois gestes sécurisent en même temps le second étage : garder l'accusé de réception au lieu de l'effacer, enregistrer l'annonce en PDF avant qu'elle ne disparaisse une fois le poste repourvu, et reprendre le nom du signataire de l'accusé lorsque l'annonce n'en citait aucun. Ces messages portent presque toujours une date, le nom de l'entreprise et un numéro de dossier.
Le coût est d'une minute par recherche. L'alternative est un quart d'heure de reconstitution par ligne le 5 du mois suivant, avec le résultat que l'on connaît : des noms d'entreprise sans adresse, des dates approximatives et une colonne « personne contactée » restée vide faute de retrouver le nom.
Les chiffres sur les annonces proviennent du stock ouvert le 22 août 2026 sur SwissJobs.app ; les parts se rapportent à toutes les annonces ouvertes ce jour-là, et les parts linguistiques au sous-ensemble dont la langue de rédaction a pu être déterminée (trois quarts du stock). État du droit : LACI et OACI dans leur teneur en vigueur au 1er janvier 2026 ; formulaire dans l'édition actuellement publiée sur arbeit.swiss.
Suivre ses candidatures — noter les huit indications le jour même
Comment documenter une démarche par téléphone ?
En bref
Notez cinq éléments le jour même : la date de l’appel, l’entreprise et son adresse, le nom et le numéro direct de la personne à qui vous avez réellement parlé, l’intitulé du poste avec le taux d’activité, et ce qu’on vous a répondu. Sur le formulaire officiel, cochez « par téléphone » dans la colonne des modes de postulation. Le point décisif est le contact lui-même : selon le Tribunal fédéral, tant qu’aucun contact avec un employeur potentiel n’a eu lieu, il n’y a pas de recherche d’emploi.
Seules la décision de votre caisse de chômage et les informations de votre ORP font foi. Toute appréciation se fait au cas par cas. Ce texte est rédactionnel et ne constitue pas un conseil juridique.
Cette phrase coupe la question en deux. Un appel tombé sur une messagerie ne se met pas sur le formulaire ; une conversation avec la personne responsable au sujet d’un poste précis s’y met entièrement, colonne après colonne. Entre les deux se trouvent la standardiste qui a pris un message et le collègue qui devait rappeler — c’est-à-dire précisément les lignes sur lesquelles votre conseiller reviendra.
La suite de cette réponse traite du concret : les colonnes que le formulaire prévoit pour un appel, ce qu’une note personnelle prouve réellement, l’écrit à envoyer le jour même, la comparaison avec la visite personnelle qui, elle, exige un timbre — et ce que l’état des annonces ouvertes dit du bon moment pour téléphoner.
Comptage effectué le 23 août 2026 sur les annonces ouvertes ce jour-là sur SwissJobs.app, à partir de la date de publication enregistrée sur chaque annonce, présente pour 99,7 pour cent d’entre elles. L’annonce ouverte médiane a vingt jours.
- Pas de contact, pas de démarche : quatre tentatives infructueuses auprès de la même personne n’ont pas été comptées (Tribunal fédéral C 275/2005 du 6 novembre 2006, consid. 3.2).
- Si l’employeur n’est pas joignable par téléphone, le même arrêt impose une postulation écrite ou une visite personnelle dans l’entreprise.
- Le formulaire prévoit l’appel : la colonne « Offre de service » propose « par lettre / électronique », « visite personnelle » et « par téléphone ».
- Pour un appel, la colonne « Personne contactée, numéro de tél. » constitue toute la preuve, puisqu’il n’existe aucune copie de lettre à joindre.
- Une visite personnelle doit notamment être attestée par le timbre ou la signature de l’entreprise visitée (SICT, canton du Valais) ; l’appel, lui, n’a pas d’équivalent — d’où l’écrit qui suit.
- L’oral pèse moins : selon la Directive LACI IC, des informations téléphoniques consignées dans une note ne valent preuve que pour des points secondaires.
- Le formulaire doit être rempli intégralement, toutes colonnes complétées, et remis au plus tard le 5 du mois suivant.
Ce que le formulaire prévoit pour un appel
Le formulaire fédéral « Preuves des recherches personnelles effectuées en vue de trouver un emploi » est une grille, et un appel remplit une ligne entière — la même ligne qu’une postulation écrite, avec la même date, la même entreprise, le même intitulé de poste et le même résultat. Deux colonnes seulement changent de rôle quand la démarche a été un appel, et ce sont celles auxquelles il faut penser avant de composer le numéro : la case qui indique le mode de postulation, et le champ qui nomme la personne.
