Données personnelles du CV suisse — photo, date de naissance, nationalité, permis
Mis à jour:
La rubrique qui, en Suisse, contient davantage que presque partout ailleurs : ce qui relève des données personnelles, ce qui est réellement facultatif et ce que le droit suisse en dit vraiment. La liste des rubriques vient d'arbeit.swiss, la lecture juridique de la loi sur l'égalité et du code des obligations, les chiffres de marché des annonces en ligne sur SwissJobs.app.
- Faut-il mettre une photo sur son CV suisse ?
- Faut-il indiquer sa date de naissance et sa nationalité ?
- Comment indiquer mon permis de travail dans le CV ?
Faut-il mettre une photo sur son CV suisse ?
En bref
Oui, la photo reste usuelle en Suisse, et elle reste facultative. Les conseils officiels de candidature de la Confédération la placent dans les données personnelles, et leur version française est la plus exigeante des quatre : « données personnelles avec photo vous mettant en valeur ». Aucune loi suisse ne l'impose et aucune ne l'interdit. Placez-la en haut de la première page, récente, au format portrait. Renoncez-y si l'annonce demande un dossier anonymisé ou si votre seule image disponible est un recadrage de vacances.
Si cette question reçoit en Suisse une autre réponse qu'en France, en Allemagne ou au Royaume-Uni, ce n'est pas une affaire de goût des recruteurs, mais de cadre légal. La Suisse ne connaît pas de loi générale contre la discrimination à l'embauche dans le secteur privé. La seule loi fédérale qui vise expressément l'embauche est la loi sur l'égalité, et elle protège contre la discrimination à raison du sexe, de l'état civil, de la situation familiale et de la grossesse — ni de l'âge, ni de l'origine, ni de l'apparence. La photo n'est donc jamais devenue un risque juridique ici.
L'autre moitié de la réponse est concrète, et c'est là qu'être un site d'annonces plutôt qu'un site de modèles change quelque chose. Parmi les annonces en ligne sur SwissJobs.app, les annonces rédigées en français envoient la candidature à 58 pour cent directement sur l'adresse carrière de l'employeur, à 25.8 pour cent dans un logiciel de recrutement conçu en Suisse et à 13.6 pour cent seulement dans une suite RH vendue à l'international. Le monde dans lequel atterrit un dossier francophone est donc, très majoritairement, un monde suisse.
- La photo appartient à la rubrique des données personnelles — pas à une rubrique distincte, et pas à une page de garde. Les conseils officiels énumèrent huit éléments du CV : le titre « Curriculum vitae », les données personnelles avec photo, les activités professionnelles précédentes, les écoles et formations continues, les connaissances linguistiques, les connaissances ou activités particulières, les centres d'intérêt et les références.
- La même page officielle module l'exigence selon la langue. Le français demande « données personnelles avec photo vous mettant en valeur » : non pas une image, mais une bonne image. L'italien demande la photo « nell'apposito formato ». L'anglais dit « personal details, including photograph ». L'allemand est le seul à poser une réserve : « gegebenenfalls mit Bewerbungsfoto », le cas échéant.
- La loi sur l'égalité (RS 151.1) interdit à son art. 3 la discrimination à raison du sexe et précise que l'interdiction « s'applique notamment à l'embauche ». Elle ne contient en revanche aucune règle sur le contenu d'un dossier de candidature et aucune liste d'indications prohibées.
- L'allégement du fardeau de la preuve prévu à l'art. 6 vise l'attribution des tâches, l'aménagement des conditions de travail, la rémunération, la formation, la promotion et la résiliation. L'embauche ne figure pas dans cette énumération — ni dans la version française, ni dans l'allemande, ni dans l'italienne. Qui invoque une discrimination à l'embauche supporte donc la preuve entière.
- L'art. 8 permet à la personne non engagée d'exiger de l'employeur qu'il motive sa décision par écrit. Mais le droit à l'indemnité est périmé si l'action n'est pas ouverte dans les trois mois à compter de la communication du refus, et l'art. 5 plafonne cette indemnité à trois mois de salaire — plafond global, même si plusieurs personnes s'en prévalent pour le même poste.
- L'art. 328b du code des obligations (RS 220) limite ce que l'employeur peut faire des données : les traiter uniquement « dans la mesure où ces données portent sur les aptitudes du travailleur à remplir son emploi ou sont nécessaires à l'exécution du contrat de travail », le reste relevant de la loi sur la protection des données du 25 septembre 2020. Cette règle vise l'employeur, pas votre choix de ce que vous joignez.
- Aucune des quatre versions officielles ne donne de dimensions. L'italienne est la seule à parler d'un « format approprié », sans le chiffrer. Il n'existe donc pas de prescription publiée à respecter : un portrait cadré comme une photo d'identité correspond à ce que tout le monde entend.
Une seule autorité, quatre degrés d'exigence
Presque tout ce qui s'écrit sur le CV suisse remonte à la même page : les conseils de candidature publiés par le service public de l'emploi. Elle fait autorité, elle existe en quatre langues et elle énumère ce que contient un CV. La photo y figure. Simplement, elle n'y figure pas de la même manière selon la langue.
La version française demande « données personnelles avec photo vous mettant en valeur ». C'est la formulation la plus engageante des quatre : elle ne se contente pas d'admettre la photo, elle lui assigne une fonction. La version italienne exige la photo « nell'apposito formato ». La version anglaise écrit « personal details, including photograph ». La version allemande, elle, glisse une réserve que les trois autres ignorent : « Persönliche Daten, gegebenenfalls mit Bewerbungsfoto » — le cas échéant.
Ce n'est pas une maladresse de traduction, c'est la carte de l'usage. En Suisse alémanique, la photo de candidature est très répandue mais négociable. En Suisse romande et au Tessin, elle est plus proche de l'évidence. Quand deux guides vous disent l'inverse l'un de l'autre, ils ne divergent presque jamais sur le droit : ils écrivent depuis deux régions linguistiques et citent, chacun, la même page fédérale.
Pourquoi la Suisse a gardé la photo que ses voisins ont abandonnée
Dans beaucoup de marchés voisins, la photo a discrètement disparu du CV parce qu'un dispositif général contre la discrimination couvre l'embauche privée et que les employeurs traitent tout signal évitable sur l'âge, l'origine ou l'apparence comme une exposition. Un modèle allemand ou britannique arrive donc déjà sans emplacement pour l'image — non parce qu'il serait plus moderne, mais parce qu'il vient d'un autre ordre juridique.
