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Comment montrer des résultats plutôt que des tâches ?

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Comment montrer des résultats plutôt que des tâches ?

En bref

Testez chaque ligne avec une seule question : serait-elle encore vraie de la personne qui occupe votre ancien poste aujourd'hui ? Si oui, c'est une tâche. Un résultat, c'est ce qui s'est arrêté quand vous êtes parti : un état qui n'existait pas avant et qui n'existerait pas sans vous. Aucun chiffre n'est nécessaire pour cela. En Suisse, la distinction est même écrite dans un document officiel : le plan de formation de votre métier classe chaque objectif par niveau de complexité.

Le conseil habituel — « chiffrez tout » — vient du résumé américain, où la preuve admise est un pourcentage. Il n'est pas faux, il est incomplet, et appliqué à un dossier suisse il se retourne parfois contre vous : un chiffre mesure souvent le volume de travail abattu et non ce qui a changé, et beaucoup de métiers ne produisent rien de comptable qui soit imputable à une seule personne.

Le test du successeur pose la question qui tranche réellement : est-ce le poste qui a produit cela, ou vous ? Tout ce que le poste apporte va dans une ligne de tâches, brève. Tout ce que vous avez laissé derrière vous est la partie que personne d'autre ne pourrait écrire à votre place.

Les mots de niveau dans les titres des annonces suisses en français
Les mots de niveau dans les titres des annonces suisses en françaisApprenti, apprentie, stagiaire8.3Chef, cheffe7.2Conseiller, conseillère4.7Assistant, assistante4.6Responsable4.6Spécialiste2.4Gestionnaire2Collaborateur, collaboratrice1.6

Le test du successeur, ligne par ligne

Masquez votre CV de manière à ne voir qu'une ligne et demandez-vous si la phrase décrit le poste ou la personne. « Tenue de la comptabilité débiteurs » reste vraie dès que quelqu'un d'autre s'assied à votre place. « Passage de la comptabilité débiteurs du dossier papier à un circuit de validation numérique » ne reste pas vraie : le passage s'est terminé avec vous, le circuit est resté. Toute la définition tient là — l'action s'arrête, l'état demeure.

Le test fonctionne aussi dans les métiers sans indicateurs. « Accompagnement des résidents d'une unité de soins » reste vraie de votre successeur. « Déplacement du contrôle des médicaments de la veille de nuit avant la ronde plutôt qu'après » ne l'est pas, mais le nouvel ordre l'est. Dans un métier technique : « Entretien des installations de ventilation » reste vraie ; « regroupement des intervalles d'entretien de trois sites sur un même calendrier » non.

Appliquez la question à un CV entier et quelque chose d'utile se produit avant même la réécriture : la plupart des dossiers laissent deux ou trois lignes par poste qui passent le test. C'est le bon nombre. Un CV où chaque ligne prétend à un résultat se lit comme une plaquette, et un recruteur qui a lu cent dossiers reconnaît la forme immédiatement.

Les lignes de tâches ne sont pas du remplissage. Sans elles, personne ne sait en quoi consistait le poste, et dans un dossier suisse elles doivent en plus concorder avec les certificats de travail joints, que l'employeur lit en parallèle. Gardez-les, gardez-les courtes, et cessez de leur demander un travail qu'elles ne peuvent pas faire.

En Suisse, la différence est écrite dans le plan de formation

Le Secrétariat d'État à la formation, à la recherche et à l'innovation tient un répertoire public des professions réglementées. Le 31 août 2026, il comptait 938 entrées actives, dont 247 formations professionnelles initiales menant à un CFC ou à une AFP. Chacune dispose d'un plan de formation téléchargeable gratuitement, sans compte.

Ce n'est pas une bonne pratique éditoriale mais une obligation légale. L'article 19 alinéa 2 de la loi sur la formation professionnelle exige que les ordonnances sur la formation fixent notamment « les objectifs et les exigences de la formation à la pratique professionnelle » — c'est-à-dire précisément la partie qui se déroule en entreprise et que vous décrivez ensuite dans votre CV.

Ouvrez un de ces plans et vous verrez deux colonnes côte à côte : les objectifs évaluateurs de l'entreprise et ceux de l'école professionnelle. Seule la première vous concerne. C'est la liste de ce qui se fait et s'évalue sur la place de travail, rédigée par la branche elle-même et validée par la Confédération.