La case du mode rend le canal officiel : le téléphone est l’une des trois voies reconnues, pas un bricolage. La colonne de la personne contactée, en revanche, cesse d’être facultative. Une postulation écrite peut s’appuyer sur la copie de la lettre ; un appel ne le peut pas. Le nom, le numéro et la date sont toute la trace.
Le texte imprimé au bas du formulaire décrit la seconde étape de la preuve : les justificatifs écrits tels que les copies d’offres de services ou de réponses négatives doivent être conservés et présentés sur demande. Un appel n’en produit aucun de lui-même. Ce qui soutient votre ligne dépend donc entièrement de ce que vous faites dans l’heure qui suit.
Cela règle aussi une question posée chaque mois aux conseillers : si vous avez d’abord téléphoné puis envoyé le dossier, il s’agit d’une seule démarche pour un seul poste, donc d’une seule ligne. Cochez le mode qui a constitué la postulation — la conversation ou l’envoi. Deux lignes pour une même approche ne font pas deux recherches, et inscrire l’appel comme postulation alors qu’un dossier complet est parti le même jour revient à renoncer au meilleur justificatif.
Le canton du Valais ajoute une exigence qui vaut d’être lue avant de remplir quoi que ce soit : vous devez inscrire toutes vos démarches en complétant intégralement toutes les colonnes du formulaire. Une ligne à moitié remplie n’est pas une ligne discutable, c’est une ligne incomplète.
La limite posée par le Tribunal fédéral
L’arrêt de référence est bref et sans ambiguïté. Un assuré avait tenté quatre fois dans le mois de joindre une personne par téléphone, sans jamais y parvenir, et voulait que ces tentatives comptent parmi ses recherches. Le tribunal a refusé : lorsqu’un employeur potentiel ne peut pas être atteint par téléphone, une postulation écrite doit suivre, ou le demandeur d’emploi se présente lui-même dans l’entreprise. Et la phrase qui tranche : tant qu’aucun contact avec un employeur potentiel n’a eu lieu, on ne saurait parler d’une recherche d’emploi (C 275/2005 du 6 novembre 2006, consid. 3.2).
La tentative n’est donc pas la démarche. Elle est le début de quelque chose qui devient une démarche soit par la conversation, soit par la postulation écrite qui la remplace. Trois appels sans réponse et rien d’écrit ne laissent rien à présenter pour cet employeur, même si le temps investi était réel.
La seconde limite tient au but de l’appel. En 2020, le tribunal des assurances sociales du canton de Zurich s’est penché sur un assuré qui, en plus de ses candidatures, avait téléphoné à d’anciens partenaires commerciaux et fournisseurs pour leur signaler qu’il cherchait un poste. Le réseautage, a-t-il retenu, constitue une démarche utile et recommandable, mais du point de vue de l’assurance-chômage il ne représente pas une recherche d’emploi suffisante, car l’assuré doit cibler ses recherches, en règle générale sous la forme d’une postulation ordinaire sur un poste ouvert.
Les deux règles réunies donnent un test simple. L’appel compte lorsque vous avez atteint une personne nommée au sujet d’un poste nommé. Il ne compte ni comme entretien du réseau, ni comme tentative. Que le téléphone soit, dans certaines branches, la manière normale de postuler ne change rien à cela : c’est une forme reconnue, pas un raccourci qui dispense du fond.
Pourquoi votre note vaut moins qu’un écrit
Pour savoir ce que vaut une note de téléphone, regardez comment l’administration traite les siennes. La Directive LACI IC, au chapitre des exigences en matière de preuves, est explicite : l’organe d’exécution exigera des renseignements écrits sur les points essentiels, et des informations téléphoniques consignées dans une note versée au dossier ne peuvent être considérées comme des moyens de preuve que dans la mesure où elles concernent des points secondaires.
Ce n’est pas une chicane administrative mais un principe général du droit des assurances sociales. L’article 43 alinéa 1 LPGA oblige l’assureur à prendre d’office les mesures d’instruction nécessaires et se termine par cette phrase : « Les renseignements donnés oralement doivent être consignés par écrit. » Ce qui a été dit doit être écrit — et même écrit, cela ne porte pas seul le point principal.
