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Que signifie 80–100 % dans une annonce d’emploi en Suisse ?

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En bref

« 80–100 % » est le taux d’occupation : la part de la semaine que l’employeur considère comme complète. La fourchette signifie qu’il engagera quelqu’un pour quatre à cinq jours et fixera le chiffre exact avec la personne retenue. Ce n’est pas un plein temps payé quatre-vingts pour cent — en Suisse le pourcentage détermine à la fois l’horaire et le salaire. Et ce n’est que rarement une offre de temps partiel : parmi les annonces que nous recensons dont l’intitulé porte une fourchette, 66,0 pour cent de ces fourchettes commencent à quatre-vingts.

Une particularité mérite d’être signalée d’emblée à qui lit surtout des annonces en français. La fourchette n’y est pas le réflexe qu’elle est en allemand. Parmi les annonces francophones qui indiquent un taux dans l’intitulé, 50,6 pour cent donnent une fourchette et 49,4 pour cent un chiffre unique — soit presque une sur deux. Du côté germanophone, la fourchette domine nettement, avec 67,5 pour cent. Un « à 80 % » dans une annonce en français est donc plus souvent une décision déjà prise qu’une invitation à négocier.

Le chiffre lui-même reste malgré tout la même convention nationale. Toutes langues confondues, 22,1 pour cent des annonces que nous recensons portent un taux dans l’intitulé, et parmi les fourchettes, 65,5 pour cent s’écrivent exactement « 80–100 % ». En français comme en allemand, cette forme représente environ quatre indications de taux sur dix.

Part des indications de taux qui prennent la forme d’une fourchette
Part des indications de taux qui prennent la forme d’une fourchetteAnnonce en allemand67.5%Annonce en anglais55%Annonce en français50.6%

Parmi les annonces dont l’intitulé indique un taux d’occupation, part de celles qui donnent une fourchette plutôt qu’un chiffre unique, par langue de l’annonce. Analyse courante des annonces suisses que nous recensons, 31 août 2026.

  • Le taux d’occupation est une part de la semaine d’un employeur donné, pas d’une durée fixée au niveau national.
  • Seules 17,1 pour cent des annonces francophones indiquent un taux dans l’intitulé, contre 33,1 pour cent des annonces germanophones.
  • 85,2 pour cent des fourchettes se terminent à cent pour cent ; 14,8 pour cent seulement s’arrêtent en dessous.
  • Confédération : 100 % vaut 41,5 heures par semaine (art. 64 OPers). Canton de Genève : 40 heures (art. 7 RPAC). Canton du Tessin : 42 heures.
  • Les vacances de l’art. 329a CO se comptent en semaines : un taux réduit ne réduit pas le nombre de semaines.

Le taux d'occupation et ce qu'il signifie

IndicationSignificationCe que cela implique
100 %Plein temps, en général 42–43 heuresAucune souplesse annoncée
80–100 %L'employeur accepte les deuxPostulez en indiquant le taux souhaité
60–80 %Temps partiel, fourchette ouverteLa valeur basse est souvent celle qui est visée
50 %Mi-temps fixeSouvent un poste partagé — demandez pour l’autre moitié
20–40 %Activité accessoireVérifiez les assurances : sous CHF 2’300/an, pas d’AVS due
Non indiqué76,9 % des annoncesÀ demander au premier contact — la question n'a rien d'impoli

Sur 22’859 annonces suisses ouvertes au 5 septembre 2026, 23,1 % indiquent le taux dès le titre — 58 % d'entre elles sous forme de fourchette. La fourchette est une marge de négociation, pas une coquille.

Un pourcentage de quoi ? Cent pour cent n’est pas un chiffre légal

Le droit fédéral ne définit nulle part la durée d’un plein temps. La loi sur le travail ne fixe qu’un plafond : selon l’art. 9 LTr, la durée maximale de la semaine de travail est de 45 heures pour les travailleurs occupés dans les entreprises industrielles ainsi que pour le personnel de bureau, le personnel technique et les autres employés, y compris le personnel de vente des grandes entreprises de commerce de détail, et de 50 heures pour tous les autres. Les mots « plein temps », « temps partiel » et « taux d’occupation » ne figurent pas dans cette loi.

On voit l’écart chez les employeurs qui publient leurs règles. Pour le personnel fédéral, l’art. 64 OPers dispose que « la durée moyenne de la semaine de travail est de 41,5 heures » et que cette durée « est réduite en fonction du taux d’occupation pour les personnes occupant un poste à temps partiel ». À Genève, l’art. 7 RPAC est explicite : « La durée hebdomadaire du travail est de 40 heures pour un emploi à plein temps. » Au Tessin, l’art. 69 LORD retient 42 heures.

