Toutes les questions

Entretien d’embauche

Relancer après une candidature ou un entretien : l’étiquette suisse en sept étapes

Mis à jour:

En bref

Relancer est admis en Suisse et le service public de l’emploi le recommande : arbeit.swiss écrit que, sans réponse après quelque temps, vous pouvez « relancer en restant aimable et neutre ». L’étiquette ne porte donc pas sur le droit de relancer mais sur la forme. Votre message doit dire en une ligne de quelle candidature il s’agit, et il s’écrit dans la langue de l’annonce : 53,7 pour cent des annonces francophones émanent d’un employeur qui recrute en ce moment aussi dans une autre langue.

Entraînez-vous à voix haute, et voyez votre score

Un panel IA pose les questions, vous répondez à l’oral comme lors du vrai entretien. Ensuite vous recevez une probabilité de réussite et les passages qui ont coincé.

S'entraîner à l'entretien en direct

Ce guide traite les deux moments que l’on appelle indifféremment relance : après l’envoi du dossier, et après l’entretien d’embauche. Ils vont ensemble parce que le message a la même construction dans les deux cas et que seule l’occasion change. Le délai à respecter avant d’écrire fait l’objet d’une question distincte dans notre rubrique questions ; ici, il s’agit du message lui-même.

C’est sur cette forme que les usages suisses diffèrent le plus de ceux du pays voisin, et les frontaliers comme les personnes venues de France s’en aperçoivent tard : la formule de politesse est plus courte ici, la relance se fait une fois, et le téléphone n’est convenable que si l’annonce donne un nom. Comptez quinze minutes pour le premier message, cinq pour les suivants.

Dans quelle autre langue publie l’employeur d’une annonce francophone
Dans quelle autre langue publie l’employeur d’une annonce francophoneAussi en allemand46.6%Aussi en anglais25.7%Aussi en italien10.4%

Parmi les annonces francophones dont l’employeur a en ce moment au moins une autre annonce de langue identifiée, part de celles dont l’employeur publie aussi dans la langue indiquée. Comptage propre du stock d’annonces ouvertes de SwissJobs.app, 5 septembre 2026 ; places d’apprentissage, stages et programmes trainee exclus sur l’intitulé.

  • Deux horloges, un seul savoir-faire. Après l’envoi du dossier, le temps court depuis l’envoi ; après l’entretien, il court depuis la date annoncée dans la salle. Une date annoncée l’emporte sur toute règle générale.
  • L’intitulé du poste ne suffit souvent pas à vous identifier. 23,0 pour cent des annonces ouvertes en Suisse ont une seconde annonce du même employeur portant exactement le même intitulé, et 11,6 pour cent des annonces francophones ont ce jumeau dans un autre lieu. Donnez l’intitulé, le lieu et la date.
  • Écrivez dans la langue de l’annonce. Parmi les annonces dont l’employeur recrute simultanément sur plusieurs postes, 48,4 pour cent viennent d’un employeur qui publie en ce moment dans plus d’une langue.
  • Une annonce en français ne signifie pas un bureau francophone. Parmi les annonces francophones concernées, 46,6 pour cent viennent d’un employeur qui publie aussi en allemand et 25,7 pour cent en anglais.
  • Les éléments formels figurent sur arbeit.swiss : adresse de l’expéditeur, adresse du destinataire, date, objet, civilité, salutations et signature. Écrits pour la lettre de motivation, ils s’appliquent tels quels à une relance.
  • En Suisse romande, la formule finale est brève — « Meilleures salutations » plutôt que la longue formule d’agrément en usage en France. La formule longue n’est pas fautive, elle signale seulement d’où vous écrivez.
  • Une seule fois. Un second message exige une occasion nouvelle : une date annoncée qui est passée, ou une autre offre assortie d’un délai que l’employeur doit connaître.

1. Déterminez laquelle des deux horloges tourne

Deux moments très différents portent le même nom. Le premier suit l’envoi du dossier : vous avez postulé et ignorez si votre candidature est arrivée. Le second suit l’entretien : vous étiez dans la salle, quelque chose a été dit sur la suite, et depuis c’est le silence. Le message se ressemble, mais l’objet auquel il se réfère change, et se tromper d’objet produit un texte qui se lit comme de l’impatience et non comme une question.

