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Comment mener un entretien d’embauche en anglais en Suisse ?

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En bref

Préparez une conversation bilingue, pas une conversation anglaise. Parmi les annonces ouvertes chez nous qui indiquent une exigence linguistique, 41,1 pour cent demandent l’anglais — et seules 46,5 pour cent de celles-ci se contentent de l’anglais. Les autres ajoutent une langue nationale : 32,6 pour cent l’allemand, 6,5 pour cent le français, 13,6 pour cent deux langues nationales ou davantage. Le geste le plus utile consiste donc à savoir avant le jour J dans laquelle de ces trois situations vous vous trouvez, puis à annoncer le changement de langue vous-même au lieu de le subir.

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L’indice ne se trouve pas dans la ligne des exigences, mais dans la langue de rédaction de l’annonce. Une annonce rédigée en anglais demande l’anglais dans 99,9 pour cent des cas et se passe de toute langue nationale dans 70,4 pour cent. Une annonce rédigée en français demande l’anglais dans 22,9 pour cent des cas, mais ne se contente de l’anglais que dans 0,4 pour cent. Côté alémanique, l’écart est total : 18,6 pour cent des annonces rédigées en allemand demandent l’anglais, et aucune ne se contente de l’anglais seul.

Le chiffre qui devrait faire baisser la tension : parmi les annonces qui demandent l’anglais, 1,9 pour cent exigent un niveau langue maternelle. 85,9 pour cent demandent un niveau professionnel et 11,8 pour cent un niveau de conversation. On évalue donc votre capacité à travailler en anglais, pas votre lieu de naissance — et la personne assise en face de vous n’est, dans la plupart des salles suisses, pas anglophone de naissance non plus.

Parmi les annonces qui demandent l’anglais, part qui exige aussi le français
Parmi les annonces qui demandent l’anglais, part qui exige aussi le françaisFribourg58.5% des annonces demandant l’anglaisVaud54.3% des annonces demandant l’anglaisGenève27.8% des annonces demandant l’anglaisEnsemble de la Suisse19.6% des annonces demandant l’anglais

Calculé sur les annonces ouvertes sur SwissJobs.app le 23 août 2026 qui indiquent une exigence linguistique explicite ; pour les cantons, sur celles qui portent en plus une indication cantonale. Genève compte environ sept cents annonces avec exigence linguistique, Vaud environ six cents et Fribourg environ quatre cents.

  • Lisez d’abord la langue de l’annonce, pas seulement les langues qu’elle exige. Une annonce en anglais se passe de langue nationale dans 70,4 pour cent des cas, une annonce en français dans 0,4 pour cent, une annonce en allemand dans aucun cas.
  • Demandez la langue de l’entretien au moment de confirmer le rendez-vous. Une phrase suffit : « Puis-je vous demander dans quelle langue se déroulera l’entretien, et si une partie se fera en français ? » Vous obtenez la réponse par écrit, et vous apprenez au passage si l’entreprise elle-même a tranché.
  • Annoncez vos niveaux avant qu’on ne les teste. « Anglais C1, langue de travail quotidienne depuis quatre ans ; français B2, à l’aise en réunion, plus lent sur le vocabulaire technique » est une affirmation vérifiable. « Courant » ne l’est pas.
  • Préparez deux minutes en langue locale même si l’entretien est fixé en anglais. Là où une annonce demande l’anglais et l’allemand ensemble, 82,1 pour cent veulent l’allemand au niveau professionnel ou maternel ; pour le français associé à l’anglais, la proportion est de 68,1 pour cent.
  • Changez de langue complètement, et restez-y. Une phrase française truffée de termes anglais, puis un repli, puis une nouvelle tentative, est plus difficile à évaluer que deux minutes propres avec des pauses de recherche.
  • Ralentissez votre anglais au lieu de l’accélérer. Les expressions idiomatiques, les jeux de mots et les interventions rapides sont un risque sans contrepartie face à un interlocuteur dont l’anglais est une langue seconde.
  • Ne traduisez pas les termes suisses, expliquez-les. Taux d’activité, certificat de travail, délai de congé, temps d’essai et treizième salaire n’ont pas d’équivalent anglais propre ; les laisser dans leur forme d’origine avec une demi-phrase d’explication vous fait passer pour quelqu’un qui a fait ses devoirs.
  • À la fin, demandez la langue de travail de l’équipe, pas celle de l’entretien. Les deux divergent souvent : un tour avec les ressources humaines en anglais ne dit presque rien de la séance hebdomadaire.
  • Attendez-vous à un processus plus long. Les annonces où l’anglais seul suffit restent ouvertes 44 jours en médiane, contre 30 pour celles qui combinent l’anglais et une langue nationale et 20 pour celles qui ne demandent pas d’anglais du tout.

