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Entretien d’embauche

Comment expliquer un licenciement en entretien ?

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En bref

Donnez-la en trois temps, dans cet ordre : ce qui s’est passé, à quelle date, et ce que vous faites depuis. « Mon poste a été supprimé au 31 mars, le congé a été donné par l’employeur, le motif était la fermeture du service ; depuis avril je travaille en mission temporaire dans le même domaine. » Puis vous vous taisez. La différence avec une lettre, c’est la relance : dans la pièce, on revient à la charge, et votre version doit tenir deux ou trois questions sans se déplacer en chemin.

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Un panel IA pose les questions, vous répondez à l’oral comme lors du vrai entretien. Ensuite vous recevez une probabilité de réussite et les passages qui ont coincé.

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L’erreur la plus fréquente n’est donc ni le silence ni la longueur, c’est le glissement. Dire d’abord « le service a été fermé », puis, à la deuxième relance, « nous n’avions pas la même vision » : vous n’avez pas été plus transparent, vous avez livré deux motifs, et c’est à votre interlocutrice de choisir lequel est vrai. Une version courte, répétée à l’identique, résiste mieux qu’une version détaillée qui grandit à chaque question.

Deuxième différence avec l’écrit : à l’oral, votre motif est aussitôt confronté aux exigences de l’annonce posée sur la table. Or ces exigences sont très inégalement réparties. Parmi les annonces en français actuellement ouvertes chez nous, 12,6 pour cent demandent explicitement de l’autonomie, 12,1 pour cent des qualités de communication, 11,5 pour cent de la flexibilité et 7,0 pour cent l’esprit d’équipe. Dans les annonces en allemand, l’ordre est inversé : la flexibilité y figure dans 26,4 pour cent des textes.

Qualités explicitement exigées dans les annonces en français
Qualités explicitement exigées dans les annonces en françaisAutonomie12.6% des annonces en français disposant d’un résuméCommunication12.1% des annonces en français disposant d’un résuméFlexibilité11.5% des annonces en français disposant d’un résuméTravail en équipe7% des annonces en français disposant d’un résuméRigueur3.1% des annonces en français disposant d’un résuméConduite / leadership3% des annonces en français disposant d’un résuméFiabilité1.3% des annonces en français disposant d’un résuméRésistance au stress0.6% des annonces en français disposant d’un résumé

Part des annonces rédigées en français qui nomment la qualité dans le titre ou le résumé court. Comptage des annonces ouvertes sur SwissJobs.app le 23 août 2026.

  • Trois temps, une seule version : le fait, la date, le présent. Moins de trente secondes. Tout ce qui dépasse n’est pas entendu comme de la franchise, mais comme un besoin de se justifier.
  • Un mot pour le motif, pas une proposition subordonnée sur des personnes. « Suppression de poste », « restructuration », « fermeture du site », « objectifs », « temps d’essai » : chacun est un renseignement. « Le nouveau responsable a malheureusement commencé à… » est un récit, et un récit appelle des questions.
  • Dites de vous-même qui a donné le congé. C’est la seule donnée que votre interlocutrice cherche à établir, et une donnée estimée tombe presque toujours moins bien qu’une donnée annoncée.
  • Attendez-vous à la question des références et sachez ce qui est permis : selon le PFPDT, l’employeur potentiel doit obtenir votre consentement préalable avant de prendre des renseignements auprès de tiers, et l’ancien employeur ne peut donner aucun renseignement sans ce consentement.
  • Demandez la motivation écrite si vous ne l’avez pas. Art. 335 al. 2 CO : « La partie qui donne le congé doit motiver sa décision par écrit si l’autre partie le demande. » Ce texte est la version que votre ancien employeur devra aussi tenir devant des tiers.
  • Si c’était pendant le temps d’essai, nommez le contrat plutôt que l’échec. L’art. 335b al. 1 CO permet à chaque partie de résilier à tout moment moyennant un délai de congé de sept jours et considère comme temps d’essai le premier mois ; l’alinéa 2 autorise un accord écrit portant le temps d’essai à trois mois au maximum.
  • Si c’était un licenciement immédiat, donnez l’état de la procédure, pas le verdict. L’art. 337 al. 1 CO permet aux deux parties de résilier immédiatement pour de justes motifs et impose une motivation écrite sur demande ; l’alinéa 3 précise que le juge apprécie librement s’il existe de justes motifs.
  • Terminez au présent, pas sur la défensive. Une phrase sur ce que vous faites depuis la date, reliée à un élément qui figure vraiment dans l’annonce. Le passage se termine alors sur le poste visé et non sur celui que vous avez perdu.