La Suisse publie un repère chiffré pour le premier cas et aucun pour le second. La brochure fédérale de candidature situe une relance à l’étape de l’envoi ; le même schéma prévoit après l’entretien un travail de bilan, pas une prise de contact. D’où vient ce chiffre, à quoi il se rapporte exactement et ce que recommandent à la place les services voisins font l’objet d’une question distincte dans notre rubrique questions.

Concrètement : si une date vous a été annoncée, cette date est votre point d’appui et vous attendez qu’elle soit passée. Si aucune ne l’a été, laissez l’occasion décider — après l’envoi, la question est de savoir si le dossier est bien arrivé ; après l’entretien, quelle est la prochaine étape. Ce sont deux questions de procédure, et une question de procédure trouve une réponse même lorsque rien n’est encore décidé, ce qui est le cas le plus fréquent.

2. Vérifiez vos propres traces avant d’écrire

La relance la plus gênante est celle qui demande une information déjà présente dans votre messagerie. Avant d’écrire, reprenez votre suivi : y a-t-il un accusé de réception ? Une réponse est-elle partie dans les indésirables ? Avez-vous postulé via un portail qui répond à une adresse que vous consultez peu ? Les personnes inscrites à l’ORP tiennent déjà cette liste pour leurs recherches d’emploi, et à ce moment précis elle vaut mieux que n’importe quel modèle de lettre.

Cette vérification change aussi la question posée. Qui sait qu’aucun accusé de réception n’est arrivé n’écrit pas comme quelqu’un qui s’impatiente : non pas « où en est ma candidature », mais « je souhaite m’assurer que mon dossier vous est bien parvenu ». La demande a un motif factuel, elle n’accuse personne, et elle laisse à l’employeur la possibilité que la défaillance vienne de chez lui — ce qui est régulièrement le cas.

Profitez-en pour noter ce que vous devez encore. Tout ce qui a été promis pendant l’entretien a sa place dans le même message : un certificat de travail manquant, une personne de référence, votre taux d’occupation souhaité, votre date d’entrée la plus proche, ou la ligne sur le permis si votre situation a changé. Un message qui livre quelque chose vaut beaucoup mieux qu’un message qui rappelle seulement votre existence.

3. Rendez le message identifiable : intitulé, lieu, date

En face, presque personne ne gère uniquement votre dossier. Nous avons compté le stock d’annonces ouvertes en Suisse sous cet angle : 23,0 pour cent des annonces ont une seconde annonce ouverte du même employeur portant exactement le même intitulé, et pour 14,9 pour cent ce jumeau se trouve dans un autre lieu. Écrire « ma candidature au poste de gestionnaire » revient donc à demander une recherche avant même de pouvoir obtenir une réponse.

La proportion varie selon la langue de l’annonce. Les annonces francophones ont un tel jumeau dans 23,7 pour cent des cas, dans un autre lieu pour 11,6 pour cent. Les annonces germanophones montent à 26,7 et 19,8 pour cent, les anglophones à 18,9 et 11,6. Pour les annonces italophones, nous ne publions volontairement aucune valeur distincte : presque toutes les paires de même intitulé y proviennent d’une poignée de grands employeurs, et un pourcentage décrirait ces entreprises plutôt que le marché.

D’où un objet de courriel qui porte trois informations : l’intitulé du poste repris mot pour mot de l’annonce, le lieu, et la date de votre candidature ou de votre entretien. « Candidature au poste d’assistante de direction, site de Renens, déposée le 12 août » n’est pas de la bureaucratie : c’est le chemin le plus court vers une réponse. Si l’annonce comporte une référence, ajoutez-la — dans les grandes structures, c’est souvent la seule chose que l’on puisse réellement rechercher.

4. Écrivez dans la langue de l’annonce, pas dans celle du canton

La langue est la partie de l’étiquette suisse que l’on estime le plus mal, généralement en raisonnant de la région vers l’entreprise. Ce raisonnement ne tient pas. Parmi les annonces dont l’employeur recrute simultanément sur au moins un autre poste, 48,4 pour cent viennent d’un employeur qui publie en ce moment dans plus d’une langue. Le bureau auquel vous écrivez mène donc, avec une probabilité élevée, plusieurs procédures en parallèle dans deux ou trois langues.

