Le dossier de candidature suisse — quelles annexes, dans quel ordre, dans quel fichier
Mis à jour:
Quatre documents composent le dossier suisse, et les services officiels vont jusqu’à dire comment les regrouper. Ce qu’ils ne disent pas, c’est où la candidature atterrit : en Suisse romande, un formulaire sur sept relève d’une administration cantonale ou d’une agence de placement, deux univers qui imposent leur propre liste de pièces. Comptage effectué sur les annonces actives de SwissJobs.app, avec les textes qui fixent ce qu’un employeur a le droit d’exiger.
- Quelles annexes faut-il joindre à une candidature en Suisse ?
- Comment constituer un dossier de candidature complet ?
- Dans quel ordre classer les certificats de travail ?
- Qui indiquer comme personne de référence en Suisse ?
Quelles annexes faut-il joindre à une candidature en Suisse ?
En bref
Une candidature suisse comporte quatre pièces : la lettre de motivation, le CV, les certificats de travail et les diplômes. arbeit.swiss demande qu’elles soient réunies dans un seul fichier PDF, les certificats sans exception et classés du plus récent au plus ancien. Les références de contact ne sont pas une annexe : le CV se contente d’indiquer qu’elles sont fournies sur demande. Tout le reste — extrait de casier judiciaire, extrait des poursuites, copie du permis — ne devient une annexe que si le poste l’exige réellement.
Voilà pour l’usage. Ce que vous pouvez réellement joindre dépend toutefois du formulaire au bout de l’annonce, et la Suisse romande a ici un profil à elle. Parmi les annonces francophones de SwissJobs.app, 49,9 % conduisent au site propre de l’employeur, 14,6 % à un système de recrutement international, 14,1 % à une plateforme suisse, 13,7 % à une agence de placement et 7,6 % à un portail cantonal ou communal — la part publique la plus élevée des quatre langues d’annonce, contre 1,2 % en allemand.
Ces deux dernières familles changent la manière de préparer les pièces. Un portail d’administration publie sa propre liste de documents exigés et la traite comme une condition de recevabilité ; une agence de placement, elle, reçoit un dossier qu’elle transmettra à des employeurs que vous ne connaissez pas encore. Dans les deux cas, un dossier PDF complet et daté vaut mieux qu’un envoi partiel « à compléter plus tard », qui reste souvent incomplet jusqu’au refus.
- Respectez l’ordre dans le PDF : lettre de motivation, CV, certificats de travail, diplômes et certifications. C’est la séquence que décrit l’orientation professionnelle suisse pour le dossier classique, et elle recommande explicitement de téléverser les documents dans le bon ordre et sous forme de fichier PDF. Un dossier dont les pages arrivent dans le désordre oblige la personne qui lit à chercher, et elle ne cherche pas longtemps.
- Joignez tous les certificats de travail, sans exception, du plus récent au plus ancien. arbeit.swiss est explicite sur ce point : le dossier ne doit pas présenter de lacune. S’il en manque un, réclamez-le — l’art. 330a CO vous permet de demander en tout temps à l’employeur un certificat portant sur la nature et la durée des rapports de travail ainsi que sur la qualité de votre travail et votre conduite. Et sur demande expresse, ce certificat se limite à la nature et à la durée : c’est la version utile quand un certificat complet vous desservirait.
- Pour les diplômes, joignez ce qui atteste le titre exigé, pas la collection complète. Les attestations de cours accumulées sur dix ans diluent le dossier au lieu de le renforcer, et arbeit.swiss demande de toute façon que diplômes et certifications soient eux aussi réunis dans un unique PDF. Pour un titre obtenu à l’étranger, ajoutez une ligne indiquant l’équivalence suisse : sans elle, le titre est lu comme une affirmation, pas comme une qualification.
- Ne joignez pas de liste de références. La pratique décrite par arbeit.swiss consiste à indiquer dans le CV que vos références peuvent être fournies sur demande, puis à remettre la liste lors de l’entretien. Elle protège des personnes qui n’ont pas encore accepté d’être appelées, et elle vous évite de faire circuler des numéros privés dans une entreprise que vous n’avez pas encore rejointe.
- L’extrait spécial du casier judiciaire ne se joint jamais d’office. Selon l’art. 55 de la loi sur le casier judiciaire, seul celui qui propose ou sert d’intermédiaire pour une activité impliquant des contacts réguliers avec des mineurs ou d’autres personnes particulièrement vulnérables, ou pour une activité du domaine de la santé impliquant des contacts directs avec des patients, peut l’exiger. La demande doit en outre être accompagnée d’un formulaire officiel signé par l’employeur. Dans nos annonces francophones, 5,5 % des intitulés relèvent de ces domaines.
- L’extrait des poursuites obéit à une autre logique : l’employeur peut l’obtenir lui-même. L’art. 8a LP permet à toute personne qui rend son intérêt vraisemblable de consulter les registres et d’en obtenir des extraits, l’intérêt étant réputé vraisemblable lorsque la demande est directement liée à la conclusion d’un contrat. Le même article protège cependant : les poursuites nulles, annulées ou retirées ne sont pas communiquées, et le droit de consultation des tiers s’éteint cinq ans après la clôture de la procédure.
- Préparez deux fichiers plutôt qu’un. Les annonces francophones se répartissent sur plus de trois cents destinations différentes, et sur l’ensemble de l’inventaire, 45,1 % des destinations ne portent qu’une seule annonce. Gardez donc le dossier complet en PDF et le CV seul, prêt pour les formulaires qui distinguent le champ « CV » du champ « autres documents ».
Les quatre pièces, et la règle du fichier unique
Les sources officielles suisses disent la même chose avec des mots différents : le dossier comprend une lettre de motivation, un curriculum vitae, des certificats de travail et des diplômes. L’orientation professionnelle ajoute que la candidature se dépose aujourd’hui par voie électronique et qu’il faut téléverser les documents dans le bon ordre et sous forme de fichier PDF. arbeit.swiss va plus loin et demande que tous les certificats de travail figurent dans un unique document PDF, la même exigence valant pour les diplômes et certifications.
Cette consigne du fichier unique est le vrai conseil pratique. Un dossier circule à l’intérieur de l’entreprise : du recruteur au responsable du poste, parfois à un deuxième interlocuteur. Un fichier survit à ce parcours ; sept pièces jointes en perdent en route, et ce n’est jamais celle que vous auriez sacrifiée. Le fichier unique supprime aussi une petite contrariété évitable : personne n’a besoin de remettre vos pages dans l’ordre avant de les lire.
