Quels mots-clés manquent dans mon CV ?
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En bref
Il n'existe pas de liste générale, et nous pouvons le démontrer. Nous avons comparé chaque paire d'annonces d'un même métier et compté les termes spécialisés qu'elles ont réellement en commun. Deux annonces francophones de soins en partagent environ neuf pour cent, deux annonces techniques environ sept, deux annonces administratives environ six. Or une annonce ne nomme qu'une vingtaine de termes spécialisés en tout. Les mots qui vous manquent se trouvent donc dans l'annonce précise à laquelle vous répondez, pas dans un guide.
Si vous voulez malgré tout savoir quel type de mot manque le plus souvent, ce n'est presque jamais un nom de logiciel. Dans les annonces francophones que nous recensons, «formation» apparaît dans plus d'un tiers, «diplôme» dans près d'un cinquième, «CFC» dans près d'une annonce sur cinq, «autonomie» et «communication» dans environ douze pour cent chacune. SAP figure dans moins de deux pour cent, Excel dans moins d'un pour cent.
Et une mise en garde : les mots les plus caractéristiques d'un métier ne sont souvent pas des compétences. Dans les annonces de soins en français, le sigle d'une seule institution revient dans près d'un sixième des textes. Recopier une liste de fréquences, c'est importer le vocabulaire publicitaire d'un employeur dans son propre CV.
Part du vocabulaire spécialisé partagée par deux annonces tirées au hasard dans le même métier. Mesuré sur notre texte d'exigences condensé, annonces en français, analyse continue, août 2026.
- Selon le métier, entre la moitié et six termes sur dix du vocabulaire d'un domaine n'apparaissent que dans une seule annonce. Un outil qui vous annonce quarante mots-clés manquants vous décrit surtout cette traîne.
- «CFC» figure dans près d'une annonce francophone sur cinq, contre quatre et demi pour cent pour «bachelor» ou «master». Le sigle de votre apprentissage pèse plus lourd que n'importe quel titre académique sur ce marché.
- Le «brevet fédéral» n'est cité que dans environ un et demi pour cent des annonces francophones, et les hautes écoles HES ou EPF dans environ deux pour cent : ces mentions sont rares, donc distinctives lorsqu'elles vous concernent.
- En Suisse romande, environ cinquante-cinq pour cent des annonces sont rédigées en français et près de trente-huit pour cent en anglais. Un CV uniquement français se prive d'une part considérable du marché genevois et lausannois.
- Le permis de conduire est nommé dans environ trois et demi pour cent des annonces francophones — près du double de SAP et cinq fois plus souvent qu'Excel. Une ligne, souvent oubliée, souvent exigée.
Pourquoi la liste que vous cherchez n'existe pas
La question suppose que chaque métier possède un vocabulaire stable, qu'il suffirait de recopier une fois pour toutes. Nous avons pu le vérifier. Pour chaque métier, nous avons repris toutes les annonces recensées, retiré les mots de liaison ordinaires, conservé tout ce qui ressemble à un terme spécialisé, puis comparé chaque paire d'annonces possible : combien de ces mots deux annonces du même métier ont-elles réellement en commun ?
Pour les soins en français, la réponse est d'environ neuf pour cent, soit à peu près quatre mots partagés — et l'un d'eux est presque toujours «soins». Pour la technique et la maintenance, environ sept pour cent. Pour l'assistanat et l'administration, environ six. Les chiffres montent là où quelques grands employeurs rédigent une large part des annonces dans le même style maison, et non là où les exigences seraient plus claires.
La seconde mesure est encore plus nette. Si l'on met en commun tous les mots employés quelque part dans un métier, entre la moitié et six sur dix n'apparaissent que dans une seule annonce. Chaque métier possède donc un noyau très réduit et une très longue traîne de formulations uniques.
La conséquence pratique est libératrice : au lieu de courir après une moyenne qui n'existe pas, comparez votre CV à trois ou cinq annonces auxquelles vous postuleriez vraiment, et ne retenez que les mots présents dans au moins deux d'entre elles. D'après nos mesures, cette liste courte tient en une poignée de termes — et une poignée, cela se défend en entretien.
Les mots qui reviennent vraiment sont des mots ordinaires
Cherchez des termes précis plutôt que des vocabulaires entiers, et le noyau dur apparaît. Dans les annonces francophones, «formation» revient dans plus d'un tiers des textes. «Diplôme» dans près d'un cinquième. Une durée d'expérience exprimée en années dans près de quinze pour cent. «Communication» et «autonomie» dans environ douze pour cent chacune, «flexibilité» dans onze.