La Suisse n'a jamais franchi ce pas. Pour les rapports de travail de droit privé, la loi sur l'égalité est la seule loi fédérale qui atteigne l'embauche elle-même. Son art. 3 al. 1 interdit de discriminer les travailleurs « à raison du sexe, soit directement, soit indirectement, notamment en se fondant sur leur état civil ou leur situation familiale ou, s'agissant de femmes, leur grossesse ». L'al. 2 précise que l'interdiction s'applique notamment à l'embauche.
Ce que la loi ne fait pas compte tout autant. Elle ne dit rien du contenu autorisé d'un dossier. Elle ne dresse aucune liste de questions interdites. Et elle ne couvre ni l'âge, ni l'origine, ni l'apparence comme motifs protégés. En droit suisse, la photo de candidature n'est tout simplement pas un sujet — et c'est précisément pour cela que l'usage n'a jamais été mis sous pression.
À quel point la voie juridique est étroite après un refus
Lire la suite de la loi sur l'égalité explique la sérénité suisse à l'égard des données personnelles, qui surprend souvent les personnes venues de l'Union européenne. L'art. 6 allège le fardeau de la preuve, mais uniquement pour l'attribution des tâches, l'aménagement des conditions de travail, la rémunération, la formation et la formation continue, la promotion et la résiliation des rapports de travail. L'embauche n'y est pas, et l'omission est rigoureusement la même dans les trois versions officielles du texte.
Une personne qui soupçonne un refus discriminatoire doit donc le prouver sans rien savoir des autres candidatures. L'art. 8 al. 1 lui reconnaît au moins le droit d'exiger de l'employeur une motivation écrite de sa décision. L'al. 2 pose ensuite un délai sec : le droit à l'indemnité est périmé si l'action n'est pas ouverte dans les trois mois à compter du moment où le refus d'embauche a été communiqué.
Même gagnée, l'action reste encadrée. L'art. 5 al. 2 ne donne, en cas de refus d'embauche discriminatoire, qu'un droit à une indemnité — pas au poste. L'al. 4 la plafonne à trois mois de salaire et ajoute que ce montant ne peut être dépassé même si plusieurs personnes font valoir une prétention pour le même refus. Voilà tout le levier. Il explique la pratique suisse mieux que n'importe quel débat sur le style.
Ce que l'employeur a le droit de faire de votre image
La seconde disposition utile se trouve dans le code des obligations. L'art. 328b prévoit que l'employeur ne peut traiter des données concernant le travailleur que dans la mesure où ces données portent sur ses aptitudes à remplir son emploi ou sont nécessaires à l'exécution du contrat de travail. La seconde phrase renvoie pour le reste à la loi sur la protection des données du 25 septembre 2020, en vigueur depuis le 1er septembre 2023.
On présente souvent cet article comme une interdiction de la photo. Il ne l'est pas. Il s'adresse à l'employeur et borne ce qu'il peut traiter, non ce que vous pouvez joindre. La nuance est pratique : une photo que vous transmettez de votre plein gré relève de votre décision ; un employeur qui exige une photographie pour un poste sans aucun contact extérieur se trouve sur un terrain plus fragile, car il devrait expliquer ce que l'image dit des aptitudes.
Pour vous, la conséquence est simple et rassurante : sur cette question, vous avez réellement le choix. Personne ne peut écarter votre dossier au motif formel qu'il ne comporte pas d'image.
Où atterrit réellement votre PDF — et pourquoi cela tranche la question
Un CV n'est pas envoyé dans le vide : il est envoyé dans un système précis, et les annonces suisses ne pointent pas toutes vers le même type de système. Parmi les annonces en ligne sur SwissJobs.app le 22 août 2026, 44.5 pour cent renvoient vers une adresse carrière appartenant à l'employeur lui-même, 31.8 pour cent vers un logiciel de recrutement conçu en Suisse et 23.2 pour cent vers une suite RH vendue à l'international. Un demi pour cent reste sur LinkedIn.
Réparti selon la langue de rédaction de l'annonce, le tableau change nettement. Les annonces en français envoient 58 pour cent des candidatures directement sur l'adresse carrière de l'employeur — la proportion la plus élevée des quatre langues — et seulement 13.6 pour cent vers une suite internationale. Les annonces en italien filent à 77.3 pour cent vers un logiciel suisse. Les annonces en allemand : 41.8 pour cent logiciel suisse contre 12.6 pour cent suite internationale. Les annonces en anglais inversent tout : 65.5 pour cent suite internationale, 1.3 pour cent logiciel suisse.
Pour une candidature francophone, la lecture est donc claire : dans près de six cas sur dix, votre dossier arrive sur le site de l'employeur, chez quelqu'un qui applique la convention locale — celle que la version française de la page fédérale formule le plus fermement. C'est l'argument le plus solide en faveur de la photo dans un dossier francophone, et il ne repose sur aucune supposition sur le goût des recruteurs.
Les annonces francophones affichent par ailleurs la part LinkedIn la plus élevée des quatre langues, 2.6 pour cent. Cela reste marginal, mais c'est le seul canal où l'image qui vous représente n'est pas celle de votre CV : c'est celle de votre profil. Si vous postulez par ce chemin, la photo de profil fait le travail que la photo du CV ferait ailleurs.
La règle de décision, en bref
Mettez une photo si vous en avez une récente et posée et si rien dans l'annonce n'y fait obstacle. C'est le cas ordinaire en Suisse romande, et il ne vous coûte rien.
Renoncez-y quand l'annonce ou l'entreprise demande explicitement un dossier anonymisé : ces procédures existent, et les respecter se lit comme de l'attention, non comme un manque. Renoncez-y aussi si votre seule image disponible est un recadrage de vacances. Aucune image n'est neutre ; un recadrage mal éclairé ne l'est pas non plus.
Dans tous les cas, l'image reste dans le PDF et jamais à côté. Ne joignez pas de fichier image séparé. Ce que vous téléversez est un document, et tout ce qui figure en première page voyage avec lui, quel que soit le système qui le reçoit.