Les exceptions sont celles que l’annonce nomme elle-même. Selon le secteur et l’employeur, autre chose peut être attendu : une vidéo de candidature, un échantillon de travail, une lettre manuscrite. Ce sont des exigences, pas des occasions. Un échantillon envoyé spontanément n’est pas de l’initiative, c’est un fichier de plus que personne n’a demandé.
Le profil romand : administration et placement
La question des annexes a une seconde moitié dont les guides parlent peu : ce n’est pas vous qui décidez du nombre de fichiers, c’est le formulaire. Et ce formulaire n’est pas le même selon la langue de l’annonce. Parmi les annonces francophones actives sur SwissJobs.app, 7,6 % mènent à un portail cantonal ou communal et 13,7 % à une agence de placement — contre respectivement 1,2 % et 2,2 % pour les annonces germanophones. Une candidature francophone sur cinq passe donc par un canal qui a ses propres règles de dépôt.
Un portail d’administration publique fonctionne comme une procédure : la liste des pièces est publiée, elle est traitée comme une condition de recevabilité, et un dossier incomplet est écarté sans échange préalable. C’est là que se trouvent, plus souvent qu’ailleurs, les demandes de pièces supplémentaires — extrait de casier, attestation de formation, équivalence d’un titre étranger. La bonne réaction n’est pas de tout joindre par précaution, mais de lire la liste publiée et de la suivre à la lettre.
Une agence de placement, à l’inverse, reçoit un dossier destiné à circuler. Elle le transmettra à des employeurs dont vous ne connaissez pas encore le nom, et c’est précisément pourquoi les certificats de travail doivent y être complets : une agence ne peut pas expliquer une lacune à votre place. C’est aussi pourquoi la liste de références n’a pas sa place dans l’envoi initial ; elle serait transmise sans que vous sachiez à qui.
Les pièces supplémentaires et le droit d’exiger
Au-delà des quatre documents, une limite légale s’applique. L’art. 328b CO n’autorise l’employeur à traiter des données concernant le travailleur que dans la mesure où elles portent sur ses aptitudes à remplir son emploi ou sont nécessaires à l’exécution du contrat de travail ; pour le reste, c’est la loi sur la protection des données qui s’applique. Cette disposition figure formellement dans le droit du rapport de travail en cours, mais elle donne la mesure : une pièce exigée doit avoir un rapport avec le poste.
L’extrait spécial destiné aux particuliers est l’exemple le plus net, parce que la loi nomme les situations. L’art. 55 de la loi sur le casier judiciaire réserve le droit de l’exiger, aux fins d’examen de la réputation, à celui qui propose ou sert d’intermédiaire pour une activité professionnelle ou une activité non professionnelle organisée impliquant des contacts réguliers avec des mineurs ou d’autres personnes particulièrement vulnérables, ou relevant du domaine de la santé avec contacts directs avec des patients. Celui qui l’exige ne peut le transmettre et l’utiliser que dans ce but, et la demande doit être accompagnée d’un formulaire officiel attestant que la personne postule bien à une telle activité. Sans ce formulaire, l’extrait n’est pas délivré : le contrôle de la légitimité est intégré à la procédure.
L’extrait du registre des poursuites suit une autre voie, puisque l’employeur peut l’obtenir directement. L’art. 8a LP ouvre la consultation à toute personne qui rend son intérêt vraisemblable et précise que cet intérêt l’est notamment lorsque la demande est directement liée à la conclusion ou à la liquidation d’un contrat. Le même article limite ce que les tiers peuvent voir et éteint leur droit de consultation cinq ans après la clôture de la procédure. Autrement dit : une affaire ancienne et réglée ne parle plus de vous, sauf si vous en parlez vous-même.
Ce qui n’est pas une annexe
Les références de contact. Elles tiennent en une ligne dans le CV, « sur demande », et se remettent en entretien. C’est la pratique décrite par arbeit.swiss, et elle vaut protection pour des personnes qui n’ont pas encore été prévenues.
Les fiches de salaire. Elles ne font pas partie du dossier et ne disent rien de vos aptitudes, seulement de votre position de négociation. Si l’annonce demande des prétentions salariales, cela se règle par une phrase dans la lettre, pas par une pièce jointe.
Le permis de séjour et les pièces d’identité. Le statut se mentionne en une ligne dans le CV ; le document lui-même appartient à l’étape du contrat, pas à celle de la candidature.
Et tout ce que l’annonce n’a pas demandé. L’inventaire montre à quel point les canaux divergent ; ce qu’il ne montre nulle part, c’est un employeur qui récompense une pièce jointe non sollicitée. Un dossier ne devient pas plus solide en devenant plus épais. Il le devient quand les quatre pièces attendues sont complètes, à jour et rangées dans l’ordre où on les attend.
Les chiffres de marché ont été comptés le 22 août 2026 à partir des annonces actives sur SwissJobs.app à cet instant. La base est la destination du lien de candidature de chaque annonce, regroupée par type : systèmes de recrutement internationaux connus, plateformes de candidature suisses établies, portails d’administrations cantonales et communales, agences de placement, et tout le reste, présenté ici comme le site propre de l’employeur — ce dernier groupe contient aussi les destinations qui n’ont pu être rattachées à aucune famille nommée, il est donc plutôt surestimé que sous-estimé. Les parts par langue portent sur la langue de l’annonce ; les annonces francophones représentent près d’une annonce active sur dix, ce qui rend les valeurs des familles les plus petites à lire comme des ordres de grandeur. La part des métiers impliquant un contact avec des mineurs ou des patients a été établie à partir des intitulés de poste et constitue une borne inférieure, les intitulés ne nommant pas toujours le contexte. Les références légales proviennent du code des obligations, de la loi sur le casier judiciaire et de la loi sur la poursuite pour dettes et la faillite dans leur version publiée sur fedlex.admin.ch ; elles ne remplacent pas un conseil juridique.
Rédigez un CV sur mesure pour chaque poste
La plupart envoient le même CV partout. L’éditeur réécrit le vôtre face à l’annonce — format suisse, bonne langue, en une minute environ.
Créer un CV suisse par IA : pour une annonce préciseComment constituer un dossier de candidature complet ?
