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Lettre de motivation

Comment rédiger une lettre de motivation après un congé parental ?

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En bref

Donnez un pourcentage et une date, pas une explication. En Suisse, le congé de maternité et celui de l'autre parent se déroulent à l'intérieur du contrat : il n'y a le plus souvent rien à justifier. Ce qui reste réellement ouvert, c'est le taux auquel vous revenez et le jour où vous êtes libre. Mettez les deux dans une seule phrase, dans le dernier tiers de la lettre. C'est l'information qui manque en face : 78,1 pour cent des annonces dont nous disposons d'un descriptif n'indiquent aucun pourcentage.

Deux versions de cette lettre circulent, et toutes deux manquent la cible. La première consacre une demi-page à la pause : sa durée, son motif, la qualité de la garde organisée, puis une ligne sur le poste tout à la fin. La seconde se tait entièrement, ne donne ni date ni chiffre, et laisse au lecteur le soin de reconstituer les deux. La première lettre parle de vous, la seconde ne parle de rien. Il manque à chacune la même chose : une donnée sur laquelle planifier.

En Suisse romande, ce silence coûte plus cher qu'ailleurs, pour une raison de forme. Parmi les annonces francophones de notre base, 18,2 pour cent indiquent un taux dans le titre, et seules 47,2 pour cent de celles-ci l'expriment sous forme de fourchette — contre 62,3 pour cent des annonces germanophones. Autrement dit, l'annonce francophone fixe un chiffre bien plus souvent qu'elle n'ouvre une plage. Ce n'est donc pas à vous d'accepter une marge : c'est à vous d'en proposer une.

Ce que demandent les annonces francophones lorsqu'elles indiquent un taux
Ce que demandent les annonces francophones lorsqu'elles indiquent un tauxfourchette de 80 à 100 pour cent38.9%100 pour cent ferme30.2%80 pour cent ferme9.5%borne inférieure à 60 pour cent ou moins19.1%exprimé sous forme de fourchette47.2%

Parts des annonces en français de notre base qui mentionnent un taux d'occupation dans le titre. Analyse en continu, état août 2026 ; les autres annonces francophones n'en mentionnent aucun. Une fourchette est comptée par sa borne inférieure ; arrondis possibles.

  • Une phrase, un chiffre, une date. « Je reprends à 80 pour cent et suis disponible dès le 1er novembre. » Cela règle la partie que vous seule ou vous seul pouvez régler. Le reste — la répartition des jours, le télétravail, le calendrier des vacances — relève de l'entretien, pas de la lettre.
  • Placez la phrase à la fin, pas au début. Elle appartient au paragraphe où vous parlez de toute façon d'entrée en fonction et de disponibilité, généralement l'avant-dernier. En ouverture, la même formulation fait de votre taux le titre de votre candidature au lieu d'une condition attachée à un bon argument.
  • Reprenez la borne que l'annonce a déjà imprimée. Là où une fourchette est publiée, « 80 à 100 pour cent » domine largement ; postuler à 80 sur une telle annonce n'est pas une demande, c'est une acceptation. La négociation ne commence que si votre chiffre passe sous la borne inférieure — et là encore, en une phrase, pas en un paragraphe.
  • Les responsabilités familiales sont une catégorie juridique, pas une excuse. Art. 36 al. 1 LTr : « Lorsqu'il fixe les heures de travail et de repos, l'employeur doit tenir compte notamment des responsabilités familiales des travailleurs. Sont réputées responsabilités familiales l'éducation des enfants jusqu'à l'âge de quinze ans ainsi que la prise en charge de membres de la parenté ou de proches exigeant des soins. »
  • Ne promettez pas une disponibilité illimitée. L'art. 321c CO ne vous oblige au travail supplémentaire que « dans la mesure où » vous « pouvez vous en charger » et « où les règles de la bonne foi permettent de le lui demander » ; l'art. 36 al. 2 LTr exige en outre votre consentement pour affecter à un travail supplémentaire une personne ayant des responsabilités familiales. Une phrase trop zélée ne peut qu'affaiblir cette position.
  • Votre solution de garde n'est pas une pièce à conviction. Écrire que les enfants sont « gardés de manière fiable » répond à une question qui n'a pas sa place dans une procédure de sélection, et l'y installe. Une incise sur la disponibilité suffit : quels jours, à partir de quand, terminé.
  • N'offrez pas le partage de poste en premier. Le terme figure dans 0,04 pour cent des annonces dont nous disposons d'un descriptif : il est pratiquement absent du texte des annonces suisses. Le proposer d'emblée revient à demander un dispositif pour lequel l'entreprise n'a le plus souvent aucune procédure interne.