Trois conversations différentes, que l’annonce distingue pour vous

« Passer un entretien en anglais en Suisse » ne décrit pas une situation mais trois, et l’annonce les sépare avant même que vous postuliez. Nous avons compté les annonces ouvertes sur SwissJobs.app le 23 août 2026 selon ce qu’elles demandent à côté de l’anglais. La base est constituée des annonces qui formulent une exigence linguistique explicite — 72,7 pour cent du stock — dont 41,1 pour cent citent l’anglais.

Premier cas : l’anglais seul, 46,5 pour cent des annonces anglaises. Le processus se déroule alors intégralement en anglais, du premier courriel au projet de contrat, et votre préparation est professionnelle plutôt que linguistique. Le seul point de friction se situe aux marges du rendez-vous — la réception, le trajet jusqu’à la salle, la pause café — parce que ces minutes-là suivent la langue de la maison et non celle de la réunion.

Deuxième cas : l’anglais accompagné d’une langue nationale. 32,6 pour cent ajoutent l’allemand, 6,5 pour cent le français, 0,7 pour cent l’italien. Ici, le changement de langue fait partie du processus, et il est pris au sérieux. Quand l’anglais et l’allemand sont demandés ensemble, l’allemand est attendu au niveau professionnel dans 77,1 pour cent des cas et au niveau maternel dans 5,0 pour cent de plus ; seules 16,6 pour cent se satisfont du niveau conversation. Le français placé à côté de l’anglais est un peu moins exigeant : 61,0 pour cent au niveau professionnel, 7,0 pour cent au niveau maternel, 22,6 pour cent en conversation.

Troisième cas : 13,6 pour cent des annonces anglaises demandent l’anglais et au moins deux langues nationales. Ce sont presque toujours des fonctions avec une clientèle ou des sites de part et d’autre d’une frontière linguistique. La conversation y bouge : un panel qui ouvre en anglais, passe dans la langue où le poste travaille réellement une fois les présentations faites, puis revient à l’anglais pour les aspects pratiques.

Le test le plus rapide reste la langue du texte. Parmi les annonces rédigées en anglais, 99,9 pour cent citent l’anglais et 70,4 pour cent ne citent rien d’autre. Parmi les annonces rédigées en allemand, 18,6 pour cent citent l’anglais et zéro pour cent l’anglais seul. Les annonces italiennes : 22,6 et 0,3 pour cent. L’asymétrie est ce qui compte : une annonce en anglais est un signal fiable de procédure anglaise, tandis qu’une annonce dans une langue nationale est un signal presque certain que la procédure n’en sera pas une.

En Suisse romande, l’anglais arrive rarement seul

La Romandie ne se comporte pas comme un bloc, et l’écart intérieur est plus grand que l’écart avec la Suisse alémanique. Parmi les annonces genevoises qui indiquent une exigence linguistique, 65,9 pour cent citent l’anglais et 44,4 pour cent se passent de toute langue nationale. Dans le canton de Vaud, ce sont 51,2 et 20,9 pour cent ; à Fribourg, 41,7 et 13,0 pour cent. Ces parts sont calculées sur les annonces qui portent une indication cantonale, soit 47,1 pour cent de celles qui indiquent une langue.