En bref
En deux couches, et la couche du dessous se prépare en premier. La base — tous vos certificats de travail, vos diplômes, un CV long de référence — est prête avant que vous ne consultiez la première annonce : arbeit.swiss demande que les certificats de travail figurent dans un unique document PDF, dans l’ordre chronologique, le plus récent en premier. La couche du dessus, la lettre de motivation et un CV orienté vers le poste, se rédige en une heure par candidature. « Complet » signifie sans lacune, pas volumineux.
Cet ordre n’est pas une question de style, il découle de la structure du marché. Sur SwissJobs.app, 93 pour cent des annonces actives émanent d’un employeur qui a plus d’un poste ouvert au même moment, et 80,6 pour cent d’un employeur qui en a au moins cinq. Si l’on écarte entièrement les dix plus gros pourvoyeurs d’annonces, la proportion reste de 91,1 pour cent chez tous les autres. La base ne prépare donc pas une candidature : elle prépare une saison de candidatures, souvent auprès des mêmes maisons, parfois pour deux postes dans la même entreprise.
La seconde donnée qui impose cet ordre est l’âge des annonces. Seules 13,8 pour cent des annonces actives ont été publiées ces sept derniers jours ; l’annonce médiane est en ligne depuis un peu plus de deux semaines et demie, et 27,4 pour cent le sont depuis plus de soixante jours. Un certificat de travail manquant ne s’obtient pas dans ce délai : un ancien employeur qui prend son temps met plus longtemps que la procédure de sélection entière. Constituer la base après avoir trouvé l’annonce, c’est postuler en retard ou postuler incomplet.
- Constituez la base avant la première candidature, pas pendant. Tous les certificats de travail, tous les diplômes, une version longue du CV : numérisés une fois, rangés dans l’ordre indiqué par arbeit.swiss, réunis en un seul PDF. C’est le fichier dans lequel toutes vos candidatures seront taillées.
- Réclamez aujourd’hui les certificats qui vous manquent. L’art. 330a du Code des obligations vous donne le droit d’en demander un en tout temps, portant sur la nature et la durée des rapports de travail ainsi que sur la qualité de votre travail et votre conduite, et arbeit.swiss conseille de les demander en temps utile. Les deux phrases existent parce que les employeurs sont lents et les procédures de sélection ne le sont pas.
- Décidez tôt de votre deuxième langue de dossier. Près de deux tiers des annonces qui exigent le français exigent aussi l’allemand, l’anglais ou l’italien. Une version qui n’existera qu’au moment où on la demandera vous coûte précisément la candidature pour laquelle elle aurait servi.
- Traitez chaque annonce comme une liste de contrôle. Près de deux tiers des annonces actives énoncent à la fois une exigence linguistique, un type d’engagement et un lieu précis. Passez ces trois points en revue et marquez où, dans le dossier, chacun reçoit sa réponse. Ce qui reste sans marque va dans la lettre, en une phrase entière et non en incise.
- Faites les trois vérifications que nomme arbeit.swiss avant d’envoyer : aucune erreur d’orthographe ou de formatage, des documents complets, des noms de fichiers corrects et univoques. Envoyez en PDF, depuis une adresse e-mail sérieuse contenant de préférence vos prénom et nom. C’est la dernière demi-heure pendant laquelle un bon dossier se perd encore.
- Ne renoncez pas à une annonce ancienne, mais lisez-la pour ce qu’elle est. Plus d’un quart des annonces actives sont en ligne depuis plus de soixante jours : la vôtre ne sera pas le premier dossier lu, et une pièce manquante s’y remarque plus vite. arbeit.swiss recommande d’ailleurs de s’enquérir poliment de l’état de la procédure — une annonce de cet âge est exactement le cas où cela vaut la peine.
En Suisse romande, un dossier complet est souvent un dossier bilingue
C’est la particularité que les candidates et candidats romands découvrent le plus tard. Le français est exigé dans 14,8 pour cent des annonces actives sur SwissJobs.app — et parmi ces annonces, 62,6 pour cent demandent en plus au moins une autre langue. L’allemand apparaît dans 48,9 pour cent d’entre elles, l’anglais dans 39,5 pour cent, l’italien dans 8,4 pour cent. Autrement dit : pour près de deux annonces francophones sur trois, un dossier qui n’existe qu’en français répond à une partie seulement de ce qui est demandé.
La conséquence pratique n’est pas de tout traduire, mais de décider tôt quelle deuxième version vous entretenez. Une version allemande ou anglaise du CV appartient à la base, au même titre que les certificats : on la prépare une fois, on la met à jour en même temps que l’originale, et elle existe le jour où une annonce la demande. La lettre, elle, se rédige toujours dans la langue de l’annonce — c’est la première démonstration de niveau que lit un employeur, avant même la ligne du CV qui annonce ce niveau.
La base : le travail que l’on ne fait qu’une fois
La base réunit ce qui ne change pas d’une candidature à l’autre : l’ensemble des certificats de travail, les diplômes et les attestations de formation continue, et une version longue de votre CV dans laquelle vous viendrez couper. C’est là que se trouve la seule pièce du dossier que vous ne pouvez pas produire vous-même. arbeit.swiss n’y consacre qu’une phrase, mais elle est nette : demandez toujours vos certificats à vos employeurs en temps utile. Le droit correspondant figure à l’art. 330a du Code des obligations : le travailleur peut demander en tout temps à l’employeur un certificat portant sur la nature et la durée des rapports de travail, ainsi que sur la qualité de son travail et sa conduite. « En tout temps » signifie aussi : pas seulement au moment de partir, et pas seulement dans les semaines qui suivent le départ.
Concrètement, cela tient en une soirée. Listez les trous — les postes figurant au CV sans certificat, les formations sans attestation. Réclamez les pièces manquantes, en indiquant la période concernée. Puis numérisez tout une seule fois, dans l’ordre décrit par arbeit.swiss, et rangez le tout en un fichier PDF. À partir de là, une candidature ne coûte plus une soirée mais une heure, et c’est exactement ce qui sépare douze candidatures par mois de trois.