La conséquence pour votre ligne n’est pas que l’appel ne vaut rien. C’est qu’il lui faut un compagnon écrit, et que le moins coûteux est un courriel envoyé le jour même : un remerciement pour le temps accordé, une phrase nommant le poste discuté, le dossier en pièce jointe. Ce message transforme un souvenir privé en un échange à deux parties, avec un horodatage et un objet.
Le degré de preuve compte également. Pour prononcer une suspension, les faits déterminants doivent être prouvés au degré de la vraisemblance prépondérante, et la même directive précise qu’il n’existe aucun principe juridique dictant à l’administration ou au juge de statuer en faveur de l’assuré en cas de doute. Un doute sur votre ligne téléphonique ne se résout donc pas automatiquement à votre avantage.
Le timbre, la signature et ce qui en tient lieu au téléphone
La comparaison la plus éclairante vient de la visite personnelle. Le service cantonal valaisan de l’industrie, du commerce et du travail écrit que les recherches effectuées par le biais de visites personnelles doivent notamment être attestées par le timbre ou la signature de l’entreprise visitée. Autrement dit : quand la démarche ne laisse pas de trace écrite d’elle-même, l’administration en demande une, produite par l’autre partie.
L’appel téléphonique se trouve exactement dans cette situation, à ceci près qu’aucun timbre n’existe. Ce qui en tient lieu, c’est le courriel de suivi ou la lettre de candidature adressée à la personne entendue — un document qui vient de vous mais que l’autre partie a reçu, et qui porte son nom.
La brochure de postulation du SECO décrit ce réflexe sans le relier à la preuve : dès que votre interlocuteur laisse entendre qu’il souhaite voir d’abord votre dossier, montrez-vous coopératif et annoncez-lui que vous le lui ferez parvenir dans les jours qui suivent ; dans la lettre de candidature, référez-vous à l’entretien téléphonique et adressez la lettre à la personne avec laquelle vous avez parlé, en la remerciant de ses renseignements. Cette lettre est aussi, accessoirement, le justificatif de votre ligne téléphonique.
Le volume, lui, ne se négocie pas au téléphone. Le canton du Valais fixe des objectifs quantitatifs usuels de dix à douze recherches d’emploi par mois pendant le chômage, et de six à huit par mois entre la connaissance de la fin des rapports de travail et l’inscription. Un bon appel ne remplace pas une ligne manquante.
L’appel qui n’est pas une démarche et qui améliore toutes les autres
Il existe un second type d’appel qui n’a rien à faire sur le formulaire et qui, pourtant, améliore la qualité de vos lignes plus que tout autre geste : celui par lequel vous découvrez à qui adresser la candidature. La brochure du SECO le recommande explicitement pour les candidatures spontanées — téléphonez à l’entreprise et demandez le nom et l’adresse du responsable du personnel, car une lettre adressée à une personne donnée fera toujours meilleur effet que la même lettre sans destinataire précis.
Cet appel-là n’est pas une ligne, puisqu’il ne vise pas un poste déterminé. Ce qu’il produit, c’est le contenu de la colonne « Personne contactée » de la postulation écrite qui suivra — la colonne qui reste vide sur la plupart des preuves de recherches.
La fréquence de ce détour se lit dans le chemin de postulation lui-même. Sur les annonces ouvertes sur SwissJobs.app le 23 août 2026, 57,6 pour cent des liens de candidature menaient à une adresse portant le nom de l’employeur ; pour les 42,4 pour cent restants, ce n’était pas le cas, la candidature aboutissant dans le portail d’un tiers. Dans ce second groupe, il n’y a souvent personne au bout du parcours dont on pourrait citer le nom, et le standard téléphonique est la seule voie vers une personne.
Et si le standard refuse de donner un nom — cela arrive —, notez-le tel quel : numéro général, date, aucune personne de contact communiquée. Une ligne incomplète mais vraie se discute avec le conseiller. Une personne inventée, non : le formulaire avertit lui-même que « la personne assurée qui fournit des indications fausses ou incomplètes est punissable » (art. 105ss LACI).
Quand l’appel vaut la peine, mesuré sur les annonces ouvertes
La question la plus fréquente au téléphone n’est pas « allez-vous m’engager » mais « le poste est-il encore ouvert ». Elle est plus légitime qu’elle n’en a l’air. Sur l’ensemble des annonces ouvertes sur SwissJobs.app le 23 août 2026, l’annonce médiane avait vingt jours. Seules 13,2 pour cent avaient moins d’une semaine, 45,6 pour cent entre sept et trente jours, 12,9 pour cent entre trente et un et soixante jours, et 28,2 pour cent plus de deux mois.