Ce que rapportent les personnes concernées
Parmi les publications suisses consacrées au CV rassemblées pour le guide du CV de SwissJobs.app, une poignée seulement aborde la photo. Celles qui le font se partagent nettement en deux camps : d'un côté « toujours usuelle en Suisse et utile à la présélection », de l'autre « pas obligatoire, car elle favorise les biais ». Les deux camps écrivent depuis la pratique RH suisse.
Comptage sur les publications suisses consacrées au CV réunies pour le guide du CV de SwissJobs.app ; seules quelques-unes mentionnent la photo et ont été lues une à une.
Dans le même ensemble, l'absence de photo apparaît deux fois comme argument commercial : des plateformes mettent en avant des dossiers transmis aux employeurs sans nom et sans image. Cela indique que des procédures anonymisées existent en Suisse, mais qu'elles doivent se vendre comme une particularité plutôt que se présumer comme la norme.
Le même ensemble de publications suisses sur le CV ; l'observation repose sur la manière dont ces prestataires se décrivent, non sur une vérification de leurs procédures.
La photo est le seul point de la convention suisse sur lequel les professionnels se contredisent ouvertement. La plupart des publications la disent attendue ; des recruteurs plaident l'inverse en invoquant les biais inconscients et la place qu'elle coûte. Les deux camps travaillent dans le même secteur — la convention est donc réelle, mais ce n'est pas une règle qu'on ne pourrait pas enfreindre.
Positions opposées dans des publications LinkedIn suisses de recruteurs et de candidats, lues en août 2026.
Les chiffres de marché ont été comptés le 22 août 2026 parmi les annonces alors en ligne sur SwissJobs.app. Les annonces ont été regroupées selon l'adresse vers laquelle elles dirigent la candidature : adresses de solutions de recrutement développées en Suisse, adresses de suites RH vendues à l'international, LinkedIn, et — comme reste — les adresses carrière situées sur le domaine de l'employeur. Ce reste contient aussi des solutions exploitées sous le domaine de l'employeur : il décrit donc l'adresse et non le logiciel qui se trouve derrière. La répartition par langue s'appuie sur les annonces dont la langue a été identifiée, un peu moins des trois quarts du stock ; le sous-ensemble italophone est le plus petit des quatre et donc le plus fragile. Les éléments juridiques proviennent de la loi sur l'égalité (RS 151.1) et du code des obligations (RS 220) sur fedlex ; le contenu du CV, des quatre versions linguistiques des conseils de candidature d'arbeit.swiss.
Faut-il indiquer sa date de naissance et sa nationalité ?
En bref
Oui pour les deux, et aucune des deux n'est obligatoire. La page officielle de conseils aux candidats énumère huit éléments du curriculum vitae et, au deuxième, écrit seulement « données personnelles » : les versions allemande, française et italienne s'arrêtent exactement au même endroit, sans date de naissance ni nationalité derrière. Indiquez la date quand même, sous forme de date et non d'âge, et faites figurer la nationalité sur une seule ligne avec votre statut de séjour et votre domicile. Vous pouvez omettre les deux ; dans un dossier suisse, l'absence se remarque dès qu'on les cherche.
Les deux mentions sont presque toujours citées ensemble, alors qu'elles ne servent pas à la même chose. La nationalité figure au CV parce que l'employeur doit trancher une question qu'il ne peut pas trancher sans elle : peut-il vous engager directement, ou une procédure doit-elle précéder l'engagement ? La date de naissance, elle, relève de l'usage — et c'est la seule ligne du bloc qui se traduise immédiatement en francs pour lui, parce que les cotisations de prévoyance professionnelle sont échelonnées par tranche d'âge.
Les annonces elles-mêmes n'en parlent presque jamais. Sur les annonces suisses avec description exploitable relevées le 22 août 2026, moins d'une sur mille mentionne la nationalité, tandis que 23.0 pour cent exigent un titre de formation et 2.1 pour cent un permis de conduire. En Suisse romande, l'écart est encore plus net : 39.9 pour cent des annonces francophones nomment un diplôme, et 3.6 pour cent réclament le permis de conduire. Une annonce demande donc bien plus souvent une voiture qu'un passeport.
Part des annonces en français avec description exploitable, relevées le 22 août 2026 sur le stock alors en ligne sur SwissJobs.app.
- Écrivez une date, pas un âge. « 14.03.1989 » reste exact ; « 37 ans » sera faux dans quatre mois, et un CV se réutilise pendant des années. La date appartient au bloc des données personnelles, en haut de la première page, pas à un pied de page.
- Une ligne, trois éléments : nationalité, statut, domicile. « Ressortissante portugaise, permis d'établissement C, domiciliée à Lausanne » est complet. « Portugaise » seul ne dit presque rien, puisque cela décrit aussi bien une personne installée à Porto sans démarche entreprise.
- Écrivez « permis de séjour B » ou « permis d'établissement C », jamais « permis B » tout court. En Suisse romande, le mot permis désigne d'abord le permis de conduire : dans les annonces francophones, il apparaît dans ce sens une vingtaine de fois plus souvent que la nationalité. L'ambiguïté est réelle et elle vous coûte une relecture.
- Ne mettez jamais votre numéro AVS sur un CV. Le numéro actuel est délibérément non parlant : il n'encode ni date de naissance, ni sexe, ni rien d'autre. C'est un identifiant destiné aux autorités et à l'employeur une fois l'engagement conclu, pas à un dossier de candidature.
- Laissez de côté l'état civil, les enfants et la confession. La seule loi fédérale qui saisit directement l'engagement privé protège contre la discrimination fondée sur le sexe, l'état civil, la situation familiale et la grossesse : indiquer ces éléments spontanément revient à fournir précisément les caractéristiques que cette protection vise.
- Si vous renoncez à la date de naissance, les millésimes doivent être irréprochables. Sans elle, le premier lecteur déduit votre âge des années de formation, et une année manquante se lit alors comme un trou, non comme un choix.
La liste officielle s'arrête là où la question commence
En Suisse, toutes les conventions du CV remontent à la même page : les conseils de candidature publiés par le service public de l'emploi. Elle est officielle, elle existe en plusieurs langues, et elle énumère ce dont un CV est fait — titre « Curriculum vitae », données personnelles avec photo, activités professionnelles précédentes, écoles et formations continues, connaissances linguistiques, connaissances particulières, centres d'intérêt, références.