La couche du dessus : lire l’annonce comme une liste de contrôle
Une annonce suisse dit en général ce que « complet » veut dire pour elle. Sur SwissJobs.app, 63,1 pour cent des annonces actives énoncent simultanément les trois éléments durs — une exigence linguistique, le type d’engagement et un lieu de travail précis plutôt qu’un simple « Suisse » — et 35,5 pour cent en énoncent deux. Votre dossier est complet pour cette annonce-là lorsque chacun de ces points trouve une réponse quelque part : la langue par un niveau attesté dans le CV, le taux d’activité par une phrase explicite sur votre disponibilité, le lieu par une indication sur le trajet ou sur un déménagement. Ce que l’annonce demande et que le dossier laisse muet, la personne qui lit le complète par une supposition, rarement à votre avantage.
Deux choses seulement se réécrivent à chaque candidature : la lettre de motivation et le haut du CV. Pour la lettre, arbeit.swiss énumère les éléments formels attendus — adresse de l’expéditeur, adresse du destinataire, date, objet, civilité, salutations et signature — et la décrit comme votre carte de visite, qui donne à l’employeur une vue d’ensemble de vos compétences, de vos qualifications et de votre motivation pour le poste. Le reste du dossier est tiré de la base sans être réécrit. Le CV, lui, ne doit pas dépasser trois pages et se présente du plus récent au plus ancien.
Quand le métier exige davantage que les trois pièces
orientation.ch rappelle que, selon le secteur d’activité et l’entreprise, d’autres formats et contenus peuvent être demandés : une vidéo de candidature, un échantillon de travail — des exemples de travaux ou de réalisations — ou une lettre de motivation écrite à la main. Dans ces métiers, la complétude ne se mesure pas à la liste standard mais à ce que la branche attend de voir. Qui conçoit, développe ou écrit garde une sélection de réalisations à côté des certificats ; qui enseigne ou soigne garde les autorisations et inscriptions nécessaires à l’exercice. Ces pièces appartiennent à la base, pas à l’heure qui précède l’envoi.
Le même portail rappelle un point de forme que l’on néglige au moment d’appuyer sur « envoyer » : veillez à télécharger les documents dans le bon ordre et sous forme de fichier PDF. L’ordre compte parce que la personne qui ouvre le fichier ne cherche pas — elle fait défiler. Un dossier dont la lettre arrive après les diplômes se lit comme un classeur, pas comme une candidature.
Les chiffres de marché proviennent des annonces actives sur SwissJobs.app le 22 août 2026 et sont donnés en proportions, jamais en effectifs absolus. L’employeur est le nom que porte l’annonce ; les sociétés de placement ne sont pas exclues et les variantes d’écriture d’une même maison comptent séparément, de sorte que les parts relatives aux employeurs ayant plusieurs postes ouverts sont plutôt sous-estimées que surestimées. L’âge d’une annonce est l’écart entre la date qu’elle indique et le jour de référence, mesuré sur les 99,7 pour cent d’annonces qui portent une telle date. Les exigences linguistiques sont comptées parmi les annonces qui en formulent une explicitement. La composition du dossier, la limite de trois pages, l’ordre des certificats et les points à vérifier avant l’envoi proviennent des conseils de candidature d’arbeit.swiss (SECO) ; les formats propres à certaines branches d’orientation.ch ; le droit au certificat de travail du Code des obligations dans la version publiée sur Fedlex.
Rédigez un CV sur mesure pour chaque poste
La plupart envoient le même CV partout. L’éditeur réécrit le vôtre face à l’annonce — format suisse, bonne langue, en une minute environ.
Créer un CV suisse par IA : pour une annonce préciseDans quel ordre classer les certificats de travail ?
En bref
Du plus récent au plus ancien, sans trou entre deux emplois. arbeit.swiss en fait une obligation : remettez tous les certificats de travail des postes que vous avez occupés, sans exception, et faites-les figurer dans un unique document PDF, dans l’ordre chronologique, le plus récent en premier. Dans le dossier, la pile se place après la lettre de motivation et le CV, avant les diplômes. Un certificat intermédiaire reste à la date de l’emploi qu’il décrit, il ne remonte pas en tête.
Ce sens de lecture n’est pas une convention esthétique : c’est celui du dossier entier. Le CV suit la même règle — arbeit.swiss demande que les informations soient présentées de manière chronologique, les plus récentes en premier — si bien qu’une pile classée à l’envers oblige la personne qui lit à retourner l’axe du temps au milieu du fichier. Or la première page qui suit le CV est la seule dont vous pouvez être certain qu’elle sera lue. Y placer un certificat de stage vieux de vingt ans, c’est la dépenser pour rien.
La règle suppose que vos emplois se suivent. En Suisse romande, ils se superposent plus souvent qu’ailleurs : parmi les annonces francophones qui indiquent une forme d’engagement, 4,4 pour cent sont à durée limitée — CDD, mission ou stage — contre 1,6 pour cent des annonces germanophones, et 4,7 pour cent sont à temps partiel. Le contrat à durée déterminée pèse donc presque autant que le temps partiel. Quand deux engagements se chevauchent, classez-les par date de fin, pas par date de début, et laissez au-dessus tout ce qui est encore en cours.
- Classez des pages, pas des intentions. La pile est une suite de pages dans un seul PDF : lettre de motivation, CV, certificats de travail du plus récent au plus ancien, puis diplômes et attestations de formation. orientation.ch, le service des cantons, y consacre une phrase et c’est la bonne : veillez à télécharger les documents dans le bon ordre et sous forme de fichier PDF.
- L’emploi en cours se place tout en haut, même sans certificat final. C’est le rôle du certificat intermédiaire, et sa base légale tient à deux mots. L’art. 330a CO dispose que le travailleur peut demander en tout temps à l’employeur un certificat portant sur la nature et la durée des rapports de travail, ainsi que sur la qualité de son travail et sa conduite. « En tout temps » vaut aussi pendant un emploi qui dure. Sans cette page, votre pile commence à l’employeur précédent, et c’est exactement là que naît la question.
- Deux engagements parallèles se classent par date de fin. Deux temps partiels menés ensemble pendant trois ans produisent deux certificats aux dates presque identiques : celui qui s’est terminé le plus tard passe devant, l’autre juste en dessous, et le CV porte les deux lignes avec leurs taux d’activité afin que la personne qui lit retrouve les deux pages là où elle les cherche. Ne supprimez jamais le plus petit pour rendre la suite plus nette.