Pour les annonces francophones, la proportion atteint 53,7 pour cent, et la seconde langue est l’allemand dans 46,6 pour cent des cas, l’anglais dans 25,7 pour cent, l’italien dans 10,4 pour cent. La conséquence pratique est nette : une annonce rédigée en français ne garantit pas un traitement entièrement francophone en interne. Vous répondez en français, parce que c’est la langue choisie par l’employeur pour l’annonce et celle de l’entretien — mais sans supposer que toute la maison travaille dans cette langue.

Le registre est l’autre moitié. Le vouvoiement est la règle à l’écrit tant que l’autre partie ne propose pas le tutoiement, même si l’entretien s’est déroulé de façon détendue. Et la formule finale est plus brève ici qu’en France : « Meilleures salutations » ou « Avec mes meilleures salutations » est l’usage courant en Suisse romande, là où la longue formule d’agrément reste la norme française. Elle n’est pas fautive — elle indique simplement d’où vous écrivez, ce qui, pour un frontalier, est une information gratuite qu’il vaut mieux ne pas donner.

5. Faites tenir les six éléments formels en cinq phrases

arbeit.swiss énumère les éléments formels que comporte une lettre de candidature en Suisse : adresse de l’expéditeur, adresse du destinataire, date, objet, civilité, salutations et signature. La liste vise la lettre de motivation, mais elle décrit aussi, plus brièvement que n’importe quel manuel, ce qu’un message professionnel suisse doit contenir ; dans un courriel, elle se réduit à un objet, une civilité, le texte, une formule finale et une signature portant vos coordonnées.

La civilité s’adresse à la personne que vous avez eue en face : celle qui a mené l’entretien ou signé la convocation, à défaut la personne de contact indiquée dans l’annonce. Si aucun nom n’apparaît, « Madame, Monsieur » est la forme correcte et neutre — et en Suisse romande elle s’écrit ainsi, avec la virgule, sans « Messieurs » ni ordre inversé.

Entre ces éléments tiennent cinq phrases au maximum : ce à quoi vous vous référez, une question sur la procédure, ce que vous livrez éventuellement, une phrase confirmant votre intérêt, la salutation. Ce qui n’y a pas sa place, ce sont de nouveaux arguments. Compléter dans la relance ce qui manquait au dossier ou à l’entretien transforme une question brève en seconde candidature — et une seconde candidature se classe au lieu de se répondre.

6. Empruntez le canal fixé par l’annonce

Le canal est généralement déjà décidé. Si une personne vous a convoqué par courriel, répondez dans ce fil : tout l’historique se trouve dessous et personne n’a à chercher. Si vous avez postulé par un formulaire et reçu une confirmation automatique venant d’une adresse qui n’accepte pas de réponse, écrivez à la personne de contact citée dans l’annonce. Si une agence de placement s’intercale, la question lui revient : elle connaît l’état du dossier chez l’entreprise cliente, information que vous n’obtiendriez jamais autrement, et elle attend souvent elle-même.

Téléphoner est usuel en Suisse lorsque l’annonce donne un nom et un numéro, car l’appel est alors explicitement prévu. Si seul un standard est indiqué, vous obtiendrez votre réponse de quelqu’un qui n’a rien à voir avec la procédure. Si vous appelez, confirmez ensuite brièvement par courriel : arbeit.swiss le recommande, et vous disposez ainsi d’une trace datée en plus d’un second contact courtois.

Deux voies sont mal vues ici et desservent plus qu’elles n’aident. La première est le message privé adressé en parallèle à un cadre sur un réseau professionnel alors que votre courriel aux ressources humaines est encore ouvert : il est reçu comme un contournement. La seconde est la copie à plusieurs personnes de la même entreprise, qui crée de la pression et non de la clarté. La discrétion étant en Suisse une valeur professionnelle en soi, ces deux gestes sont lus comme tels et non comme de l’initiative.

