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Une candidature spontanée compte-t-elle ?

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En bref

Oui. Une candidature spontanée est une recherche d'emploi et s'inscrit sur le formulaire comme les autres. La brochure du SECO pose une limite : « Les offres qui ne répondent pas concrètement à une place mise au concours (offres dites spontanées) ne constituent qu'un moyen complémentaire. » Complémentaire signifie comptées, pas écartées. Un mois entièrement spontané appellera des questions ; une ou deux à côté des réponses aux annonces, non. Ce qui tranche ensuite, c'est la qualité : un destinataire nommé et une fonction nommée font une recherche, trente lettres identiques n'en font aucune.

Seules la décision de votre caisse de chômage et les informations de votre ORP font foi. Toute appréciation se fait au cas par cas. Ce texte est rédactionnel et ne constitue pas un conseil juridique.

Le vocabulaire officiel français dit déjà l'essentiel. Le formulaire ne demande pas la date de l'annonce, il demande la « date de l'offre de services » — c'est-à-dire le jour où vous avez proposé vos services à quelqu'un. Rien dans ce mot n'exige qu'un poste ait été mis au concours au préalable.

La vraie question n'est donc jamais « est-ce que ça compte », mais « quelle part de mes recherches mensuelles peut être spontanée ». Aucun texte fédéral ne fixe cette part. Elle se règle avec votre conseiller ORP, et il vaut mieux la régler avant la fin de la période de contrôle qu'après.

Employeurs ayant plus d'une annonce ouverte : plus longue pause entre deux publications, part en pour cent
Employeurs ayant plus d'une annonce ouverte : plus longue pause entre deux publications, part en pour centmoins de 7 jours26.2%7 à moins de 30 jours31.9%30 à moins de 60 jours27.8%60 jours et plus14.1%

Relevé le 23 août 2026 sur les annonces ouvertes ce jour-là sur SwissJobs.app, regroupées par nom d'employeur normalisé et limitées aux employeurs ayant au moins deux annonces et une date de publication exploitable. La médiane de la plus longue pause est de 23 jours ; 41,9 pour cent de ces employeurs sont restés au moins une fois trente jours ou plus sans rien publier.

  • La phrase en cause, brochure du SECO « Être au chômage », édition 2026 : « Les offres qui ne répondent pas concrètement à une place mise au concours (offres dites spontanées) ne constituent qu'un moyen complémentaire. »
  • L'édition allemande de la même brochure parle de « Blindbewerbungen » qui « können nur als Ergänzung dienen », l'italienne de candidatures « considerate soltanto in modo complementare ». Aucune des trois versions ne dit qu'elles ne comptent pas.
  • L'art. 26 al. 1 OACI demande à l'assuré de « cibler ses recherches d'emploi, en règle générale selon les méthodes de postulation ordinaires ». C'est une exigence de forme, pas d'origine du poste.
  • L'art. 17 al. 1 LACI se termine par la clause qui porte toute la preuve : « Il doit pouvoir apporter la preuve des efforts qu'il a fournis. » Ce qui se prouve, c'est la démarche, pas l'annonce.
  • Le même office la recommande : la page de conseils d'arbeit.swiss consacre une section à la candidature spontanée et relève que « selon des experts, toujours plus de postes sont pourvus à la suite de candidatures spontanées ».
  • La qualité est appréciée avec la quantité : selon le chiffre marginal B315 de la Directive LACI IC, les recherches sont insuffisantes lorsque les offres sont « à tel point superficielles qu'elles ne peuvent être qualifiées de sérieuses ».
  • Le formulaire demande une « description du poste ». Écrire « candidature spontanée » dans cette colonne ne répond pas à la question posée — et fait passer une démarche sérieuse pour un remplissage.
  • Le marché justifie la démarche : parmi les employeurs qui ont plusieurs annonces ouvertes, 41,9 pour cent ont laissé passer au moins un mois entier sans rien publier entre deux annonces.