Le deuxième point s'arrête à « données personnelles ». Nous avons lu la même page dans ses versions allemande et italienne pour vérifier si l'une d'elles détaille davantage : « Persönliche Daten », « dati personali ». Ni date de naissance, ni nationalité, ni état civil, ni lieu d'origine. La page n'hésite pourtant pas à entrer dans le détail ailleurs, puisqu'elle nomme explicitement la photo de candidature. Le silence n'est donc pas un oubli : c'est l'absence de règle.
Ce point mérite d'être posé clairement, parce qu'en Suisse romande la question arrive souvent chargée d'un présupposé français. En France, l'usage a reculé, et de nombreux guides déconseillent la date de naissance. La convention suisse n'a pas suivi ce mouvement, et elle ne l'a pas suivi pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la politesse ou la modernité du document.
La décision vous appartient donc entièrement. Raison de plus pour savoir ce que chacune des deux mentions déclenche de l'autre côté du bureau : pour la nationalité, une question de compétence ; pour la date de naissance, un calcul inscrit dans la loi fédérale.
En Suisse, une année de naissance porte un prix
La prévoyance professionnelle explique pourquoi la date de naissance ne se lit pas ici comme dans un pays sans deuxième pilier obligatoire. La loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité fixe les bonifications de vieillesse en pour-cent du salaire coordonné, par tranches : 7 pour cent de 25 à 34 ans, 10 pour cent de 35 à 44 ans, 15 pour cent de 45 à 54 ans et 18 pour cent dès 55 ans.
S'y ajoute la règle de répartition : la somme des cotisations de l'employeur doit être au moins égale à la somme des cotisations de tous ses salariés. L'employeur porte donc au minimum la moitié, et cette moitié augmente avec l'âge de l'effectif. Deux personnes au même salaire, l'une au début de la trentaine, l'autre au milieu de la cinquantaine, ne coûtent pas la même chose à la même entreprise. L'écart est dans le texte de loi, pas dans un préjugé.
La même loi rattache l'assurance directement à votre date de naissance : les salariés qui reçoivent d'un même employeur un salaire annuel supérieur à CHF 22 680 sont assurés pour les risques de décès et d'invalidité dès le 1er janvier qui suit leur dix-septième anniversaire, et pour la vieillesse dès le 1er janvier qui suit le vingt-quatrième. L'institution de prévoyance calcule à partir de votre date de naissance dès votre entrée en fonction. On ne peut donc pas la dissimuler durablement, seulement jusqu'à la signature.
C'est la version honnête de la réponse. Indiquer la date au CV donne plus tôt à l'employeur une information qu'il obtiendra de toute façon. Cela ne vous coûte rien lorsque votre tranche d'âge correspond au niveau du poste, et cela peut vous coûter quelque chose lorsqu'elle n'y correspond pas. Une personne de plus de cinquante-cinq ans qui postule dans un processus de tri à grand volume a une raison réelle de l'omettre — à condition que le reste du document assume ce choix.
« Permis » : le mot le plus ambigu du CV romand
En Suisse romande, une particularité de vocabulaire complique ce bloc plus qu'ailleurs. Le mot permis désigne aussi bien le titre de séjour que le permis de conduire, et les catégories des deux se recoupent : il existe un permis B de séjour et un permis B de conduite. Écrire « permis B » sur un CV, sans autre précision, laisse donc le premier lecteur choisir lui-même l'interprétation.
Les chiffres montrent laquelle il choisira. Dans les annonces francophones que nous avons relevées, 3.6 pour cent exigent explicitement un permis de conduire, contre 0.1 pour cent qui mentionnent la nationalité. Dans le vocabulaire des annonces romandes, le permis est d'abord une affaire de voiture. Un candidat qui écrit « permis B » pour parler de son autorisation de séjour utilise donc le mot dans son sens le moins fréquent.
La correction est mécanique : écrivez « permis de séjour B », « permis d'établissement C », « permis frontalier G », ou en toutes lettres « ressortissante suisse ». Et si vous possédez réellement le permis de conduire, mentionnez-le à sa place, dans les compétences particulières, avec la catégorie : « permis de conduire cat. B ». Deux mentions, deux endroits, aucune confusion.
La formulation exacte d'une autorisation en cours de procédure ou d'un changement de canton constitue un sujet à part entière, qui ne partage avec celui-ci que sa place sur la page. Pour le CV, la forme courte suffit : nationalité, statut, domicile.
Le droit ne protège pas là où on le croit
Beaucoup supposent qu'une date de naissance est délicate parce que la discrimination liée à l'âge serait interdite. La Constitution fédérale la nomme effectivement : nul ne doit subir de discrimination « du fait notamment de son origine, de sa race, de son sexe, de son âge, de sa langue, de sa situation sociale, de son mode de vie ». L'origine et l'âge figurent tous deux expressément dans la liste.
L'article suivant décide qui cette liste oblige. Les droits fondamentaux doivent être réalisés dans l'ensemble de l'ordre juridique, et quiconque assume une tâche de l'État est tenu de les respecter. Entre particuliers, ils ne valent qu'indirectement : les autorités veillent à ce qu'ils soient réalisés « dans la mesure où ils s'y prêtent » aussi dans les relations entre privés. C'est un mandat au législateur, non une prétention contre une entreprise qui n'a pas retenu votre dossier.
La seule loi fédérale qui saisit frontalement l'engagement privé est celle sur l'égalité entre femmes et hommes : sexe, état civil, situation familiale, grossesse. Ni l'âge ni l'origine n'y figurent. Après un refus, il n'existe donc pas de disposition taillée pour l'argument « c'est mon année de naissance ». C'est précisément pour cette raison que la convention a tenu ici alors qu'elle reculait ailleurs.
La loi sur la protection des données referme le raisonnement. Sa définition des données sensibles est une liste fermée : opinions ou activités religieuses, philosophiques, politiques ou syndicales, santé, sphère intime, origine raciale ou ethnique, données génétiques, données biométriques, poursuites et sanctions pénales ou administratives, mesures d'aide sociale. Ni la date de naissance ni la nationalité n'y figurent. Ce sont des données personnelles ordinaires — juridiquement banales, et donc jamais chassées de l'usage.
Ce que les annonces romandes exigent réellement
Nous avons compté, sur les annonces suisses relevées le 22 août 2026, les exigences formulées explicitement, en séparant les annonces selon leur langue de rédaction. Les annonces francophones sont de loin les plus formelles sur les titres : 39.9 pour cent nomment un diplôme ou une formation, contre 24.9 pour cent des annonces germanophones et 12.7 pour cent des annonces anglophones.