7. Relancez une fois — et consignez-le

Une fois, c’est la règle, et elle découle de la fonction du message : il doit vous procurer une date. Si la date arrive, vous avez ce que vous cherchiez ; si rien ne revient, répéter la même question n’apporte rien. Un second message se justifie s’il a une occasion nouvelle — une date annoncée est passée, ou vous détenez une autre offre assortie d’un délai qui modifie réellement le calendrier de l’employeur.

Le portail PME du SECO, le guide officiel de la Confédération destiné aux employeurs suisses, indique sur sa page consacrée au choix du personnel qu’il convient d’adresser une réponse à chaque candidat, positive ou négative, en guise de marque de politesse pour l’intérêt manifesté, et que cette réponse ne devrait idéalement pas être standardisée. Votre relance ne demande donc rien d’inhabituel. La même page recommande aux entreprises au moins deux entretiens et l’avis de plusieurs personnes — ce qui explique la durée même en présence de la meilleure volonté.

Notez enfin quand vous avez relancé, auprès de qui, et ce qui est revenu. Les personnes inscrites à l’ORP tiennent déjà la trace de la candidature ; la relance appartient à la même ligne. Ce qui compte comme recherche d’emploi relève de votre ORP, et les recherches doivent continuer d’être saisies là où elles comptent légalement : renseignez-vous auprès de votre conseiller avant de vous y fier. Et si la relance débouche sur une invitation, préparez l’entretien face à cette annonce précise plutôt qu’en général.

Ce que rapportent les personnes concernées

  • Les personnes en recherche d’emploi qui documentent leurs candidatures pour l’ORP décrivent une étape intermédiaire que presque aucun guide ne mentionne : avant de relancer l’employeur, elles vérifient dans leurs propres dossiers si une réponse leur a échappé — puis formulent la question de manière à laisser les deux possibilités ouvertes, que l’entreprise ait encore besoin de temps ou que la réponse se soit perdue de leur côté. Relancer aimablement est tenu pour évidemment permis.

    Publication d’une personne en recherche d’emploi aux Grisons sur LinkedIn, mai 2026, qui documente ses recherches d’emploi et a repris plusieurs candidatures restées sans réponse depuis des mois. Nous publions le schéma, non le texte d’autrui, et aucun nom de personne privée.

  • Les recruteurs actifs en Suisse citent régulièrement l’absence de relance parmi les raisons pour lesquelles les candidatures de personnes récemment arrivées échouent, à côté d’un dossier jamais converti aux conventions suisses et de candidatures sans lien avec le poste. L’argument est sobre : des agendas pleins font que des profils pertinents passent inaperçus, et un rappel discret manifeste l’intérêt sans rien coûter à personne.

    Publication d’un conseiller en recrutement actif en Suisse dans le domaine des sciences de la vie sur LinkedIn, novembre 2025, sur les causes récurrentes d’échec des candidatures de personnes en relocation. Publié comme schéma agrégé.

Les indications officielles proviennent de pages consultées le 5 septembre 2026 : les conseils de candidature d’arbeit.swiss en français, la page « choix du personnel » du portail PME du SECO et le portail d’orientation pour adultes carriere.orientation.ch. Les chiffres de marché ont été calculés le même jour sur le stock d’annonces ouvertes de SwissJobs.app ; les places d’apprentissage, stages et programmes trainee sont exclus sur l’intitulé (7,9 pour cent des lignes). Pour le comptage des annonces jumelles, les intitulés ont été normalisés — marques de genre, indications de taux et ponctuation retirées — et la base est constituée des annonces dont l’employeur est nommé. Les chiffres de langue reposent sur les annonces dont la langue est identifiée et dont l’employeur détient simultanément au moins une autre annonce de ce type. La ventilation par langue du comptage des annonces jumelles repose sur un nombre d’employeurs très inégal ; pour les annonces italophones, la quasi-totalité des paires provient d’une poignée d’entreprises, raison pour laquelle aucune valeur distincte n’est publiée pour cette langue. Ces éléments décrivent des recommandations et des usages, non des obligations légales.

Préparer les questions de cette annonce

Sources

Questions liées

← Toutes les questions

Ce que notre index d’offres dit du marché suisse

Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.

Langue de rédaction des annonces

Deutsch
60%
English
23%
Français
13%
Italiano
3%

Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant

Deutsch
70%
English
43%
Français
21%
Italiano
3%

19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%