Le plan de formation d'employé-e de commerce CFC, entré en vigueur pour la rentrée 2023, en donne un bon exemple. « a1.ef1 Ils s'informent sur le marché du travail au sujet des tendances et des possibilités de développement dans leur champ professionnel. (C3) » « a1.ef2 Ils analysent et documentent leurs capacités, leurs forces et leurs faiblesses dans le domaine pertinent pour leur profession et leurs activités. (C4) »

Les niveaux taxonomiques : le tri est déjà fait pour vous

Le sigle entre parenthèses n'est pas décoratif. Le plan précise : « Chaque objectif évaluateur est évalué à l'aune d'un niveau taxonomique », de C1 à C6, selon la classification de Bloom. C2 signifie comprendre, C3 appliquer les technologies et aptitudes acquises dans des situations variées, C4 analyser une situation complexe en la décomposant en éléments distincts, C5 synthétiser en assemblant ces éléments en un tout, C6 évaluer en fonction de critères donnés.

Le plan indique aussi quels niveaux il n'utilise pas, et c'est instructif : « Aucun objectif évaluateur C1 pour la partie entreprise dans le plan de formation » et « Aucun objectif évaluateur C6 dans le plan de formation ». Autrement dit, la Confédération elle-même considère qu'une formation initiale commerciale se joue entre C2 et C5, ni dans la restitution mécanique ni dans le jugement expert.

Comme grille de tri pour un CV, c'est d'une efficacité rare. Une ligne de niveau C3 est presque toujours une tâche : vous avez appliqué une procédure qui existait déjà. À partir de C4, vous avez décomposé, comparé, décidé ou assemblé — et cela laisse un état derrière soi. Tout rédiger en C3 revient à jeter la moitié de son travail ; habiller une activité C3 d'un vocabulaire C6 s'effondre à la première question de relance.

Une réserve honnête : ces niveaux décrivent la formation, pas vous. Ce sont une règle graduée et un vocabulaire, pas une attestation de performance. Ce que le document atteste, c'est le certificat de travail, et votre CV ne doit jamais le contredire.

Ce que le titre de l'annonce vous donne — et ce qu'il ne donne pas

On pourrait espérer que l'intitulé du poste fasse le travail de classement. En Suisse romande, il le fait à moitié. Nous avons compté les titres bruts des annonces en français ouvertes sur SwissJobs.app : 36,6 pour cent contiennent un mot de niveau ou de rôle. C'est nettement plus que dans les annonces en allemand, où la proportion tombe à 23,7 pour cent.

Le classement est révélateur. Apprenti ou stagiaire arrive en tête avec 8,3 pour cent, suivi de chef ou cheffe à 7,2, conseiller ou conseillère à 4,7, assistant ou assistante à 4,6, responsable à 4,6, spécialiste à 2,4, gestionnaire à 2,0. Le français suisse dit donc plus volontiers le rang que l'allemand suisse, qui préfère nommer le métier.

Mais un rang n'est pas un résultat. « Responsable du service clients » décrit une position, et c'est l'élément le plus facile à gonfler dans un CV. Si votre intitulé disait responsable sans que personne ne vous soit rattaché, écrivez de quoi vous répondiez plutôt que d'insister sur le mot.

Le piège inverse guette les frontaliers et les personnes arrivant de France. Un CV bâti sur des intitulés de poste et une liste de missions donne très peu à lire à un employeur alémanique, qui n'est pas entraîné à lire les titres comme des niveaux. Ce sont la certification et les lignes situées sous le poste qui portent le message — et dans les cantons bilingues, votre dossier passera souvent par les deux lectures.

Trois preuves qui remplacent le chiffre

La première est l'état : quelque chose est différent aujourd'hui et la différence se décrit. « Les transmissions passent depuis par un formulaire fixe », « la liste des pièces de rechange est tenue par machine », « les offres partent désormais en deux langues ».

La deuxième est le critère nommé : la norme, la directive, le standard interne au regard duquel le travail était mesuré. Les plans de formation appellent cela les normes et règles ; sur le terrain, ce sont une directive d'hygiène, une norme d'entreprise, une exigence de qualité. Une ligne qui nomme son critère est vérifiable, parce que le critère existe en dehors de vous.