Les langues arrivent juste derrière : le français est nommé dans environ douze pour cent des annonces francophones, l'allemand dans près de sept, l'anglais dans plus de six. La gestion de projet apparaît dans sept pour cent. Puis vient la bureautique, autour de quatre et demi pour cent — c'est-à-dire moins souvent que la simple mention d'une formation achevée.
Les outils, eux, sont loin derrière : SAP moins de deux pour cent, Excel moins d'un. Cela ne signifie pas qu'Excel est inutile ; cela signifie qu'il est présupposé plutôt qu'écrit. Mais cela signifie aussi qu'un CV saturé de noms de logiciels et muet sur l'autonomie, le conseil au client ou la formation continue comble le mauvais trou.
Le test utile n'est donc pas «ai-je listé assez d'outils ?», mais : mon CV dit-il, dans une phrase portant sur un travail réellement effectué, que j'ai conseillé des clients, travaillé de manière autonome, encadré un projet, suivi une formation ? Si ces affirmations n'existent que sous forme d'adjectifs alignés dans une colonne latérale, elles ne sont pas vraiment dans le document.
Le sigle de votre titre est le mot le plus rentable
Sur ce marché, un sigle bat n'importe quelle formule, parce qu'il est sans ambiguïté. «CFC» apparaît dans près d'une annonce francophone sur cinq. «Bachelor» et «master» réunis n'atteignent que quatre et demi pour cent. Le «brevet fédéral» est cité dans environ un et demi pour cent, les hautes écoles HES ou EPF dans environ deux, l'AFP dans moins d'un demi pour cent. Du côté alémanique, la hiérarchie est identique avec «EFZ» au-dessus de dix pour cent.
C'est précisément ce mot qui manque dans beaucoup de CV, parce qu'on paraphrase son propre titre : «apprentissage de commerce», «formation de trois ans», «diplôme d'employé». Formulations compréhensibles, mais qui ne sont pas le mot figurant dans l'annonce. Or l'appellation protégée existe : elle figure sur votre certificat et dans la liste fédérale des professions, qui recense la formation professionnelle initiale et la formation professionnelle supérieure sous leur intitulé officiel.
La bonne pratique tient en une ligne : écrivez l'intitulé officiel complet, puis le sigle. «Assistante en soins et santé communautaire CFC», «Employé de commerce CFC», «Spécialiste en ressources humaines avec brevet fédéral». Vous couvrez ainsi les deux écritures qui circulent réellement dans les annonces, la forme développée et l'abréviation.
Si votre titre vient de l'étranger, faites l'inverse : donnez l'intitulé d'origine, le pays, la durée et le domaine, et n'ajoutez un niveau suisse que si vous en possédez une attestation formelle. Ne vous auto-attribuez pas d'équivalence. Un mot-clé qui ne résiste pas à la vérification des références coûte plus cher que le mot que vous n'aviez pas mis.
En Romandie, le premier mot-clé manquant est une langue
La plupart des conseils sur les mots-clés viennent de marchés monolingues et supposent tacitement que l'annonce et le CV sont dans la même langue. En Suisse, cette hypothèse tombe. Sur l'ensemble des annonces dont nous pouvons identifier la langue, l'allemand représente environ cinquante-sept pour cent, l'anglais vingt-huit, le français treize et l'italien deux.
En Suisse romande, la répartition est particulière : environ cinquante-cinq pour cent des annonces sont en français, mais près de trente-huit pour cent sont en anglais, et à peine quatre et demi pour cent en allemand. Autrement dit, l'anglais est le second vocabulaire du marché romand, très loin devant l'allemand — alors que l'allemand reste la langue dominante à l'échelle du pays.
Cela change l'ordre des priorités. Si vous visez Genève ou Lausanne, une version anglaise de votre CV ouvre statistiquement plus de portes qu'une version allemande. Si vous visez la Suisse alémanique depuis la Romandie, c'est l'inverse et l'écart est massif : dans la région bernoise, moins de sept pour cent des annonces sont en anglais et plus de huit sur dix en allemand.
Il existe une étape intermédiaire peu coûteuse : lorsqu'un terme possède une forme établie dans l'autre langue, faites-la figurer une fois. L'intitulé du poste, votre titre, le nom des procédures réglementées que vous maîtrisez. Il ne s'agit pas d'empiler des synonymes, mais d'énoncer le même fait dans les deux langues dans lesquelles le marché l'énonce.
