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Vérification du CV

Qu’est-ce qui ne va pas dans mon CV ?

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Graphique : huit motifs qui font écarter un CV suisse au premier tri — comprimé sur une page, pas de photo, statut de permis omis, ni ville ni canton, tâches au lieu de résultats, mise en page « compétences d’abord », lacunes inexpliquées, modèle trop travaillé.

En bref

Un CV qui échoue en Suisse échoue presque toujours aux cinq mêmes endroits : il ne dit pas pour quel poste vous postulez, les langues sont écrites en adjectifs au lieu de niveaux, le taux d’occupation manque, le diplôme n’est pas donné dans son intitulé suisse et le dossier est incomplet. Deux annonces ouvertes sur trois dans notre base indiquent une exigence linguistique, et 78,9 % de ces exigences se situent au niveau professionnel ou au-dessus. « Français : bon » n’en satisfait aucune.

La question est presque toujours posée comme une question de mise en page, et elle n’en est pas une. En Suisse, un CV est lu face à deux choses : une annonce précise, et une convention que l’annonce n’écrit jamais. La première partie est vérifiable, puisque l’annonce pose ses conditions noir sur blanc. La seconde coûte plus cher, parce que personne ne vous la dit — la ligne du permis, la photo, les certificats de travail sans trou ne sont exigés dans presque aucune annonce, et leur absence se remarque quand même.

Les cinq points ci-dessous sont classés dans l’ordre où il faut les vérifier, et cela prend une vingtaine de minutes. Si tout est juste et que rien ne bouge, la cause n’est probablement pas le document : c’est le choix des annonces, ou tout simplement l’ordre de grandeur de la procédure. Les deux réponses sont honnêtes, et ce sont d’autres questions, traitées ailleurs dans cette rubrique.

Les langues demandées par les annonces localisées en Suisse romande
Les langues demandées par les annonces localisées en Suisse romandeFrançais40.9%Anglais39.3%Allemand16.5%Espagnol1.1%Italien0.7%

Part des annonces ouvertes en Suisse romande sur SwissJobs.app qui exigent la langue concernée, tous niveaux confondus. Les apprentissages et les stages sont exclus. Comptage du 4 septembre 2026.

  • Écrivez les langues en niveaux, pas en adjectifs. 66,6 % des annonces ouvertes indiquent une exigence linguistique ; sur l’ensemble des exigences enregistrées, 78,9 % se situent au niveau professionnel et seulement 16,2 % au niveau conversationnel. Une annonce sur cinq demande deux langues ou plus simultanément.
  • En Suisse romande, l’anglais talonne le français. Dans les annonces localisées en Romandie, le français est demandé dans 40,9 % des cas et l’anglais dans 39,3 % — un écart d’à peine plus d’un point. L’allemand suit à 16,5 %. Et 25,5 % de ces annonces demandent au moins deux langues, contre 20,7 % à l’échelle nationale : c’est en Romandie que le CV monolingue coûte le plus cher.
  • Indiquez le taux d’occupation à chaque poste. 23,5 % des annonces ouvertes portent un pourcentage dans l’intitulé même du poste — mais seulement 13,4 % en Suisse romande, contre 26,2 % en Suisse alémanique. L’habitude est donc plus faible ici, ce qui rend la ligne d’autant plus utile dans votre CV : l’annonce ne posera pas la question à votre place.
  • Nommez le diplôme comme il se nomme ici. Un titre formel est cité dans 16,2 % des textes d’exigences, et toujours sous sa forme suisse : CFC dans 2,0 % des annonces, HES ou FH dans 2,5 %, HF ou école supérieure dans 2,1 %, bachelor ou master dans 2,4 %. Un diplôme écrit uniquement dans l’intitulé de son pays d’origine laisse le classement à la personne qui lit.
  • Un CV suisse peut être plus long qu’on ne vous l’a dit. arbeit.swiss écrit : « Le curriculum vitae ne doit pas dépasser trois pages » et demande d’« éviter les lacunes dans votre parcours ». Comprimer une carrière sur une page à la mode anglo-saxonne supprime précisément les lignes que l’on vérifie ici.
  • Les certificats de travail font partie du dossier et sont examinés pour leurs trous. arbeit.swiss demande de remettre tous les certificats de travail « sans exception », regroupés « dans un unique document PDF », du plus récent au plus ancien ; il en va de même des diplômes et certificats. Les références sont normalement signalées dans le CV comme disponibles sur demande.
  • Ce qui n’est pas en cause : la police, la couleur, le modèle. Une consigne de mise en page n’apparaît pratiquement dans aucun texte d’exigences analysé. Le temps passé sur l’apparence est presque toujours du temps pris aux cinq points ci-dessus.

