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Vérification du CV

Quelles exigences sont négociables ?

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En bref

L'annonce le dit presque toujours elle-même. 60,7 pour cent des annonces suisses rédigées en français marquent explicitement au moins une exigence comme facultative — « un atout », « un plus », « idéalement », « apprécié ». C'est celle-là qui est négociable. Le classement est net : les logiciels et les outils sont marqués facultatifs dans 31,4 pour cent de leurs mentions, les langues dans 19,4 pour cent, les qualités personnelles dans 12,4. Tout en bas figure le diplôme, à 1,4 pour cent. En Suisse romande, la ligne du diplôme est celle que les annonces assouplissent le moins.

Cette réponse peut contenir des erreurs et ne remplace pas un renseignement officiel. En matière d'autorisation, seule fait foi la réponse de l'autorité cantonale compétente.

La vérification prend une minute. Cherchez dans le texte « un atout », « un plus », « idéalement », « de préférence », « apprécié », « souhaitable », « est utile », et lisez ce qui suit. Ce qui suit, la personne qui a rédigé l'annonce l'a elle-même désigné comme facultatif. Ce qui figure dans une phrase avec « requis », « exigé », « indispensable », « obligatoire » ou « doit » relève de l'autre registre. Dans 47,6 pour cent des annonces francophones, les deux registres coexistent : le tri entre l'essentiel et le souhaitable est déjà fait dans le texte.

Deux réserves s'imposent. Ceci mesure la manière dont l'annonce est écrite, pas la souplesse réelle de l'employeur en entretien. Et quelques lignes ne se négocient avec personne, parce que c'est la loi qui les pose et non l'entreprise : l'autorisation d'exercer une activité lucrative, et l'autorisation cantonale de pratiquer une profession de la santé.

Part des mentions marquées comme facultatives dans les annonces en français
Part des mentions marquées comme facultatives dans les annonces en françaisLogiciels, outils31.4%Langues19.4%Qualités personnelles12.4%Permis de conduire6.8%Années d'expérience4.5%Diplôme1.4%

Part des mentions figurant dans une phrase portant un marqueur explicite de préférence. Base : les annonces rédigées en français ouvertes sur SwissJobs.app, état au 30 août 2026.

  • 60,7 pour cent des annonces en français marquent au moins une exigence comme facultative, 81,3 pour cent en formulent au moins une comme condition, et 47,6 pour cent font les deux.
  • La ligne la plus souple est celle des outils : logiciels et systèmes sont marqués facultatifs dans 31,4 pour cent de leurs mentions.
  • La plus rigide est le diplôme : 1,4 pour cent de ses mentions sont facultatives contre 77,2 pour cent formulées comme condition. C'est le contraste le plus marqué de tout le jeu de données.
  • Les années d'expérience suivent de près : 4,5 pour cent facultatives contre 68,2 pour cent posées comme condition.
  • Pour les langues, tout dépend de laquelle. Dans les annonces en français, l'allemand est marqué facultatif dans 28,4 pour cent de ses mentions et l'anglais dans 24,6 — le français lui-même dans 9,1 pour cent seulement, contre 39,7 pour cent comme condition.
  • Ce qui est réellement ouvert ne figure pas dans la liste d'exigences : 22,6 pour cent des annonces indiquent un taux d'occupation en pour cent, et 57,5 pour cent d'entre elles l'indiquent sous forme de fourchette.

La moitié négociable de la liste est signalée dans le texte

Aucune annonce n'a une colonne « indispensable » et une colonne « souhaité ». L'information y est pourtant, mais logée dans la construction des phrases plutôt que dans la mise en page. En parcourant les annonces suisses en français, deux registres se détachent proprement : les phrases qui posent une condition et celles qui expriment une préférence. Chaque registre repose sur une poignée de tournures récurrentes, assez stables pour qu'une simple recherche dans le texte suffise à les repérer.

Le marqueur de loin le plus fréquent est « un plus », suivi de « un atout », puis d'« apprécié » et « appréciées », d'« idéalement », de « de préférence », de « souhaitable » et de « est utile ». Le registre inverse est tout aussi restreint : « requis », « exigé », « indispensable », « obligatoire », « impératif », « doit ». Ces deux petites listes suffisent à trier n'importe quelle annonce romande en une minute.