Votre motif est confronté à la liste d’exigences de l’annonce

Quiconque entend un motif de licenciement fait immédiatement une chose : il le pose à côté des qualités demandées pour le poste. Il vaut donc la peine de savoir ce que le marché romand exige réellement par écrit. Parmi les annonces rédigées en français que nous recensons, 12,6 pour cent nomment l’autonomie, 12,1 pour cent la communication, 11,5 pour cent la flexibilité, 7,0 pour cent le travail en équipe, 3,1 pour cent la rigueur, 3,0 pour cent des compétences de conduite et 1,3 pour cent la fiabilité. La résistance au stress n’apparaît que dans 0,6 pour cent des textes.

Le contraste avec l’allemand est le point le plus utile de ce comptage, parce qu’il change le mot à éviter. Là où les annonces alémaniques placent la flexibilité en tête avec 26,4 pour cent, les annonces romandes la citent dans 11,5 pour cent des cas et mettent l’autonomie devant. Autrement dit : un motif formulé comme « je ne pouvais plus suivre les horaires » se heurte de plein fouet à l’exigence la plus fréquente en Suisse alémanique, tandis qu’en Suisse romande le mot qui pèse le plus lourd est celui qui touche à la capacité de travailler seul.

Par domaine, l’écart se creuse encore. Dans les annonces romandes du bâtiment, l’autonomie est exigée dans 21,0 pour cent des textes et la flexibilité dans 1,7 pour cent seulement ; dans les soins, l’autonomie atteint 20,3 pour cent ; dans l’hôtellerie et la restauration, c’est la communication qui domine avec 12,6 pour cent. Un même récit de licenciement ne rencontre donc pas la même liste selon le poste visé, et c’est cette liste, non votre passé, qui décide de la question suivante.

La conséquence pratique n’est pas de changer de mot. Elle est de lire l’annonce avant de préparer la phrase, puis, si votre motif réel touche l’exigence la plus citée, d’ajouter une seule phrase de preuve plutôt qu’une reformulation. Un certificat de cours daté, une mission accomplie dans des conditions comparables, une personne de référence issue précisément de ce contexte pèsent plus lourd que n’importe quelle tournure adoucie.

Une réserve accompagne ces parts, comme tout comptage de ce type. Nous lisons le titre du poste et le résumé court dont nous disposons pour environ trois quarts des annonces ouvertes. Un mot absent signifie « non mentionné », et non « non exigé ». Ces chiffres servent à comparer des domaines et des langues, pas à décrire l’ensemble des attentes des entreprises suisses.

Les trois relances qui suivent presque toujours

Une lettre se lit une fois ; un entretien répond. C’est là toute la différence à préparer : après vos trois temps vient presque toujours une question supplémentaire, et elle provient d’un ensemble restreint et prévisible. Avoir joué les trois formes une fois à voix haute, c’est l’essentiel du travail.

La première : « Que dirait votre ancien supérieur ? » Elle ne teste pas votre sincérité mais la concordance — elle demande si votre version est celle qu’on entendra au téléphone. La bonne réponse ne consiste donc pas à jurer de sa bonne foi, mais à renvoyer à un élément vérifiable : les termes de la motivation écrite, le certificat de travail, une personne de référence que vous proposez vous-même.

La deuxième : « Cela vous a-t-il surpris ? » ou « Y a-t-il eu un entretien avant ? » Elle porte sur votre lecture des signaux, pas sur le congé. Les deux réponses passent, à condition d’être concrètes. « Il y a eu un entretien de situation en janvier, la direction était claire ensuite » est un renseignement ; « c’est tombé de nulle part » produit presque toujours une question de plus, parce que cette formule décrit une personne à qui les choses arrivent.

La troisième : « Que feriez-vous autrement aujourd’hui ? » C’est la seule où « rien » coûte cher, et la seule où l’autocritique aide — mais à une taille précise. Un élément concret, limité, professionnel suffit : alerter plus tôt, consigner la remise par écrit, signaler sa charge avant la rupture. La grande confession est pire que le silence : elle rend l’épisode plus gros que votre propre réponse ne l’avait fait.