Dans plus de quatre cas sur dix, vous appelez donc au sujet d’une annonce visible depuis plus d’un mois. Ce que vous apprenez en une minute ne figure dans aucun texte d’annonce : si la recherche est toujours en cours, si les entretiens ont commencé, si un autre site pourvoit le même poste. Cette réponse appartient à la colonne du résultat, et c’est la raison pour laquelle un appel documenté en dit souvent plus à votre conseiller qu’une douzième candidature standard.
Pour le moment de l’appel, un second motif aide. 90,4 pour cent des annonces ouvertes sont parues un jour ouvrable, avec un maximum le mercredi à 22,0 pour cent et 56,3 pour cent entre le lundi et le mercredi ; 9,6 pour cent sont parues le week-end. Téléphoner dans les jours qui suivent la parution, c’est arriver sur un poste que personne n’a encore épuisé.
Reste la mécanique du dépôt, identique pour toutes les démarches. Les recherches d’emploi déposées après le cinquième jour du mois suivant, ou le premier jour ouvrable qui suit cette date, ne sont plus prises en considération en l’absence d’excuse valable. Saisissez donc l’appel le jour où il a eu lieu : le nom de votre interlocuteur, son numéro direct et la formulation exacte de sa réponse sont périssables, et ce que l’on reconstitue cinq semaines plus tard n’est plus vérifiable au sens de la directive.
Les chiffres sur les annonces proviennent de l’état ouvert sur SwissJobs.app le 23 août 2026 : âge calculé depuis la date de publication enregistrée, jour de parution en heure suisse, destination de la candidature d’après le domaine du lien de postulation comparé au nom de l’employeur. Les domaines abrégés comptent comme non concordants, la part sans nom d’employeur est donc plutôt surestimée. État du droit : LACI, OACI et LPGA dans leur teneur au 1er janvier 2026, Directive LACI IC du SECO, et informations cantonales valaisannes consultées le 23 août 2026.
Suivre ses candidatures — garder l’appel, la date et l’interlocuteur
Que faire si l’annonce n’est plus en ligne ?
En bref
Considérez la disparition comme une information manquante, non comme une nouvelle. Le 23 août 2026, nous avons rouvert 128 annonces actives de notre propre inventaire : une seule a répondu par une page d’erreur, et aucune ne portait une phrase indiquant que le poste était pourvu ou clos. Une annonce disparue ne vous apprend donc rien d’exploitable. Si vous avez déjà postulé, ni votre candidature ni votre inscription au registre des recherches ne changent. Sinon, une brève question à l’employeur est le seul moyen d’obtenir une réponse fiable.
Seules la décision de votre caisse de chômage et les informations de votre ORP font foi. Toute appréciation se fait au cas par cas. Ce texte est rédactionnel et ne constitue pas un conseil juridique.
Le réflexe d’interpréter la disparition se comprend, mais il induit en erreur. Une annonce est une publication, pas un état du dossier. Elle peut prendre fin parce que quelqu’un a été engagé — ou parce qu’une diffusion payante est arrivée à son terme, parce que l’entreprise a changé d’outil de recrutement, parce que le site carrière a été refait, ou parce que la clôture était programmée à quatre semaines alors que la sélection se poursuit en coulisses. Vu de l’extérieur, ces cas sont indiscernables.
Concrètement : ne modifiez rien de ce que vous avez déjà consigné, et faites confirmer le reste par une personne. Deux phrases par courriel, ou un appel citant l’intitulé exact du poste et la date à laquelle vous avez vu l’annonce, suffisent en général à savoir en un jour ce que la disparition signifiait.
Quatre tranches d’âge de 32 annonces, une seule annonce par employeur, requêtes séquentielles espacées d’un peu plus d’une seconde. « Ne mentionne plus le poste » signifie que la page s’est chargée normalement mais que l’intitulé exact n’y figurait plus. Aucune page ne portait de mention d’annonce échue ou de poste pourvu.
- Sur 128 annonces rouvertes le même jour, une seule a renvoyé une page d’erreur ; environ 27 pour cent se chargeaient normalement sans plus mentionner le poste.
- Aucune des 128 destinations ne contenait de phrase du type « poste pourvu » ou « annonce échue », dans aucune des quatre langues testées.
- Près de trois adresses sur dix redirigeaient ailleurs. Un lien qui s’ouvre ne prouve donc absolument rien.
