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Entretien d’embauche

Comment répondre à la question sur mes points faibles ?

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En bref

Citez un point faible réel qui n’est pas central pour ce poste, puis consacrez une deuxième phrase à ce qui le compense : une habitude, un outil, un accord passé avec l’équipe. C’est l’annonce qui décide de ce qui est hors limites. Parmi les annonces rédigées en français que nous pouvons analyser, 65,6 pour cent ne citent aucune qualité personnelle et l’annonce médiane n’en cite aucune. Tout ce qui se trouve en dehors de la qualité exigée peut être dit sans risque. Deux phrases suffisent ; la troisième transforme la réponse en excuse.

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La question ressemble à un piège alors qu’elle est la plus facile à préparer de tout l’entretien, parce qu’elle a une formulation officielle en Suisse. Le portail orientation.ch, service du CSFO sur mandat des cantons, écrit noir sur blanc qu’il faut « réfléchir aux points forts que vous voulez mettre en avant et à comment compenser vos éventuels points faibles ». Compenser, et non avouer. Sur la page de conseils d’arbeit.swiss, le mot faible n’apparaît d’ailleurs jamais : la liste des questions typiques de l’employeur parle de « vos aptitudes et qualités (compétences, caractère, capacité à travailler en équipe, éventuellement capacité à diriger une équipe et à vous évaluer vous-même) ».

Cette dernière formule est la clé. Ce qui est évalué, ce n’est pas l’absence de défaut — personne ne l’attend — mais votre capacité à vous évaluer vous-même. Un défaut petit, vrai, accompagné d’une mesure concrète : la case est cochée. « Je n’en vois pas » : la case reste vide, non parce que c’est invraisemblable, mais parce que la question reste sans réponse.

Le reste relève du comptage. Surlignez dans l’annonce chaque qualité personnelle exigée : c’est votre liste d’interdits, et en Suisse romande elle est le plus souvent vide. Choisissez votre point faible à côté, formulez-le concrètement, ajoutez la mesure. Et si le point faible est une vraie lacune plutôt qu’un trait de caractère — une langue, un logiciel, des années d’expérience —, annoncez le niveau exact plutôt qu’un flou poli, puis enchaînez avec la même deuxième phrase.

Part des annonces en français qui exigent explicitement l’autonomie, par domaine
Part des annonces en français qui exigent explicitement l’autonomie, par domaineConstruction & technique22.8%Administration & commerce13.1%Soins & santé12.7%Hôtellerie-restauration9.1%Vente8%Informatique & ingénierie4.7%

Part des annonces rédigées en français, avec description exploitable, qui citent l’autonomie ou l’esprit d’initiative comme exigence. Comptage du 22 août 2026. Un même aveu ne coûte pas le même prix selon la colonne.

  • Établissez d’abord la liste d’interdits : toute qualité personnelle exigée par l’annonce est indisponible comme réponse. Dans les annonces en français, 65,6 pour cent n’en exigent aucune et 1,3 pour cent seulement en exigent trois ou plus.
  • Deux qualités dominent à égalité : l’autonomie et la communication, citées chacune dans 12,6 pour cent des annonces en français. La flexibilité suit à 7,8 pour cent.
  • « Je suis trop perfectionniste » vous défend contre une exigence quasi inexistante : la résistance au stress figure dans 0,9 pour cent des annonces en français.
  • Le domaine fixe le prix. L’autonomie est exigée dans 22,8 pour cent des annonces de la construction et de la technique, contre 4,7 pour cent en informatique — où 82,2 pour cent des annonces ne citent aucune qualité personnelle.
  • Dans l’administration et le commerce, ce sont la communication (21,1 pour cent) et la flexibilité (15,1 pour cent) qui sont protégées : évitez d’y placer votre aveu.
  • Si la lacune est linguistique, donnez le niveau et le plan : 28,2 pour cent des annonces en français exigent aussi l’allemand et 39,4 pour cent exigent au moins deux langues.