« Un moyen complémentaire » : d'où vient la formule

La phrase ne figure ni dans la loi ni dans l'ordonnance. Elle se trouve dans l'Info-Service « Être au chômage », la brochure que le SECO édite à l'intention des assurés, dans la réponse à la question sur les obligations. Le passage rappelle d'abord l'obligation de diminuer le dommage : vous devez entreprendre tout ce qui est en votre pouvoir, cibler vos recherches d'emploi déjà avant d'être au chômage, en règle générale selon les méthodes de la postulation ordinaire, éventuellement dans une autre profession. Puis vient la réserve sur les offres qui ne répondent pas concrètement à une place mise au concours.

Lue de près, cette réserve porte sur une proportion. « Ne constituent qu'un moyen complémentaire » suppose qu'il existe quelque chose à compléter ; la formule ne dit pas que la démarche est écartée. Les deux autres éditions de la même brochure disent la même chose dans leurs propres mots — l'allemande parle d'un simple complément, l'italienne dit que ces candidatures sont prises en compte de manière complémentaire.

Ce qu'aucune des trois versions ne donne, c'est un chiffre. Aucun texte fédéral ne fixe de part maximale de candidatures spontanées par période de contrôle. Ce n'est pas un oubli : la directive laisse délibérément le nombre et le type des recherches à l'appréciation de l'autorité compétente, et c'est là que la proportion applicable à votre dossier se décide réellement.

Cela change la manière de lire les conseils qui circulent. « Les candidatures spontanées ne comptent pas » est un raccourci de la règle du complément, et il supprime précisément la partie qui décide de votre cas.

Ce que l'ordonnance demande vraiment

La disposition tient en une phrase. Article 26 alinéa 1 OACI : « L'assuré doit cibler ses recherches d'emploi, en règle générale selon les méthodes de postulation ordinaires. » Deux exigences, toutes deux relatives à votre comportement. Rien sur l'origine du poste, et pas un mot, dans tout l'article, sur une annonce, un numéro de référence ou un portail.

La loi au-dessus est tout aussi silencieuse. L'article 17 alinéa 1 LACI exige d'entreprendre tout ce qu'on peut raisonnablement attendre pour éviter le chômage ou l'abréger, en particulier de chercher du travail, au besoin en dehors de la profession exercée précédemment, et se termine par la clause décisive : « Il doit pouvoir apporter la preuve des efforts qu'il a fournis. » Ce qui doit être prouvé, c'est l'effort — non la place qui l'aurait suscité.

Les versions allemande et italienne confirment le sens de « méthodes de postulation ordinaires ». L'allemand demande une démarche « in der Regel in Form einer ordentlichen Bewerbung », l'italien « di regola sotto forma di domande d'impiego ordinarie ». Un dossier complet adressé à une personne nommée est une méthode de postulation ordinaire, et l'était bien avant l'apparition des portails d'emploi.

Le paysage juridique est donc plus étroit que la question ne le laisse croire. Aucune norme n'écarte une candidature envoyée sans annonce. Il existe une pratique administrative qui la classe comme complémentaire, et une marge d'appréciation qui juge le cas particulier.

Le vocabulaire du formulaire est déjà une réponse

Le formulaire officiel s'intitule « Preuves des recherches personnelles effectuées en vue de trouver un emploi », et sa première colonne demande la « date de l'offre de services ». Le français administratif désigne donc la candidature par ce qu'elle est : une offre que vous faites, pas une réponse que vous donnez. La colonne suivante demande l'entreprise et l'adresse, puis la personne contactée et son numéro de téléphone, puis la description du poste, l'activité — par lettre ou par voie électronique, visite personnelle, par téléphone — et le résultat.

Aucune de ces colonnes ne porte sur une annonce. Il n'y a pas de champ pour une référence, pas de champ pour la plateforme, pas de champ pour le lien. La seule colonne qui relie votre ligne au monde extérieur est celle de la personne contactée, et c'est justement celle qu'une candidature spontanée bien faite remplit d'office, puisqu'on a cherché à qui écrire avant d'écrire.