Trois employeurs publics dans le même pays, trois semaines différentes, cinq pour cent d’écart. Un poste à 100 % à Genève compte donc moins d’heures qu’un poste à 96 % au Tessin, et « 80 % » ne devient une quantité de temps qu’une fois connue la semaine de référence. Sur une semaine de 41,5 heures, un point de pourcentage vaut environ 25 minutes ; les vingt points entre quatre-vingts et cent valent 8,3 heures, c’est-à-dire une journée de travail et rien d’autre.

Cette question se pose avant toute comparaison de salaires. Entre une semaine de 40 heures et une de 42, il y a plus d’une semaine de travail d’écart sur l’année, à pourcentage annoncé identique.

Pour qui vient de France : le pourcentage ne se lit pas sur la même base

La comparaison la plus utile pour un frontalier ou une personne qui s’installe est aussi la moins souvent écrite. En France, la durée légale du travail pour un temps complet dans le secteur privé est fixée à 35 heures par semaine, des dispositions conventionnelles pouvant prévoir une durée supérieure ou inférieure. En Suisse, il n’existe pas d’équivalent : la loi ne pose qu’un plafond, et la semaine complète se règle dans le contrat ou la convention collective.

Le calcul qui en découle surprend régulièrement. Un poste suisse à 80 % chez un employeur dont la semaine complète est de 42 heures représente 33,6 heures — moins qu’un temps complet français. Un 100 % à 42 heures représente à l’inverse un cinquième d’heures de plus. Lire « 80 % » comme « à peine plus qu’un mi-temps et demi » conduit donc à sous-estimer nettement l’engagement réel.

La conséquence pratique est la même dans les deux sens. Si vous comparez une offre suisse à un poste que vous occupez de l’autre côté de la frontière, comparez des heures, pas des pourcentages. Et demandez le chiffre : il figure dans le contrat, presque jamais dans l’annonce.

Le raisonnement vaut aussi à l’intérieur de la Suisse pour qui change de canton ou passe du public au privé. Le pourcentage est portable d’un employeur à l’autre ; les heures qu’il recouvre ne le sont pas.

Ce que la fourchette signale réellement

Une fourchette élargit le vivier de candidatures sans rien coûter à l’employeur, et elle repousse une décision difficile à prendre d’avance. Savoir si un poste tient en quatre jours dépend de la personne qui l’occupe et de ce que le reste de l’équipe couvre ; ni l’un ni l’autre n’est connu au moment de la publication.

Là où le travail est lié à un horaire d’ouverture ou à un tour de service, la fourchette disparaît. Parmi les annonces indiquant un taux, 87,1 pour cent des postes de gestion de projet donnent une fourchette et 76,1 pour cent des postes de soins également, contre 49,0 pour cent seulement dans la vente. On ne planifie pas un tour de service « quelque part entre quatre-vingts et cent ».

La distribution des fourchettes est la partie à lire attentivement. 85,2 pour cent se terminent à cent, 72,4 pour cent font exactement vingt points de large, et 30,9 pour cent seulement descendent à soixante ou en dessous. La fourchette suisse caractéristique n’est pas une ouverture vers le temps partiel : c’est un plein temps avec une journée de marge.

Lisez donc le second chiffre plutôt que le premier. Une fourchette qui s’arrête sous cent — « 60–80 % », « 40–60 % » — décrit un poste conçu comme réduit. C’est le cas de 14,8 pour cent des fourchettes, et ce sont les annonces où demander un taux bas ne va pas contre le texte de l’annonce.

Ce que « 80–100 % » ne veut pas dire

Cela ne veut pas dire un horaire complet payé quatre-vingts pour cent. Cette lecture vient de marchés où le taux d’occupation ne s’exprime pas en pourcentage. Ici, le pourcentage est l’objet du contrat : il fixe l’horaire et la rémunération d’un seul mouvement. L’art. 38 OPers le dit sans détour pour la Confédération : pour les employés à temps partiel, le salaire, l’indemnité de résidence et les allocations correspondent au taux d’occupation. Dans le privé, la même règle figure dans le contrat plutôt que dans une ordonnance.

Cela ne réduit pas non plus vos vacances. L’art. 329a CO impose à l’employeur d’accorder au travailleur, chaque année de service, quatre semaines de vacances au moins, et cinq semaines au moins jusqu’à l’âge de 20 ans révolus. Il s’agit de semaines, pas d’heures. À 80 %, vous avez les mêmes quatre semaines ; elles contiennent simplement moins d’heures payées. La réduction proportionnelle prévue par le même article vise une année de service incomplète, pas un taux réduit.

Enfin, cela ne fait pas du poste un temps partiel. C’est là que la notation induit le plus régulièrement en erreur. Deux tiers des fourchettes commencent à quatre-vingts et 17,4 pour cent seulement descendent à cinquante ou en dessous. Qui cherche un 60 % et prend toute annonce à fourchette pour une offre de temps partiel se constitue une liste dont la majeure partie ne l’a jamais été.