- Une candidature déjà envoyée reste une recherche d’emploi : ce que le chiffre B321 de la Directive LACI IC exige de vérifiable, c’est ce que vous avez fait, pas ce que l’employeur laisse publié.
- Le chiffre B317 est explicite : « L’assuré qui attend une réponse à une postulation n’est pas libéré pour autant de ses obligations : il doit poursuivre ses recherches. »
- Si l’ORP vous a assigné le poste, le silence est la seule mauvaise réponse : à défaut d’engagement, l’autorité doit établir les motifs, et l’employeur a le devoir de fournir les renseignements (art. 28 LPGA, chiffre B305).
Quatre situations qui se ressemblent toutes de l’extérieur
Derrière une annonce qui n’est plus là se cachent quatre réalités distinctes, et elles produisent la même image. Un : le poste est réellement pourvu ou supprimé. Deux : la fenêtre de publication est arrivée à échéance — beaucoup d’outils de recrutement publient avec une date de fin fixe, et cette date ne dit rien de l’état de la sélection. Trois : le poste est ouvert, mais plus à cette adresse, parce que l’entreprise a changé de système, refait son site carrière ou cessé de payer une diffusion. Quatre : il ne se passe rien du tout et vous êtes tombé sur une page intermédiaire qui a redirigé votre navigateur.
Distinguer ces quatre cas n’est pas un exercice de style. Dans le premier, l’affaire est close ; dans le deuxième et le troisième, elle ne l’est pas du tout ; dans le quatrième, vous n’avez que la mauvaise adresse. Traiter les quatre de la même manière, c’est renoncer régulièrement à des candidatures encore possibles.
Une seule partie sait laquelle des quatre s’applique, et elle travaille dans l’entreprise. La question « que faire si l’annonce n’est plus en ligne ? » est donc une question d’ordre des opérations : ne pas interpréter, demander — et demander à l’employeur, pas au moteur de recherche.
Ce qui se passe vraiment quand on retourne voir
Nous l’avons mesuré le 23 août 2026 au lieu de le supposer. Dans notre propre inventaire d’annonces actives, nous en avons tiré 128 — quatre tranches d’âge de 32, de « parue dans les sept derniers jours » à « vieille de trois à quatre mois », jamais plus d’une annonce par employeur — et nous avons rouvert la source de chacune.
Le résultat contredit l’intuition. Dans 68,8 pour cent des cas, l’intitulé exact du poste figurait toujours dans le texte de la page. Dans 26,6 pour cent, la page se chargeait normalement mais ne mentionnait plus le poste. 3,1 pour cent étaient inaccessibles. Et les pages d’erreur ? 1,6 pour cent — une annonce sur 128 a répondu par le classique 404.
Ce qui manquait est plus frappant encore. Aucune des 128 pages ne contenait de phrase expliquant la disparition. Nous avons testé plus de trente formulations dans les quatre langues nationales — « n’est plus disponible », « poste a été pourvu », « Stelle wurde besetzt », « offerta è scaduta » et d’autres. Résultat : zéro. Quand un poste s’en va, il s’en va sans un mot.
S’y ajoute la redirection : près de trois adresses sur dix aboutissaient à un chemin différent de celui demandé. C’est de là que naît le malentendu le plus fréquent. Vous cliquez sur un lien enregistré, une page carrière bien tenue s’ouvre avec d’autres postes, et vous lisez « c’est fini ». Vous avez seulement constaté que quelqu’un a configuré une redirection.
Une précision honnête sur la méthode. Même parmi les annonces les plus récentes, dont la quasi-totalité doit encore être ouverte, la vérification de l’intitulé a échoué dans environ un cas sur cinq : sur les pages qui composent leur contenu dans le navigateur, notre test ne peut tout simplement pas trouver le titre. L’élément parlant n’est donc pas un pourcentage isolé, mais la comparaison : dans la tranche la plus ancienne, un bon tiers des pages ne nommaient plus le poste, contre un bon cinquième dans la plus récente. Et le constat qui compte ici ne dépend pas de la méthode : presque aucune page d’erreur, et aucune explication en clair nulle part.
Vous avez déjà postulé : rien ne change
C’est le cas le plus fréquent et le moins inquiétant. Une candidature envoyée est une relation entre vous et l’employeur ; l’annonce n’en était que l’invitation. Qu’on la retire du mur ne supprime pas la relation — ni l’accusé de réception, ni le délai dans lequel on vous répond, ni la possibilité d’être convoqué dans quinze jours.