Ce tri se fait avant de retoucher le dossier, pas après, parce qu'il change ce qu'il faut retoucher. Une ligne de préférence ne coûte rien si vous ne la remplissez pas, et c'est l'endroit le moins cher pour marquer un point si vous la remplissez. Une ligne de condition demande une preuve placée là où on la trouve en quinze secondes : le titre, la date, le canton, le niveau.

Une précision utile : l'absence de marqueur n'est pas une information. Une part importante des annonces ne contient aucun signal de préférence, ce qui ne rend pas toutes leurs lignes rigides — cela signifie seulement qu'elles n'exposent pas leurs priorités. Il faut alors pondérer soi-même, ou poser la question lors du premier entretien. En Suisse, demander lesquelles de ces exigences comptent vraiment au quotidien passe pour de la préparation, pas pour un aveu de faiblesse.

Le diplôme, ligne la plus rigide de Suisse romande

Classées selon la fréquence à laquelle elles apparaissent dans une phrase de préférence, les catégories d'exigences se rangent dans un ordre qui prend la plupart des candidats à contre-pied. En tête, les logiciels et les outils, à 31,4 pour cent. Viennent ensuite les langues à 19,4 pour cent et les qualités personnelles à 12,4. Puis la chute : le permis de conduire à 6,8 pour cent, les années d'expérience à 4,5 et le diplôme à 1,4.

Lu depuis l'autre registre, le contraste est encore plus franc. Le diplôme figure dans une phrase de condition dans 77,2 pour cent de ses mentions, les années d'expérience dans 68,2 pour cent, le permis de conduire dans 52,7 — tandis que les logiciels y figurent dans 25,8 pour cent seulement, c'est-à-dire moins souvent qu'ils ne sont marqués comme facultatifs. Une annonce romande qui cite un logiciel a plus de chances de vous dispenser de le connaître que d'en faire une condition.

L'explication n'est pas la valeur de l'exigence pour le poste, mais le délai pour l'acquérir. Un outil s'apprend en quelques semaines, et la personne qui rédige le sait ; elle le cite parce qu'il décrit le travail, pas parce qu'elle compte le vérifier. Un diplôme ne s'obtient pas pendant que le poste est ouvert, et c'est le champ le plus simple sur lequel un premier tri peut trancher. La dureté de la formulation suit donc ce qui est rattrapable, pas ce qui est important.

Concrètement, cela inverse l'autocritique habituelle. S'il vous manque un logiciel cité, il y a une chance sur trois que cette ligne précise soit suivie d'« un plus » : un coup d'œil suffit à le vérifier. S'il vous manque le diplôme, n'espérez pas que la ligne était souple. Vérifiez plutôt si un titre étranger peut être reconnu, et faites en sorte qu'une pratique longue et pertinente occupe, sur la page, la place que le titre aurait prise.

La seule langue qui ne se négocie jamais

Les langues méritent d'être ouvertes, parce que la moyenne masque la règle. Prises comme une seule catégorie, les exigences linguistiques sont marquées facultatives dans 19,4 pour cent de leurs mentions. Détaillées par langue visée, elles racontent tout autre chose.

Dans les annonces rédigées en français, l'allemand apparaît dans une phrase de préférence dans 28,4 pour cent de ses mentions, contre 27,7 pour cent en condition — presque un partage. L'anglais suit avec 24,6 pour cent de mentions facultatives contre 38,4 en condition. Le français, lui, n'est marqué facultatif que dans 9,1 pour cent de ses mentions, et posé comme condition dans 39,7 pour cent.

Le même schéma se retrouve dans les autres régions linguistiques, avec chaque fois la langue de l'annonce à la même place : l'allemand est la ligne dure des annonces alémaniques, l'italien celle des annonces tessinoises. La règle est donc plus simple qu'un pourcentage : la langue dans laquelle l'annonce est rédigée est la seule exigence qui ne se discute pas. Toute langue supplémentaire mentionnée dans la même annonce est très probablement un souhait.