La troisième est la reprise : quelque chose que vous avez fabriqué continue d'être utilisé par d'autres. Un modèle, un processus, une liste de contrôle, une introduction que quelqu'un a reprise après vous. C'est la plus solide des trois, parce qu'un tiers la confirme sans qu'on ait à le lui demander.

En revanche, un décompte d'activité n'est pas un résultat. « Plus de deux cents entretiens clients menés » mesure l'occupation. C'est une indication d'échelle et elle a sa place dans la ligne de tâches, où elle situe utilement la taille de l'exploitation. Elle ne répond simplement pas à la question posée.

Enfin, écrivez à la première personne ce que vous avez fait, et non au pluriel ce que le service a obtenu. Le test du successeur ne fonctionne que si la phrase parle de vous ; dès que le sujet devient l'équipe, vous ne testez plus rien.

Trouver le document de votre métier en cinq minutes

Le répertoire est en accès libre sur becc.admin.ch. Choisissez « Formation professionnelle initiale », cherchez votre métier dans la liste, ouvrez la fiche : le plan de formation figure sous les documents, à côté du profil de qualification et de l'ordonnance. L'interface existe en allemand, en français et en italien, et le plan aussi.

Sur les huit métiers que nous avons vérifiés par sondage — de l'agricultrice à la souffleuse d'appareils en verre, en passant par l'assistante en soins et santé communautaire —, le plan était disponible dans les trois langues. Si vous postulez en Suisse alémanique avec une formation romande, cela vous donne aussi la version allemande du vocabulaire de votre propre métier, écrite par la Confédération plutôt que par un traducteur automatique.

Lisez d'abord la colonne « entreprise » et cochez ce que vous avez réellement fait. Relisez-la ensuite en tenant vos propres formulations à côté. Là où votre phrase ressemble mot pour mot à un objectif, vous avez recopié une tâche. Là où vous êtes allé au-delà — un niveau plus haut, sur un périmètre plus large, avec un changement qui est resté —, se trouve votre résultat, et vous en avez maintenant les mots.

Le répertoire ne couvre évidemment pas tout. Les formations initiales et la formation professionnelle supérieure y sont ; les métiers auxquels on accède par une haute école, non. Le test du successeur reste alors valable, il est seulement moins confortable, puisque personne ne vous tend le vocabulaire.

Le passage en dix minutes

Un : cochez toute ligne qui resterait vraie de votre successeur. Ce sont des tâches. Réduisez-les aux trois à cinq par poste qui rendent le métier reconnaissable.

Deux : pour les lignes non cochées, demandez quel état est resté. Écrivez l'état, pas l'adjectif qui le félicite.

Trois : ouvrez le plan de formation de votre métier et lisez les objectifs évaluateurs de l'entreprise. Là où votre phrase recouvre un objectif, remontez d'un niveau — à condition d'y avoir réellement travaillé.

Quatre : vérifiez que chaque ligne de résultat nomme un point d'ancrage : une norme, un système, une langue, une période, une spécification. Les lignes qui n'en ont pas se ressemblent toutes et n'appellent aucune question.

Cinq : comptez les résultats par poste. Deux ou trois est juste. Zéro signifie une liste de tâches ; huit signifie une brochure.

Parts comptées le 31 août 2026 sur les annonces alors ouvertes sur SwissJobs.app (état du stock : 31 août 2026, 11h30). Seul le titre brut de l'annonce a été mesuré, jamais le corps du texte ; les mentions de genre du type (m/w/d), les taux d'occupation en pourcentage, les parenthèses et les séparateurs ont été retirés avant le comptage. La base est constituée des annonces dont le texte est reconnaissable comme français, soit environ un dixième du stock ; la comparaison avec l'allemand applique la même méthode aux annonces en allemand. Une annonce peut contenir plusieurs des mots listés, les barres ne s'additionnent donc pas aux 36,6 pour cent cités. Nous publions des parts, jamais des effectifs absolus. Les données sur le répertoire des professions, la structure des plans de formation et les niveaux taxonomiques proviennent du répertoire du SEFRI et du plan de formation d'employé-e de commerce CFC valable dès la rentrée 2023 ; les dispositions légales de la loi sur la formation professionnelle dans sa version en vigueur au 31 août 2026. Tous les documents consultés ce jour-là.

Vérifiez si votre CV correspond au poste — et au marché suisse

Vérificateur gratuit : langues, permis de travail, compétences et plus — évalués face à une annonce précise.

