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Lettre de motivation

Dans quelle langue rédiger sa lettre de motivation ?

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C'est l'annonce qui décide, pas votre aisance ni le siège de l'entreprise — et en Suisse la réponse change fortement d'une ville à l'autre, d'un métier à l'autre, parfois même selon l'orthographe que l'employeur donne au lieu de travail. Cette page réunit les questions de langue autour de la lettre de motivation. Les règles de forme viennent des conseils du SECO dans leurs quatre versions linguistiques, les chiffres du marché des annonces publiées sur SwissJobs.app.

Comment rédiger ma lettre de motivation en anglais ?

Graphique en barres : part des annonces auxquelles l'anglais seul suffit, par canton — Genève 48, Zurich 47, Zoug 46, Valais 42, Bâle-Ville 26, Vaud 23, Berne 10, Lucerne 8 et Grisons 7 pour cent.

En bref

Rédigez dans la langue de l'annonce, puis gardez la forme suisse. Sur SwissJobs.app, parmi les annonces dont la langue est identifiable, 34,8 pour cent de celles publiées en Suisse romande sont rédigées en anglais ; à Genève, l'anglais atteint 50,9 pour cent et passe devant le français, à 46,6. Le SECO énumère en anglais exactement les mêmes éléments qu'en français : adresse de l'expéditeur, adresse du destinataire, date, objet, civilité, salutations et signature. Une lettre suisse en anglais reste donc une lettre d'affaires, pas le modèle américain en trois paragraphes.

L'erreur la plus fréquente ne concerne pas l'anglais lui-même, mais le modèle utilisé. Chercher un « cover letter template » conduit presque toujours à une trame américaine : ni bloc d'adresses, ni objet, une civilité au prénom et un paragraphe sur la passion. Traduire mot à mot la lettre française produit l'inverse, un texte que personne n'écrit : « I allow myself to submit you my candidature ». Les deux chemins manquent la même chose. La lettre suisse est un document formel dont la structure survit au changement de langue.

Reste ce que l'annonce en anglais ne dit pas. Ces annonces suivent un modèle international : 38,8 pour cent d'entre elles n'indiquent aucun type de contrat, contre 2,0 pour cent des annonces germanophones, et 9,1 pour cent seulement affichent un taux d'occupation dans le titre, contre 18,5 pour cent des annonces francophones. Le taux, la date d'entrée liée à votre délai de congé, le permis et votre niveau de français ou d'allemand : c'est à vous de les écrire.

Part des annonces rédigées en anglais, par ville
Part des annonces rédigées en anglais, par ville« Zurich » (sans tréma)95.9pour cent des annonces de la ville dont la langue est identifiableGenève50.9pour cent des annonces de la ville dont la langue est identifiable« Zürich » (avec tréma)34.9pour cent des annonces de la ville dont la langue est identifiableLausanne30.7pour cent des annonces de la ville dont la langue est identifiableBâle27.2pour cent des annonces de la ville dont la langue est identifiableNeuchâtel19.2pour cent des annonces de la ville dont la langue est identifiableFribourg10.5pour cent des annonces de la ville dont la langue est identifiableBerne7.2pour cent des annonces de la ville dont la langue est identifiable

Mesuré sur les annonces actives sur SwissJobs.app le 23 août 2026 dont la langue du texte peut être déterminée. Les lieux sont regroupés selon l'orthographe employée par l'employeur : « Zurich » et « Zürich » sont donc comptés séparément, ce qui explique l'écart entre les deux premières barres. Seules les villes réunissant au moins cent annonces figurent ici.

  • Gardez l'en-tête. Une lettre suisse en anglais conserve votre adresse, celle de l'employeur et la date : le SECO cite les trois. La plupart des modèles anglophones les suppriment, et une lettre sans en-tête ressemble immédiatement à un envoi groupé.
  • Reprenez l'intitulé du poste à l'identique dans l'objet, en gras — orientation.ch demande « tel qu'il apparaît dans l'annonce », et cette règle vaut aussi quand la lettre est en anglais.
  • Employez le vocabulaire officiel : « application file » pour le dossier, « work references » pour les certificats de travail, « references can be provided on request » pour les personnes de référence. Ces termes viennent de la version anglaise d'arbeit.swiss.
  • Donnez un chiffre pour votre disponibilité : « available at 80 to 100 percent from 1 November » répond à deux questions que 38,8 pour cent des annonces anglophones laissent ouvertes faute d'indiquer le type de contrat.
  • Indiquez un niveau et un usage pour vos langues, pas un adjectif : 22,4 pour cent des annonces romandes rédigées en anglais exigent le français, et 57,7 pour cent des annonces francophones qui demandent l'anglais le veulent à un niveau professionnel.
  • Vous visez un stage ? Attendez-vous à l'anglais : 46,5 pour cent des annonces contenant « stage », « intern », « trainee » ou « Praktikum » dans le titre sont rédigées en anglais, davantage que dans le développement logiciel, à 40,1 pour cent.
  • Ne traduisez pas « Je me permets de » ni « Veuillez agréer » : la première formule disparaît, la seconde devient « Kind regards ». Une politesse française transposée telle quelle en anglais signale la traduction dès la dernière ligne.