Elles chiffrent aussi l'expérience bien plus souvent que les annonces alémaniques : 9.9 pour cent indiquent un nombre d'années, contre 0.7 pour cent en allemand. Une annonce romande décrit donc son candidat par deux traits mesurables, le titre et la durée — deux traits que votre parcours documente déjà, et qui n'ont pas besoin de votre date de naissance pour être vérifiés.
Ce constat déplace la question. Si le tri se fait sur le diplôme et sur les années, la date de naissance n'apporte au lecteur qu'une confirmation de ce que vos millésimes disent déjà. C'est un argument défendable pour l'omettre dans une candidature romande formelle — à condition, encore une fois, que les années de formation et d'emploi soient toutes présentes.
Pour la nationalité, la conclusion s'inverse. Puisque presque aucune annonce n'aborde le sujet, le silence de l'annonce n'est pas une ouverture : il signifie le plus souvent que l'employeur suppose des candidats déjà autorisés à travailler ici. Votre ligne au CV est le seul endroit où cette supposition est confirmée ou corrigée avant qu'on ne consacre du temps à votre dossier.
Quand l'omission se défend, et à quelle condition
Deux situations rendent l'omission de la date de naissance défendable. La première : vous avez nettement plus de cinquante ans et vous postulez dans un processus qui traite de gros volumes de dossiers. La seconde : vous postulez auprès d'un employeur international dont les procédures viennent d'un pays où une date de naissance au CV passe pour un risque juridique — là, la mention détonne au lieu de rassurer.
Dans les deux cas, la même condition s'applique : le document doit assumer le choix. Millésimes complets pour la formation et pour chaque poste, aucun saut inexpliqué, même chronologie que votre profil public. Une date de naissance absente à côté d'années lacunaires ne se lit pas comme une position, mais comme une dissimulation — et cela coûte davantage que le chiffre lui-même.
Attendez-vous par ailleurs à ce que le reste du dossier révèle votre âge. Un dossier suisse contient des certificats de travail et des diplômes, tous datés. Supprimer la date du CV tout en joignant un diplôme portant un millésime ne fait gagner qu'une seconde : celle pendant laquelle quelqu'un fait la soustraction.
Pour la nationalité, en revanche, l'omission est le mauvais choix. Elle ne vous coûte aucune tranche dans un règlement de prévoyance, elle répond à une question ouverte, et c'est la seule mention du bloc dont l'absence oblige l'employeur à relancer — ou, plus souvent, à passer au dossier suivant.
Ce que rapportent les personnes concernées
Parmi les publications suisses réunies pour le guide du CV de SwissJobs.app, quatre-vingts traitent du CV lui-même. Huit seulement mentionnent la nationalité et trois la date de naissance. Le bloc des données personnelles est donc bien moins discuté que ne le laisserait supposer la fréquence des questions à son sujet.
Comptage des publications suisses réunies pour le guide du CV de SwissJobs.app, selon les mots-clés CV, nationalité et date de naissance.
Là où le sujet est traité, la direction est unanime : indiquer la nationalité et le statut de séjour, et considérer la date de naissance comme encore usuelle ici. Aucune publication ne conseille d'omettre l'une ou l'autre, et deux opposent explicitement l'usage suisse à la pratique anglo-saxonne, où une date de naissance ne figure jamais sur un CV.
Relecture de la même collection ; toutes les publications qui traitent du bloc des données personnelles proviennent du recrutement ou du conseil en candidature en Suisse. C'est le motif d'ensemble qui est restitué, non les termes d'une publication particulière.
Les chiffres de marché ont été comptés le 22 août 2026 sur les annonces alors en ligne sur SwissJobs.app. Seules les annonces dotées d'une description exploitable sont retenues, soit environ 74 pour cent du stock. Pour chacune, nous avons relevé si la description nomme explicitement l'élément : un titre de formation (apprentissage, CFC, études, diplôme), un nombre d'années d'expérience, un permis de conduire ou la nationalité. Une exigence qu'une annonce présuppose sans l'écrire n'apparaît pas dans ces parts. La répartition par langue suit la langue de rédaction de l'annonce ; le sous-ensemble italophone est petit et ses valeurs sont donc grossières. Toutes les valeurs sont des parts du stock analysé, jamais des effectifs absolus. La part relative à la nationalité repose sur très peu d'annonces : elle établit un ordre de grandeur, non un taux précis.
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En bref
Une ligne dans les données personnelles, le type d’autorisation écrit en entier, puis la lettre et la validité : « Autorisation de séjour (permis B UE/AELE), valable jusqu’au 03/2028, changement d’emploi sans nouvelle autorisation ». Cette ligne répond par avance à une obligation légale de votre futur employeur : selon l’article 91 de la loi sur les étrangers et l’intégration, il doit, avant d’engager un étranger, s’assurer qu’il est autorisé à exercer une activité lucrative en Suisse, en examinant son titre de séjour ou en se renseignant auprès des autorités. Les Suisses n’écrivent rien.
L’abréviation est le piège local. En Suisse romande, la lettre seule ne désigne pas ce que vous croyez : dans les annonces en français publiées sur SwissJobs.app, le mot « permis » apparaît dans 5,0 pour cent des cas, et 88,1 pour cent de ces annonces parlent de conduire — permis de conduire, véhicule, livraisons, déplacements. Seules 3,7 pour cent visent une autorisation de travail ou de séjour. « Permis B » dans un CV pour Lausanne sera donc lu comme un permis de conduire catégorie B.
La ligne n’est pas une preuve et n’a pas à en être une. C’est le titre de séjour lui-même qui est examiné, avant l’entrée en fonction, et non pendant la lecture du dossier. Le CV porte donc le statut : type, lettre, validité, et ce qu’elle permet — jamais le numéro du titre, jamais un scan, jamais l’adresse du service cantonal de la population.
Restent trois questions qui font toute la ligne : ce que chaque autorisation permet réellement, quelle date écrire — et pourquoi l’autorisation d’établissement C n’a aucune date d’échéance, alors qu’il y en a une imprimée sur la carte.
Base : les annonces en français publiées sur SwissJobs.app dans lesquelles le mot « permis » apparaît, soit 5,0 pour cent des annonces en français, comptées le 22 août 2026. Autrement dit, dans neuf cas sur dix, le lecteur romand qui voit « permis » pense à la route. Le graphique explique pourquoi le CV doit écrire « autorisation de séjour » ou « permis de séjour B » et non la lettre seule.