Ce que disent les checklists officielles — et le mot qu’elles n’emploient jamais

Deux services publics publient en Suisse une liste de préparation à l’entretien, et les deux méritent d’être lus avant d’inventer une réponse. Le premier est orientation.ch, portail du CSFO mandaté par les cantons et soutenu par la Confédération. Sa section consacrée à l’entretien d’embauche demande de « réfléchir aux points forts que vous voulez mettre en avant et à comment compenser vos éventuels points faibles ». Deux mots comptent ici : « éventuels », qui traite le défaut comme quelque chose qui peut ne pas exister, et « compenser », qui indique la tâche réelle — non pas nier, mais amortir.

Le second est arbeit.swiss, la plateforme du Secrétariat d’État à l’économie. Sa checklist énumère les questions typiques de l’employeur, dont « vos aptitudes et qualités (compétences, caractère, capacité à travailler en équipe, éventuellement capacité à diriger une équipe et à vous évaluer vous-même) ». Le mot faible n’y figure pas une seule fois — vérification faite sur les quatre versions linguistiques de la page.

De ces deux textes découle le vrai barème. On ne vous note pas sur l’absence de défauts, puisque personne ne la suppose. On vous note sur l’auto-évaluation : votre description de vous-même correspond-elle à ce qu’un employeur observerait après trois mois, et faites-vous déjà quelque chose à ce sujet ? Cette bascule enlève presque toute la peur à la question, car elle transforme la recherche : vous ne cherchez pas l’aveu le plus impressionnant, vous cherchez la plus petite chose vraie que vous avez déjà remarquée chez vous.

Elle fixe aussi la forme de la réponse. Quelque chose de vrai, plus quelque chose qui l’amortit. Tout le reste — l’excuse, la plaisanterie, le deuxième exemple — sort du barème et vous coûte.

La liste d’interdits est dans l’annonce, et elle est courte

Un point faible ne vous coûte que s’il heurte ce que ce poste-ci exige explicitement. La première étape n’est donc pas l’introspection, c’est la lecture. Quelles qualités personnelles cette annonce nomme-t-elle ? Celles-là sont bloquées ; tout le reste est disponible.

Sur l’ensemble des annonces rédigées en français, cette liste est étonnamment maigre. L’autonomie et l’esprit d’initiative apparaissent dans 12,6 pour cent des textes, la communication et l’aisance relationnelle dans 12,6 également, la flexibilité ou la polyvalence dans 7,8, l’esprit d’équipe dans 4,4, la rigueur et la précision dans 3,6, le sens de l’organisation dans 1,8, l’orientation client dans 1,0 et la résistance au stress dans 0,9 pour cent. Dans 65,6 pour cent des annonces, aucune de ces qualités n’est citée, et seules 1,3 pour cent en citent trois ou plus.

C’est la donnée qui devrait vous rassurer. On entre en entretien en imaginant que le moindre aveu peut être éliminatoire ; en réalité, le document contre lequel vous êtes mesuré ne protège en général rien de nommé, et quand il protège quelque chose, c’est une seule qualité — que vous connaissez d’avance. Si l’annonce dit « personne autonome », choisissez un défaut qui n’évoque pas le besoin d’être encadré. Si elle dit « excellent relationnel », ne racontez pas que le contact vous coûte.

Et lorsque l’annonce ne nomme rien — le cas le plus fréquent en Suisse romande —, déduisez la liste des tâches plutôt que des adjectifs. Qui tient seul un chantier a besoin d’autonomie, que le mot y soit ou non. Qui gère des réclamations a besoin de communication, écrit ou pas. Une liste déduite des activités est plus fiable que n’importe quelle liste de « défauts acceptables » recopiée d’un guide.

Le plan en deux phrases

Première phrase : le défaut, dans vos mots, sans adoucissant. Non pas « il m’arrive parfois d’avoir un peu tendance à », mais « je sous-estime le temps d’une tâche que je fais pour la première fois ». Concret et vérifiable. Chaque adoucissant vous coûte plus de crédibilité que le défaut lui-même.

Deuxième phrase : la compensation. Elle prend toujours l’une de ces trois formes — une habitude, un outil, un accord. Habitude : « Depuis un an, je prévois un tiers de marge pour toute tâche nouvelle et je donne un état d’avancement à mi-parcours. » Outil : « Je tiens une courte liste de contrôle pour chaque transmission, depuis que le même détail m’a échappé deux fois. » Accord : « Je dis à l’équipe dès le départ pour quand j’ai besoin d’un retour, au lieu d’attendre. » Les trois sont faciles à raconter et difficiles à inventer, parce qu’elles contiennent une date, une personne ou un objet.

