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Que signifie m/w/d dans une annonce d’emploi en Suisse ?

Mis à jour:

En bref

m/w/d est une abréviation allemande : männlich, weiblich, divers, soit masculin, féminin, divers. Elle indique que le poste est ouvert à toutes et à tous. La troisième lettre vient du droit allemand : la loi allemande sur l’état civil autorise la mention « divers » à la naissance, et le paragraphe 11 de la loi allemande sur l’égalité de traitement dispose en une phrase qu’un poste ne peut pas être mis au concours en violation de l’interdiction de discriminer. Le droit suisse ne connaît ni l’une ni l’autre : le registre de l’état civil ne retient que « sexe : masculin/féminin », et aucune loi suisse n’impose cette parenthèse.

En Suisse romande, la forme courante n’est d’ailleurs pas celle-là. Sur les annonces rédigées en français que nous recensons, 86,6 % des mentions de genre appartiennent à la famille h/f — homme, femme — et seulement 13,4 % reprennent les lettres m/f ou m/w. Croiser un « (m/w/d) » dans une annonce francophone est donc, dans la plupart des cas, le signe qu’elle a été rédigée ou pilotée depuis la Suisse alémanique.

L’écart le plus net porte sur la troisième lettre. Toutes langues confondues, 88,4 % des mentions de genre en comportent une. Dans les annonces francophones, ce n’est le cas que de 50,3 % : une mention sur deux reste « (h/f) », deux lettres et rien de plus. La Romandie a adopté la parenthèse bien avant d’adopter le troisième terme, et une bonne moitié du marché francophone ne l’a toujours pas fait.

Les mentions de genre dans les intitulés francophones
Les mentions de genre dans les intitulés francophonesh/f43.8 % des mentionsh/f/d15.8 % des mentionsf/h/d10.3 % des mentionsh/f/x9.9 % des mentionsm/f/d7.2 % des mentionsf/h5.1 % des mentionsm/f/x1.9 % des mentions

Part de l’ensemble des intitulés rédigés en français qui portent une mention de genre. Analyse courante des annonces suisses que nous recensons, état au 31 août 2026.

  • m = männlich (masculin), w = weiblich (féminin), d = divers. Les lettres sont allemandes, d’où le w et le d plutôt que f et x.
  • 71,3 % de l’ensemble des intitulés que nous recensons ne portent aucune mention de genre.
  • Parmi les mentions francophones : 43,8 % sont « h/f », 15,8 % « h/f/d », 10,3 % « f/h/d » et 9,9 % « h/f/x ».
  • Quand une mention francophone comporte une troisième lettre, c’est un x dans 29,9 % des cas — la part la plus élevée des quatre langues.
  • Seuls 29,2 % des employeurs de notre corpus utilisent une mention : c’est une caractéristique de leur modèle d’annonce, pas du poste.

Les abréviations des annonces suisses

AbréviationSignifieCe que cela vous dit
h/fhomme / femmela forme ancienne, encore courante
m/w/dmasculin / féminin / diversrepris de l'allemand
m/w/xla même chose, autre graphieplus fréquent en Suisse que m/w/d
(a)neutre, « tous genres »surtout tech et start-up
80–100 %taux d'occupation, pas le salairevoir le tableau des taux
a. i.ad interim — reprise temporairesouvent un poste de direction limité
h/f 100 % ou temps partielles deux sont possiblesle taux est négociable

Les marqueurs de genre ne sont pas exigés par la loi — ce sont des conventions, et celle qu'une entreprise choisit en dit plus sur elle que sur le poste.

h/f et m/w/d ne disent pas exactement la même chose

« h/f » nomme deux genres. « m/w/d » en nomme trois. La différence n’est pas typographique, elle est de contenu, et elle se mesure. Sur les annonces francophones que nous recensons, 43,8 % des mentions sont un simple « h/f » et 5,1 % un « f/h ». Les formes à trois lettres suivent : « h/f/d » 15,8 %, « f/h/d » 10,3 %, « h/f/x » 9,9 %, « m/f/d » 7,2 %.