Le rapport entre l’anglais et le français est plus révélateur encore que ces totaux. Parmi les annonces genevoises qui demandent l’anglais, 27,8 pour cent demandent aussi le français. Dans le canton de Vaud, la proportion monte à 54,3 pour cent, et à Fribourg à 58,5 pour cent. À l’échelle du pays, 19,6 pour cent des annonces qui demandent l’anglais demandent également le français. Autrement dit : à Genève, l’entretien en anglais peut réellement être un entretien en anglais ; à Lausanne et à Fribourg, il faut préparer les deux dans deux cas sur trois.

Cette différence a une conséquence concrète sur la préparation. À Genève, investissez le temps de préparation dans le fond du poste. Dans les cantons de Vaud et de Fribourg, réservez-en une part au passage en français : deux minutes de présentation, le vocabulaire de votre métier, et une phrase pour dire ce que vous comprenez et ce qui vous ralentit encore.

Le Tessin suit une logique à part. Parmi les annonces tessinoises indiquant une exigence linguistique, 27,6 pour cent citent l’anglais et 14,9 pour cent se contentent de l’anglais ; parmi celles qui citent l’anglais, 35,4 pour cent demandent aussi l’italien et 25,0 pour cent l’allemand. Le nombre d’annonces y est nettement plus faible qu’en Romandie, ces parts sont donc à lire comme un ordre de grandeur et non comme une mesure fine.

Mettre le changement de langue à l’ordre du jour

Le moment inconfortable d’un entretien bilingue n’est pas le changement de langue lui-même, mais la seconde qui le précède, pendant laquelle les deux parties se demandent si c’est maintenant. Vous pouvez supprimer cette seconde en faisant du changement un point du programme. Deux endroits s’y prêtent : le courriel de confirmation et votre propre présentation.

Dans le courriel de confirmation, demandez la langue de l’entretien et si une partie se tiendra dans la langue locale. Vous apprenez deux choses à la fois : la réponse et, si elle tarde, le fait que l’entreprise ne l’a pas tranchée en interne. Les deux sont utiles. Et l’avoir par écrit vous permet de préparer une chose sérieusement plutôt que deux à moitié.

Dans la présentation, placez l’indication de niveau à la fin et non au début. D’abord l’arc professionnel, ensuite une phrase sur la langue : celle que vous pratiquez quotidiennement, depuis quand, et où vous ralentissez. « Français B2 : je suis les séances, je cherche encore le vocabulaire technique » est une auto-évaluation qu’un responsable du personnel peut situer. Elle ouvre aussi la porte au changement sans que personne ait à l’annoncer comme un test.

Quand le changement arrive, basculez entièrement et restez de l’autre côté. L’erreur la plus fréquente est la forme hybride. Pour la partie adverse, elle est plus difficile à juger que deux minutes propres avec des hésitations visibles. Et si un mot vous manque, demandez-le dans la langue cible plutôt que de le contourner : la question elle-même est une preuve de niveau.

Gardez enfin en tête ce que l’entretien peut trancher et ce qu’il ne peut pas. L’exigence de l’annonce décrit le poste, pas le rendez-vous. Si elle demande un allemand professionnel et que vous êtes en B1, un bon entretien ne change pas l’exigence — mais il déplace la question de « en est-il capable » vers « à quelle échéance », et à cette question-là vous pouvez répondre par une date et un cours.

Votre interlocuteur n’est probablement pas anglophone de naissance

L’hypothèse la plus coûteuse qu’un candidat international apporte dans une salle suisse est celle d’un interlocuteur de langue maternelle anglaise. Les annonces disent autre chose. Parmi les postes qui demandent l’anglais, 1,9 pour cent exigent le niveau maternel. À titre de comparaison, parmi les postes qui mentionnent l’allemand, 2,5 pour cent exigent l’allemand maternel. Dans les deux langues, la langue maternelle est l’exception rare : ce qui s’achète est une compétence, pas une origine.

La statistique fédérale va dans le même sens. L’Office fédéral de la statistique relève que 12 pour cent de la population ne compte aucune langue nationale parmi ses langues principales, et que l’anglais, l’albanais et le portugais sont les trois langues non nationales les plus fréquentes. Près de deux tiers de la population de 15 ans et plus — 63 pour cent — utilisent plus d’une langue au moins une fois par semaine. Changer de langue n’est pas ici une situation exceptionnelle mais la condition ordinaire de la salle, des deux côtés de la table.