Faute 1 : le CV ne dit pas pour quel poste vous postulez

Le premier tri est une mise en correspondance, pas une lecture. Une personne a devant elle une annonce avec un intitulé et une poignée de conditions, et cherche les mêmes mots dans votre document. Un CV qui commence par les données personnelles puis déroule une liste d’employeurs lui laisse ce travail : le poste visé doit être déduit du parcours, et sur vingt dossiers, rien ne se déduit.

Le correctif tient en deux lignes. Au-dessus de l’expérience professionnelle, une ligne qui nomme la fonction visée, dans les mots de l’annonce et non dans une formule plus large qui conviendrait aussi à trois autres postes. En dessous, trois à cinq lignes qui étayent cette fonction : domaine, responsabilité, ampleur. Ce n’est pas du marketing, c’est l’étiquette du document.

La seconde moitié de la même faute, c’est le dossier identique envoyé partout. Un dossier qui convient aussi bien à une entreprise industrielle, à une fiduciaire et à un EMS ne convient à aucun des trois, et les destinataires le voient immédiatement — c’est l’observation que les sociétés de placement suisses formulent le plus souvent en public. Cela ne veut pas dire tout recommencer à chaque fois. Cela veut dire que la ligne du haut et les cinq lignes du haut changent d’une annonce à l’autre.

Faute 2 : la ligne des langues n’est pas écrite en niveaux

C’est la faute que nos propres données montrent le plus nettement. 66,6 % des annonces ouvertes portent une exigence linguistique. Sur l’ensemble des exigences enregistrées, 78,9 % se situent au niveau professionnel, 16,2 % au niveau conversationnel, 3,6 % au niveau langue maternelle et 1,3 % au niveau élémentaire. Le marché demande donc presque uniquement une capacité à travailler dans une langue, et non une familiarité avec elle.

La Suisse romande a sa propre géométrie, et elle surprend. Dans les annonces localisées en Romandie, le français est exigé dans 40,9 % des cas et l’anglais dans 39,3 % — les deux sont pratiquement à égalité. L’allemand est demandé dans 16,5 % des annonces, l’italien dans 0,7 %. Sur le plan national, l’allemand domine avec 43,2 % contre 31,0 % pour l’anglais et 14,5 % pour le français : autrement dit, votre marché change complètement de forme selon que vous postulez de Genève ou de Zurich.

25,5 % des annonces romandes demandent deux langues ou plus en même temps, contre 20,7 % au niveau national. En Suisse romande, l’exigence typique n’est donc pas « du français » mais « du français et de l’anglais », et 79,9 % des exigences enregistrées dans la région sont au niveau professionnel ou au-dessus. Un CV qui mentionne une seule langue dans une seule ligne passe donc à côté d’une annonce romande sur quatre avant même que le contenu ne compte.

Concrètement : une rubrique séparée, chaque langue avec un niveau de A1 à C2, oral et écrit distingués lorsque les niveaux diffèrent. Donc « français C2, allemand B2, anglais C1 », et non « bonnes connaissances d’allemand ». C’est aussi la différence la plus visible avec un CV rédigé en France, où « courant » et « notions » restent la norme et où l’échelle du Cadre européen n’est pas systématiquement attendue. arbeit.swiss cite les « connaissances linguistiques » comme élément du CV ; la précision de l’échelle, elle, vient du marché.

Faute 3 : le taux d’occupation manque

En Suisse, le taux d’occupation est une donnée de premier rang, exprimée en pourcentage, et les annonces la placent à un endroit mesurable : l’intitulé. 23,5 % des annonces ouvertes portent un pourcentage dans le titre du poste. Par région, cela donne 26,2 % en Suisse alémanique, 13,4 % en Suisse romande et 7,4 % au Tessin.

C’est précisément parce que l’usage est plus faible en Romandie que la ligne compte dans votre dossier. Là où l’annonce alémanique annonce « 80–100 % » dès le titre et ouvre la négociation, l’annonce romande la laisse souvent implicite — et personne ne posera la question à votre place au premier tri. Sur l’ensemble des annonces qui indiquent un pourcentage, 58,4 % donnent une fourchette plutôt qu’une valeur fixe, et parmi les valeurs qui ne sont pas 100 %, 62,3 % commencent entre 80 et 89 %.