- Une mission passée par une agence de placement se range à la date de la dernière mission. Votre employeur était l’agence et non l’entreprise où vous étiez en poste ; le document que vous recevez couvre donc souvent plusieurs missions à la fois. Il compte pour un certificat et occupe la place où ces rapports de travail se sont terminés. Les entreprises clientes se citent dans le CV, pas en découpant la pile en morceaux.
- La version courte du certificat garde sa place dans la chronologie. L’art. 330a al. 2 CO prévoit qu’à la demande expresse du travailleur, le certificat ne porte que sur la nature et la durée des rapports de travail. Ces pages sont brèves et se remarquent — les reléguer à la fin ne les cache pas, puisque la suite des dates est la première chose que l’on vérifie. Une phrase d’explication dans le CV est plus efficace qu’un classement tordu.
- L’apprentissage et les stages ferment la pile, les diplômes forment le bloc suivant. La série se termine par le rapport de travail le plus ancien, en général l’entreprise formatrice ou le premier stage. Viennent ensuite les titres et les attestations de formation continue, eux aussi du plus récent au plus ancien et, selon la même consigne, réunis dans le même fichier. Deux blocs, deux axes du temps, orientés dans le même sens.
- Contrôlez le fichier, pas votre liste. Les certificats sont presque toujours des numérisations, donc des images sans texte cherchable : redressez-les, une page par page, une seule orientation, et évitez la photo d’une feuille prise au téléphone. Avant l’envoi, arbeit.swiss demande de vérifier trois points — les fautes d’orthographe et de formatage, l’exhaustivité des documents et le caractère correct et univoque des noms de fichiers. Un dossier protégé par mot de passe est le moyen le plus sûr de ne pas être lu.
L’ordre est écrit noir sur blanc, à deux endroits officiels
Presque tous les guides de candidature affirment un ordre. Deux services publics suisses le prescrivent, et les deux textes se lisent en entier. arbeit.swiss, la plateforme du SECO et des cantons, écrit sous « Certificats de travail, diplômes et certificats » : assurez-vous de remettre tous les certificats de travail des postes que vous avez occupés, sans exception ; demandez-les donc toujours à vos employeurs en temps utile ; les certificats de travail doivent figurer dans un unique document PDF, dans l’ordre chronologique, le plus récent en premier ; il en va de même pour les diplômes et certificats.
orientation.ch, service du CSFO sur mandat des cantons, énumère le dossier classique dans cet ordre : lettre de motivation, curriculum vitæ, certificats de travail et diplômes. Puis, pour la transmission électronique devenue la norme, la page ajoute la consigne qui répond directement à la question : veillez à télécharger les documents dans le bon ordre et sous forme de fichier PDF.
Mis bout à bout, cela forme une spécification plutôt qu’un conseil : un fichier, quatre blocs dans un ordre fixe, et à l’intérieur du bloc des certificats, le temps qui remonte. S’en écarter, c’est s’écarter de la seule description à laquelle tous les acteurs d’un recrutement suisse peuvent se référer — y compris la personne des ressources humaines qui accorde deux minutes à votre dossier.
Quand la chronologie ne se laisse pas mettre en file
Une file suppose qu’il y ait une file. Trois postes fixes successifs en forment une ; deux taux partiels, un mandat et deux missions temporaires, non. La Suisse romande connaît davantage la seconde figure : parmi les annonces qui indiquent une forme d’engagement, la durée limitée représente 4,4 pour cent des annonces en français contre 1,6 pour cent des annonces en allemand, et 9,1 pour cent des annonces francophones sont à temps partiel ou à durée limitée. Par métier, l’écart se creuse encore : dans la restauration francophone, 13,0 pour cent des annonces sont à temps partiel ou à durée limitée, et 9,9 pour cent dans les fonctions administratives.
Concrètement, l’axe du temps se définit par les fins d’emploi, pas par les débuts. On trie sur la date à laquelle chaque rapport de travail a pris fin, le plus récemment terminé en tête, et tout ce qui court encore passe au-dessus. Si deux emplois se sont terminés le même jour, placez d’abord celui qui se rapproche du poste visé : c’est le seul endroit où la pertinence a le droit de toucher à l’ordre.
La location de services est l’autre cas piégeux. Qui travaille par une agence a des rapports de travail avec elle, non avec l’entreprise cliente, et reçoit en fin de parcours un document couvrant l’ensemble des missions. Cette page atteste une période continue ; la découper en cinq missions fabrique quatre trous au lieu d’apporter de la clarté. À l’inverse, ce qu’une entreprise cliente vous a écrit en plus est une référence et n’a pas sa place dans la pile datée.
Le trou dans la pile, et ce que le droit vous donne
« Sans exception » est la moitié exigeante de la consigne. Un emploi manquant se voit immédiatement dans une pile datée, parce que deux dates ne se rejoignent pas — et le soupçon qu’un trou provoque dépasse presque toujours ce qu’il recouvre. Réclamer le document est donc le premier geste ; reclasser n’en est pas un.
Le droit est bref et net. Art. 330a al. 1 CO : le travailleur peut demander en tout temps à l’employeur un certificat portant sur la nature et la durée des rapports de travail, ainsi que sur la qualité de son travail et sa conduite. « En tout temps » porte tout le poids de la disposition. Cela couvre l’emploi que vous n’avez pas quitté, d’où l’existence du certificat intermédiaire, et cela couvre l’appel à un employeur que vous avez quitté il y a des années.
Si le trou subsiste — entreprise disparue, ancien patron qui ne répond pas — il appartient au texte et non au classement. Une ligne dans le CV indiquant la période, la fonction et la raison de la page manquante vous coûte une seconde d’attention. Une pile qui saute une année en silence vous coûte l’entretien où vous l’auriez expliqué. Et si un certificat complet vous desservait, l’alinéa 2 permet d’obtenir la version limitée à la nature et à la durée : un document court bien placé vaut mieux qu’un document long absent.
C’est le fichier qui décide si votre classement arrive à destination
Pour la personne qui lit, la pile n’existe que comme suite de pages. L’ordre que vous avez maintenu dans vos noms de dossiers ou dans votre tête est invisible : elle fait défiler. Donc un seul fichier, des pages exactement dans l’ordre annoncé, et pour un dossier épais une courte page de garde listant chaque certificat avec l’employeur et la période. Cette page n’est pas un ornement, c’est la navigation de tout ce qui suit.
