Questions d'entretien typiques
Comment répondre à la question du salaire en entretien ?
Mis à jour:
En bref
Annoncez un chiffre, et annoncez-le comme un salaire annuel brut pour un taux d’activité de 100 %. En 2024, le salaire médian d’un poste à plein temps s’élevait à CHF 7024 bruts par mois : votre chiffre doit se lire dans la même unité, sur l’année, avant déductions, à taux plein. Fixez-le avant l’entretien, dites en une phrase sur quoi il repose — branche, niveau de responsabilité, région — puis laissez la personne en face réagir.
Entraînez-vous à voix haute, et voyez votre score
Un panel IA pose les questions, vous répondez à l’oral comme lors du vrai entretien. Ensuite vous recevez une probabilité de réussite et les passages qui ont coincé.
S'entraîner à l'entretien en directLe chiffre doit venir de vous, car l’annonce n’en contient pas. Parmi les annonces actives chez nous qui comportent un texte descriptif, 5,9 % évoquent la rémunération, et 78,2 % de celles-ci s’arrêtent à l’adjectif : salaire attractif, rémunération conforme au marché, conditions d’engagement progressistes. Un montant ou une fourchette figure dans 0,1 % de l’ensemble des annonces. La caisse de pension est citée dans 3,4 % d’entre elles, soit une trentaine de fois plus souvent qu’un montant.
Les annonces rédigées en français sont, de peu, les plus bavardes sur ce point : 6,5 % d’entre elles parlent de salaire, contre 6,4 % des annonces germanophones et 5,0 % des annonces anglophones. Mais bavard ne veut pas dire chiffré. En pratique, le premier montant prononcé dans la salle sera le vôtre, et répondre « je suis ouvert » ne repousse pas ce moment : cela le confie à l’employeur.
L’enjeu n’est pas seulement tactique. Selon l’art. 322 al. 1 CO, l’employeur paie « le salaire convenu, usuel ou fixé par un contrat-type de travail ou par une convention collective ». Le mot « convenu » se fabrique pendant cet entretien. Tout ce que vous n’abordez pas retombe sur l’usage ou sur la convention collective de la branche — parfois à votre avantage, souvent non.
Salaire mensuel brut médian, équivalent plein temps. Office fédéral de la statistique, enquête suisse sur la structure des salaires, premiers résultats publiés le 25 novembre 2025.
- 22,1 % des titres d’annonces indiquent un taux d’activité, et 12,7 % l’indiquent sous forme de fourchette, du type 80–100 %. Réglez le taux avant d’annoncer un montant : un salaire mensuel sans taux ne veut rien dire.
- Le 13e salaire relève du contrat, pas de la loi. L’art. 322d al. 1 CO n’ouvre un droit à une rétribution spéciale que « lorsqu’il en a été convenu ainsi », et 27,9 % des entreprises n’en ont versé aucune en 2024.
- 75,9 % des salariés ont tout de même perçu un 13e salaire en 2024. L’écart entre douze et treize mensualités représente 8,3 % du salaire annuel : c’est pourquoi un chiffre annuel vaut mieux qu’un chiffre mensuel.
- 32,6 % des salariés ont reçu un bonus, d’une valeur annuelle moyenne de CHF 11967 — mais pour le personnel sans fonction de cadre, la moyenne tombe à CHF 4601. Négociez le fixe, traitez le variable comme conditionnel.
- La médiane cache une forte dispersion : les 10 % les moins bien payés ont gagné moins de CHF 4635 par mois en 2024, les 10 % les mieux payés plus de CHF 12526.
- Dans la région lémanique, les 10 % les mieux payés dépassaient CHF 12636 par mois et les 10 % les moins bien payés restaient sous CHF 4585 — l’échelle régionale compte autant que l’entreprise.
Fabriquer son chiffre avant l’entretien
La base solide s’appelle l’enquête suisse sur la structure des salaires, réalisée par l’Office fédéral de la statistique et publiée pour 2024 le 25 novembre 2025. Elle situe le salaire médian d’un poste à plein temps à CHF 7024 bruts par mois, avec un premier décile sous CHF 4635 et un dernier décile au-dessus de CHF 12526. Toute réponse à la question du salaire se place quelque part sur cette échelle ; savoir où est l’essentiel de la préparation.