Ce qui reste réellement ouvert après une pause familiale

Commencez par un inventaire ; il est plus court qu'on ne le croit. Le congé de maternité et le congé de l'autre parent se prennent pendant que le contrat court. Si vous les avez pris puis êtes revenue au même poste, vous avez été employée sans interruption et il n'y a aucun trou dans le dossier. Une lettre qui explique quelque chose d'invisible fabrique le problème qu'elle prétend résoudre.

La situation ne change que si l'absence a dépassé le congé payé : congé non payé ajouté, taux réduit, ou poste abandonné. Même alors, la lettre n'est pas l'endroit de la chronologie. Les dates vont dans le curriculum vitae, dans la même colonne et la même typographie que toute autre étape. La lettre fait autre chose : elle dit ce qui suit.

Ce qui suit tient en deux grandeurs. D'abord le taux auquel vous reprenez — et après une pause familiale, il est rarement celui que vous aviez avant. Ensuite la date à partir de laquelle vous êtes libre. Les deux sont planifiables, les deux intéressent immédiatement le lecteur, et vous êtes seule à les connaître. Tout le reste de la lettre est un argument pour le poste, non un bulletin sur votre situation.

C'est précisément ce qui distingue cette lettre de celle qu'on écrit après un licenciement ou une maladie. Là, il y a un événement, et un événement mérite une ligne factuelle. Après une pause familiale, il n'y a généralement pas d'événement mais une condition, exprimée en pourcentage. Manquer cette distinction, c'est écrire une lettre de justification dans une situation qui n'en demandait aucune.

Pourquoi le taux est la vraie question

Le marché suisse est étonnamment muet sur le sujet. Parmi les annonces de notre base dont nous disposons d'un descriptif, 78,1 pour cent ne contiennent aucun pourcentage, ni dans le titre ni dans le corps du texte. Ni « temps plein », ni « temps partiel possible », ni plage. Dans plus de trois annonces sur quatre, le taux n'est donc pas mis au concours : il est présupposé.

Et ce qui est présupposé, faute d'autre indication, c'est la semaine entière. Votre phrase n'est donc pas une exigence mais un renseignement : elle remplace une supposition tacite par un chiffre. La soulever au troisième entretien seulement, c'est avoir mené trois rendez-vous sur une prémisse fausse, avec le risque que la procédure échoue sur ce qu'une incise aurait réglé au départ.

Là où un chiffre figure, il est plus ouvert que sa réputation. Sur l'ensemble de la base, 21,9 pour cent des annonces indiquent un taux, et 16,2 pour cent de toutes les annonces — trois quarts de celles qui en indiquent un — publient explicitement une borne inférieure sous 100 pour cent. La médiane de ces bornes se situe à 80 pour cent, pour le marché entier comme pour sa partie francophone.

La particularité romande est ailleurs, et elle est de forme. Moins d'une annonce francophone chiffrée sur deux propose une fourchette, et 30,2 pour cent exigent 100 pour cent ferme, contre 24,3 pour cent côté germanophone. Le taux partiel y est donc moins souvent offert d'avance que dans l'autre moitié du pays. La conséquence pratique est simple : votre lettre ne s'insère pas dans une marge existante, elle en ouvre une.