Pour le CV, cela se traduit par une modification minime : la première ligne de chaque poste porte le taux d’occupation à côté de la fonction, de l’employeur et des dates, chaque fois qu’il n’était pas de 100 %. Cela règle deux choses à la fois. Cela explique les chevauchements et les trous apparents sans que personne ait à demander, et cela montre que vous raisonnez en catégories suisses. Un CV rédigé pour la France ne porte presque jamais cette ligne, et c’est exactement pour cela qu’elle manque si souvent.

Faute 4 : le diplôme n’est pas dans son intitulé suisse

Un titre formel est cité dans 16,2 % des textes d’exigences analysés — et lorsqu’il l’est, il l’est dans sa forme courte suisse : CFC dans 2,0 % des annonces, HES ou FH dans 2,5 %, HF ou école supérieure dans 2,1 %, bachelor ou master dans 2,4 %, EFZ dans 3,6 %. L’annonce ne demande pas un niveau : elle demande un intitulé, et la correspondance se fait sur le mot.

Les personnes formées à l’étranger perdent ici du terrain sans nécessité. Un diplôme écrit uniquement sous son nom d’origine doit être situé par la personne qui lit, et au premier tri elle ne le situe pas. Le correctif est une parenthèse : le titre d’origine, puis l’équivalence suisse dans la mesure où vous pouvez l’étayer.

La frontière entre situer et faire reconnaître est importante. Le SEFRI indique que « pour exercer certaines professions en Suisse, une reconnaissance peut être requise » — les professions réglementées — et que l’organisme compétent dépend de la qualification. Pour tout le reste, il n’y a aucune obligation, mais il est possible de déposer auprès du SEFRI une demande de reconnaissance ou d’attestation de niveau. Si vous en détenez une, elle a sa place dans le CV ; sinon, une équivalence honnête y a quand même sa place, une affirmation non.

Faute 5 : le dossier est incomplet — et l’annonce ne vous le dira jamais

C’est l’asymétrie la plus désagréable du recrutement suisse, et elle se chiffre. Dans les mêmes textes d’exigences où 66,6 % portent une exigence linguistique, un permis de travail est mentionné dans 0,5 % des cas, les certificats de travail dans 0,1 % et une photo dans 0,1 %. Ces conventions ne figurent presque jamais dans l’annonce. Elles sont présupposées malgré tout.

Ce qui doit y figurer est en revanche fixé officiellement. arbeit.swiss énumère les éléments habituels d’un CV : le titre « Curriculum vitae », les données personnelles avec une photo qui vous met en valeur, les activités professionnelles précédentes, les écoles fréquentées, les formations et formations continues, les connaissances linguistiques, les connaissances ou activités particulières, les centres d’intérêt et les références. La présentation est chronologique, du plus récent au plus ancien.

Le dossier comprend aussi les certificats de travail, et l’exigence est plus stricte qu’on ne le croit : tous, sans exception, sans trou, dans un unique document PDF, du plus récent au plus ancien, et il en va de même pour les diplômes et les certificats. Les références sont normalement signalées dans le CV comme disponibles sur demande. Si vous venez d’un pays où l’usage n’est pas de remettre à chaque départ un certificat détaillant les tâches et la qualité du travail, vous n’avez pas le choix entre deux coutumes : vous avez un trou dans le dossier, qu’il faut nommer et remplacer par des personnes de référence.

Pour toute personne sans passeport suisse, la ligne du permis est l’omission la plus coûteuse. Elle occupe une demi-ligne dans les données personnelles et répond à une question qui, sinon, déclenche une relance — et les relances sont rares au premier tri. Les frontaliers ont exactement le même intérêt à l’écrire : le permis G se lit en un mot, alors que son absence se lit comme une inconnue. La commune et le canton de domicile font le même travail, en silence, pour la question du trajet.

Ce qui, probablement, ne cloche pas dans votre CV

La mise en page. Une consigne de mise en page, de police ou de modèle n’apparaît pratiquement dans aucun texte d’exigences. Un modèle peut certes rendre un document plus difficile à lire — les mises en page multicolonnes et les barres graphiques pour les niveaux de langue le font régulièrement —, mais ce n’est pas là que la correspondance échoue. Changer de modèle sans toucher aux cinq points ci-dessus ne change rien.

La longueur, du moins vers le bas. La règle de la page unique vient d’un autre marché. arbeit.swiss place le plafond à trois pages, et une carrière suisse avec ses taux d’occupation, ses formations continues et ses niveaux de langue en demande généralement deux. Quand vous coupez, coupez les listes à puces des postes anciens, pas les lignes qui étayent les conditions de l’annonce.

