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Dans quelle langue rédiger son CV en Suisse ?

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La langue du dossier ne dépend pas de votre niveau, mais de l'annonce — et, en Suisse, du canton, du domaine et du niveau hiérarchique du poste. Cette page regroupe les questions de langue liées au CV. Les éléments officiels proviennent des conseils de candidature du SECO et des désignations anglaises officielles du SEFRI ; les chiffres de marché sont comptés sur les annonces publiées sur SwissJobs.app.

Graphique : part des annonces suisses ouvertes qui se traitent en anglais seul, sans allemand ni français, par canton — Genève, Zurich et Zoug en tête, Lucerne et les Grisons en fin de liste.

En bref

Rédigez le CV dans la langue de l'annonce. Parmi les annonces publiées sur SwissJobs.app dont la langue est identifiable, 23,9 pour cent sont en anglais : 49,5 pour cent à Genève, 28,9 dans le canton de Vaud, 21,6 au Tessin, mais 20,3 en Valais et 18,6 à Neuchâtel. Un CV en anglais répond donc à une annonce précise, il n'est pas un choix par défaut. Et l'anglais sur le papier ne signifie pas l'anglais seul au travail : 29,1 pour cent des annonces anglophones exigent en plus une langue nationale.

Le domaine et le niveau du poste pèsent davantage que la région. Parmi les annonces dont la langue est identifiable, 75 pour cent sont en anglais dans la pharma et les sciences de la vie, 71,8 pour cent dans la banque et l'assurance, 49,9 pour cent en informatique et ingénierie. À l'inverse : 3,9 pour cent dans l'hôtellerie-restauration, 3,1 pour cent dans la santé et les soins, aucune dans la construction et l'artisanat. Le niveau produit le même effet : les annonces portant Head of, Director ou Chief dans l'intitulé sont anglophones à 88,2 pour cent, celles portant Senior à 62,6, celles portant Junior, Graduate ou Trainee à 34,6, et les places d'apprentissage à 0,5 pour cent.

Traduire le document est la partie facile. La structure ne bouge pas : la version anglaise des conseils du SECO énumère les mêmes huit éléments que la version française — titre CV, données personnelles, activités professionnelles précédentes, formation, connaissances linguistiques, connaissances particulières, centres d'intérêt, références — et fixe la même limite de trois pages. Ce qui disparaît, en revanche, c'est le vocabulaire du système suisse de formation : seules 0,4 pour cent des annonces anglophones citent un titre professionnel suisse, contre 15,2 pour cent des annonces germanophones.

Part des annonces rédigées en anglais, par domaine professionnel — en pour cent des annonces de ce domaine dont la langue est identifiable
Part des annonces rédigées en anglais, par domaine professionnel — en pour cent des annonces de ce domaine dont la langue est identifiablePharma & sciences de la vie75%Banque & assurance71.8%Informatique & ingénierie49.9%Commerce de détail & vente26.6%Logistique & transport22.8%Administration & bureau11.3%Hôtellerie & restauration3.9%Santé & soins3.1%
  • Alignez-vous sur l'annonce, pas sur l'entreprise. 18,8 pour cent des employeurs qui publient au moins une annonce en anglais publient aussi dans une langue nationale, et ces employeurs concentrent 17,9 pour cent de toutes les annonces ; chez eux, la moitié environ de leurs propres annonces est en anglais. Le même employeur peut donc attendre un dossier français pour un poste et un dossier anglais pour le suivant.
  • Gardez l'intitulé du poste tel que l'employeur l'écrit. 13,5 pour cent des annonces francophones portent déjà un intitulé de forme anglaise — Manager, Engineer, Specialist. Le retraduire en français dans votre CV ne fait que brouiller la correspondance avec l'annonce. La règle vaut dans l'autre sens : dans un CV anglais, conservez la fonction telle qu'elle figure sur votre certificat de travail, avec une ligne d'explication à côté.
  • Vos titres suisses ont un nom anglais officiel ; n'en inventez pas. Le SEFRI appelle le CFC un Federal VET Diploma, l'AFP un Federal VET Certificate et la maturité professionnelle un Federal Vocational Baccalaureate. Pour la formation professionnelle supérieure, le SEFRI nomme les examens : l'examen professionnel qui mène au brevet fédéral s'appelle Federal Professional Examination (FPE), l'examen professionnel supérieur derrière le diplôme fédéral Advanced Federal Professional Examination (AFPE), et une école supérieure est une professional education institution (PEI). Écrivez le nom anglais, le titre suisse entre parenthèses, puis l'année.
  • Il existe une annexe officielle en anglais qui explique votre titre à votre place. Les suppléments au certificat, pour le degré secondaire II, et les suppléments au diplôme, pour la formation professionnelle supérieure, existent en allemand, en français, en italien et en anglais, suivent le modèle Europass et servent, selon le SEFRI, à permettre aux employeurs en Suisse et à l'étranger d'apprécier les compétences professionnelles du titulaire. Le supplément au diplôme est personnalisé ; le SEFRI l'établit rétroactivement pour 80 francs.
  • Le certificat de travail se dit reference. La version anglaise du Code des obligations publiée sur Fedlex le formule ainsi à l'art. 330a : le travailleur peut demander en tout temps à l'employeur un reference portant sur la nature et la durée des rapports de travail, la qualité de son travail et sa conduite. Cette version indique que l'anglais n'est pas une langue officielle de la Confédération et qu'elle n'a pas force de loi — comme choix terminologique pour votre dossier, elle reste la source la plus solide.
  • Ne transformez pas un dossier suisse en résumé américain. 9,5 pour cent des annonces anglophones indiquent le taux d'activité en pourcentage, le plus souvent sous la forme 80–100%, et cette notation suisse se conserve telle quelle plutôt que d'être convertie en équivalents plein temps. En revanche, la mention m/f/d ne se reprend pas : elle figure dans 40,9 pour cent des annonces germanophones et dans 12,1 pour cent des annonces anglophones, et appartient à l'annonce, pas à votre CV.