Vérification CV ATS : face à une annonce précise, gratuite

La formule XYZ de Google fonctionne-t-elle pour un CV suisse ?

En bref

En partie. La formule « Accomplished [X] as measured by [Y] by doing [Z] », soit : j’ai obtenu X, mesuré par Y, en faisant Z, corrige le défaut le plus courant d’un CV suisse, des lignes qui ne font qu’énumérer des tâches. Gardez donc le X et le Z dans chaque ligne que vous réécrivez. Le Y pose problème. La formule a été pensée pour le CV américain et réclame un montant absolu. En Suisse, vos certificats de travail voyagent dans le même dossier, et beaucoup de chiffres de votre employeur ne sont pas les vôtres à publier.

Cette réponse restitue le contenu des articles du code des obligations qui y sont cités et ne remplace pas un conseil juridique. Le point de savoir si une donnée précise relève du devoir de discrétion dépend du rapport de travail concerné et, en cas de litige, du juge. Pour une appréciation de votre situation, adressez-vous à un syndicat, à une permanence juridique ou à une étude d’avocats.

La formule a été publiée sur LinkedIn en septembre 2014 par Laszlo Bock, alors responsable des ressources humaines de Google, et elle est largement reprise depuis dans les conseils en anglais sur le CV. Elle n’a rien de faux. Ce qui change en Suisse, c’est le lecteur : qui lit la ligne, dans quelle langue, et quels autres documents sont posés à côté.

La question placée au-dessus de celle-ci sur la page permet de savoir si une ligne décrit un résultat. Celle-ci part d’une ligne qui en décrit déjà un et se demande s’il faut la couler dans le moule de Bock. Elle traite aussi du cas où un CV rempli de lignes bien construites n’apporte toujours aucun entretien, ce qui est souvent la raison pour laquelle on cherche une formule.

Langue des annonces d’emploi suisses, 10 septembre 2026
Langue des annonces d’emploi suisses, 10 septembre 2026Allemand55.8%Anglais27%Français13.9%Italien2%

Part des annonces de l’index SwissJobs.app dont la langue a pu être identifiée, état au 10 septembre 2026. Apprentissages et stages exclus. Toutes les autres langues réunies représentent moins de 2 %.

  • Gardez le X (un résultat) et le Z (la méthode) dans chaque ligne réécrite ; ils fonctionnent dans les quatre langues nationales.
  • Dosez le Y : la formule réclame un montant absolu, et en Suisse c’est souvent un chiffre confidentiel de votre employeur (art. 321a al. 4 CO).
  • Le certificat de travail suisse se prononce sur la qualité du travail (art. 330a CO), contrairement au certificat français. Un Z qui lui correspond se lit comme confirmé.
  • Environ une annonce suisse sur quatre est rédigée en anglais. En français, la formule est une liste de contrôle, pas un modèle de phrase : style nominal plutôt qu’ordre anglais.
  • Sans entretien, vérifiez d’abord le bloc du haut (permis, domicile, langues avec niveau CECR) avant de réécrire la moindre puce.

Ce que la formule demande vraiment

Le texte original de Bock est plus exigeant que la version qui circule. Chaque réalisation, écrit-il, doit prendre la forme « Accomplished [X] as measured by [Y] by doing [Z] », et il détaille quatre consignes : commencer par un verbe d’action, mesurer en chiffres ce qui a été obtenu, fournir un point de comparaison et décrire ce qu’on a fait pour y arriver. Deux des quatre consignes portent sur le chiffre.

Son exemple le montre sans détour. « Studied financial performance of companies and made investment recommendations » devient « Improved portfolio performance by 12% ($1.2M) over one year by refining cost of capital calculations for information-poor markets and re-weighting portfolio based on resulting valuations ». Le montant en dollars, explique-t-il, devance la question du lecteur : 12 %, est-ce beaucoup ou peu ? La formule ne se contente pas de permettre un montant absolu, elle l’exige.

Le même article dit à quoi sert un CV : vous faire passer le premier tri et obtenir un entretien. Gardez cette phrase en tête, elle revient plus bas. En Suisse, le premier tri ne commence pas par vos puces.