La phrase : un chiffre, une date, une incise

La version utilisable comporte trois éléments et pas un de plus. D'abord le chiffre : « 80 pour cent », et non « un taux réduit ». Ensuite la date : « dès le 1er novembre », et non « à convenir ». Enfin, uniquement si le poste en dépend vraiment, une incise sur la répartition : « sur des jours fixes, du lundi au jeudi ». La lettre n'a besoin de rien d'autre, et tout ajout l'affaiblit.

L'erreur la plus fréquente dans cette phrase est le conditionnel. « Idéalement, je pourrais envisager un taux d'environ 80 pour cent » contient trois atténuations et aucun engagement. Le lecteur ne peut rien en planifier et lit l'hésitation comme une marge de manœuvre dans les deux sens. « Je reprends à 80 pour cent » est plus court, plus ferme, et reste tout aussi discutable ensuite.

La deuxième erreur est le motif. « Notre fille n'entrant à l'école qu'en été, 60 pour cent me conviendraient » lie votre chiffre à une circonstance appelée à changer — et fournit un argument pour rouvrir la question dès qu'elle change. Un chiffre n'a pas besoin de raison. « 60 pour cent, dès le 1er mars » se tient parfaitement seul.

Reste le cas où votre chiffre passe sous la borne publiée. Un seul ajout est alors justifié, et il est arithmétique et non émotionnel : ce qui tient entièrement dans les heures que vous proposez. « 60 pour cent répartis sur quatre jours, bouclements mensuels compris » répond à la question qui se cache derrière toute borne inférieure — la tâche entre-t-elle dans le temps disponible — plutôt que d'affirmer votre bonne volonté.

Où un taux réduit est effectivement mis au concours

Que votre phrase tombe bien dépend moins de sa formulation que de son destinataire, et les écarts entre domaines se lisent directement dans les titres d'annonces. Dans les soins et la santé, 53,7 pour cent des annonces indiquent un taux — la valeur la plus élevée de tous les domaines que nous avons dénombrés — et la médiane des bornes inférieures y descend à 60 pour cent, plus de la moitié de ces annonces allant à 60 pour cent ou en dessous.

À l'autre extrémité se trouve la technique. Dans le logiciel et l'ingénierie, 9,1 pour cent seulement des annonces indiquent un taux, et parmi elles 4,9 pour cent descendent à 60 pour cent ou moins. Cela ne signifie pas que personne n'y travaille à temps partiel : cela signifie que l'annonce n'en dit rien et que votre phrase est la première mention du sujet dans la procédure. Raison de plus pour la poser tôt et sobrement.

Entre les deux se situent les métiers commerciaux : 36,0 pour cent des annonces d'administration et de gestion indiquent un taux, 26,0 pour cent en fiduciaire et finance, 22,3 pour cent dans le commerce de détail, avec une médiane de borne inférieure à 80 pour cent dans les trois cas. Revenir à 80 pour cent y correspond à la norme publiée, non à une faveur — cela vaut la peine de le savoir avant de se convaincre de demander moins.

Un dernier repère, propre au marché romand : 4,4 pour cent des annonces francophones sont explicitement signalées comme postes à temps partiel, contre 7,7 pour cent des germanophones. L'écart n'est pas un jugement sur les employeurs romands ; c'est une indication de méthode. Là où l'annonce ne classe presque jamais le poste comme partiel, la question ne se réglera pas par un filtre de recherche mais par la phrase que vous écrivez.

Ce que la loi règle déjà pour vous

La loi sur le travail traite votre situation comme une catégorie à part entière, et cela vaut mieux dans une lettre que toute déclaration d'intention. La section s'intitule « Travailleurs ayant des responsabilités familiales » et l'art. 36 al. 1 les définit explicitement : l'éducation des enfants jusqu'à quinze ans ainsi que la prise en charge de proches ou de membres de la parenté exigeant des soins. Qui entre dans cette définition ne quémande pas de la compréhension : il relève d'une norme.

Deux conséquences concrètes figurent juste à côté. Selon l'art. 36 al. 2 LTr, ces travailleurs « ne peuvent être affectés à un travail supplémentaire sans leur consentement » et, « à leur demande, une pause de midi d'au moins une heure et demie doit leur être accordée ». Rien de tout cela ne se sollicite, et surtout pas dans une lettre de candidature. Tout cela s'applique dès le premier jour de travail.