La lettre choisie pour ce troisième terme distingue nettement la Romandie du reste du pays. Quand une mention francophone en comporte une, c’est un « d » dans 70,1 % des cas et un « x » dans 29,9 %. En allemand, le « d » représente 98,6 % des troisièmes lettres et le « x » à peine 1,0 %. Autrement dit : là où l’alémanique importe le terme juridique allemand tel quel, le français lui préfère nettement plus souvent une lettre neutre qui ne renvoie à aucun texte de loi.

Il existe enfin une variante écrite en toutes lettres, « (all genders) », qui apparaît en anglais y compris dans des annonces francophones. Elle vient en général de la charte de l’employeur et non du service des ressources humaines, ce qui explique qu’elle ne soit pas traduite.

Ce que vous ne verrez presque jamais, c’est une mention ne nommant qu’un seul genre. C’est précisément le cas que le droit suisse traite — et il le traite par la décision d’embauche, pas par la formulation de l’annonce.

Ce que le droit suisse exige, et ce qu’il n’exige pas

L’art. 8 al. 3 de la Constitution fédérale pose : « L’homme et la femme sont égaux en droit. La loi pourvoit à l’égalité de droit et de fait, en particulier dans les domaines de la famille, de la formation et du travail. » La loi qui met cela en œuvre est la loi sur l’égalité.

Son art. 3 al. 1 pose qu’« il est interdit de discriminer les travailleurs à raison du sexe, soit directement, soit indirectement ». L’al. 2 indique où l’interdiction s’applique : « L’interdiction de toute discrimination s’applique notamment à l’embauche, à l’attribution des tâches, à l’aménagement des conditions de travail, à la rémunération, à la formation et à la formation continue, à la promotion et à la résiliation des rapports de travail. » L’embauche est donc visée. La rédaction de l’annonce, elle, n’est nommée nulle part.

Le droit allemand est construit à l’inverse, et c’est là que l’abréviation est née. Le paragraphe 1 de la loi allemande sur l’égalité de traitement cite le sexe parmi les motifs protégés, le paragraphe 7 al. 1 interdit le désavantage fondé sur ces motifs, et le paragraphe 11 applique cette interdiction directement à la mise au concours : « Ein Arbeitsplatz darf nicht unter Verstoss gegen § 7 Abs. 1 ausgeschrieben werden » — un poste ne peut pas être mis au concours en violation du paragraphe 7 al. 1. En Allemagne, l’annonce est l’objet de la règle ; en Suisse, c’est la procédure.

La seconde différence tient au registre. L’art. 8 de l’ordonnance suisse sur l’état civil énumère les données inscrites au registre, et à la rubrique du sexe il indique exactement : « sexe : masculin/féminin ». Deux valeurs, pas trois. Depuis le 1er janvier 2022, l’art. 30b du Code civil permet de faire modifier cette inscription par déclaration à l’officier de l’état civil, mais la déclaration fait passer d’une valeur à l’autre : elle n’en ajoute pas une troisième. Le « d » d’une annonce suisse renvoie donc à une catégorie que le registre suisse ne tient pas.

Trois lectrices, trois lecteurs différents pour la même parenthèse

Cette page est lue depuis trois positions au moins, et la parenthèse ne veut pas dire la même chose selon celle que vous occupez.

Si vous vivez et travaillez en Romandie, « (h/f) » est le décor habituel et « (m/w/d) » est le signal que l’annonce vient d’ailleurs dans le pays. Cela mérite d’être noté avant de postuler, parce que cela dit souvent dans quelle langue se déroulera l’entretien et où se trouve le responsable du recrutement — deux informations que l’annonce donne rarement.

Si vous êtes frontalière ou frontalier et que vous connaissez le marché français, la mention h/f vous est familière. La nouveauté suisse n’est pas la parenthèse, c’est la coexistence de plusieurs conventions sur un même marché : quatre régions linguistiques, plusieurs jeux de lettres, et une annonce sur deux en français qui s’en tient à deux lettres. Ne lisez pas l’absence du troisième terme comme une prise de position ; dans la moitié des cas, c’est simplement le modèle d’annonce qui n’a pas été mis à jour.

Si vous arrivez d’ailleurs, retenez surtout que l’absence de toute mention est la norme et non l’exception : 71,3 % des intitulés que nous recensons n’en portent aucune. Un intitulé nu n’exclut personne.