- Écrivez le type d’autorisation en toutes lettres avant la lettre : « autorisation d’établissement (permis C) », « autorisation de séjour (permis B) », « autorisation de courte durée (permis L) », « autorisation frontalière (permis G) ». Ce sont les termes des articles 32 à 35 de la loi.
- Placez la ligne dans les données personnelles, en haut. C’est une question d’admissibilité, et les questions d’admissibilité sont vérifiées en premier, comme la langue.
- Ajoutez la mention « UE/AELE » si elle s’applique. Le Secrétariat d’État aux migrations désigne les titres ainsi : « Permis B UE/AELE (autorisation de séjour) », « Permis G UE/AELE (autorisation frontalière) ». La mention indique immédiatement quel régime s’applique.
- Avec un permis B, précisez que le changement d’emploi ne nécessite pas de nouvelle autorisation. L’article 38 alinéa 2 le dit expressément : le titulaire peut exercer son activité dans toute la Suisse et changer d’emploi sans autre autorisation. C’est exactement l’inquiétude du recruteur.
- Avec un permis C, écrivez « durée indéterminée » plutôt qu’une date. L’article 34 alinéa 1 octroie l’autorisation d’établissement pour une durée indéterminée et sans conditions ; la date figurant sur la carte vient de l’article 41 alinéa 3, qui prévoit une remise du titre pour cinq ans à des fins de contrôle.
- Pour les autorisations limitées, donnez le mois et l’année. Quand une annonce aborde le sujet, environ une fois sur deux elle demande une autorisation « valable » — le mot vise une durée, pas une lettre.
- Dites-le si le renouvellement est en cours : « valable jusqu’au 10/2026, prolongation demandée en août ». Une procédure datée est une information ; une date échue sans commentaire est une question ouverte.
- Avec un permis L, nommez la limite au lieu de la taire. L’article 32 la fixe à un an au plus, prolongeable jusqu’à deux ans, et le changement d’emploi n’est possible que pour des raisons majeures ; l’article 40 alinéa 2 ajoute une décision préalable des autorités cantonales du marché du travail là où il n’existe aucun droit à l’activité lucrative.
- Avec un permis G, indiquez votre lieu de résidence à l’étranger. L’autorisation frontalière vaut pour une activité en zone frontalière et impose un retour hebdomadaire au domicile étranger (article 35) : le dire règle la question des trajets avant qu’elle ne soit posée.
- Frontalier depuis cinq ans ? Écrivez-le. Après cinq ans d’activité ininterrompue, l’article 39 donne droit au changement d’emploi et au changement de canton. C’est la seule mention de cette rubrique qui s’améliore avec le temps.
- N’écrivez pas le numéro du titre et n’ajoutez pas de copie. L’original est examiné avant l’entrée en fonction ; dans un dossier, le numéro ne sert à personne.
- Si vous êtes de nationalité suisse, n’écrivez pas de ligne. Préciser que vous n’avez besoin d’aucune autorisation soulève la question que la phrase prétend fermer.
Une obligation de l’employeur, pas une curiosité
Contrairement à la photo ou à la date de naissance, ce point ne relève pas de l’usage. L’article 91 alinéa 1 de la loi fédérale sur les étrangers et l’intégration dispose : « Avant d’engager un étranger, l’employeur doit s’assurer qu’il est autorisé à exercer une activité lucrative en Suisse en examinant son titre de séjour ou en se renseignant auprès des autorités compétentes. » C’est un devoir de diligence assorti d’un moment précis : avant l’engagement.
Une norme pénale se tient derrière. Selon l’article 117, quiconque, intentionnellement, emploie un étranger qui n’est pas autorisé à exercer une activité lucrative en Suisse est puni d’une peine privative de liberté d’un an au plus ou d’une peine pécuniaire, davantage dans les cas graves, et d’une amende lorsque l’auteur a agi par négligence. La personne qui lit votre candidature porte une part de ce risque. C’est pourquoi la question du permis se pose ouvertement en entretien, alors que d’autres questions personnelles ne le peuvent pas : celle-ci touche directement à l’aptitude pour le poste.
Le mode d’emploi officiel, lui, n’en dit rien. La page de conseils de candidature d’arbeit.swiss énumère le contenu du CV — titre « Curriculum vitae », « données personnelles avec photo vous mettant en valeur », activités professionnelles précédentes, écoles et formations, connaissances linguistiques, connaissances particulières, centres d’intérêt, références — et le permis n’y figure pas. Les versions allemande, italienne et anglaise de la même page sont tout aussi muettes, et fixent la même limite de trois pages. La ligne n’est donc prescrite nulle part : elle existe parce que l’obligation de l’employeur existe.
Cela détermine sa place et son ton. Sa place : dans les données personnelles, là où le lecteur cherche déjà la nationalité et les coordonnées. Son ton : factuel, une ligne, sans justification. Déplacer le sujet dans un paragraphe explicatif de la lettre de motivation transforme une formalité en thème, et un thème appelle le doute.
Pour les personnes de nationalité suisse, la bonne réponse est le silence. L’obligation de l’article 91 vise les étrangers ; il n’y a pas d’autorisation à nommer, donc pas de ligne à écrire.
Le mot « permis » est déjà pris par la route
Nous avons compté ce dont parlent réellement les annonces romandes quand le mot « permis » y apparaît, et le résultat condamne toute abréviation dans un CV. Le mot figure dans 5,0 pour cent des annonces en français publiées sur SwissJobs.app. Parmi ces annonces, 88,1 pour cent renvoient à la conduite — permis de conduire, véhicule, camion, livraisons, déplacements —, 8,3 pour cent à autre chose, et 3,7 pour cent seulement à une autorisation de travail, de séjour ou d’établissement.
Le rapport de force est le même en Suisse alémanique, avec un autre mot. Dans les annonces en allemand, un permis de conduire est exigé 26 fois plus souvent qu’une autorisation de séjour, et parmi les annonces où le mot « Ausweis » apparaît, 57,3 pour cent désignent un permis de conduire contre 1,8 pour cent une autorisation de séjour ou d’établissement. Dans les annonces en anglais, l’ambiguïté disparaît : « driving licence » et « work permit » sont deux mots différents, et l’écart tombe à moins du double.