Il en va de même pour la preuve de vos recherches. Le chiffre B321 de la Directive LACI IC demande, pour chaque période de contrôle, les indications écrites nécessaires à la vérification de vos recherches d’emploi. Ce qui se vérifie, c’est ce que vous avez fait : la date, l’entreprise, le poste, le canal, l’interlocuteur. Que l’employeur ait encore son annonce en ligne aujourd’hui n’en fait pas partie et n’est jamais demandé. Ne réécrivez donc pas une ligne et n’en supprimez aucune parce qu’un lien ne mène plus nulle part.
Dans la colonne du résultat, vous notez l’état réel. « En suspens » reste juste tant que personne ne vous a écarté — la disparition d’une annonce n’est pas un refus et ne doit pas être inscrite comme tel. Si un refus arrive plus tard, vous corrigez à ce moment-là, pas avant.
Une obligation, en revanche, ne bouge pas. Le chiffre B317 le dit mot pour mot : l’assuré qui attend une réponse à une postulation n’est pas libéré pour autant de ses obligations, il doit poursuivre ses recherches et accepter le travail qui lui est offert, même en dehors de sa profession. Quand une annonce disparaît et que la réponse tarde, on est tenté de considérer le mois comme « en cours ». La période de contrôle, elle, continue, et elle compte des démarches, pas des attentes.
Vous n’avez pas encore postulé : la relance qui compte
C’est ici que se situe la vraie perte. Une annonce vue et jamais suivie d’effet n’est pas une recherche d’emploi — c’est une ligne de moins dans votre registre, pour un poste qui existe peut-être encore. Une annonce retirée n’est pas une raison d’abandonner le contact, c’est la raison de le rendre bref.
Le message qui fonctionne tient en deux phrases et contient quatre éléments : l’intitulé exact du poste, le lieu, la date à laquelle vous avez vu l’annonce, et la question de savoir si le poste est toujours à pourvoir. Ce sont précisément les quatre éléments dont la personne d’en face a besoin pour retrouver le dossier. « J’ai vu que vous aviez une annonce » ne permet à personne de chercher.
Si l’employeur répond que le poste est ouvert, vous postulez normalement et vous inscrivez la candidature. S’il répond qu’il est pourvu, vous disposez d’une information sourcée à consigner dans vos propres notes — elle expliquera plus tard l’absence de candidature. Si personne ne répond, cela reste une question sans résultat, et la bonne suite est une autre candidature dans le même mois plutôt qu’un débat sur la valeur de l’appel.
Ce que vous envoyez ensuite doit rester sérieux. Le chiffre B315 qualifie les recherches d’insuffisantes lorsque les lettres de candidature sont rédigées de manière si superficielle et rudimentaire qu’on ne peut plus parler de candidatures sérieuses. Une candidature bâclée, écrite pour remplir une ligne du formulaire, ne règle pas le problème : elle le repousse.
L’habitude qui fait disparaître le problème
L’annonce est la seule pièce de votre dossier qui se trouve sur le serveur de quelqu’un d’autre. Tout le reste vous appartient : votre lettre, votre CV, l’accusé de réception, votre note après l’appel. Seule l’annonce peut être effacée par un tiers sans vous demander votre avis — et c’est justement elle dont vous aurez besoin des semaines plus tard, au moment de préparer l’entretien et de vérifier ce qui était réellement demandé.
D’où une habitude unique : enregistrez le texte de l’annonce le jour où vous postulez. Imprimé en PDF, collé dans votre document de candidature, à la rigueur en capture d’écran. Avec les quatre données qui figurent aussi dans votre registre — intitulé, entreprise, lieu, date — et la référence de l’annonce s’il y en a une. Cela prend une minute et c’est la seule assurance contre une annonce partie trois jours plus tard.
Cette copie sert trois fois. À l’entretien, parce que vous avez sous les yeux les tâches annoncées mot pour mot pendant que votre interlocuteur parle de mémoire. Dans la preuve de vos recherches, parce que vous pouvez étayer votre ligne sans dépendre du site d’un tiers. Et dans la relance elle-même, parce qu’un numéro de référence tiré d’une annonce disparue retrouve immédiatement le poste dans le système de l’employeur.
Quand c’est l’ORP qui vous a assigné le poste
L’assignation change la donne, car derrière le poste il y a une instruction de l’autorité compétente. Selon l’art. 30 al. 1 let. d LACI, l’assuré est suspendu dans son droit à l’indemnité s’il n’observe pas les instructions ou n’accepte pas un travail convenable. Une annonce entre-temps retirée n’est donc pas une raison de laisser l’assignation s’éteindre en silence — c’est la raison d’informer l’ORP le jour même.