Les remarques imprimées au bas du formulaire disent le reste : les justificatifs écrits, copies d'offres de services ou de réponses négatives, doivent être conservés et présentés sur demande. La preuve est donc à deux étages — le formulaire est la déclaration, votre classeur en est le support — et la candidature spontanée s'y range exactement comme les autres.

Le même office, deux tons

Après la brochure, ouvrez la page de conseils de candidature d'arbeit.swiss : le même service fédéral y tient un discours nettement plus chaleureux. Une section s'intitule « Candidature spontanée » et commence ainsi : « En plus de vos candidatures à des postes publiés, il peut être intéressant d'envoyer une candidature spontanée. Selon des experts, toujours plus de postes sont pourvus à la suite de candidatures spontanées, c'est-à-dire des candidatures qui ne répondent pas à des offres d'emploi précises. »

La même section ajoute que de telles postulations « témoignent d'un degré de motivation élevé et d'un intérêt marqué envers un employeur en particulier ». Ce n'est donc pas qu'une forme serait encouragée et l'autre tolérée : c'est une seule démarche, recommandée par le conseil du service et encadrée par sa brochure de prestations.

La contradiction se dissout dès qu'on regarde l'objet de chaque texte. La brochure décrit la preuve : ce qui doit être vérifiable en fin de mois, et dans quelle proportion. La page de conseils décrit la recherche : ce qui mène effectivement à un engagement. Les deux peuvent avoir raison en même temps, et c'est le cas. Ce qui est complémentaire au dossier peut être la voie principale vers l'emploi.

Pour une personne inscrite à l'ORP, cela lève l'inquiétude sans supprimer l'arithmétique. Envoyez des candidatures spontanées, puisque le service public de l'emploi affirme lui-même qu'elles aboutissent. Gardez à côté assez de réponses à des annonces pour que la règle du complément soit satisfaite selon ses propres termes.

Là où la candidature spontanée échoue réellement

Pas sur l'annonce absente. Elle échoue sur la qualité, et le chiffre marginal B315 de la Directive LACI IC est très précis à ce sujet. Il pose d'abord le principe : « En ce qui concerne les recherches d'emploi, ce n'est pas seulement la quantité qui importe, mais aussi la qualité. » Suivent des exemples, dont le dernier décrit exactement le mauvais usage de la candidature spontanée : les recherches sont insuffisantes lorsque l'assuré effectue certes des offres d'emploi, « mais à tel point superficielles qu'elles ne peuvent être qualifiées de sérieuses ».

C'est la forme même de l'envoi en série : pas de destinataire, aucun lien avec une activité qui existe dans cette entreprise, le même texte partout. À l'inverse, une candidature spontanée qui nomme une personne, une fonction et une raison demande plus de travail que la plupart des réponses à une annonce — et pèse d'autant plus lourd dans l'appréciation.

Un autre exemple du même chiffre marginal montre la portée du critère : « Il ne suffit pas à l'assuré de s'inscrire dans une agence de placement pour que ses efforts soient considérés comme suffisants. » L'inscription est une démarche réelle, elle figure au dossier, et seule elle ne porte pas le mois. Même schéma, même logique — et la meilleure illustration de ce que « moyen complémentaire » cherche à obtenir.

Le seuil de suffisance relève ensuite de l'appréciation. Le chiffre marginal B316 reconnaît à l'autorité compétente « une certaine marge d'appréciation », lui impose de tenir compte de toutes les circonstances du cas particulier et énumère les facteurs qui déplacent le curseur : la situation du marché du travail, l'âge, la formation, la mobilité géographique, les obstacles linguistiques. Dans un domaine étroit où peu de postes sont mis au concours, cette marge penche d'elle-même en faveur de la candidature spontanée.

Ce que les annonces disent de la part invisible du marché

La question ne se pose que parce que les employeurs sont invisibles la plupart du temps. Notre propre base permet de mesurer à quel point. Le 23 août 2026, nous avons regroupé par employeur toutes les annonces ouvertes ce jour-là et calculé, pour chaque employeur ayant au moins deux annonces, la plus longue pause entre deux publications.