Le X et le Z passent la frontière, le Y doit être vérifié

Le X, c’est le résultat, ce qui a changé parce que vous étiez là. C’est exactement ce qui manque à un lecteur suisse devant une ligne comme « Responsable de la réception des marchandises », qui dit ce qu’était le poste et rien de ce que vous y avez fait.

Le Z, c’est la méthode, et c’est la partie la plus sous-estimée de la formule dans un dossier suisse. C’est là que se trouve le vocabulaire du métier : la norme appliquée, le système introduit, la procédure modifiée. C’est aussi la partie que le lecteur peut confronter au reste du dossier, parce qu’un certificat de travail suisse évalue le travail lui-même. Selon l’art. 330a CO, le travailleur peut demander en tout temps à l’employeur un certificat « portant sur la nature et la durée des rapports de travail, ainsi que sur la qualité de son travail et sa conduite ».

Pour les frontaliers, la différence est concrète. En France, d’après Service-Public.fr, le certificat de travail comporte obligatoirement les dates d’entrée et de sortie, la nature des emplois occupés et les périodes correspondantes, et aucune appréciation du travail ne figure parmi ces mentions. Le certificat suisse, lui, se prononce sur la qualité du travail. Un Z qui correspond à ce qu’il décrit se lit comme confirmé. Un Y spectaculaire dont il ne dit rien se lit comme une question.

Le Y est donc à doser. Le montant absolu que demande Bock est souvent le chiffre de votre employeur plutôt que le vôtre : un budget, un chiffre d’affaires, une marge. L’art. 321a al. 4 CO interdit au travailleur d’« utiliser ni révéler des faits destinés à rester confidentiels, tels que les secrets de fabrication et d’affaires », et ce devoir de discrétion subsiste après la fin du contrat dans la mesure où l’exige la sauvegarde des intérêts légitimes de l’employeur. Comment construire un chiffre qui résiste à ces deux épreuves est une question à part sur ce site (« Comment quantifier mes réalisations ? »), que nous ne répétons pas ici. En bref : si vous ne pouviez pas expliquer le chiffre en entretien sans ouvrir les comptes de votre ancien employeur, retirez le montant et gardez le changement.

Une annonce suisse sur quatre seulement est rédigée dans la langue de la formule

Parmi les annonces de notre index dont la langue a pu être identifiée, le 10 septembre 2026, 56 % étaient rédigées en allemand, 27 % en anglais, 14 % en français et 2 % en italien, apprentissages et stages exclus. Ces parts sont nationales. En Suisse romande, l’essentiel des annonces que vous lirez sera en français, et votre CV aussi.

L’anglais porte la formule sans effort, parce qu’une ligne de CV anglaise commence par un verbe au passé. Une ligne française commence bien plus souvent par un nom : « Mise en place du scannage des codes-barres à la réception », plutôt que « J’ai mis en place… ». Calquer l’ordre anglais (« Obtenu une baisse de 60 %, mesurée par… ») produit une phrase qui sent la traduction. Utilisée comme liste de contrôle en revanche, la formule fonctionne très bien en français : y a-t-il un résultat, une méthode, un chiffre qui m’appartient ?

Les annonces francophones ont leur propre piège : parmi celles qui mentionnent une exigence linguistique, 26 % demandent aussi l’anglais. Le CV reste en français, dans la langue de l’annonce, mais le niveau d’anglais doit y figurer clairement. Une ligne XYZ impeccable ne compense pas un niveau de langue absent.

Quand des lignes bien construites n’apportent toujours pas d’entretien

Quelqu’un l’a formulé très simplement cette semaine : cinq mois de recherche, presque aucun entretien, un CV qui énumère des tâches et qui est adapté à chaque poste. La formule XYZ réglerait-elle le problème ? Elle améliorerait le CV. À elle seule, elle ne changerait probablement pas ce résultat, parce que le premier tri d’un recruteur suisse commence rarement par les puces.

On vérifie d’abord si l’engagement sera simple : le permis, le lieu de domicile, les langues et leur niveau. Vient ensuite le parcours : quels employeurs, quelles fonctions, dans quel ordre, avec ou sans lacune. Le contenu des lignes arrive après. Si l’un des trois premiers éléments manque ou reste flou, le lecteur s’arrête avant d’atteindre la partie que la formule améliore.