La conséquence pratique tient en une règle. Écrivez « autorisation de séjour (permis B) », pas « permis B ». Si votre CV doit mentionner à la fois votre permis de conduire et votre autorisation, ne les mettez pas dans la même rubrique : le permis de conduire relève des connaissances particulières, l’autorisation des données personnelles.
Le choix de la langue compte autant que celui du mot. Dans les annonces localisées en Suisse romande, 57,4 pour cent sont rédigées en français et 33,5 pour cent en anglais ; au Tessin, 70,2 pour cent sont en italien et 24,4 pour cent en anglais. Votre ligne sera lue dans la langue de l’annonce, et c’est dans cette langue qu’elle doit être sans équivoque : « autorisation de séjour » en français, « Aufenthaltsbewilligung » en allemand, « residence permit » en anglais.
Un dernier détail de vocabulaire : évitez « carte de séjour » ou « visa de travail », deux termes qui n’existent pas dans le droit suisse des autorisations. La loi parle d’autorisation de courte durée, de séjour, d’établissement et d’autorisation frontalière ; le document, lui, s’appelle titre de séjour (article 41).
Ce qu’écrit chaque titulaire — et ce que sa ligne promet
La loi connaît quatre formes de base et chacune autorise autre chose. L’autorisation de courte durée (article 32) est octroyée pour un séjour d’une année au plus, prolongeable jusqu’à deux ans, avec changement d’emploi réservé aux raisons majeures. L’autorisation de séjour (article 33) vaut pour un séjour de plus d’une année, de durée limitée mais prolongeable. L’autorisation d’établissement (article 34) est octroyée pour une durée indéterminée et sans conditions. L’autorisation frontalière (article 35) vaut pour une activité en zone frontalière, avec retour hebdomadaire au domicile étranger.
Le Secrétariat d’État aux migrations les désigne, pour les ressortissants UE/AELE, comme « Permis L UE/AELE (autorisation de courte durée) », « Permis B UE/AELE (autorisation de séjour) », « Permis C UE/AELE (autorisation d’établissement) », « Permis Ci UE/AELE (autorisation de séjour avec activité lucrative) » et « Permis G UE/AELE (autorisation frontalière) ». Les ressortissants d’États tiers portent les mêmes lettres sans la mention, auxquelles s’ajoutent les livrets F pour les personnes admises à titre provisoire, N pour les requérants d’asile et S pour les personnes à protéger.
Quatre lignes types couvrent presque tous les cas. Avec un C : « Autorisation d’établissement (permis C), durée indéterminée ». Avec un B : « Autorisation de séjour (permis B UE/AELE), valable jusqu’au 03/2028, changement d’emploi sans nouvelle autorisation ». Avec un L : « Autorisation de courte durée (permis L), valable jusqu’au 11/2026, prolongation possible ». Avec un G : « Autorisation frontalière (permis G), domicile à Annemasse, valable jusqu’au 05/2027 ».
La demi-phrase attachée au permis B est la plus utile de toute la rubrique, et presque personne ne l’écrit. L’article 38 alinéa 2 est explicite : le titulaire d’une autorisation de séjour admis en vue d’une activité lucrative peut l’exercer dans toute la Suisse et peut changer d’emploi sans autre autorisation. La question derrière la question est toujours de savoir si vous engager déclenche une procédure. Cette demi-phrase y répond.
Avec un permis L, la franchise est la meilleure tactique. L’article 38 alinéa 1 subordonne le changement d’emploi à des raisons majeures et aux conditions des articles 22 et 23. L’annoncer après la promesse d’engagement coûte des semaines aux deux parties ; l’annoncer dans le CV coûte une ligne.
Et si vous n’avez encore aucune autorisation, décrivez la situation plutôt qu’un souhait. « Ressortissante portugaise, domiciliée à Porto, aucune autorisation demandée à ce jour, entrée en fonction à convenir » est une information exploitable. Les ressortissants d’États tiers ajoutent la précision qui dissipe le malentendu le plus courant : selon l’article 11 alinéa 3, la demande d’autorisation est déposée par l’employeur, pas par le candidat.
Quelle date écrire — et pourquoi le permis C n’en a pas
La ligne fausse la plus fréquente des CV suisses est « permis C, valable jusqu’au … ». Elle est fausse, et l’erreur est excusable, puisqu’une date figure bel et bien sur la carte. L’article 34 alinéa 1 dispose que l’autorisation d’établissement « est octroyée pour une durée indéterminée et sans conditions ». L’article 41 alinéa 3 précise qu’« à des fins de contrôle, le titre de séjour du titulaire d’une autorisation d’établissement est remis pour une durée de cinq ans ». La date appartient donc au document, pas au statut. La recopier dans un CV invente une échéance à la seule autorisation qui n’en a pas.
Pour les autorisations limitées, la date est au contraire l’essentiel de la ligne. L’autorisation de séjour est de durée limitée mais prolongeable s’il n’existe aucun motif de révocation (article 33 alinéa 3) ; l’autorisation de courte durée expire après un an au plus et se prolonge jusqu’à deux ans (article 32) ; l’autorisation frontalière est limitée et prolongeable (article 35 alinéa 3). Le mois et l’année suffisent ; le jour est une précision dont personne ne fait rien.
Que la durée soit le vrai sujet se lit dans les rares annonces qui l’abordent. Elles sont peu nombreuses — environ une annonce sur huit cents mentionne une exigence d’autorisation ou de parrainage —, mais lorsqu’elles le font, une sur deux environ emploie le mot « valable », « gültig » ou « valid ». Une minorité seulement nomme une lettre : la plupart écrivent « permis de travail valable » et vous laissent préciser.
Si votre autorisation expire dans les prochains mois, mettez la procédure dans la ligne plutôt qu’un blanc : « Autorisation de séjour (permis B), valable jusqu’au 10/2026, prolongation demandée en août ». C’est vérifiable, daté, et cela devance la question évidente. Une date échue sans commentaire produit exactement l’incertitude que la ligne devait supprimer.
Ce qui n’a rien à y faire : le numéro du titre, une photo ou une copie de la carte, le nom du service cantonal, la date d’entrée en Suisse. Le titre est examiné en original avant l’entrée en fonction. Jusque-là, le statut suffit.