Pour un lecteur romand, cela vaut surtout dans un sens : l'allemand demandé par une annonce francophone est, plus souvent qu'on ne le croit, un atout et non une barrière — il vaut donc la peine de l'inscrire au CV même à un niveau solide plutôt qu'excellent. Indiquez un niveau du cadre européen commun, B2 ou C1, et non une appréciation ; face à une exigence de niveau professionnel, « bonnes connaissances » ne se lit pas comme une réponse mais comme une lacune. Et pour qui postule depuis la France : une annonce rédigée en français en Suisse alémanique reste rare, et si le poste est situé outre-Sarine, la ligne allemande y sera presque toujours la ligne dure.

Là où la négociation s'arrête : ce que la loi fixe

Deux lignes d'une annonce suisse ne se négocient pas, même si l'entreprise vous veut absolument, parce que ce n'est pas elle qui les pose. Toutes deux concernent particulièrement les personnes venues de France, frontalières ou installées, et toutes deux sont régulièrement mal comprises.

La première est l'autorisation. L'article 11 de la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration prévoit que « tout étranger qui entend exercer en Suisse une activité lucrative doit être titulaire d'une autorisation, quelle que soit la durée de son séjour ». La partie que presque personne ne lit figure dans le même article : « En cas d'activité salariée, la demande d'autorisation est déposée par l'employeur. » La démarche incombe donc à l'entreprise, pas à vous. L'article 91 pose le devoir symétrique : avant d'engager, l'employeur doit s'assurer que la personne est autorisée à exercer une activité lucrative en Suisse, en examinant son titre de séjour ou en se renseignant auprès des autorités. Une ligne « permis » dans une annonce n'est donc ni une formalité ni un refus : c'est une étape que les deux parties franchissent ensemble, plus ou moins lourde selon la nationalité et le lieu de domicile.

La seconde est l'autorisation de pratiquer une profession de la santé. Selon l'article 11 de la loi fédérale sur les professions de la santé, l'exercice d'une de ces professions « sous propre responsabilité professionnelle » requiert une autorisation du canton où la profession est exercée. L'article 12 en fixe les conditions : le diplôme correspondant ou un diplôme étranger reconnu ; la dignité de confiance ainsi que les garanties physiques et psychiques d'un exercice irréprochable ; et la maîtrise d'une langue officielle du canton pour lequel l'autorisation est demandée. Sont visés les infirmiers, physiothérapeutes, ergothérapeutes, sages-femmes, diététiciens, optométristes et ostéopathes. Pour ces métiers, la langue fait partie de l'autorisation elle-même, et non des préférences du service du personnel.

Cette autorisation étant cantonale, la procédure l'est aussi : autorité compétente, pièces à fournir et délais varient, et ce qui vaut à Genève ne se transpose pas tel quel à Fribourg ou en Valais. Pour la reconnaissance d'un titre obtenu à l'étranger, le Secrétariat d'État à la formation, à la recherche et à l'innovation est le point d'entrée. Ces deux points ne relèvent pas de la négociation mais de la préparation : savoir où en est votre procédure permet d'inscrire une date dans le dossier au lieu d'y laisser un blanc.

Ce qui est vraiment ouvert n'est pas dans la liste d'exigences

Il existe une clause que les annonces suisses mettent souvent d'elles-mêmes en discussion, et elle ne figure jamais sous « Votre profil ». Elle est dans le titre ou dans la première ligne : le taux d'occupation. 22,6 pour cent des annonces évaluées indiquent un pourcentage, et 57,5 pour cent de celles-ci l'indiquent sous forme de fourchette plutôt que de chiffre unique.

Une fourchette est une invitation, et elle est rarement lue comme telle. « 80 à 100 % » signifie que l'employeur n'a pas arrêté le format du poste et le taillera autour de la personne. Si vous visez 80 pour cent, il n'y a rien à arracher en entretien : le chiffre est déjà écrit. Un pourcentage unique n'est pas une interdiction, mais c'est un signal nettement plus faible. Les fourchettes elles-mêmes se ressemblent beaucoup : 65,9 pour cent d'entre elles s'écrivent « 80 à 100 % », 9,2 pour cent « 60 à 100 % », et 84,8 pour cent montent jusqu'au plein temps. La marge s'ouvre donc presque toujours vers le bas, et la marge usuelle est de vingt points de pourcentage.