La technique compte autant que la suite. Redressez les numérisations dans le sens de lecture, gardez un format de page unique, ne mélangez pas un original net et une photo grisâtre. Donnez au fichier un nom construit sur le nom, le prénom et le mot dossier, pour qu’il reste identifiable une fois téléchargé parmi quarante autres — c’est précisément ce que vise arbeit.swiss en parlant de noms de fichiers corrects et univoques.
Reste le cas des formulaires qui proposent plusieurs champs de téléversement. Déposez le CV seul dans le premier et le dossier complet dans le second, avec le même ordre à l’intérieur des deux. Une pile classée d’une façon dans une pièce jointe et d’une autre dans la suivante, ouverte côte à côte sur un écran, dessert plus qu’un unique document bien rangé ne pourrait servir.
Les chiffres de marché ont été comptés le 22 août 2026 à partir des annonces actives sur SwissJobs.app à cet instant et sont toujours donnés en proportions, jamais en effectifs. Seules les annonces qui indiquent une forme d’engagement sont retenues, soit environ neuf sur dix. « Durée limitée » regroupe les postes annoncés comme temporaires, sous contrat de durée déterminée ou en stage. Les annonces sont réparties selon la langue dans laquelle elles sont rédigées, et les métiers sont reconstitués à partir de l’intitulé du poste ; les regroupements trop peu fournis ont été écartés.
Rédigez un CV sur mesure pour chaque poste
La plupart envoient le même CV partout. L’éditeur réécrit le vôtre face à l’annonce — format suisse, bonne langue, en une minute environ.
Créer un CV suisse par IA : pour une annonce préciseQui indiquer comme personne de référence en Suisse ?
En bref
Deux ou trois personnes qui vous ont vu travailler : votre supérieure directe dans votre dernier poste, une autre responsable avant elle, éventuellement un client ou une partenaire de projet. Juridiquement, une prise de références est une communication de données personnelles à un tiers, et la loi sur la protection des données trace sa limite selon la nature du savoir détenu, pas selon la sympathie. Qui connaît votre santé, votre activité syndicale ou politique, ou une procédure vous concernant détient une catégorie que l'article 5 LPD isole expressément.
C'est pour cela que l'usage vise la relation professionnelle et non la plus proche. Une ancienne supérieure connaît votre méthode, votre respect des délais, votre comportement en équipe — et en règle générale rien d'autre. Une amie proche ne sépare pas les deux. La question n'est donc pas qui parlera le mieux de vous, mais quelle conversation reste dans le cadre que le droit suisse fixe au traitement des données de candidature.
Autre particularité romande : le mot « références » recouvre deux objets distincts. Le certificat de travail est un document, remis d'office avec le dossier. La personne de référence est quelqu'un que l'on appelle, communiquée sur demande. Les conseils fédéraux de candidature décrivent précisément cet ordre — une ligne dans le CV, puis une liste séparée que l'on remet lors de l'entretien d'embauche.
- Deux ou trois personnes, pas cinq. La liste doit couvrir la tranche professionnelle en jeu : votre dernière supérieure directe, une responsable antérieure, éventuellement un client ou une partenaire de projet. Un quatrième nom apporte rarement un savoir nouveau et augmente seulement le nombre de gens informés de votre candidature.
- Choisissez selon ce que la personne sait, pas selon son affection. L'article 5 LPD énumère six catégories de données sensibles, dont la santé, la sphère intime, l'activité syndicale et les procédures pénales. Une supérieure qui ne vous a connu qu'au travail ne peut pas y arriver par téléphone. Quelqu'un qui vous a soutenu en privé pendant une année difficile, si.
- Certificat de travail et personne de référence ne se confondent pas. Le premier est un document signé qui entre au dossier sans qu'on le demande ; la seconde est communiquée sur demande et appelée plus tard. Les conseils anglophones mélangent les deux, et en Suisse ils relèvent de deux étapes distinctes.
- Demander l'accord au préalable est la seule consigne commune à toutes les sources. La page romande de l'orientation professionnelle l'écrit noir sur blanc, la version alémanique aussi. Un appel qui surprend produit une réponse hésitante — et l'hésitation est ce que l'interlocuteur retiendra à coup sûr.
- L'employeur actuel se cite sous condition, pas sur la liste. Aucune norme n'interdit l'appel ; c'est votre consentement qui le commande, et le lier à une promesse orale est la formule attendue plutôt qu'un signe de défiance.
- N'attendez rien de l'annonce. Dans notre relevé du 31 août 2026, 1,8 pour cent des annonces rédigées en français mentionnent une personne de référence, contre 23,4 pour cent pour la lettre de motivation et 9,4 pour cent pour le certificat de travail. Le silence de l'annonce ne signifie pas qu'on n'appellera pas : il signifie qu'on appellera après l'entretien.
- Indiquez aussi la langue. Nom, fonction et entreprise à l'époque, la relation, la période, un numéro — et la langue dans laquelle la personne peut répondre. Sur un marché à quatre langues d'annonce, cette ligne décide régulièrement si l'appel a lieu.
Certificat de travail et personne de référence : deux étapes distinctes
Il vaut la peine de poser la distinction avant tout choix, parce qu'elle détermine ce que l'on choisit réellement. Le certificat de travail est rédigé et signé par votre ancien employeur ; il rejoint le dossier sans qu'on le demande, et la question voisine sur cette page traite de l'ordre dans lequel les certificats se classent.
La personne de référence est tout autre chose : un nom, une fonction, un numéro de téléphone, un appel de vive voix, en général après que vous avez déjà été reçu en entretien. Les deux se disent « références » dans la conversation courante, et un seul des deux désigne quelqu'un.
La question « qui indiquer ? » ne porte donc que sur le second. C'est aussi le seul endroit où vous avez un choix : les certificats que vous joignez sont fixés dès que votre parcours est fixé. Qui décroche le téléphone, vous le décidez.
Ce qui se passe juridiquement quand quelqu'un répond sur vous
Du point de vue de la protection des données, une prise de références n'est pas une conversation entre connaissances mais une communication. La loi définit la communication comme le fait de transmettre des données personnelles ou de les rendre accessibles, et l'entreprise qui appelle est un tiers pour la personne interrogée.
L'article 30 pose que celui qui traite des données personnelles ne doit pas porter une atteinte illicite à la personnalité des personnes concernées, puis énumère trois cas où une telle atteinte existe « notamment ». Le troisième : « communiquer à des tiers des données sensibles ». Ni maladroitement, ni injustement — communiquer. La catégorie suffit à elle seule.
