Toutes les questions

ORP & chômage

Quel est le montant de l’indemnité de chômage ?

Mis à jour:

En bref

L’indemnité journalière pleine et entière s’élève à 80 % du gain assuré. Elle tombe à 70 % pour l’assuré qui n’a pas d’obligation d’entretien envers des enfants de moins de 25 ans, dont l’indemnité journalière entière dépasserait CHF 140 et qui ne touche pas de rente d’invalidité d’au moins 40 % (art. 22 LACI). Le gain assuré est plafonné à CHF 148’200 par an, soit CHF 12’350 par mois : dans la tranche à 70 %, cela donne au maximum quelque CHF 8’645 bruts par mois moyen.

Seules la décision de votre caisse de chômage et les informations de votre ORP font foi. Toute appréciation se fait au cas par cas. Ce texte est rédactionnel et ne constitue pas un conseil juridique.

Le gain assuré n’est pas votre dernier salaire. C’est la moyenne des six derniers mois de cotisation avant le délai-cadre d’indemnisation — ou des douze derniers si cette moyenne est plus élevée (art. 37 OACI). Les allocations régulières convenues contractuellement entrent dans le calcul pour autant qu’elles soient soumises à l’AVS et ne compensent pas des inconvénients liés au travail ; un gain accessoire, réalisé en dehors de l’horaire normal, n’est pas assuré (art. 23 LACI).

Entre ce chiffre et le montant versé s’intercalent trois choses : les jours d’attente du début, le nombre de jours ouvrables du mois concerné et les cotisations sociales. C’est la raison pour laquelle le premier décompte est presque toujours plus maigre que ne le laisse croire le simple calcul du pourcentage.

Part de l’ancien salaire mensuel réellement remplacée — tranche à 70 %
Part de l’ancien salaire mensuel réellement remplacée — tranche à 70 %Salaire CHF 6’00070%Salaire CHF 9’00070%Salaire CHF 12’350 (plafond)70%Salaire CHF 15’00057.6%Salaire CHF 18’00048%Salaire CHF 22’00039.3%Salaire CHF 25’00034.6%

Calcul pour une personne sans obligation d’entretien envers des enfants de moins de 25 ans. Gain assuré plafonné à CHF 148’200 par an, soit CHF 12’350 par mois (art. 23 al. 1 LACI en lien avec l’art. 22 al. 1 OLAA), indemnité journalière à 70 % de ce montant (art. 22 al. 2 LACI). Montants bruts, avant jours d’attente, cotisations et impôts. État des textes : 1er janvier 2026.

  • 80 % : avec une obligation d’entretien envers des enfants de moins de 25 ans, avec un gain assuré ne dépassant pas CHF 3’797 par mois, ou avec une rente d’invalidité d’au moins 40 % (art. 22 al. 2 LACI).
  • Plafond : gain assuré de CHF 148’200 par an au maximum, soit CHF 12’350 par mois (art. 23 al. 1 LACI, art. 22 al. 1 OLAA).
  • Plancher : un gain qui n’atteint pas CHF 500 par mois pendant la période de calcul n’est pas assuré du tout (art. 40 OACI).
  • Le gain journalier s’obtient en divisant le gain mensuel par 21.7 (art. 40a OACI) ; cinq indemnités journalières sont payées par semaine (art. 21 LACI).
  • Jours d’attente : de zéro à 20, échelonnés selon le gain assuré et les obligations d’entretien (art. 18 al. 1 LACI, art. 6a OACI).
  • Déductions sur l’indemnité : AVS/AI/APG, cotisation de prévoyance professionnelle couvrant le décès et l’invalidité, et au plus deux tiers de la prime d’assurance-accidents non professionnels (art. 22a LACI).

Le montant de l'indemnité : 70 % ou 80 %

SituationPart du gain assuréBase légale
Avec obligation d'entretien envers des enfants80 %LACI art. 22 al. 1
Gain assuré jusqu'à CHF 3’797/mois80 %LACI art. 22 al. 1
Rente d'invalidité à partir d'un certain degré80 %LACI art. 22 al. 1
Tous les autres cas70 %LACI art. 22 al. 2
Supplément pour enfantsen plus de l'allocation familialeLACI art. 22 al. 1
Déductions sur l'indemnitéAVS/AI/APG, AC, LPP, AANP comme sur un salaireLACI art. 22a

Selon l'art. 22 LACI. Le gain assuré est le salaire moyen des six (ou douze) derniers mois, plafonné au maximum LACI. La caisse calcule le cas individuel — ce tableau dit quelle ligne vous concerne. État au 7 septembre 2026.

Les deux taux, et la ligne des CHF 3’797

La loi n’exprime pas la bascule entre les deux taux en salaire, mais en indemnité journalière. L’art. 22 al. 2 let. b LACI vise l’assuré qui bénéficie d’une indemnité journalière entière dont le montant dépasse CHF 140. Ramené au mois par le diviseur légal, ce montant journalier correspond à un gain assuré de CHF 3’797 — le chiffre que le SECO publie dans sa FAQ sur l’indemnité de chômage et dans son guide destiné aux assurés.

