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Lettre de motivation

Comment commencer une lettre de motivation en Suisse ?

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En bref

Pas par « Je me permets de vous adresser ma candidature ». En Suisse, le début d’une lettre de motivation comporte trois éléments, et un seul est une phrase : l’objet, la civilité, la phrase d’attaque. Le SECO liste l’objet et la civilité parmi les éléments formels obligatoires, et le modèle officiel d’orientation.ch précise que l’objet reprend la profession « telle qu’elle apparaît dans l’annonce », en gras.

Telle qu’elle apparaît dans l’annonce : c’est là que le travail commence. Dans notre base d’annonces actives, 41,4 pour cent des titres francophones ne peuvent pas être recopiés tels quels, parce qu’ils portent une mention de genre, un taux d’occupation ou les deux. La mention de genre figure dans 30,4 pour cent des annonces francophones, le taux dans 18,5 pour cent. La première se retire, le second se garde.

Vient ensuite la civilité — le nom s’il est indiqué, sinon « Madame, Monsieur, » — puis une seule phrase. Elle nomme le poste avec l’intitulé de l’annonce, le taux d’activité visé, votre date d’entrée la plus proche et l’endroit où vous avez vu l’annonce. Cette dernière indication figure explicitement dans le modèle officiel : certaines entreprises veulent savoir par quel canal leurs candidatures arrivent.

Part des annonces dont le titre porte une mention de genre, selon la langue de l’annonce
Part des annonces dont le titre porte une mention de genre, selon la langue de l’annonceAnnonces en allemand45pour cent des annonces de cette langueAnnonces en français30.4pour cent des annonces de cette langueAnnonces en anglais13.3pour cent des annonces de cette langueAnnonces en italien9.2pour cent des annonces de cette langue

Annonces actives sur SwissJobs.app au 22 août 2026. Sont comptées toutes les variantes : (m/w/d), (w/m), (h/f), (m/f/x) et la formule (all genders). La langue de l’annonce est identifiée pour 73,2 pour cent des entrées.

  • Objet : « Candidature au poste de » suivi de l’intitulé recopié mot pour mot, en caractères gras. Le modèle officiel est explicite sur les deux points — la profession telle qu’elle figure dans l’annonce, et la mise en gras de la ligne.
  • Retirez la mention de genre. Elle indique comment l’employeur publie son annonce, pas comment le métier s’appelle. Elle figure dans 30,4 pour cent des annonces francophones, sous la forme (h/f), (f/h), (h/f/x) ou (m/f/d) ; toutes langues confondues, elle apparaît dans 33,1 pour cent des annonces.
  • Gardez le taux d’activité, et indiquez le vôtre s’il manque. 18,5 pour cent des titres francophones l’annoncent ; 9,5 pour cent de l’ensemble des annonces ne disent rien du type de contrat, nulle part. Votre première phrase doit donc le fournir : 100 pour cent, 80 pour cent, ou la fourchette que vous pouvez assumer.
  • Civilité : « Madame, » ou « Monsieur, » si le destinataire est connu ; « Madame, Monsieur, » si vous l’ignorez. Le modèle officiel donne les deux formules côte à côte — la seconde est la solution prévue, pas un aveu de recherche bâclée.
  • La phrase d’attaque porte quatre informations, puis s’arrête : le poste, le taux, votre disponibilité, et où et quand vous avez vu l’annonce. L’argument, la preuve et le lien avec l’entreprise appartiennent au deuxième paragraphe.

Le début comporte trois éléments, dont deux ne sont pas des phrases

Quand on demande comment commencer une lettre de motivation, on pense à la première phrase. En Suisse, elle arrive en troisième position. La page du Secrétariat d’État à l’économie destinée aux demandeurs d’emploi énumère les éléments formels de la lettre : adresse de l’expéditeur, adresse du destinataire, date, objet, civilité, salutations et signature. Deux de ces éléments — l’objet et la civilité — précèdent votre première phrase et sont lus avant elle.

La même énumération figure dans les quatre versions linguistiques de cette page, avec les mêmes pièces : Betreffzeile en allemand, oggetto en italien, subject heading en anglais. L’objet n’est donc pas une préférence de mise en page mais un composant du document. Une lettre suisse sans ligne d’objet ne passe pas pour originale, elle passe pour incomplète.

Le seul endroit qui en dicte la formulation est le modèle publié par orientation.ch, le portail du Centre suisse de services Formation professionnelle. Il écrit : « Candidature pour la place d’apprentissage de … [insérer la profession telle qu’elle apparaît dans l’annonce] », et ajoute que l’intitulé peut être mis en caractères gras. Pour une candidature à un emploi, la ligne devient « Candidature au poste de … » ; le reste vaut sans changement.