Concrètement, votre anglais doit être clair plutôt qu’impressionnant. Les expressions imagées, l’ironie et les interventions rapides constituent un risque sans rendement face à quelqu’un dont l’anglais est une langue de travail seconde. Des phrases courtes, des chiffres nommés et un débit auquel vous pensez encore vous serviront davantage. Les candidats venant d’un pays anglophone doivent le plus souvent freiner plutôt qu’accélérer.

Et dans l’autre sens : si votre anglais n’est pas sûr, les pauses ne sont pas un défaut. Un mot qui arrive après deux secondes se lit comme du soin ; un mot faux qui arrive tout de suite se lit comme de l’imprécision. Demander la répétition d’une question ne coûte rien du tout — dans une salle où trois personnes ont trois langues premières, tout le monde l’a déjà fait.

Les mots qui restent en allemand, même en anglais

Un entretien en anglais en Suisse contient régulièrement une poignée de termes sans traduction propre, et c’est précisément pour cela qu’ils restent dans leur langue d’origine. Les reconnaître et les expliquer en une demi-phrase vous situe du bon côté. Les traduire produit des malentendus qui n’apparaissent qu’au moment du contrat.

Le taux d’activité vient en premier : le temps de travail se négocie en pourcentage et non en heures, et « 80 pour cent » est une grandeur contractuelle et non une intention. Le certificat de travail n’est pas une lettre de recommandation au sens anglo-saxon, mais un document dû et formalisé couvrant l’ensemble de l’engagement. Le délai de congé est une durée encadrée par la loi et non un point à négocier séance tenante. Le temps d’essai forme une section propre du contrat, avec ses propres délais. Le treizième salaire fait partie du salaire annuel et n’est pas une prime. Le renseignement de référence est un appel téléphonique à une personne nommée, pas un écrit.

Deux conséquences pratiques. Quand la question du salaire arrive en anglais, donnez un montant annuel et précisez si vous comptez en douze ou en treize parts ; sans cette précision, les deux parties comparent des grandeurs différentes sans s’en apercevoir. Quand vient la question de la disponibilité, donnez une date et le délai dont elle découle. Chacune tient en une phrase anglaise et vous évite un second échange de courriels.

Il vaut la peine de noter ce que dit la préparation officielle à ce sujet : rien. La liste de contrôle d’arbeit.swiss pour l’entretien énumère la présentation de soi, les objectifs et les attentes, les raisons de la candidature, les questions à poser à l’employeur, la recherche sur l’entreprise, les questions à prévoir, la négociation salariale ainsi que la tenue et le langage corporel. La langue de l’entretien n’y figure nulle part. Ce qui en fait exactement ce qu’elle est aussi dans la salle : une affaire que les personnes présentes règlent entre elles — et donc une affaire qu’il vaut mieux ouvrir que subir.

Les chiffres de marché proviennent du comptage des annonces ouvertes sur SwissJobs.app le 23 août 2026. 72,7 pour cent d’entre elles indiquent au moins une langue exigée avec un niveau ; toutes les parts relatives aux exigences linguistiques sont calculées sur ce groupe et non sur l’ensemble du stock. La langue de rédaction d’une annonce est déterminée automatiquement et reste ambiguë pour une partie du stock ; les comparaisons par langue de rédaction ne portent que sur les annonces où elle est établie. Les comparaisons cantonales reposent sur les annonces qui portent une indication cantonale, soit 47,1 pour cent des annonces avec exigence linguistique, et les champs professionnels sont construits à partir de mots-clés du titre du poste, ce qui laisse de côté les fonctions aux intitulés inhabituels. Les données de l’Office fédéral de la statistique sur l’usage des langues proviennent du relevé structurel 2024, et la liste des points de préparation à l’entretien des conseils de candidature d’arbeit.swiss ; les deux ont été consultées le 23 août 2026.

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Sources

Questions liées

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Ce que notre index d’offres dit du marché suisse

Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.

Langue de rédaction des annonces

Deutsch
60%
English
23%
Français
13%
Italiano
3%

Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant

Deutsch
70%
English
43%
Français
21%
Italiano
3%

19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%