La branche pèse davantage que la technique de négociation. En 2024, la médiane s’établissait à CHF 4496 dans les services personnels, CHF 4715 dans l’hébergement, CHF 4744 dans la restauration et CHF 5214 dans le commerce de détail ; à CHF 6616 dans la construction, CHF 7478 dans le commerce de gros et CHF 7632 dans l’industrie des machines ; et à CHF 9139 dans la recherche et le développement, CHF 10159 dans l’industrie pharmaceutique et CHF 10723 dans les banques. Un chiffre qui passe pour assuré dans une colonne passe pour mal informé dans une autre.
À l’intérieur d’une branche, c’est la fonction, et non le diplôme, qui décide. La médiane 2024 par formation s’élevait à CHF 10533 pour un titre universitaire, CHF 9288 pour une haute école spécialisée et CHF 6390 pour un CFC. Mais à formation égale, l’écart de responsabilité écrase l’écart de diplôme : CHF 14409 pour un universitaire à haut niveau de responsabilité contre CHF 8645 sans responsabilité, et CHF 8252 contre CHF 6162 pour un titulaire de CFC. Argumentez donc avec ce que le poste vous fait porter, pas avec ce que vous avez étudié.
Pour le poste précis, le calculateur national de salaires de la Confédération transforme profession, région, âge, formation et taux d’activité en une fourchette. Retenez la fourchette plutôt qu’une valeur unique, et placez-vous dans son tiers supérieur seulement si vous remplissez l’ensemble des exigences de l’annonce, y compris l’exigence linguistique.
Ce que le mot « salaire » recouvre
Un montant ne devient une information qu’avec quatre précisions : la période, le taux d’activité, le brut ou le net, et le nombre de mensualités. Un salaire annuel brut à 100 % les porte toutes les quatre d’un coup, ce qui en fait la forme la plus sûre de réponse.
Le taux d’activité est la précision la plus souvent laissée en suspens. 22,1 % des titres d’annonces que nous diffusons mentionnent un taux, et 12,7 % le donnent sous forme de fourchette ; 5,3 % annoncent explicitement un taux inférieur à 100 %. Tant que la fourchette reste ouverte, le salaire mensuel est une cible mobile : la médiane de CHF 7024 devient environ CHF 5619 à 80 %, sans que le niveau de rémunération ait bougé d’un centime.
Le 13e salaire est répandu sans être dû. En 2024, 75,9 % des salariés en ont perçu un et 46,4 % des entreprises le versent à la quasi-totalité de leur personnel — mais l’art. 322d al. 1 CO ne fonde le droit à une rétribution spéciale versée à certaines occasions, Noël ou la fin de l’exercice, que « lorsqu’il en a été convenu ainsi ». L’al. 2 précise que même la part proportionnelle, en cas de départ avant l’échéance, suppose un accord. Une phrase du contrat décide donc d’un treizième de votre année.
La part variable se lit à part. Pour la provision, l’art. 322b al. 1 CO fait naître le droit lorsque l’affaire est valablement conclue, et l’al. 3 le fait tomber rétroactivement si le tiers n’exécute pas ses obligations. Pour une participation au résultat de l’exploitation, l’art. 322a al. 2 CO vous donne le droit d’exiger les renseignements nécessaires et l’accès aux livres, dans la mesure où le contrôle l’exige. Quant au rythme, l’art. 323 al. 1 CO pose la règle par défaut : sauf accord, usage ou convention contraires, le salaire est payé à la fin de chaque mois.
Quatre situations, quatre phrases
La question tombe trop tôt, au téléphone, avant que vous sachiez ce que contient le poste. Répondez par un chiffre assorti d’une charnière : « Sur la base de l’annonce, je me situe à CHF 110000 bruts par an pour un taux de 100 %. Si l’entretien montre que le périmètre est plus large que décrit, j’y reviendrai. » Vous avez ancré, justifié et gardé une marge, sans esquiver.