Une règle vaut pour les trois : la même version, chaque fois. Sous pression, on ajoute des détails parce que le silence est inconfortable. Or un détail ajouté n’est pas entendu comme un complément, mais comme une correction — et c’est la correction qui transforme un fait en sujet.

Ce que votre ancien employeur a le droit de dire au téléphone

Ce qui inquiète, ce n’est presque jamais la question : c’est l’appel. « Ils vont téléphoner, et de toute façon c’est fini. » Or cet appel est encadré, plus étroitement que la plupart des candidats ne l’imaginent. Le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence écrit, pour la procédure de sélection, que l’employeur potentiel qui veut prendre des renseignements auprès de tiers — l’actuel ou l’ancien employeur sont cités expressément — doit obtenir préalablement le consentement du candidat, et que l’ancien employeur ne peut donner aucun renseignement sans ce consentement.

Même avec le consentement, le cadre reste limité. Selon le même texte, les renseignements communiqués doivent porter exclusivement sur les indications déterminantes pour l’activité considérée — sont cités les prestations et le comportement de l’employé à son lieu de travail. L’ancien employeur ne doit pas autoriser la consultation du dossier personnel et ne doit pas communiquer les conditions du contrat de travail, ce type de renseignements étant susceptible d’affaiblir considérablement la position du candidat.

La base légale tient en une phrase. Art. 328b CO : « L’employeur ne peut traiter des données concernant le travailleur que dans la mesure où ces données portent sur les aptitudes du travailleur à remplir son emploi ou sont nécessaires à l’exécution du contrat de travail. » L’aptitude à occuper ce poste-là est la limite ; l’intérêt pour votre personne n’en est pas une.

Le même document dit aussi ce qu’on peut vous demander à vous. Les questions concernant la formation, le parcours et les perspectives professionnels sont généralement autorisées — la question du licenciement en fait partie. En revanche, les questions sur le revenu, un endettement éventuel, des maladies existantes ou une grossesse ne sont admises que si des raisons particulières l’exigent au vu du poste à pourvoir ; celles qui portent sur l’origine, l’appartenance à un syndicat, la religion ou les convictions politiques, uniquement si elles s’imposent au regard de l’idéologie de l’entreprise. Rien de tout cela ne s’oppose en citant des articles à table. Mais savoir où une question cesse d’appartenir au poste change la façon de la recevoir.

Votre contrepartie à vous, c’est le certificat. Selon l’art. 330a al. 1 CO, le travailleur peut demander en tout temps un certificat portant sur la nature et la durée des rapports de travail ainsi que sur la qualité de son travail et sa conduite ; l’alinéa 2 prévoit qu’à sa demande expresse, le certificat ne porte que sur la nature et la durée. Savoir laquelle des deux versions vous détenez, c’est savoir ce qui est déjà sur la table avant que vous parliez.

Quatre fins de contrat, quatre phrases

La suppression de poste est la plus simple, parce que la cause est du côté de l’entreprise : « Le service a été dissous fin septembre et ma fonction a disparu avec lui. » Une phrase suffit, et le détail appartient à la suite, pas à la fermeture.

Le congé lié aux prestations est celui où l’on en dit trop. La forme utile est courte et nomme ce qui a changé depuis : « L’entreprise a résilié le contrat ; je n’ai pas atteint les objectifs de la vente externe sur deux trimestres. Depuis, je travaille avec un rythme de relance hebdomadaire fixe, et cela a tenu pendant le remplacement commencé en mai. » Le fait, le motif, le changement — dans cet ordre, sans ajout.

La résiliation pendant le temps d’essai est un acte contractuel et se nomme comme tel. L’art. 335b al. 1 CO prévoit que, pendant le temps d’essai, chacune des parties peut résilier le contrat à tout moment moyennant un délai de congé de sept jours, le temps d’essai étant le premier mois de travail ; l’alinéa 2 permet des dispositions différentes par accord écrit, contrat-type ou convention collective, sans dépasser trois mois. « Le temps d’essai n’a pas été poursuivi de part et d’autre » dit le même fait que « ça n’a pas marché », dans le registre du contrat plutôt que dans celui de l’échec.