Les deux autres portes d’entrée dans la tranche à 80 % ne dépendent pas du montant. Une obligation d’entretien envers des enfants de moins de 25 ans y donne accès quel que soit le gain, de même qu’une rente d’invalidité correspondant à un degré d’invalidité de 40 % au moins. Les trois conditions de l’art. 22 al. 2 LACI doivent être remplies simultanément pour que le taux inférieur s’applique.

S’y ajoute un supplément que beaucoup ignorent : l’assuré perçoit, en plus de l’indemnité, le montant calculé par jour des allocations familiales auxquelles il aurait droit s’il avait un emploi, mais uniquement si ces allocations ne lui sont pas versées pendant le chômage et si aucune personne exerçant une activité lucrative ne peut les faire valoir pour le même enfant (art. 22 al. 1 LACI).

Le plafond, ou le moment où le pourcentage cesse d’être vrai

Tant que l’ancien salaire reste sous le plafond, le calcul est linéaire : 70 ou 80 % de la moyenne, et c’est tout. Au-dessus, le pourcentage devient trompeur. L’art. 23 al. 1 LACI déclare le montant maximum du gain assuré identique à celui de l’assurance-accidents obligatoire, et l’art. 22 al. 1 OLAA le fixe à CHF 148’200 par an. Divisé par douze, cela fait CHF 12’350 par mois ; tout ce qui dépasse n’est tout simplement pas assuré.

Dans la tranche à 70 %, l’indemnité s’arrête donc autour de CHF 8’645 bruts pour un mois moyen, quelle que soit la hauteur de l’ancien salaire. Une personne qui gagnait CHF 15’000 voit environ 57.6 % de sa rémunération remplacée ; à CHF 18’000, quelque 48 % ; à CHF 25’000, à peine 34.6 %. L’assurance n’est volontairement pas proportionnelle vers le haut.

En valeurs journalières : CHF 12’350 divisés par 21.7 donnent un gain journalier assuré d’environ CHF 569. Il en résulte une indemnité d’environ CHF 455 par jour dans la tranche à 80 % et d’environ CHF 398 dans celle à 70 %. Ce sont, en pratique, les deux plafonds du système.

Pourquoi votre mois compte 21.7 jours

L’indemnité de chômage est versée sous forme d’indemnités journalières et cinq indemnités journalières sont payées par semaine, du lundi au vendredi (art. 21 LACI). Le gain journalier se détermine en divisant le gain mensuel par 21.7 (art. 40a OACI). Ce 21.7 est la moyenne annuelle des jours ouvrables d’un mois, pas un arrondi de commodité.

Conséquence pratique : un mois réel compte entre 20 et 23 jours ouvrables selon le calendrier. Le montant versé varie donc d’un mois à l’autre alors que le droit, lui, n’a pas bougé d’un franc. Un mois à 20 jours ouvrables rapporte environ huit pour cent de moins que la moyenne de 21.7 jours, un mois à 23 environ six pour cent de plus, à gain assuré et à taux identiques.

Avant de conclure à une réduction, comparez donc d’abord le nombre d’indemnités journalières décomptées, et seulement ensuite le taux appliqué. La plupart des baisses apparentes sont du calendrier, pas une décision.

Les jours d’attente sont une franchise

Le droit à l’indemnité commence à courir après un délai d’attente de cinq jours de chômage contrôlé. Pour les personnes sans obligation d’entretien envers des enfants de moins de 25 ans, ce délai s’allonge avec le revenu : dix jours pour un gain assuré compris entre CHF 60’001 et CHF 90’000, quinze jours entre CHF 90’001 et CHF 125’000, vingt jours au-delà (art. 18 al. 1 LACI).

Vers le bas, il disparaît. Le délai d’attente général ne s’applique pas aux assurés dont le gain assuré ne dépasse pas CHF 36’000 par an, ni à ceux dont le gain se situe entre CHF 36’001 et CHF 60’000 et qui ont une obligation d’entretien envers des enfants de moins de 25 ans (art. 6a al. 2 et 3 OACI). Il ne doit être observé qu’une seule fois durant le délai-cadre d’indemnisation.

Le coût se chiffre. Avec un gain assuré de CHF 100’000 par an et sans obligation d’entretien, quinze jours d’attente sont dus ; l’indemnité journalière avoisine CHF 269 dans la tranche à 70 %, si bien que l’attente représente environ CHF 4’030 jamais versés. Des délais d’attente spéciaux peuvent s’y ajouter : un jour après une activité saisonnière, cinq jours pour la plupart des personnes libérées des conditions relatives à la période de cotisation, et 120 jours lorsque cette libération repose sur une formation scolaire, une reconversion ou un perfectionnement (art. 6 OACI).

Du brut au compte bancaire

L’indemnité de chômage est réputée salaire déterminant au sens de la LAVS. La caisse déduit donc la part du travailleur aux cotisations AVS, AI et APG et la verse à la caisse de compensation avec la part patronale qu’elle assume elle-même (art. 22a al. 1 et 2 LACI).