La date d'entrée en fonction, la place de travail lorsque l'entreprise a plusieurs sites et la part de télétravail relèvent de la même catégorie. Aucun de ces points ne figure dans la liste d'exigences, tous trois sont couramment ajustés, et tous trois pèsent souvent davantage sur une vie que de savoir si vous connaissez déjà le logiciel cité. Le salaire et les vacances se discutent également, avec un plancher : là où une convention collective de travail s'applique, elle fixe des minimums en dessous desquels un accord entre les parties ne peut pas descendre.

D'où un ordre utile pour un premier entretien : d'abord ce que l'annonce a laissé ouvert, ensuite les lignes de préférence que vous ne remplissez pas, et en dernier les conditions — à ce stade, elles sont soit réglées, soit elles n'ont jamais été le vrai sujet.

Ce que cela change dans le dossier

Ces chiffres imposent un ordre de travail sur le CV, et ce n'est pas l'ordre spontané. Commencez par les lignes du registre des conditions et rendez leurs preuves repérables sans effort : le titre avec son année, l'inscription avec son canton, la langue avec son niveau. Ce sont les points sur lesquels un premier tri écarte réellement.

Les lignes de préférence viennent ensuite, et se traitent autrement. Chaque préférence que vous remplissez a sa place dans le CV avec le vocabulaire de l'annonce, rattachée à l'endroit où vous l'avez effectivement pratiquée. Si l'annonce écrit « SAP » et que votre CV écrit « progiciel de gestion », vous remplissez la ligne sans être trouvé pour elle. C'est tout le mécanisme, et il ne promet rien de plus : un dossier rédigé avec les mots de l'annonce est mieux repéré par un tri par mots-clés qu'un dossier générique. Personne ne voit à l'intérieur du filtre d'une entreprise, donc personne ne peut garantir un résultat.

Les lignes de préférence que vous ne remplissez pas, vous les laissez de côté. Ne les expliquez pas, ne vous en excusez pas, et ne comblez pas le vide avec une compétence voisine que personne n'a demandée. Une ligne que l'annonce elle-même a qualifiée de facultative n'a pas besoin d'un paragraphe dans votre dossier : la place revient à ce que vous savez faire.

Reste la question que cette réponse ne tranche pas : combien de lignes remplies suffisent. Elle a ses propres données et nous l'avons traitée séparément. Pour l'instant, la conclusion plus modeste suffit : avant de compter, lisez quelles lignes l'annonce elle-même ne compte pas.

Les chiffres de marché proviennent de l'évaluation courante des annonces ouvertes sur SwissJobs.app, état au 30 août 2026. La base est la description d'annonce évaluée et non le texte intégral de l'offre : ce qui est mesuré, c'est la manière dont une exigence est formulée là où elle est énoncée le plus visiblement. Marqueurs de préférence retenus pour le français : « un atout », « un plus », « idéalement », « de préférence », « apprécié », « un avantage », « souhaitable », « est utile », « sont utiles ». Marqueurs de condition : « requis », « exigé », « indispensable », « obligatoire », « impératif », « doit ». La mesure est faite phrase par phrase : une exigence compte comme facultative lorsqu'elle figure dans la même phrase qu'un marqueur de préférence. Les chiffres francophones portent exclusivement sur les annonces rédigées en français et sur les marqueurs français ; nous ne comparons pas les parts d'une langue d'annonce à l'autre, les conventions de rédaction étant trop différentes pour que la comparaison ait un sens. Les textes de loi ont été relus sur fedlex le 31 août 2026.

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Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.

Langue de rédaction des annonces

Deutsch
60%
English
23%
Français
13%
Italiano
3%

Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant

Deutsch
70%
English
43%
Français
21%
Italiano
3%

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