Le licenciement immédiat est le seul cas où l’on indique en plus l’état de la procédure. L’art. 337 al. 1 CO permet à l’employeur comme au travailleur de résilier immédiatement le contrat pour de justes motifs et impose une motivation écrite si l’autre partie la demande ; l’alinéa 3 précise que le juge apprécie librement s’il existe de justes motifs, sans jamais pouvoir retenir comme tel le fait que le travailleur ait été empêché de travailler sans sa faute. En entretien : le fait se nomme, le jugement non. « Le contrat a été résilié avec effet immédiat, la question est encore ouverte juridiquement » est une réponse complète, et la suite se traite ailleurs.

Reste la résiliation d’un commun accord. Ce n’est pas un licenciement, et la présenter comme une démission de votre part est l’inexactitude qui ressort le plus sûrement plus tard : la forme de la fin figure dans le certificat, et le certificat finit sur le même bureau. « Nous avons mis fin au contrat d’un commun accord à fin juin » est court, exact, et clôt le sujet.

Le vocabulaire : congé, résiliation, licenciement

Le français dispose de trois mots là où la conversation courante n’en emploie qu’un. Le code parle de résiliation et de congé ; l’usage dit licenciement. Cette différence est utile en entretien, parce que « le contrat a été résilié par l’employeur au 31 mars » est une phrase administrative, alors que « j’ai été licencié » est une phrase sur vous. Le contenu est identique ; la première laisse la conversation avancer, la seconde invite à commenter.

À l’inverse, l’excès de prudence se remarque. « Nous nous sommes séparés », « ils ont réorganisé autour de moi », « mon poste a évolué » : chacune de ces formules évite précisément de dire qui a décidé, et c’est la seule chose que l’on cherche à établir. La construction directe est plus courte et se tient mieux : l’employeur a donné le congé, ou je l’ai donné, à telle date.

Deuxième piège, la phrase de caractère. « C’était un conflit de personnes », « l’ambiance était toxique », « ma cheffe m’avait pris en grippe » décrivent quelqu’un que votre interlocutrice ne connaît pas ; la seule information nouvelle est votre manière de parler d’un ancien employeur. Pour les conflits réels, les formulations neutres existent : des vues différentes sur les priorités, un poste redéfini après un changement de direction, une équipe passée à un autre mode de fonctionnement.

Troisième piège, la quantité. En français, l’excuse arrive volontiers sous forme de proposition — « je ne vais pas vous mentir, ça n’a évidemment pas été simple, et je tiens à être totalement transparent » — et allonge la réponse sans ajouter un seul fait. Beaucoup d’entretiens en Suisse se déroulent dans la deuxième ou la troisième langue de l’un des participants ; une réponse longue et modalisée y est retenue comme confuse, pas comme sincère.

Une seule version, dite à voix haute

Écrivez un seul libellé, pas trois variantes. Quarante mots suffisent : le fait, la date, un mot pour le motif, une phrase au présent. Dites-le montre en main, sous les trente secondes. Ce qui dépasse continue de grandir dans la pièce, et cette croissance est précisément ce qui rend une réponse peu sûre.

Faites-vous ensuite relancer avec les trois questions ci-dessus : ce que dirait l’ancien supérieur, si cela vous a surpris, ce que vous feriez autrement. Si votre version ne bouge pas, elle est prête. Si elle bouge, c’est qu’elle était trop longue et non trop courte : la version longue contient des morceaux dont vous n’êtes pas sûr.

Enfin, posez la motivation écrite et le certificat de travail à côté de votre libellé et comparez les mots eux-mêmes. Si le papier dit « pour des raisons économiques », ne dites pas « pour des raisons stratégiques ». Cet alignement n’est pas une astuce : c’est la raison pour laquelle la question est réglée en vingt secondes et pour laquelle la suite de l’entretien porte sur le poste pour lequel vous êtes venu.

Parts calculées sur les annonces ouvertes sur SwissJobs.app le 23 août 2026 ; le comptage lit le titre du poste et le résumé court, disponible pour environ trois quarts des annonces. Un mot absent signifie « non mentionné » et non « non exigé ». L’attribution par domaine se fait à partir du titre du poste.

S’entraîner aux questions d’entretien par métier

Sources

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Ce que notre index d’offres dit du marché suisse

Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.

Langue de rédaction des annonces

Deutsch
60%
English
23%
Français
13%
Italiano
3%

Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant

Deutsch
70%
English
43%
Français
21%
Italiano
3%

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