En Romandie, la question ne se pose pas partout de la même manière

Sur la base des annonces dont la langue est identifiable, la part de l'anglais atteint 49,5 pour cent à Genève et 28,9 pour cent dans le canton de Vaud, mais 20,3 pour cent en Valais, 19,8 pour cent à Fribourg et 18,6 pour cent à Neuchâtel. Deux cantons voisins peuvent donc appeler deux dossiers différents, et l'écart entre Genève et Vaud — près de deux fois plus d'annonces anglophones du côté genevois — est plus grand que celui que la plupart des candidats supposent en préparant un seul document.

Une seconde mesure, plus proche du quotidien de travail, sépare encore davantage. En ne retenant que les annonces qui formulent explicitement une exigence linguistique — 72,8 pour cent du stock —, 19,6 pour cent à l'échelle nationale se contentent de l'anglais sans aucune langue nationale. À Genève, cette part monte à 45 pour cent, en Valais à 41,2 et à Neuchâtel à 44,1, tandis qu'elle tombe à 20,4 pour cent dans le canton de Vaud et à 13 pour cent à Fribourg. Le graphique ci-dessus montre la même mesure sur un relevé légèrement antérieur.

À l'intérieur d'un même canton, c'est le domaine qui tranche. Trois annonces sur quatre sont en anglais dans la pharma et les sciences de la vie, plus de sept sur dix dans la banque et l'assurance, près d'une sur deux en informatique et ingénierie. Dans la construction et l'artisanat, aucune des annonces analysées avec langue identifiable n'était rédigée en anglais ; dans la santé et les soins, la part est de 3,1 pour cent. La même personne peut donc avoir raison deux fois : un CV anglais pour un laboratoire, un CV français pour un service de soins.

Le piège romand : l'allemand est demandé plus souvent que l'anglais

Les annonces rédigées en français exigent l'allemand dans 28,2 pour cent des cas et l'anglais dans 22,8 pour cent. Autrement dit, pour une candidature en Suisse romande, la deuxième langue la plus souvent réclamée n'est pas celle que l'on prépare en priorité. Un CV en anglais impeccable ne remplace donc pas la ligne « allemand » du bloc linguistique, et un dossier français reste la bonne réponse dès lors que l'annonce elle-même est en français.

Le cas inverse est fréquent et passe souvent inaperçu : 33,9 pour cent des annonces qui exigent l'anglais ne sont pas rédigées en anglais. Dans ces situations, la bonne réponse est un dossier dans la langue de l'annonce, avec une ligne anglaise précise dans le bloc des langues — et non un dossier anglais qui ignore la langue choisie par l'employeur pour publier. La langue de rédaction est un signal ; l'exigence linguistique en est un autre, et les deux se lisent séparément.

Quand l'annonce est en anglais, l'exigence d'une langue nationale reste par ailleurs très présente : 29,1 pour cent de ces annonces en réclament une, dont 9,5 pour cent le français et 24,2 pour cent l'allemand, et ce n'est pas une formalité — 61,4 pour cent de ces exigences visent un niveau professionnel. Enfin, une donnée rassurante pour ceux qui hésitent sur leur propre anglais : le niveau langue maternelle n'est exigé que dans 1,4 pour cent des annonces anglophones.