Ce n’est pas du formalisme, c’est la procédure telle qu’elle est prévue. Le chiffre B305 de la Directive LACI IC le formule ainsi : si l’assuré a reçu l’ordre de se présenter à un employeur déterminé et qu’aucun engagement ne s’ensuit, l’autorité compétente a le devoir d’établir les motifs du non-engagement, et l’employeur a le devoir de fournir les renseignements au sens de l’art. 28 LPGA. La clarification que vous ne pouvez pas mener vous-même incombe de toute façon à l’autorité.
En pratique : postulez si une adresse fonctionne encore — par courriel au contact indiqué dans la lettre d’assignation, annonce ou pas. Si c’est impossible, signalez à votre conseiller ou conseillère ce que vous avez tenté, avec la date et l’heure. Une assignation restée sans réponse ressemble, au dossier, à un refus ; une assignation accompagnée d’un retour ressemble à ce qu’elle était.
À quelle vitesse l’inventaire tourne — et pourquoi le même poste revient
La disparition des annonces n’est pas une anomalie : c’est la vitesse de base de ce marché. Dans notre inventaire actif du 23 août 2026, la moitié des annonces avaient été publiées au cours des trois semaines précédentes, et 13,2 pour cent au cours des sept derniers jours. À l’autre extrémité, une traîne tenace : 28,3 pour cent avaient plus de deux mois et 16,6 pour cent plus de trois. Qui se demande si une annonce est « trop vieille » pour être suivie d’effet trouve ici la réponse — une part considérable de ce qui est en ligne y est depuis longtemps, et manifestement pour de bonnes raisons.
Vient ensuite la répétition. Environ 3,1 pour cent des combinaisons employeur-intitulé apparaissaient plusieurs fois dans notre inventaire, avec plus de trois semaines entre la première et la dernière parution ; l’écart médian atteignait 54 jours. Rapporté aux annonces, cela fait 10,3 pour cent : une annonce active sur dix relève d’un poste que le même employeur a publié plus d’une fois.
C’est la meilleure raison de ne pas lire une annonce disparue comme définitive. Les postes sont redécoupés, les procédures de sélection échouent, les autorisations arrivent tard, et le même rôle refait surface quelques semaines plus tard, souvent sous un intitulé légèrement différent. Qui a noté l’employeur et le libellé exact le reconnaîtra ; qui n’avait gardé que le lien passera à côté.
Pour la recherche, il en découle une règle simple : les entreprises dont vous avez manqué l’annonce méritent une liste à part, pas la corbeille. Un poste déjà publié une fois atteste d’un besoin qui existe réellement dans cette maison. Peu de points de départ d’une candidature peuvent en dire autant.
Le deuxième endroit où le même poste peut figurer
Pour une partie du marché, il existe une seconde adresse, officielle. Depuis le 1er janvier 2020, les employeurs sont légalement tenus d’annoncer à l’ORP les postes vacants dans les genres de professions affichant au moins cinq pour cent de chômage à l’échelle suisse. L’annonce passe par la plateforme du service public de l’emploi ou directement par l’ORP — et c’est là que le poste paraît d’abord.
Le SECO décrit l’ordre ainsi : un poste ne peut être publié ailleurs que cinq jours ouvrables après sa parution sur le portail en ligne réservé aux demandeurs d’emploi inscrits auprès de l’ORP. Pour vous, personne inscrite, cela a deux conséquences. D’une part, vous voyez ces postes plus tôt que partout ailleurs. D’autre part, l’espace protégé est un second endroit où peut encore figurer un poste dont l’annonce publique reste introuvable.
L’inverse vaut tout autant : l’espace protégé ne couvre que les genres de professions soumis à l’obligation d’annonce, pas l’ensemble du marché. Une annonce qui n’y figure pas ne dit, une fois de plus, rien du poste. Ici aussi, la voie fiable est la même que partout ailleurs — la question à l’entreprise, avec l’intitulé et la date.
Ce que rapportent les personnes concernées
Un problème pratique revient dans les témoignages, quel que soit le secteur : les annonces disparaissent alors que la candidature est encore en cours. Qui saisit tout en fin de mois cherche alors des informations qui n'existent plus en ligne. Ceux qui ont résolu la chose notent les données clés le jour même — parfois au format numérique, parfois simplement sur papier.