Le bas de la fourchette engage plus qu’un horaire

Quand une fourchette descend loin — « 20–40 % », « 20–80 % » —, le chiffre retenu cesse d’être une simple question d’horaire. Deux seuils de l’assurance sociale dépendent de la taille du poste et non du pourcentage affiché.

Le premier concerne les accidents. L’art. 13 OLAA prévoit que « les travailleurs à temps partiel occupés chez un employeur au moins huit heures par semaine sont également assurés contre les accidents non professionnels ». En dessous de ce minimum, seuls les accidents professionnels sont couverts, les accidents survenus sur le trajet entre le domicile et le lieu de travail étant alors réputés professionnels. Huit heures représentent entre 19,0 et 20,0 pour cent d’une semaine complète selon l’employeur : le seuil se situe donc autour d’un cinquième, et un taux de 20 % est juste sur la ligne.

Le second concerne la prévoyance professionnelle. Selon l’art. 2 al. 1 LPP, sont soumis à l’assurance obligatoire les salariés de plus de 17 ans qui reçoivent d’un même employeur un salaire annuel supérieur à CHF 22’680. Savoir si un petit taux franchit ce seuil dépend du salaire à plein temps du poste et ne se règle pas en pourcentage — la question se pose avant la signature, en particulier si vous cumulez deux petits engagements chez des employeurs différents, chaque rapport de travail étant apprécié séparément.

Des seuils internes existent aussi. Chez la Confédération, les employés dont le taux d’occupation est inférieur à cinquante pour cent ne reçoivent les prestations complémentaires à l’allocation familiale qu’en cas de rigueur (art. 51a OPers). Ce genre de règle figure dans le règlement du personnel ou la convention collective, jamais dans l’annonce.

Ce que vous en faites dans votre candidature

Donnez un chiffre. Une fourchette est une question qui vous est adressée, et une candidature qui n’y répond pas reporte la clarification à un moment où les deux parties ont déjà investi du temps. Une phrase dans la lettre suffit : le taux souhaité, à partir de quand, et comment vous le répartiriez sur la semaine.

Donnez le chiffre que vous voulez, pas celui que vous croyez attendu. Si l’annonce dit 80–100 %, quatre-vingts est explicitement proposé et n’appelle ni excuse ni justification formulée comme une limite. Annoncer cent pour ne froisser personne, puis demander à réduire ensuite, revient à négocier depuis la position la plus faible — et dans un système où le pourcentage est inscrit au contrat, réduire signifie modifier le contrat.

Demandez tôt combien d’heures valent cent pour cent. À 42 heures, 80 % font 33,6 heures ; à 40 heures, 32. L’écart approche l’heure et demie par semaine et rend deux salaires annoncés « pour un 100 % » non comparables tant qu’il n’est pas connu.

Réglez enfin la répartition en même temps que le niveau. Quatre-vingts pour cent, ce sont quatre journées pleines ou cinq journées plus courtes ; pour une garde d’enfants, une formation ou un trajet qui traverse une frontière cantonale ou nationale, cette répartition compte davantage que le pourcentage. Elle ne figure presque jamais dans l’annonce et presque toujours dans le contrat.

Quand l’annonce ne dit rien

77,9 pour cent des annonces que nous recensons ne portent aucun pourcentage dans l’intitulé, et l’absence est plus fréquente en français : 17,1 pour cent des annonces francophones en indiquent un, contre 33,1 pour cent des germanophones. Ce silence ne signifie pas que le poste est à plein temps ; il signifie que l’employeur n’a pas répondu à cet endroit.

Le taux figure parfois dans le corps du texte, parfois nulle part. Dans les deux cas, la conséquence pratique est que vous nommez le chiffre en premier plutôt qu’en second — ce qui est plutôt un avantage, tant que la tâche se divise et que vous dites comment vous la couvririez au taux demandé.

Parts issues de notre analyse courante des annonces suisses que nous recensons, état au 31 août 2026. Ce qui est mesuré est le taux d’occupation indiqué dans l’intitulé de l’annonce : un pourcentage ou une fourchette de pourcentages. Les taux mentionnés uniquement dans le corps du texte ne sont pas comptés ; la diffusion réelle est donc supérieure aux 22,1 pour cent indiqués ici. La langue d’une annonce est détectée automatiquement et reste indéterminable pour une partie du corpus ; ces annonces ne comptent que dans les totaux. Nous publions des parts, jamais des effectifs absolus. Les indications relatives à la durée du travail, aux vacances et aux assurances reproduisent l’état des textes cités et ne constituent pas un conseil juridique.

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Sources

Questions liées

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Ce que notre index d’offres dit du marché suisse

Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.

Langue de rédaction des annonces

Deutsch
60%
English
23%
Français
13%
Italiano
3%

Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant

Deutsch
70%
English
43%
Français
21%
Italiano
3%

19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%