Deux autres retenues suivent. Pour maintenir la couverture de prévoyance en cas de décès et d’invalidité, la caisse prélève une cotisation de prévoyance professionnelle (art. 22a al. 3 LACI) : le texte vise le décès et l’invalidité, pas la vieillesse, de sorte qu’aucun avoir de vieillesse ne se constitue pendant le chômage. Elle retient en outre au plus deux tiers de la prime de l’assurance obligatoire contre les accidents non professionnels (art. 22a al. 4 LACI). Aucune prime n’est perçue pour les jours de suspension et les jours d’attente.

Ce qui n’est pas prélevé, c’est une nouvelle cotisation d’assurance-chômage : l’indemnité ne s’assure pas elle-même. En revanche, la caisse déduit l’impôt à la source pour les ressortissants étrangers qui y sont soumis, et pour tous les autres l’indemnité constitue un revenu imposable, l’art. 23 let. a LIFD visant tous les revenus qui remplacent le revenu de l’activité lucrative.

Dernier point, souvent découvert trop tard : les prestations de vieillesse de l’AVS et de la prévoyance professionnelle sont déduites de l’indemnité de chômage (art. 18c LACI), y compris les rentes de vieillesse versées par une assurance étrangère, obligatoire ou facultative.

Combien de temps, et pas seulement combien

Le taux ne dit pas grand-chose tant que la durée reste ouverte. L’art. 27 LACI échelonne le nombre maximum d’indemnités journalières selon la période de cotisation et l’âge : 200 au plus jusqu’à 25 ans révolus sans obligation d’entretien envers des enfants, 260 au plus avec douze mois de cotisation, 400 au plus avec dix-huit mois, et 520 au plus avec au moins 22 mois combinés à 55 ans révolus ou à une rente d’invalidité d’au moins 40 %.

L’assuré qui se retrouve au chômage dans les quatre années précédant l’âge de référence peut recevoir jusqu’à 120 indemnités journalières supplémentaires (art. 27 al. 3 LACI). Les personnes libérées des conditions relatives à la période de cotisation ont droit à 90 indemnités au plus.

Pour ces mêmes personnes, ainsi que pour celles qui touchent l’indemnité au sortir d’une formation professionnelle initiale, la caisse ne part pas d’un ancien salaire mais de forfaits : CHF 153 par jour pour un diplôme du degré tertiaire, CHF 127 pour un diplôme du degré secondaire II, CHF 102 pour les autres personnes de 20 ans et plus et CHF 40 pour celles de moins de 20 ans (art. 41 al. 1 OACI). Ces forfaits sont réduits de moitié lorsque la libération tient à une formation scolaire, une reconversion ou un perfectionnement, que la personne a moins de 25 ans et qu’elle n’a pas d’obligation d’entretien envers des enfants.

Qui s’approche de la ligne de bascule : ce que montrent nos annonces

Pour un assuré sans enfant, la tranche applicable dépend uniquement du niveau du gain assuré — et ce niveau suit le taux d’occupation des six ou douze derniers mois. Un poste à 60 % produit un salaire moyen à 60 %, donc un gain assuré abaissé d’autant.

Notre propre stock d’annonces suisses montre à quel point cette exposition est inégalement répartie. Dans l’enseignement, 34.9 % des annonces proposent moins d’un plein temps ; dans les soins, 19.7 % ; dans la vente, 12.3 % ; dans les fonctions commerciales et les ressources humaines, 10.3 % chacune. À l’autre extrémité : la construction à 0.5 %, l’informatique à 1.8 %, les métiers de l’ingénierie à 2.0 % et la logistique à 2.5 %.

L’écart est donc d’environ un à septante. Venir d’un domaine où le temps partiel est la norme rend nettement plus probable une entrée au chômage avec un gain assuré situé sous la ligne de bascule : au taux supérieur de 80 %, mais sur une base plus petite. Venir de la construction ou de l’informatique, c’est ne presque jamais rencontrer cette ligne — et rencontrer le plafond bien plus souvent.

Les deux effets réunis expliquent pourquoi deux personnes dont la décision mentionne le même pourcentage touchent des montants sans rapport, et pourquoi la question reste sans réponse tant que votre propre gain assuré n’est pas connu. Le chiffre qui fait foi figure sur la décision de votre caisse de chômage ; l’ORP, lui, ne le calcule pas.

Références légales tirées de la LACI (RS 837.0) et de l’OACI (RS 837.02) dans leur teneur en vigueur au 1er janvier 2026, plafond selon l’art. 22 al. 1 OLAA ; les montants en francs figurant dans le texte en sont calculés et arrondis au franc. Les parts de temps partiel proviennent de notre propre stock d’annonces suisses, état août 2026.

Inscription à l'ORP : délais, obligations et preuves

Sources

Questions liées

← Toutes les questions

Ce que notre index d’offres dit du marché suisse

Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.

Langue de rédaction des annonces

Deutsch
60%
English
23%
Français
13%
Italiano
3%

Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant

Deutsch
70%
English
43%
Français
21%
Italiano
3%

19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%