L'article 31 enchaîne : une atteinte à la personnalité est illicite à moins d'être justifiée par le consentement de la personne concernée, par un intérêt privé ou public prépondérant, ou par la loi. Dans une procédure de recrutement, le premier de ces trois motifs est le seul qui porte réellement — et la personne concernée dont on parle, c'est vous.
S'y ajoute le principe de l'article 6 : les données personnelles ne peuvent être collectées que pour des finalités déterminées et reconnaissables pour la personne concernée, et doivent être traitées de manière compatible avec ces finalités. La finalité que vous rendez reconnaissable en donnant un nom, c'est l'appréciation de votre aptitude pour une place de travail précise. Ce qui déborde de cette finalité n'est pas couvert du seul fait que vous avez fourni le nom.
Les six catégories qui resserrent la liste sans qu'on y pense
« Sensible » n'est pas ici une appréciation, c'est une énumération. L'article 5 LPD cite les données sur les opinions ou activités religieuses, philosophiques, politiques ou syndicales ; les données sur la santé, la sphère intime ou l'origine raciale ou ethnique ; les données génétiques ; les données biométriques identifiant une personne de manière univoque ; les données sur des poursuites ou sanctions pénales et administratives ; et les données sur des mesures d'aide sociale.
Lisez cette liste comme une description de personnes plutôt que de dossiers, et la règle de sélection habituelle s'explique d'elle-même. Celle qui vous a accompagné pendant une maladie détient des données de santé. Le collègue de la commission syndicale détient des données sur une activité syndicale. L'ami chez qui vous avez logé après une séparation détient des données sur votre sphère intime. Aucun d'eux n'est une mauvaise personne à connaître ; simplement, ils détiennent un savoir qui n'a rien à faire dans un appel professionnel et qui peut se glisser dans une incise.
À l'inverse, une supérieure qui ne vous a connu qu'au travail n'a aucun chemin vers ces catégories. C'est cela, et non la politesse, que protège l'usage voulant que les personnes de référence viennent du contexte professionnel.
Pourquoi une ancienne supérieure n'est pas dans la même position qu'une connaissance
Une seconde différence existe, rarement nommée. L'employeur relève d'une norme propre : l'article 328b CO dispose que l'employeur ne peut traiter des données concernant le travailleur « que dans la mesure où ces données portent sur les aptitudes du travailleur à remplir son emploi ou sont nécessaires à l'exécution du contrat de travail » ; pour le reste, la loi sur la protection des données s'applique.
Formellement, cette disposition appartient au droit du rapport de travail en cours. Mais elle décrit une mesure qu'une relation privée n'a jamais eue : l'ancien employeur entretenait avec vous un rapport lié à une finalité, et tout ce qu'il sait de vous est né à l'intérieur de cette finalité. Une personne du cercle privé n'a pas ce cadre, et donc aucun point où un appel se limite tout seul.
Formulé comme un constat plutôt que comme un conseil : plus la relation entre vous et la personne citée est bornée par le travail, moins il y a matière à déborder. Jusqu'où un appel de référence peut aller, et ce qu'il ne peut pas contredire, relève d'une autre question, que le Tribunal fédéral a traitée en 2025 dans l'arrêt 4A_493/2024 ; notre réponse sur le décodage des certificats de travail y revient.
orientation.ch est la seule page officielle suisse qui dise qui
Les conseils fédéraux de candidature disent où les références figurent dans le dossier, pas qui elles devraient être. La seule instruction officielle suisse qui aborde le « qui » est la page CV de l'orientation professionnelle cantonale — et ses trois versions linguistiques ne disent pas la même chose. Nous les avons ouvertes toutes les trois le 31 août 2026.
La version allemande fait des « Referenzen » sa neuvième et dernière étape, en deux phrases : indiquer des personnes de contact avec noms et numéros de téléphone, et leur demander au préalable si elles sont d'accord. Qui pourraient être ces personnes n'y figure pas. La version italienne compte les mêmes neuf étapes et se montre plus brève encore : inscrire les noms et numéros des personnes de référence, en demandant d'abord leur accord.
La version française fait exception. Sa structure diffère — douze étapes au lieu de neuf, et « Personnes de référence » se place avant la rubrique des langues plutôt qu'en fin de liste — et elle est la seule à donner des exemples : « un-e enseignant-e, un-e formateur-trice qui t'a suivi lors d'un stage ou quelqu'un qui peut confirmer tes qualités dans des situations de travail et d'apprentissage ». C'est l'unique endroit où une page officielle suisse répond à la question, et il n'existe qu'en français.
Une réserve vaut pour les trois : ces pages sont écrites pour la candidature à une place d'apprentissage, au tutoiement, avec l'entreprise formatrice comme destinataire. Leurs exemples sont donc des enseignants et des formateurs de stage. Pour une candidature adossée à vingt ans de métier, la structure se transpose ; la distribution des rôles, non.
Le glissement se retrouve dans les conseils fédéraux. Les versions allemande, française et anglaise décrivent toutes une feuille ou une liste séparée de personnes que l'on remet lors de l'entretien ; la version italienne se contente d'écrire qu'« è anche possibile fornire le referenze durante un colloquio di lavoro », faisant disparaître de la phrase à la fois la feuille et les personnes.
L'annonce en français est la plus bavarde sur le dossier — et reste muette sur les références
Puisque les textes officiels donnent si peu, il vaut la peine de regarder les annonces elles-mêmes. Nous avons rouvert le 31 août 2026 un échantillon d'annonces actives de SwissJobs.app, stratifié selon la langue de rédaction, et lu la page vers laquelle mène le lien de postulation.
Parmi les annonces rédigées en français, 23,4 pour cent mentionnent la lettre de motivation, 9,4 pour cent le certificat de travail et 1,8 pour cent une personne de référence. Ce sont les proportions les plus élevées des quatre langues pour les deux premières pièces : l'annonce romande est celle qui détaille le plus le dossier attendu. Les annonces germanophones du même échantillon citent la lettre de motivation dans 10,8 pour cent des cas et le certificat de travail dans 4,1 pour cent.