On vous demande votre salaire actuel. Vous n’êtes pas tenu de le donner, et ce n’est de toute façon pas la bonne grandeur : ce qui compte est ce que vaut ce poste-ci. « Mon salaire actuel correspond à une autre fonction et à un autre taux d’activité. Pour ce poste, ma prétention est de CHF 110000 bruts par an. » Si vous choisissez de le communiquer, communiquez le total annuel, 13e salaire compris, sans quoi la comparaison se fera contre vous.
On vous demande une fourchette. Donnez-la étroite et faites de sa borne inférieure un montant que vous accepteriez réellement, car une fourchette se lit toujours par le bas. « Entre CHF 105000 et CHF 115000, selon le taux d’activité et selon qu’un 13e salaire est prévu ou non » est plus précis qu’un chiffre rond et met sur la table, dans la même phrase, les deux variables à clarifier.
L’offre arrive en dessous de votre chiffre. Avant de redemander du fixe, demandez ce qui bouge par ailleurs : taux d’activité, semaines de vacances au-delà du minimum légal, budget de formation, part patronale à la caisse de pension. Puis prenez le temps de réflexion, parfaitement usuel ici : « Je regarde cela et je vous réponds demain. »
Le plancher : salaires minimaux et conventions collectives
Certaines limites ne se négocient pas. À Genève, le salaire minimum cantonal s’élève à CHF 24.59 de l’heure depuis le 1er janvier 2026, montant indexé chaque année au coût de la vie ; l’agriculture et la floriculture disposent d’un montant distinct, fixé à CHF 18.07 de l’heure pour 2026. Bâle-Ville applique CHF 22.20 de l’heure depuis le 1er janvier 2026, auxquels s’ajoutent, pour le personnel payé à l’heure, un supplément de vacances d’au moins 8,33 % et un supplément pour jour férié de 0,39 %. Au Tessin, le minimum est fixé par secteur économique entre CHF 20.00 et CHF 20.50 de l’heure.
Là où une convention collective s’applique, son échelle prime souvent sur ces planchers cantonaux, et c’est elle qu’il faut lire avant l’entretien : elle fixe fréquemment un salaire d’engagement par fonction et par année d’expérience. Demander « quelle convention collective s’applique à ce poste ? » est une question d’entretien parfaitement normale, et la réponse vous donne le barème sans que vous ayez à deviner.
Les bas salaires ne sont pas un phénomène marginal dans les branches les plus visibles en Suisse romande. En 2024, la part des postes à bas salaire atteignait 47,8 % dans la restauration, 48,7 % dans l’hébergement, 24,6 % dans le commerce de détail et 56,3 % dans les services personnels, contre 0,6 % dans les banques. Le seuil de bas salaire correspondait cette année-là à CHF 4683 bruts par mois pour un plein temps.
Dernier point, souvent ignoré : une mauvaise négociation ne vous fait pas perdre ce que le droit impératif ou une convention collective vous accorde. L’art. 341 al. 1 CO interdit au travailleur de renoncer à ces créances pendant la durée du contrat et durant le mois qui suit sa fin. Accepter par écrit moins qu’un barème obligatoire ne rend pas cet accord valable.
Les chiffres de marché proviennent d’un comptage des annonces actives chez nous le 23 août 2026. « Évoque la rémunération » signifie que le texte descriptif suivi de l’annonce contient un mot désignant le salaire ou la rémunération ; environ un quart des annonces ne comporte aucun texte de ce type et est exclu de ces parts. Les taux d’activité sont lus dans les titres d’annonces et sont donc sous-estimés, beaucoup d’employeurs ne les indiquant que dans le corps du texte. Les données salariales sont les premiers résultats de l’enquête suisse sur la structure des salaires 2024 de l’Office fédéral de la statistique, standardisés sur un poste à plein temps et publiés le 25 novembre 2025. Les références juridiques ne constituent pas un conseil juridique : dans un cas concret, votre contrat de travail, la convention collective applicable et les renseignements de votre ORP font foi.
Sources
Questions liées
Ce que notre index d’offres dit du marché suisse
Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.
Langue de rédaction des annonces
- Deutsch
- 60%
- English
- 23%
- Français
- 13%
- Italiano
- 3%
Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant
- Deutsch
- 70%
- English
- 43%
- Français
- 21%
- Italiano
- 3%
19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%