Expérience décrite à plusieurs reprises par des demandeurs d’emploi dans des publications LinkedIn suisses, lues en août 2026.
La mesure de disponibilité a été effectuée le 23 août 2026 : 128 annonces actives à ce moment-là sur SwissJobs.app, tirées en quatre tranches d’âge de 32 (0–7, 21–35, 50–70 et 90–130 jours depuis la saisie), au maximum une annonce par employeur, requêtes séquentielles espacées de 1,2 seconde. « Ne mentionne plus le poste » désigne une page répondant avec le statut 200 mais dont le texte ne contient plus l’intitulé exact ; ce test peut échouer sur les pages qui composent leur contenu dans le navigateur et produit donc un socle d’environ un cinquième même pour des annonces toutes récentes. Un portail connu pour se protéger des requêtes automatisées a été exclu de l’échantillon. Les chiffres sur l’âge et la répétition des annonces proviennent du même inventaire ; les parts se rapportent à toutes les annonces actives ce jour-là, respectivement à toutes les combinaisons de nom d’employeur normalisé et d’intitulé normalisé. État du droit : LACI et LPGA dans leur teneur en vigueur au 1er janvier 2026, ainsi que la Directive LACI IC du SECO, état au 1er janvier 2026.
Suivre ses candidatures — garder l’annonce, la date et la référence
Sources
- OACI (RS 837.02) art. 26 — recherches ciblées « selon les méthodes de postulation ordinaires », délai au 5 du mois suivant
- LACI (RS 837.0) art. 17 al. 1 et 3, art. 30 al. 1 let. c et d — Fedlex
- LPGA (RS 830.1) art. 28 — collaboration et devoir de renseigner de l’employeur
- SECO — Directive LACI IC, état au 1er janvier 2026, chiffres B305, B315, B317 et B321 (PDF)
- SECO / arbeit.swiss — formulaire « Preuves des recherches personnelles effectuées en vue de trouver un emploi » (PDF) : colonnes, remarques, justificatifs
- SECO / arbeit.swiss — eServices et formulaires pour l'indemnité de chômage
- SECO — Directive LACI IC (Bulletin LACI IC), état au 1.7.2026, chiffres marginaux B311, B313, B315-B318, B320, B328
- SECO Info-Service « Être au chômage », édition 2026 : les offres spontanées comme moyen complémentaire
- SECO / arbeit.swiss — formulaire officiel 716.007 f, « Preuves des recherches personnelles » (PDF)
- République et canton de Genève — Droits, obligations et sanctions liés à l'assurance-chômage
- SECO / arbeit.swiss — eServices et formulaires pour l’indemnité de chômage
- Accéder aux services en ligne sur Job-Room — République et canton de Genève
- FAQ indisponibilité de Job-Room et des eServices du SECO — État de Vaud
- Tribunal fédéral, arrêt 8C_763/2017 du 30 octobre 2018
- Job-Room — plateforme officielle de l'assurance-chômage
- République et canton de Genève — la feuille est envoyée chaque mois et n'est valable que pour le mois indiqué
- État de Vaud — Guide de la personne en recherche d’emploi : droits et devoirs, remise du formulaire au 5 (PDF)
- SECO — Directive LACI IC, exigences en matière de preuves, D5 et D7 (PDF)
- Tribunal fédéral C 275/2005 du 6 novembre 2006, consid. 3.2 — les tentatives d’appel infructueuses ne sont pas des recherches
- Tribunal des assurances sociales du canton de Zurich, AL.2020.00204 du 29 octobre 2020 — le réseautage n’est pas une recherche suffisante (en allemand)
- Canton du Valais, SICT — prestations des ORP : preuves des recherches, timbre pour les visites personnelles, objectifs quantitatifs
- SECO / arbeit.swiss — « Qu’est-ce qu’une bonne candidature ? », chapitre Candidature par téléphone (PDF)
- SECO — obligation d’annoncer les postes vacants : voies d’annonce et délai de publication de cinq jours ouvrables
- SECO / travail.swiss — eServices et formulaires pour l’indemnité de chômage
Questions liées
Ce que notre index d’offres dit du marché suisse
Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.
Langue de rédaction des annonces
- Deutsch
- 60%
- English
- 23%
- Français
- 13%
- Italiano
- 3%
Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant
- Deutsch
- 70%
- English
- 43%
- Français
- 21%
- Italiano
- 3%
19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%