À distinguer des heures supplémentaires de l'art. 321c CO, c'est-à-dire du travail au-delà de la durée convenue. Vous n'y êtes tenue que « dans la mesure où » vous « pouvez vous en charger » et où « les règles de la bonne foi » permettent de vous le demander. Les deux critères sont élastiques et les deux jouent en votre faveur — à moins qu'une ligne trop empressée dans votre lettre ne les recouvre. « Entièrement flexible en tout temps » est exactement cette ligne.

Pour l'enfant malade, la même loi fournit un chiffre. Selon l'art. 36 al. 3 LTr, sur présentation d'un certificat médical, l'employeur doit accorder un congé pour la prise en charge d'un membre de la famille ou du partenaire atteint dans sa santé, limité au temps nécessaire mais « ne doit pas dépasser trois jours par cas » ; l'al. 4 plafonne le total à dix jours par an en dehors de la prise en charge des enfants. Rien de cela n'a sa place dans la lettre — mais tout cela doit être su avant de s'engager en entretien.

Ce qui abîme la lettre

D'abord l'expression elle-même. « Congé parental » désigne un droit que le droit suisse du travail ne connaît pas sous cette forme : il existe ici un congé de maternité, un congé de l'autre parent, et le congé non payé que l'on a négocié. Employée telle quelle dans une lettre suisse, l'expression demande discrètement au lecteur de traduire. Si votre phrase porte de toute façon sur un pourcentage et une date, aucun de ces mots n'est nécessaire.

Ensuite la boucle de gratitude. « Je suis très reconnaissante de pouvoir me réinsérer dans la vie professionnelle » redistribue les rôles avant même le premier entretien. Vous postulez à un poste que quelqu'un cherche à pourvoir ; la pause est une période de votre parcours, pas une faveur qu'on vous accorde. Le ton fait ici plus de dégâts que le contenu.

Laissez également de côté l'inventaire de ce que vous avez organisé pendant la pause. Le comité de l'association de parents, la liste d'attente de la crèche, la grand-mère le mercredi : c'est de la logistique, et la logistique n'est pas un argument pour un poste. Un élément daté — un certificat obtenu, un mandat, une mission — se lit tout autrement, parce qu'il se compte dans la même monnaie que le reste du dossier.

Enfin, la promesse de flexibilité étirée à l'excès. Il est frappant de voir à quelle fréquence l'autre partie emploie ce mot sans le remplir : 6,9 pour cent des annonces francophones pourvues d'un descriptif réclament flexibilité, résistance ou disponibilité, tandis que 1,1 pour cent seulement mentionnent le travail en équipes, le week-end ou le piquet. L'exigence est donc presque toujours abstraite. La meilleure réponse n'est pas une promesse tout aussi abstraite, mais votre indication concrète : chiffre, jours, date.

Les indications de marché proviennent de notre analyse continue des annonces d'emploi suisses que nous avons répertoriées, état août 2026. Les taux d'occupation sont lus dans le titre de l'annonce tel qu'il est rédigé ; une fourchette telle que « 80–100 % » est comptée par sa borne inférieure. Les indications portant sur le texte des annonces se rapportent à celles dont nous disposons d'un descriptif, soit environ trois quarts du fonds : un terme absent signifie donc « non mentionné » et pas nécessairement « impossible ». Nous publions des parts, jamais des volumes absolus ; des écarts d'arrondi sont possibles. Les références juridiques renvoient à la loi sur le travail et au code des obligations dans leur version publiée sur fedlex.admin.ch et ne remplacent pas un conseil juridique.

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Sources

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Ce que notre index d’offres dit du marché suisse

Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.

Langue de rédaction des annonces

Deutsch
60%
English
23%
Français
13%
Italiano
3%

Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant

Deutsch
70%
English
43%
Français
21%
Italiano
3%

19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%