Ce que la mention ne vous apprend pas sur l’employeur

Elle n’est pas un indicateur d’ouverture. Elle varie d’une entreprise à l’autre, pas d’un poste à l’autre : seuls 29,2 % des employeurs de notre corpus en utilisent une, et parmi ceux qui en utilisent une et ont publié au moins cinq annonces, 35,1 % la placent dans chacun de leurs intitulés. Quelqu’un l’a inscrite une fois dans le modèle, et elle figure depuis au-dessus du poste d’entrepôt comme au-dessus du poste de bureau.

Une réserve que nous préférons énoncer plutôt que masquer : un seul employeur représente 21,1 % de l’ensemble des intitulés porteurs d’une mention dans notre corpus, et il écrit « (m/w/d) » sans exception. En l’excluant, la part de l’ensemble des annonces porteuses d’une mention passe de 28,7 à 24,1 % et la part des mentions à trois lettres de 88,4 à 85,3 %. Les chiffres francophones cités plus haut, eux, ne bougent pas : cet employeur ne publie pas en français.

Elle n’est pas non plus le signe d’une maison mère allemande. La convention est installée en Suisse depuis des années et s’emploie aussi bien chez des services industriels cantonaux, des détaillants et des assureurs sans aucun lien avec l’Allemagne.

Et si vous estimez avoir été désavantagée ou désavantagé à l’embauche en raison de votre sexe, ce qu’il faut examiner est la procédure — qui a été convoqué, qui ne l’a pas été, et sur quel motif énoncé — et non l’annonce. L’intitulé n’y prouve rien : chez presque tous les employeurs qui en utilisent une, la mention est la même au-dessus de tous les postes. L’appréciation d’un cas particulier relève d’un conseil juridique ; les offices de conciliation cantonaux institués par la loi sur l’égalité en sont le premier interlocuteur.

Ce qu’il faut en faire quand vous cherchez

Ne tapez pas la mention dans le champ de recherche. Ce n’est pas une partie du nom du métier, et l’ajouter réduit le résultat aux quelque trois annonces sur dix qui en portent une. Chercher « spécialiste débiteurs h/f » revient à écarter d’emblée la majorité du marché.

Cherchez sur un radical plutôt que sur un mot entier. Le français a sa propre manière d’inscrire le genre dans le mot — « employé(e) », « chargé-e », « collaborateur/trice » — et l’allemand la sienne, avec « Verkäufer:in » ou « Projektleiter*in », présente dans 34,1 % des intitulés germanophones. Une parenthèse, un tiret ou un deux-points au milieu d’un mot casse la correspondance exacte. « Employé » trouve plus que « employée », et « Verkäuf » plus que « Verkäuferin ».

Enfin, souvenez-vous de ce qui compose un intitulé suisse. Après la fonction elle-même, les deux éléments les plus fréquents de cette ligne sont la mention de genre et le taux d’occupation, écrit en pourcentage ou en fourchette. Ni l’un ni l’autre ne fait partie du nom du poste. Retirez les deux et il reste le terme sous lequel l’employeur classe le poste : c’est celui-là qu’il faut chercher.

Chiffres relevés le 31 août 2026 sur les annonces suisses figurant dans notre index. L’objet mesuré est la mention de genre placée dans l’intitulé du poste : une suite de lettres telle que m/w/d, w/m, h/f ou m/f/x, entre parenthèses ou non. Une mention qui n’apparaît que dans le texte de l’annonce échappe à ce comptage, si bien que l’usage réel dépasse les parts données ici. La langue est reconnue automatiquement et demeure indéterminée pour une fraction des annonces, qui ne pèsent alors que sur les totaux. Aucune part italophone n’est publiée : les annonces en italien munies d’une mention sont trop rares pour supporter une ventilation. Un employeur unique pèse 21,1 % des intitulés munis d’une mention, et l’effet de son retrait est chiffré dans le texte. Nous ne diffusons que des parts, jamais un effectif. Les points de droit reflètent l’état des textes cités et ne valent pas conseil juridique.

Rechercher les postes ouverts par métier, taux et lieu

Sources

Questions liées

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Ce que notre index d’offres dit du marché suisse

Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.

Langue de rédaction des annonces

Deutsch
60%
English
23%
Français
13%
Italiano
3%

Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant

Deutsch
70%
English
43%
Français
21%
Italiano
3%

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