Le piège : les mots les plus distinctifs ne sont pas des compétences
On peut calculer, pour chaque métier, les mots qui y apparaissent bien plus souvent que dans le reste du marché. C'est exactement ce que produit un outil de mots-clés. Le résultat est instructif — et largement inexploitable.
Dans les annonces de soins en français, le sigle d'une seule institution revient dans près d'un sixième des textes. Dans les annonces alémaniques d'installation électrique, environ un tiers contiennent un slogan publicitaire d'un seul grand employeur sur l'avenir de l'énergie. Dans le commerce de détail, le nom d'une seule enseigne apparaît dans environ un cinquième des annonces. Statistiquement, ce sont les termes les plus saillants. En pratique, ils ne valent rien.
Il en va de même des avantages vantés par les employeurs. Dans le commerce de détail, les mots gravitant autour des rabais et des prestations complémentaires figurent parmi les plus fréquents du domaine : ils décrivent ce que l'employeur offre, pas ce que vous savez faire. Une liste de mots-clés qui ne distingue pas les exigences des arguments de recrutement vous servira les deux.
La règle qui résiste aux données est simple : n'empruntez qu'un mot désignant une tâche, un outil, un titre, une norme ou une langue. Les noms de marque, le vocabulaire de la culture d'entreprise, les listes d'avantages et les slogans restent dehors, quelle que soit leur fréquence.
Dix minutes bien employées
Ouvrez trois à cinq annonces auxquelles vous postuleriez réellement. Surlignez chaque substantif désignant une tâche, un outil, un titre, une norme ou une langue. Ne gardez que ceux présents dans au moins deux annonces. Nos mesures d'intersection annoncent le résultat : une liste courte, souvent moins de dix mots, dont l'un sera simplement le nom du métier.
Reprenez ensuite cette liste dans l'ordre. Que savez-vous réellement faire qui n'y figure pas dans votre CV ? Voilà le vrai manque, et sa place est dans la description du poste où vous l'avez fait, pas dans un encadré de compétences en marge. Qu'y a-t-il déjà, mais sous un autre mot ? Adoptez la formulation de l'annonce. Que ne savez-vous pas faire ? Laissez-le de côté : un mot-clé que vous ne pouvez pas soutenir en entretien vous coûte plus que celui que vous avez omis.
Un dernier réflexe, spécifiquement romand : vérifiez la langue avant tout le reste. Vous pouvez consacrer une heure à ciseler votre vocabulaire métier et perdre l'essentiel parce que l'annonce, le tri et l'entretien se déroulent en allemand. Sur les postes visés en Suisse alémanique, la version allemande du même document vaut mieux que dix mots-clés ajoutés.
Relisez enfin votre CV comme si vous n'aviez jamais vu l'annonce. Les mots empruntés se signalent d'eux-mêmes : le registre change, la phrase cesse de vous ressembler. Un bon mot-clé disparaît dans votre propre phrase, sur votre propre travail. Un mauvais reste à côté, comme une citation.
Toutes les parts proviennent de notre analyse continue des annonces suisses que nous recensons, état août 2026. Les taux d'intersection sont mesurés sur notre texte d'exigences condensé pour chaque annonce, et non sur l'annonce originale complète : ce qui est comparé, c'est le vocabulaire qu'une annonce met en avant, pas sa formulation littérale. La comparaison entre métiers est donc l'élément solide, non le niveau absolu. Les parts par terme sont mesurées à l'intérieur des annonces de la langue indiquée. Les parts par langue sont mesurées sur les annonces dont la langue a pu être identifiée, soit environ trois quarts de celles que nous détenons. Nous publions des parts, jamais des effectifs absolus.
Vérifiez si votre CV correspond au poste — et au marché suisse
Vérificateur gratuit : langues, permis de travail, compétences et plus — évalués face à une annonce précise.
Vérification CV ATS : face à une annonce précise, gratuiteSources
- SEFRI — Liste des professions : intitulés officiels de la formation professionnelle initiale et supérieure
- Liste fédérale des professions — base de données consultable
- OFS — Nomenclature suisse des professions CH-ISCO-19
- orientation.ch — rechercher des professions (portail officiel des cantons et de la Confédération)
- SECO / arbeit.swiss — conseils pour vos candidatures
Questions liées
Ce que notre index d’offres dit du marché suisse
Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.
Langue de rédaction des annonces
- Deutsch
- 60%
- English
- 23%
- Français
- 13%
- Italiano
- 3%
Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant
- Deutsch
- 70%
- English
- 43%
- Français
- 21%
- Italiano
- 3%
19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%