Enfin, une partie de ce qui ressemble à un défaut du document n’en est pas un. Un refus suisse n’indique en général aucun motif. Un refus isolé n’apprend donc rien sur votre CV ; dix candidatures envoyées avec le même document, délibérément inchangé, apprennent beaucoup. Modifiez le document une fois, pas après chaque refus — sinon vous ne mesurez plus rien du tout.

L’ordre dans lequel vérifier

Prenez une annonce à laquelle vous avez postulé et pour laquelle vous avez reçu un refus. Surlignez-y chaque condition posée explicitement. Puis, pour chacune, vérifiez si elle est repérable en première page de votre CV avec les mêmes mots — non pas si elle existe quelque part, mais si on la trouve au premier passage. Faites-le pour trois annonces : le motif se répète presque toujours sur la même ligne.

Ensuite, les quatre lignes de convention qu’aucune annonce ne réclame et que toutes présupposent : les langues en niveaux, le taux d’occupation par poste, le diplôme dans son intitulé suisse, le permis et le domicile dans les données personnelles. L’ensemble représente moins de vingt minutes de travail, et cela vaut pour toutes les candidatures que vous écrirez ensuite.

Si vous préférez ne pas faire cette comparaison à la main, notre vérification de CV s’en charge : elle lit votre document face à une annonce précise et, en plus, face aux critères suisses — photo, ligne du permis, niveaux de langue, résultats plutôt que tâches. Ce qu’elle ne peut pas faire, c’est modifier le choix des annonces auxquelles vous postulez. Si les cinq points sont justes et que rien ne bouge, c’est là qu’il faut chercher ensuite. Et pour un accompagnement personnel, l’office régional de placement (ORP) est l’adresse prévue pour cela.

Ce que rapportent les personnes concernées

  • Les recruteurs qui travaillent avec des personnes installées récemment en Suisse citent presque toujours la même courte liste de lignes manquantes : photo, nationalité et statut de permis, adresse suisse avec code postal, numéro de téléphone suisse joignable — et les langues indiquées en niveaux plutôt qu’en adjectifs, explicitement sous la forme « allemand B2, français C1 » plutôt que « allemand : bon ».

    Agrégé à partir de publications LinkedIn publiques de recruteurs actifs sur le marché suisse, collectées durant l’été 2026. Restitué comme un motif récurrent, sans citation littérale ni mention de personnes privées.

  • Les sociétés de placement suisses décrivent le même cas récurrent vu de l’autre côté : un dossier qui arrive sans lien visible avec le poste mis au concours, accompagné d’une lettre qui conviendrait tout aussi bien à un employeur d’un tout autre secteur. L’objection ne porte pas sur une qualification manquante — la reconversion est jugée normale — mais sur l’absence de tout signe que l’annonce a été lue.

    Agrégé à partir de publications LinkedIn publiques de sociétés de placement et de recruteurs suisses, collectées durant l’été 2026. Aucune reprise littérale, aucune personne privée nommée.

Les chiffres du marché ont été comptés le 4 septembre 2026 à partir des annonces ouvertes sur SwissJobs.app à cet instant. Les apprentissages, stages et places de formation sont exclus : ils nomment la qualification à laquelle ils mènent et fausseraient les parts. Les exigences linguistiques sont un champ enregistré et sont comptées une fois par annonce, et non une fois par mention ; les niveaux indiqués sont ceux qui sont enregistrés. Le taux d’occupation est recherché dans l’intitulé du poste : les titres sans pourcentage ne comptent pas, la part réelle des annonces mentionnant un taux est donc plus élevée. Les indications sur les diplômes, les permis, les certificats de travail et la photo proviennent de la version abrégée du texte de l’annonce ; cette version condense, ces valeurs sont donc à lire comme un plancher — l’ordre de grandeur entre 66,6 % et moins d’un pour cent n’en est pas affecté. Les régions sont dérivées du lieu de l’annonce ; la Suisse romande représente 17,6 % du stock et le Tessin 1,4 %, base réduite. Les exigences relatives au dossier proviennent d’arbeit.swiss (SECO), celles sur la reconnaissance des diplômes du SEFRI.

Vérifiez si votre CV correspond au poste — et au marché suisse

Vérificateur gratuit : langues, permis de travail, compétences et plus — évalués face à une annonce précise.

Vérification CV ATS : face à une annonce précise, gratuite

Sources

Questions liées

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Ce que notre index d’offres dit du marché suisse

Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.

Langue de rédaction des annonces

Deutsch
60%
English
23%
Français
13%
Italiano
3%

Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant

Deutsch
70%
English
43%
Français
21%
Italiano
3%

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