Frontaliers, changement de canton, États tiers
La Suisse romande et le Tessin sont les deux régions où la rubrique concerne le plus de monde, parce que le permis G y est courant. Sa logique est particulière : l’autorisation frontalière vaut pour une activité en zone frontalière et impose un retour au moins hebdomadaire au domicile à l’étranger (article 35). Le titulaire peut exercer temporairement son activité hors de la zone frontalière, et s’il veut déplacer le centre de son activité dans la zone frontalière d’un autre canton, il doit solliciter au préalable une autorisation de ce canton (article 39 alinéa 1).
L’ancienneté change tout et mérite d’être écrite. Après cinq ans d’activité ininterrompue, le frontalier a droit au changement de canton (article 39 alinéa 1) et droit au changement d’emploi (article 39 alinéa 2) ; l’article 35 alinéa 4 lui donne en outre droit à la prolongation de son autorisation en l’absence de motif de révocation. Une ligne comme « Autorisation frontalière (permis G) depuis 2019, droit au changement d’emploi » dit à l’employeur que l’engagement ne dépend d’aucun arbitrage.
Le changement de canton concerne aussi les résidents, et il surprend souvent. Selon l’article 37, le titulaire d’une autorisation de courte durée ou de séjour qui veut déplacer son lieu de résidence dans un autre canton doit solliciter au préalable une autorisation du nouveau canton ; le titulaire d’une autorisation de séjour a droit au changement s’il n’est pas au chômage et qu’il n’existe aucun motif de révocation ; un séjour temporaire dans un autre canton ne nécessite aucune autorisation. Qui postule de Genève à Zurich peut donc régler la question en une incise plutôt que la laisser ouverte.
Pour les ressortissants d’États tiers, une difficulté demeure qu’aucune formulation n’efface. L’article 21 pose un ordre de priorité : un étranger ne peut être admis en vue d’une activité lucrative que s’il est démontré qu’aucun travailleur en Suisse ni aucun ressortissant d’un État lié par un accord sur la libre circulation, correspondant au profil requis, n’a pu être trouvé ; l’article 20 permet en outre au Conseil fédéral de fixer des nombres maximums. Le même article 21 précise que sont considérés comme travailleurs en Suisse les titulaires d’une autorisation d’établissement et les titulaires d’une autorisation de séjour ayant le droit d’exercer une activité lucrative. Autrement dit, un permis B vous place déjà dans le groupe prioritaire — raison de plus pour l’écrire clairement.
Enfin, une donnée de marché utile à qui postule depuis l’étranger : la relocalisation ne se négocie pas partout. Parmi les annonces rédigées en anglais, 3,1 pour cent mentionnent un déménagement ou un forfait de relocalisation ; parmi les annonces en allemand, 0,2 pour cent ; parmi celles en français et en italien, aucune de celles que nous avons comptées. Si vous avez besoin d’un employeur prêt à mener la procédure, c’est dans le segment anglophone que cette disponibilité s’écrit noir sur blanc.
Un dernier test avant l’envoi : relisez votre ligne comme la lira une personne qui devra la vérifier. Y trouve-t-elle un type d’autorisation en clair, une lettre, une date ou la mention « durée indéterminée », et une indication de ce que votre engagement déclenche ? Si oui, elle possède déjà ce que la loi l’obligera à constater avant votre premier jour.
Tous les chiffres de marché ont été comptés le 22 août 2026 sur le stock d’annonces actives de SwissJobs.app. Le comptage des mots porte sur le résumé éditorial de chaque annonce et sur son titre ; ce résumé est produit à partir du texte de l’annonce au moment de sa saisie et reflète donc ce qu’une annonce exige, non les mots exacts de son texte intégral. Des conditions accessoires peuvent disparaître d’un résumé : toutes les parts citées sont donc des bornes inférieures, ce qui ne change rien au rapport entre permis de conduire et autorisation de séjour, les deux subissant le même raccourcissement. Seules les annonces dotées d’un résumé exploitable ont été analysées, soit environ trois sur quatre du stock. Le regroupement linguistique suit la langue de rédaction de l’annonce, non le lieu du poste ; les parts régionales portent sur les annonces localisées dans les principales villes romandes et tessinoises. Nous publions des parts et des rapports, jamais des effectifs absolus. Les éléments juridiques proviennent de la loi fédérale sur les étrangers et l’intégration (RS 142.20), les désignations des titres du Secrétariat d’État aux migrations, et le contenu du CV de la page de conseils de candidature d’arbeit.swiss ; consultés le 22 août 2026.
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Créer un CV suisse par IA : pour une annonce préciseSources
- arbeit.swiss (SECO) — Conseils pour vos candidatures : contenu du CV, « données personnelles avec photo vous mettant en valeur », trois pages au maximum
- arbeit.swiss (SECO) — la même page en allemand, qui pose une réserve : « gegebenenfalls mit Bewerbungsfoto »
- Loi fédérale sur l'égalité entre femmes et hommes (LEg, RS 151.1) — art. 3, 5, 6 et 8
- Code des obligations (RS 220) — art. 328b, traitement de données personnelles
- Loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité (LPP, RS 831.40) — art. 16 bonifications de vieillesse, art. 66 al. 1 répartition des cotisations, art. 7 salaire et âge minima
- Constitution fédérale (RS 101) — art. 8 al. 2 égalité et art. 35 réalisation des droits fondamentaux
- Loi fédérale sur la protection des données (LPD, RS 235.1) — art. 5 let. c, liste fermée des données sensibles
- Centrale de compensation CdC — le numéro AVS, un identificateur non parlant
- Loi fédérale sur les étrangers et l’intégration (LEI, RS 142.20) — art. 32 à 35 (types d’autorisation), art. 37 à 41 (changement d’emploi et de canton, titre de séjour), art. 91 (devoir de diligence de l’employeur), art. 117 (sanctions)
- Secrétariat d’État aux migrations SEM — séjour UE/AELE : permis L, B, C, Ci et G UE/AELE
- Secrétariat d’État aux migrations SEM — séjour hors UE/AELE : permis Ci, F, G, N et S
Questions liées
Ce que notre index d’offres dit du marché suisse
Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.
Langue de rédaction des annonces
- Deutsch
- 60%
- English
- 23%
- Français
- 13%
- Italiano
- 3%
Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant
- Deutsch
- 70%
- English
- 43%
- Français
- 21%
- Italiano
- 3%
19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%