Et pourtant, sur les références, cette même annonce se tait presque toujours. L'écart est instructif : ce n'est pas une négligence, c'est l'ordre des opérations. La référence intervient après l'entretien, une fois que le dossier a déjà fait son travail. Les rares annonces romandes qui l'évoquent le font dans une liste de pièces requises — « CV, lettre de motivation, références, certificats et diplômes » — où le mot désigne d'ailleurs souvent les documents plutôt que des personnes.
Une précision honnête : les trois annonces francophones concernées proviennent de deux employeurs. L'ordre de grandeur tient, la décimale non.
Le cas difficile reste l'employeur actuel
Tant que vous êtes en poste, la personne la plus évidente est celle qui convient le moins — non pour un motif juridique, mais parce qu'un appel chez elle révèle votre candidature avant qu'elle soit tranchée. Aucune norme n'interdit à une entreprise d'appeler votre employeur actuel ; il y a seulement votre consentement, que vous n'êtes pas tenu de donner.
L'usage résout cela par un ordre plutôt que par un refus : les personnes des postes précédents sont communiquées tout de suite, la supérieure actuelle seulement après une promesse d'engagement orale. Énoncer cette condition ne passe pas en Suisse pour une marque de méfiance : c'est la demi-phrase attendue. Ne pas l'énoncer, c'est risquer l'appel que l'on ne voulait pas.
Si personne dans l'entreprise actuelle ne doit être approché, le trou se comble sans peine. Deux anciennes responsables, plus un client de longue date ou une cheffe de projet d'un mandat commun, couvrent entièrement la tranche professionnelle dont il est question.
Quand la personne a quitté l'entreprise
Le cas est fréquent et rarement traité : votre ancienne supérieure travaille ailleurs depuis longtemps. Elle ne parle alors plus au nom de l'ancienne entreprise mais en son nom propre. Ce qu'elle dit est sa déclaration, non celle de la société dont la signature figure sur votre certificat de travail.
Cela joue dans les deux sens. Le propos gagne en précision et en franchise, puisque plus personne ne défend une ligne maison. Mais il se place à côté du certificat au lieu de le confirmer : si l'entreprise n'a plus personne qui vous ait connu, la seule voix de cette période est privée. Ce n'est pas un handicap, mais cela explique pourquoi beaucoup de dossiers citent une deuxième personne de la même époque.
Cela rend aussi la demande préalable plus importante qu'ailleurs. Quelqu'un qui a quitté la maison ne sait peut-être plus quelles données il a le droit de transmettre, et il n'a plus de service du personnel derrière lui pour le lui dire.
Ce que porte la liste, et ce que cette réponse ne fait pas
Une liste de références suisse est brève : nom, fonction et entreprise au moment de la collaboration, la relation avec vous, la période, un numéro de téléphone, et la langue dans laquelle la personne peut répondre. Ce dernier point s'oublie régulièrement dans un pays à quatre langues et décide souvent si l'appel a seulement lieu.
Les deux instructions officielles, l'allemande comme la française, demandent la même chose au même endroit : demander d'abord. C'est le seul point sur lequel toutes les sources convergent, et c'est aussi ce qui produit le consentement dont parle l'article 31, des deux côtés — le vôtre envers l'entreprise qui appelle, celui de la personne citée envers vous.
Ce qui figure ici est une explication de règles, non un conseil juridique ni une appréciation de votre situation. La pratique cantonale en matière de recrutement n'est pas uniforme, et certaines branches — santé, finance, fonctions de sécurité — appliquent des vérifications supplémentaires qui obéissent à leurs propres règles. Pour un avis sur votre cas, l'office d'orientation professionnelle du canton, une permanence juridique ou un syndicat sont les bonnes adresses.
Les chiffres sur les annonces proviennent d'un échantillon d'annonces actives de SwissJobs.app relues le 31 août 2026. Le tirage est stratifié selon la langue de rédaction, avec un plafond par site de destination pour qu'aucun prestataire ne domine l'échantillon ; seules les pages ayant renvoyé un texte lisible ont été comptées — un peu plus de cinq cents sur environ sept cent cinquante ouvertes, dont 222 en allemand, 171 en français, 84 en anglais et 75 en italien. Chaque occurrence d'un mot de la famille « référence » a été lue individuellement et écartée lorsqu'elle désignait un numéro de référence de l'annonce, une page de références clients de l'entreprise, un certificat de travail ou un réglage de cookies ; ne sont comptés que les passages désignant une personne qui renseigne. Les occurrences francophones proviennent de deux employeurs, les germanophones d'un seul : l'ordre de grandeur tient, la décimale non. Les références légales proviennent de la loi sur la protection des données et du Code des obligations dans la version publiée sur fedlex.admin.ch, consultée le 31 août 2026 ; les pages de l'orientation professionnelle et d'arbeit.swiss ont été ouvertes le même jour dans toutes les versions linguistiques disponibles. Cette page explique des règles et ne remplace pas un conseil juridique.
Rédigez un CV sur mesure pour chaque poste
La plupart envoient le même CV partout. L’éditeur réécrit le vôtre face à l’annonce — format suisse, bonne langue, en une minute environ.
Créer un CV suisse par IA : pour une annonce préciseSources
- arbeit.swiss (SECO) — Conseils pour vos candidatures : CV, certificats de travail, références
- orientation.ch (CSFO) — Rechercher un emploi : « Veillez à télécharger les documents dans le bon ordre et sous forme de fichier PDF »
- Code des obligations (CO), art. 328b — traitement de données personnelles (fedlex.admin.ch)
- Loi sur le casier judiciaire (LCJ), art. 55 — extrait spécial destiné aux particuliers (fedlex.admin.ch)
- Loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (LP), art. 8a (fedlex.admin.ch)
- Loi fédérale sur la protection des données (LPD), art. 5, 6, 30 et 31 (fedlex.admin.ch)
- orientation.ch (CSFO) — Créer un curriculum vitæ, étape « Personnes de référence »
- berufsberatung.ch (SDBB) — Lebenslauf erstellen, étape « Referenzen »
- orientamento.ch (CSFO) — Redigere il Curriculum Vitae, étape « Referenze »
Questions liées
Ce que notre index d’offres dit du marché suisse
Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.
Langue de rédaction des annonces
- Deutsch
- 60%
- English
- 23%
- Français
- 13%
- Italiano
- 3%
Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant
- Deutsch
- 70%
- English
- 43%
- Français
- 21%
- Italiano
- 3%
19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%