Ce qui change réellement dans le document

Partez du vocabulaire officiel plutôt que d'un modèle trouvé à l'étranger. La page anglaise du SECO nomme les rubriques — title CV, personal details, professional experience to date, education and training, language skills, special knowledge or activities, personal interests or hobbies, references — et rappelle trois règles que beaucoup de modèles internationaux enfreignent : trois pages au maximum, des références annoncées comme disponibles sur demande, et l'ensemble des annexes réunies dans un seul fichier PDF, le document le plus récent en premier.

Ensuite, fournissez ce que l'anglais ne peut pas deviner. Un lecteur d'annonce francophone sait ce qu'est un CFC ; le lecteur d'une annonce anglophone, presque jamais, et les annonces le confirment : un titre professionnel suisse est cité dans 15,2 pour cent des annonces germanophones et dans 0,4 pour cent des annonces anglophones. Utilisez les désignations du SEFRI, ajoutez le titre suisse entre parenthèses et, lorsque le diplôme pèse lourd dans la candidature, joignez le supplément correspondant : c'est l'explication officielle, en anglais, du titre exact que vous détenez.

Les certificats de travail, eux, restent dans leur langue d'origine. Ce sont des documents fondés sur l'art. 330a, pas des supports de communication, et les traduire soi-même leur retirerait leur valeur de preuve. Ils demeurent donc dans le PDF unique, du plus récent au plus ancien, exactement comme le SECO le décrit pour un dossier francophone. Ce que vous pouvez ajouter, c'est une ligne en anglais expliquant ce qu'est un certificat de travail suisse : un document que l'employeur est tenu de délivrer, portant sur la nature et la durée de l'engagement, la qualité du travail et la conduite.

Registre : orthographe, ton et deux versions

L'anglais des annonces suisses n'est pas celui des sites d'emploi américains, et l'écart se mesure. Les mots global, international ou headquarters apparaissent dans 24 pour cent des annonces anglophones et dans 1,1 pour cent des annonces germanophones : c'est une indication sur le lectorat, pas une consigne de rédaction. Dans le même temps, les conventions suisses subsistent à l'intérieur des textes anglais, à commencer par le taux d'activité en pourcentage.

Sur l'orthographe, il n'existe aucune règle suisse, mais une habitude mesurable. Dans les annonces anglophones, la forme américaine domine pour les verbes : organiz l'emporte sur organis dans 93,3 pour cent des occurrences, optimiz dans 97,9, analyz dans 92,6. Les substantifs sont plus partagés — centre tient 18,1 pour cent face à center, programme 13,4 pour cent face à program, licence 12,9 pour cent face à license. Sur les neuf paires vérifiées, 7,7 pour cent des occurrences sont britanniques. La règle utile n'est donc pas de choisir la variante gagnante, mais de s'y tenir d'un bout à l'autre du document.

Enfin, prévoyez deux versions plutôt qu'un seul fichier parfait. Les employeurs qui publient dans les deux langues représentent 17,9 pour cent de toutes les annonces, et l'anglais y couvre environ la moitié de leurs propres publications. Deux versions entretenues du même CV — chacune avec les rubriques, les intitulés et les noms de diplômes correspondant à la langue de l'annonce — coûtent moins qu'il n'y paraît, puisque le contenu est identique. Seul le vocabulaire change, et c'est précisément ce que cette page vous donne.

Les chiffres de marché ont été comptés le 22 août 2026 sur les annonces alors actives sur SwissJobs.app. Les parts des annonces rédigées en anglais, au niveau national et par canton, ont été recomptées le 27 septembre 2026, lorsque la langue du texte était identifiable pour 97,4 pour cent des annonces ; toutes les parts linguistiques se rapportent à cette base, et les valeurs cantonales uniquement aux annonces auxquelles un canton est attribué. Une exigence linguistique explicite figure dans 72,8 pour cent des annonces, et les niveaux sont comptés tels que l'annonce les formule. L'affectation aux domaines professionnels repose sur des mots-clés de l'intitulé du poste et doit se lire comme un ordre de grandeur, non comme une statistique sectorielle officielle. Les indications orthographiques comparent neuf paires de mots britanniques et américains dans l'intitulé et le résumé. Les éléments du CV, la limite de pages et les règles d'annexes proviennent des conseils de candidature du SECO dans leurs versions française et anglaise ; les désignations anglaises des titres suisses ainsi que les informations sur les suppléments au certificat et au diplôme proviennent du SEFRI ; le libellé de l'art. 330a est cité d'après la version anglaise du Code des obligations publiée sur Fedlex, qui précise qu'elle n'a pas force de loi.

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Sources

Questions liées

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Ce que notre index d’offres dit du marché suisse

Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.

Langue de rédaction des annonces

Deutsch
60%
English
23%
Français
13%
Italiano
3%

Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant

Deutsch
70%
English
43%
Français
21%
Italiano
3%

19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%