Chez 26,2 pour cent de ces employeurs, la plus longue pause est inférieure à une semaine : ce sont les publicateurs quasi continus. Chez 31,9 pour cent, elle se situe entre une semaine et un mois ; chez 27,8 pour cent, entre un et deux mois ; chez 14,1 pour cent, à deux mois ou plus. La médiane de la plus longue pause est de 23 jours. Autrement dit, 41,9 pour cent de ces employeurs sont restés muets un mois entier au moins une fois, tout en recrutant manifestement.

La photographie du jour dit la même chose. Chez 29,4 pour cent de tous les employeurs présents, l'annonce la plus récente a plus de trente jours, et chez 17,1 pour cent plus de soixante. Pendant ce temps, l'ensemble tourne vite : la moitié des annonces ouvertes ont moins de trois semaines et 58,3 pour cent ont été publiées dans les trente derniers jours. Ne réagir qu'aux annonces ne montre donc pas le marché, mais une fenêtre étroite et mouvante sur celui-ci.

Un dernier chiffre explique pourquoi attendre la prochaine annonce est souvent le mauvais pari : 24,4 pour cent des annonces ouvertes portent un intitulé que le même employeur a publié plus d'une fois dans le même ensemble. Près d'un poste ouvert sur quatre est donc récurrent plutôt qu'unique. Or un besoin récurrent ne naît pas le jour de sa publication : il existe avant — et pendant ce laps de temps, seule la personne qui écrit d'elle-même l'atteint.

La proportion que personne n'écrit

Reste la question pratique : quelle part de vos recherches mensuelles peut être spontanée ? La Confédération n'y répond pas, et les cantons y répondent différemment — ce qui est cohérent, puisque le nombre et le type des recherches relèvent de toute façon de l'autorité compétente.

Certains cantons vont plus loin que la brochure fédérale. Fribourg, sur sa page consacrée aux recherches d'emploi avant le chômage, cite expressément les « offres spontanées » parmi les preuves à apporter au premier entretien de conseil, à côté des dossiers envoyés, des réponses reçues et des personnes rencontrées. Au Tessin, les indications générales de l'URC demandent de s'activer « avec une stratégie sérieuse de candidatures spontanées, ciblées et cohérentes avec ses possibilités », en plus des réponses aux annonces.

Les deux pointent dans la même direction. Ce qui appelle une explication, ce n'est pas la candidature spontanée, c'est une recherche qui ne puise qu'à une seule source. La brochure fédérale plafonne la part, la pratique cantonale réclame la part, et l'intersection est une recherche qui fait les deux.

L'information qui engage vient malgré tout de l'endroit où vos preuves sont appréciées. Demandez lors de l'entretien si une proportion est convenue pour votre domaine de recherche, et faites consigner la réponse. Ce qui est convenu et inscrit au procès-verbal sera apprécié selon ces termes en fin de mois ; ce que vous avez seulement supposé sera apprécié aussi — mais sans vous.

Les chiffres de marché proviennent des annonces ouvertes le 23 août 2026 sur SwissJobs.app, regroupées par nom d'employeur normalisé ; les pauses et les âges reposent sur la date de publication indiquée par l'annonce. Selon l'énoncé, les parts se rapportent à l'ensemble des employeurs, aux employeurs ayant au moins deux annonces, ou à l'ensemble des annonces ouvertes. État du droit : LACI et OACI dans leur teneur en vigueur au 1er janvier 2026, Directive LACI IC du SECO, état au 1er janvier 2026, et Info-Service « Être au chômage », édition 2026.

Suivre ses candidatures — garder la date, l'entreprise, l'interlocuteur et la fonction

Sources

Questions liées

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Ce que notre index d’offres dit du marché suisse

Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.

Langue de rédaction des annonces

Deutsch
60%
English
23%
Français
13%
Italiano
3%

Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant

Deutsch
70%
English
43%
Français
21%
Italiano
3%

19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%