Une troisième phrase est admise dans un seul cas : dire ce que le défaut coûte concrètement et pourquoi c’est supportable. « Mon premier jet me prend plus de temps qu’à mes collègues ; en revanche il revient rarement. » Tout le reste — nuancer, se rétracter, ajouter un exemple — affaiblit la réponse. L’erreur la plus courante n’est pas le mauvais défaut : c’est de continuer à parler après la deuxième phrase.

Apprenez par cœur la première phrase, et rien d’autre. C’est le seul moment où vous devez énoncer avec fluidité quelque chose d’inconfortable ; la suite consiste à décrire ce que vous faites, ce qui vient tout seul. Et répétez-la à voix haute, pas dans votre tête : prononcer son défaut une fois à voix haute fait toute la différence entre une réponse préparée et une improvisation.

Pourquoi « trop perfectionniste » ne passe pas ici

Les réponses classiques — trop perfectionniste, j’en prends trop sur moi, je travaille trop — ont deux défauts, et le second est propre à ce marché.

Le premier est évident : ce sont des qualités déguisées, et toute personne qui mène des entretiens régulièrement l’entend immédiatement. Le dommage n’est pas le défaut annoncé, c’est l’impression d’esquive. Or esquiver est exactement le contraire de l’auto-évaluation, c’est-à-dire de la case dans laquelle on vous note.

Le second se mesure : ces réponses vous défendent contre une exigence que les annonces suisses ne formulent presque jamais. La résistance au stress figure dans 0,9 pour cent des annonces rédigées en français. Expliquer que vous en faites trop et finissez tard répond donc à une question sur vos limites que, dans plus de neuf salles sur dix, personne n’a posée. La réponse se perd — et la phrase qui aurait rapporté quelque chose, la compensation, n’est jamais dite.

L’inverse mérite d’être connu : la rigueur et la précision ne sont exigées que dans 3,6 pour cent des annonces en français. Dans la plupart des métiers, vous pouvez donc dire tranquillement qu’un certain type de détail vous échappe, à condition de nommer aussitôt le mécanisme qui le rattrape. Dans les rares domaines où la précision est écrite dans le texte, choisissez autre chose : c’est précisément à cela que sert la liste d’interdits.

Le même aveu ne coûte pas la même chose selon le domaine

« J’ai besoin qu’on cadre mon travail » n’est ni une bonne ni une mauvaise réponse dans l’absolu : tout dépend du domaine. Dans les annonces de la construction et de la technique rédigées en français, l’autonomie est exigée dans 22,8 pour cent des textes — la part la plus élevée que nous mesurions. Là, cette phrase touche le cœur du poste. En informatique et ingénierie, l’autonomie tombe à 4,7 pour cent et 82,2 pour cent des annonces ne citent aucune qualité personnelle : la même phrase n’y coûte presque rien.

L’administration et le commerce protègent autre chose : la communication y est exigée dans 21,1 pour cent des annonces, la flexibilité dans 15,1 et l’autonomie dans 13,1 pour cent, et seules 57,8 pour cent des annonces ne citent aucune qualité — c’est le domaine le plus explicite parmi ceux que nous mesurons. Y avouer une difficulté relationnelle ou un besoin de routine fixe est cher payé.

Dans les soins et la santé, la communication arrive en tête avec 16,4 pour cent, devant l’autonomie à 12,7 et l’esprit d’équipe à 9,1 pour cent. Dans l’hôtellerie-restauration, la communication est à 13,4 pour cent et près de sept annonces sur dix ne citent aucune qualité. Dans la vente, la communication culmine à 14,2 pour cent tandis que la rigueur n’apparaît dans aucune des annonces analysées de ce domaine.

La consigne pratique tient en une ligne : rayez les deux qualités de tête de votre domaine et choisissez parmi ce qui reste. Cela implique aussi de ne pas recycler le même aveu d’un domaine à l’autre — celui qui était gratuit dans un entretien technique peut être le plus cher dans un hôtel.