Cette instruction — reprendre la profession telle qu’elle apparaît — a l’air d’une simple copie. En pratique, c’est un travail de relecture, et son ampleur se mesure sur les annonces elles-mêmes.

L’objet : recopier l’intitulé, mais pas tout

Nous avons passé en revue tous les titres actifs de notre base. 41,4 pour cent des titres francophones ne peuvent pas servir d’objet sans retouche, parce qu’ils contiennent une mention de genre, un pourcentage ou les deux. C’est moins qu’en allemand, où la proportion atteint 62,7 pour cent, et davantage qu’en anglais (18 pour cent) ou en italien (10,9 pour cent).

Ce qui saute : la mention de genre, présente dans 30,4 pour cent des annonces francophones. Elle apparaît sous les formes (h/f), (f/h), (h/f/x), et souvent sous les formes germanophones (m/w/d) ou (f/m/d) lorsque l’entreprise publie dans plusieurs langues. « Dessinateur – orientation architecture à 80-100% – POSTE FIXE (H/F/D) » devient, dans votre objet : « Candidature au poste de dessinateur en orientation architecture, 80–100 pour cent ».

Ce qui saute également : le numéro de référence collé au titre. 17,2 pour cent des titres francophones contiennent une suite d’au moins trois chiffres. Elle a sa place une ligne plus bas, ou dans le courriel d’accompagnement, où elle remplit son rôle sans encombrer la ligne. Même chose pour les majuscules d’insistance : 24,4 pour cent des titres francophones contiennent un mot entièrement en capitales, ce qui relève de la mise en page de l’annonce et non de l’intitulé du poste.

Ce qui reste : le taux d’activité, le qualificatif de niveau et le titre professionnel suisse. Le niveau — responsable, chef, senior, adjoint — figure dans 15,5 pour cent des titres francophones et distingue deux postes qui portent sinon le même nom. Le CFC ou l’équivalent apparaît dans 8,2 pour cent : il reste, parce qu’il sépare deux annonces autrement identiques.

Une raison typographique s’ajoute aux autres. Les titres francophones sont les plus longs des quatre langues : la médiane est à 42 caractères, mais un titre sur dix dépasse 77 caractères. En ajoutant « Candidature au poste de » devant, une ligne d’objet non nettoyée passe à la ligne — et une ligne d’objet sur deux lignes est la première chose que le lecteur voit.

La civilité quand personne n’est nommé

Le modèle officiel donne les deux cas l’un à côté de l’autre : « Madame, » ou « Monsieur, » si vous savez à qui vous vous adressez ; « Madame, Monsieur, » — les deux — si le destinataire précis n’est pas connu. La seconde formule est donc la solution prévue par la source officielle, et non un pis-aller.

Deux faits mesurables expliquent sa fréquence. D’abord, 12,1 pour cent des annonces actives sont publiées par un cabinet de recrutement ou une agence de placement, et non par l’employeur : à ce stade, l’entreprise elle-même n’est souvent pas nommée. Ensuite, 37,6 pour cent des annonces proviennent des 1,7 pour cent d’employeurs qui ont cinquante postes ouverts ou plus en même temps ; dans ces maisons, la candidature arrive à une adresse collective, pas à une personne.

Deux maladresses viennent de la tentative de masquer l’absence de nom. La première est la formule non résolue, « Madame / Monsieur » avec la barre oblique laissée en place : elle montre seulement que le document n’a pas été terminé. La seconde est le nom repris de l’impressum — écrire au directeur général faute d’avoir trouvé quelqu’un d’autre revient à confier sa candidature à une personne qui devra la transmettre.

Si un nom figure dans l’annonce, employez-le en entier et sans faute, avec le titre indiqué. En Suisse romande, la lettre reste au vouvoiement et à la civilité complète bien au-delà du premier entretien : un prénom seul dans la ligne d’appel n’est pas chaleureux, c’est un écart de registre.

Faut-il commencer par « Je » ?

La règle circule dans presque tous les guides francophones : ne jamais commencer une lettre de motivation par « Je ». Elle mérite d’être regardée de près, parce qu’aucune source officielle suisse ne la formule. Le modèle d’orientation.ch demande à l’introduction deux choses seulement — dire que vous postulez, et préciser où vous avez trouvé le poste — sans rien dire du mot par lequel la phrase commence.

L’origine de la règle est stylistique : une lettre qui enchaîne « Je suis », « J’ai », « Je souhaite » parle d’elle-même et jamais du poste. Le défaut visé est réel ; l’interdiction du premier mot est une approximation commode de ce défaut.