L’ordre du travail compte donc. Le permis (ou « ressortissant UE/AELE »), la ville et le canton, et chaque langue avec un niveau du CECR comme B2 ou C1 plutôt que « courant » vont dans le bloc du haut de la première page. Chaque lacune du parcours reçoit une explication. Ensuite seulement, l’heure consacrée à la formule XYZ est bien investie, sur les postes dont parle l’annonce.

Une ligne, réécrite deux fois

Prenons une ligne inventée pour l’exemple, tirée du CV d’une logisticienne : « Responsable de la réception des marchandises et de la gestion des stocks. » Elle ne passe aucune épreuve, puisqu’elle serait tout aussi vraie de la personne qui occupera le poste après elle.

La version américaine, appliquée à la lettre : « Reduced stock discrepancies by 60% ($240K annually) by introducing barcode scanning at goods receipt. » Dans un dossier suisse, le montant annuel est une estimation de l’argent de l’employeur. Le lecteur le cherchera dans le certificat de travail sans l’y trouver, et le pourcentage n’a pas de base.

La version suisse garde les trois parties, mais donne au Y une base et une période au lieu d’un prix : « Mise en place du scannage des codes-barres à la réception, avec deux collègues de l’informatique ; les livraisons sont désormais saisies à l’arrivée par rapport à la commande, et les écarts d’inventaire sont passés d’environ une ligne sur vingt à une sur cent entre l’inventaire 2024 et celui de 2025. » C’est plus long. Chaque élément vous appartient, se vérifie, ou les deux, et le Z nomme une procédure que le certificat de travail décrit très probablement lui aussi.

Remarquez le style nominal : la ligne commence par « Mise en place », pas par « J’ai mis en place ». Le français s’accommode très bien de la formule tant que la phrase garde un ordre français.

Combien de lignes doivent suivre la formule

Pas toutes. Un CV où chaque ligne porte un pourcentage se lit comme une brochure commerciale et chasse les lignes de tâches qui disent au lecteur en quoi consistait le poste. En Suisse, ces lignes doivent en outre concorder avec le certificat joint au dossier. Pour les deux ou trois postes les plus récents, quelques lignes construites selon la formule suffisent. Les postes plus anciens peuvent rester en lignes de tâches courtes.

Adaptez ensuite là où cela compte. Le Z de chaque ligne est l’endroit naturel pour les mots de l’annonce : le système, la norme, le processus qu’elle cite. Adapter un CV à chaque poste n’a d’effet que si ce qui change, c’est le vocabulaire de l’annonce. Réordonner les mêmes lignes générales, aucun lecteur ne le remarque.

La vérification de CV de SwissJobs.app évalue un CV par rapport à une annonce précise et aux conventions suisses, comme la ligne du permis et les niveaux de langue. C’est une façon de voir si le bloc du haut et les lignes correspondent au poste auquel vous les envoyez.

Les chiffres sur les annonces ont été calculés le 11 septembre 2026 à partir de l’index SwissJobs.app dans son état du 10 septembre 2026. Les apprentissages et les stages ont été exclus d’après leur titre. Les parts linguistiques portent sur les annonces dont la langue a pu être identifiée, un peu plus des trois quarts du reste ; la part demandant l’anglais porte sur les annonces rédigées en français qui mentionnent une exigence linguistique, comptées par annonce et non par mention. Nous publions des parts, jamais de chiffres absolus, et il s’agit de parts de notre index, pas d’une statistique officielle du marché du travail. Les parts sont nationales ; les annonces en français ne forment qu’une partie du total. La formule et l’exemple cité proviennent de l’article LinkedIn de Laszlo Bock du 29 septembre 2014, « My Personal Formula for a Winning Resume ». Le texte légal est cité d’après le code des obligations publié sur Fedlex, version en vigueur au 1er janvier 2026 ; le contenu du certificat de travail français d’après Service-Public.fr, fiche vérifiée le 12 mars 2026. Tous les documents consultés le 11 septembre 2026. L’exemple de la logisticienne est inventé et sert d’illustration.

Vérifiez si votre CV correspond au poste — et au marché suisse

Vérificateur gratuit : langues, permis de travail, compétences et plus — évalués face à une annonce précise.

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Sources

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Ce que notre index d’offres dit du marché suisse

Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.

Langue de rédaction des annonces

Deutsch
60%
English
23%
Français
13%
Italiano
3%

Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant

Deutsch
70%
English
43%
Français
21%
Italiano
3%

19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%