Quand le point faible est une vraie lacune : langue, outil, années

Souvent, en Suisse romande, la question des points faibles est une manière polie de demander ce qui vous manque pour le poste. Une autre règle s’applique alors : donnez le niveau exact plutôt qu’un flou poli. « Allemand B1, cours en cours depuis mars » est une information avec laquelle on peut planifier. « Mon allemand n’est pas encore terrible » n’en est pas une, et sera généralement évalué en dessous de la réalité.

Le sujet est plus fréquent qu’on ne le croit : 28,2 pour cent des annonces rédigées en français exigent aussi l’allemand, 22,8 pour cent l’anglais, et 39,4 pour cent au moins deux langues. Dans près de quatre entretiens sur dix, la langue est donc un vrai point de discussion — et là, un niveau précis assorti d’un cours vaut mieux que toute tentative de passer à autre chose.

La phrase de compensation appartient souvent à l’employeur. Là où l’annonce mentionne la formation continue ou l’accompagnement — c’est le cas de 12,1 pour cent des annonces en français —, citez-la : « Vous mentionnez la formation continue : c’est exactement ce qu’il me faudrait pour ce logiciel. » La lacune devient un plan, et le plan sort du texte de l’employeur.

Ce qui ne fonctionne pas, c’est de dissimuler une lacune technique qui se verra dans les quinze premiers jours. Une lacune que vous nommez coûte quelques secondes ; la même découverte après l’engagement coûte la confiance. Et s’il vous manque les années demandées, décrivez le volume de ce que vous avez fait dans une autre unité : nombre de dossiers suivis, taille de l’installation, nombre de gardes, durée de la mission. Ce n’est pas une ruse, c’est simplement le chiffre le plus parlant.

Ce qui n’a rien à faire dans cette réponse

La santé et la vie privée restent en dehors. La question porte sur le travail ; un diagnostic, une séparation ou une situation financière ouvrent un sujet que personne dans la salle n’est en mesure de traiter professionnellement, et qui chasse la réponse que vous aviez préparée.

L’ancien employeur reste en dehors également. « Mon point faible, c’est que je ne m’entendais pas avec ma cheffe » est une évaluation d’autrui, pas de soi, et elle est entendue comme un signal d’alerte sans exception — même quand la critique était fondée.

« Je n’ai pas de point faible » et « là, je sèche » sont les deux seules réponses qui comptent à coup sûr comme des fautes. Ce n’est pas une question piège et ce n’est pas une surprise : elle figure sur la liste de préparation officielle, vous saviez donc qu’elle viendrait. C’est précisément pour cela que ne rien avoir se lit comme ne pas s’être préparé.

Enfin, n’offrez pas un deuxième défaut quand on n’en demandait qu’un. Si votre interlocuteur insiste — « et à part ça ? » —, la meilleure réponse est souvent une question : quelle qualité sera la plus sollicitée dans les premiers mois à ce poste. La liste d’interdits sur laquelle vous avez travaillé se retrouve alors énoncée à voix haute, et la suite de l’entretien devient plus simple pour tout le monde.

Les parts proviennent d’un comptage des annonces suisses actives chez nous le 22 août 2026. La base est constituée des descriptions d’annonces dont nous disposons en français ; une qualité est comptée lorsqu’elle est explicitement exigée, une même annonce pouvant en citer plusieurs. Les descriptions courtes omettent certaines mentions : les parts sont donc plutôt un plancher qu’un plafond. Les valeurs par domaine reposent sur le rattachement à partir de l’intitulé du poste et ne sont indiquées que pour les domaines comptant suffisamment d’annonces. Les exigences linguistiques sont comptées sur les annonces où une exigence de langue est enregistrée. Les formulations des checklists de préparation ont été consultées le 23 août 2026 sur orientation.ch et arbeit.swiss ; l’absence du mot faible sur la page d’arbeit.swiss a été vérifiée dans les quatre versions linguistiques.

Travailler la question des points faibles selon le métier

Sources

Questions liées

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Ce que notre index d’offres dit du marché suisse

Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.

Langue de rédaction des annonces

Deutsch
60%
English
23%
Français
13%
Italiano
3%

Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant

Deutsch
70%
English
43%
Français
21%
Italiano
3%

19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%