La résolution pratique est simple et n’oblige à aucune contorsion : commencez par ce que vous demandez, pas par ce que vous êtes. « Votre annonce du 12 août pour un poste de chargé de communication à 80 pour cent correspond exactement à mon parcours ; je vous adresse ma candidature. » La phrase commence par l’annonce, contient les quatre informations utiles, et personne n’a eu à inverser une tournure pour éviter un pronom.

Ce qu’il faut vraiment éviter, ce n’est pas le pronom mais la phrase repliée sur le candidat : « Actuellement en recherche d’un nouveau défi, je … ». Elle décrit votre situation, pas le poste, et convient à n’importe quelle annonce que vous avez lue cette année.

Dire où — et quand — vous avez vu l’annonce

Le modèle officiel le demande explicitement, et il en donne la raison : certaines entreprises apprécient de savoir comment les candidats ont eu connaissance du poste vacant. Ce n’est donc pas une formule de politesse mais une information que l’employeur utilise.

Nos données montrent à quel point elle est nécessaire. Les destinations de candidature sont extrêmement dispersées : la plus fréquente ne rassemble que 10,6 pour cent des annonces actives, les dix premières 32 pour cent, les cinquante premières 50,7 pour cent, et 45,1 pour cent des destinations n’apparaissent qu’une seule fois. La même offre est souvent visible à plusieurs endroits en même temps.

S’y ajoute un risque de confusion. 26,6 pour cent des annonces actives partagent leur intitulé exact avec au moins une autre annonce active, et 10,2 pour cent avec un autre employeur. Chez un même employeur, 19,9 pour cent des annonces coexistent avec une annonce au titre identique — autre site, autre taux. Or 6,6 pour cent seulement des titres francophones mentionnent un lieu de travail, et 1,2 pour cent de l’ensemble des titres mentionnent l’employeur. L’intitulé seul ne suffit donc pas à identifier votre poste.

D’où la date. L’annonce médiane de notre base a dix-neuf jours ; un quart a moins de dix jours, un quart plus de 66. 13,5 pour cent ont moins d’une semaine. « Votre annonce du 12 août » coûte quatre mots et situe immédiatement votre candidature dans la bonne campagne de recrutement.

Cinq attaques qui ne tiennent pas

« Je me permets de vous adresser ma candidature. » La phrase annonce qu’une lettre existe, ce que le document prouve déjà. Elle ne nomme ni le poste, ni le taux, ni la source, et laisse ouverte la seule question à laquelle le destinataire doit répondre en premier : de quelle offre il s’agit.

« C’est avec un vif intérêt que j’ai pris connaissance de votre annonce. » L’attaque la plus répandue, et la plus vite survolée. L’intérêt est la condition pour écrire, pas une information. Si la phrase survit à la suppression du mot « vif » sans rien perdre, elle ne contenait rien.

« Votre entreprise, leader reconnu de son secteur … » Doublement risqué. La phrase ne dit rien de vous, et dans 12,1 pour cent des annonces l’employeur n’est pas l’auteur de la publication : le compliment atterrit alors chez un cabinet de recrutement, qui devrait le transmettre.

« Titulaire d’un master et fort d’une expérience de dix ans, je suis un professionnel rigoureux et motivé. » Le contenu appartient au CV, les adjectifs n’appartiennent nulle part. La première phrase est la ligne la plus lue du document ; la dépenser à répéter ce qui figure déjà en face est l’erreur la plus coûteuse du début.

« Madame, Monsieur, je souhaiterais rejoindre votre équipe. » Trop vague pour être orientée. Dans une entreprise qui publie des dizaines de postes en parallèle — et 37,6 pour cent des annonces actives viennent d’entreprises de cette taille — une lettre sans intitulé ni taux finit dans les candidatures spontanées.

Toutes les proportions sont mesurées sur les annonces actives de SwissJobs.app au 22 août 2026. La langue de l’annonce est identifiée comme allemand, français, italien ou anglais pour 73,2 pour cent des entrées ; les proportions par langue sont calculées à l’intérieur des annonces de la langue concernée. La « mention de genre » couvre toutes les variantes des formes (m/w/d), (w/m), (h/f), (m/f/x) ainsi que la formule (all genders) ; le « numéro de référence » désigne toute suite d’au moins trois chiffres dans le titre ; le « taux d’activité » tout pourcentage figurant dans le titre. L’âge d’une annonce est l’écart entre sa date de publication et la date de référence. Les destinations de candidature sont les hôtes des liens de postulation, regroupés sans le préfixe www.

Lettre de motivation suisse par IA : depuis l’annonce, gratuite

Sources

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Ce que notre index d’offres dit du marché suisse

Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.

Langue de rédaction des annonces

Deutsch
60%
English
23%
Français
13%
Italiano
3%

Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant

Deutsch
70%
English
43%
Français
21%
Italiano
3%

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