Quand l'anglais s'impose en Suisse romande

La langue de l'annonce décide, et l'écart entre deux villes romandes est plus grand qu'on ne le suppose. Parmi les annonces dont la langue est identifiable, la Suisse romande se répartit en 56,2 pour cent de français, 34,8 pour cent d'anglais et 3,9 pour cent d'allemand. Mais ce moyen cache tout : Genève 50,9 pour cent d'anglais, Lausanne 30,7, Neuchâtel 19,2, Fribourg 10,5. À Fribourg, l'allemand (12,6 pour cent) devance l'anglais. Une même candidature, envoyée à quarante kilomètres d'écart, change de langue.

Le métier compte autant que la ville. En comptant les mots-clés des titres de poste, 65,3 pour cent des annonces de marketing et communication sont rédigées en anglais, 49,6 pour cent dans la finance et la banque, 46,5 pour cent des stages et programmes trainee, 40,1 pour cent dans le développement logiciel et 39,5 pour cent dans l'ingénierie. À l'autre bout : 20,4 pour cent dans l'hôtellerie-restauration, 3,7 pour cent dans les soins, 1,7 pour cent dans la vente et 1,1 pour cent dans la construction. Une lettre en anglais pour un poste de vente n'est pas ambitieuse, elle signale une annonce lue en diagonale.

Un indice coûte une seconde à vérifier et se trompe rarement : l'orthographe du lieu de travail dans l'annonce. Les annonces qui écrivent « Zurich » sans tréma sont en anglais dans 95,9 pour cent des cas ; celles qui écrivent « Zürich », dans 34,9 pour cent seulement. « Geneva » monte à 90,4 pour cent contre 50,9 pour « Genève ». Un seul caractère indique la langue interne de la maison. Et raisonnez annonce par annonce, non entreprise par entreprise : parmi les employeurs publiant au moins trois annonces, 26,8 pour cent le font dans plus d'une langue.

La structure suisse ne se traduit pas, elle se garde

Inutile de deviner le format : le SECO le publie dans les deux langues. Sur arbeit.swiss, la lettre de motivation « est votre carte de visite » et doit comporter l'adresse de l'expéditeur, l'adresse du destinataire, la date, l'objet, la civilité, les salutations et la signature. La version anglaise de la même page reprend la liste sans rien changer : your postal address, the company's postal address, date, subject heading, opening salutation, closing greeting and signature. Ce n'est donc pas une habitude francophone qui disparaîtrait en anglais, c'est la convention suisse, énoncée par l'autorité dans les deux langues.

L'objet est l'élément que les traductions abîment le plus souvent. orientation.ch demande l'intitulé du poste « tel qu'il apparaît dans l'annonce », en gras. En anglais, la règle ne bouge pas : reprenez le titre caractère par caractère, y compris un « (m/f/d) » ou un « 80–100% » s'ils y figurent. Transformer « Senior Frontend Engineer (80–100%) » en « Application for a front-end position » détache la lettre du dossier de recrutement qui, en interne, porte le titre d'origine.

Le reste du dossier garde lui aussi sa forme suisse, et le SECO en donne les noms anglais, ce qui évite d'inventer des équivalents : « application file » pour le dossier de candidature, « work references » pour les certificats de travail — qui doivent être complets et classés du plus récent au plus ancien —, et la mention « references can be provided on request » à la place d'une liste de personnes de référence. Le tout part en PDF, depuis une adresse électronique qui contient votre nom.

Écrire en anglais ne veut pas dire se passer du français

Parmi les annonces en anglais publiées en Suisse romande et qui précisent des exigences linguistiques, 22,4 pour cent demandent le français et 12,5 pour cent l'allemand. Autrement dit : plus d'une annonce romande sur cinq rédigée en anglais attend quand même du français au quotidien. À l'échelle du pays, 69,9 pour cent des annonces anglophones se contentent de l'anglais, 24,2 pour cent réclament aussi l'allemand.

D'où une phrase qui manque dans presque toutes les lettres rédigées en anglais : votre niveau réel, nommé et situé. « French C1, used daily with clients in Vaud and Geneva » dit ce que « good French » ne dit pas. Si votre niveau est en dessous de ce que l'annonce demande, écrivez-le et placez à côté ce que vous faites : cours en cours, date d'examen, heures par semaine. Le taire ne fait que déplacer la question au premier entretien téléphonique, où elle coûte plus cher.

La réciproque mérite d'être connue, car elle évite une surcorrection courante : 22,8 pour cent des annonces rédigées en français exigent l'anglais, et parmi elles 57,7 pour cent le veulent à un niveau professionnel. Une annonce française qui demande l'anglais n'invite pas à répondre en anglais. Elle invite à prouver votre anglais dans une lettre en français — un projet mené en anglais, une équipe internationale, un niveau certifié.

Les faux amis qui trahissent une traduction

Le français et l'anglais partagent trop de mots pour que la traduction soit sans risque, et les pièges se concentrent dans le vocabulaire de la candidature. « Formation » ne se rend pas par « formation » mais par « training » ou « education ». « Stage » devient « internship », terme que l'on retrouve tel quel dans les annonces suisses. « Candidature spontanée » a un équivalent officiel : le SECO écrit « speculative application » dans sa version anglaise. « Certificat de travail » se dit « work reference » chez la même autorité, et surtout pas « work certificate », qui évoque un autre document.

Les formules de politesse sont l'autre zone de risque, parce qu'elles n'ont pas de correspondance mot à mot. « Je me permets de vous adresser ma candidature » ne se traduit pas ; il se remplace par une phrase directe : « I am applying for the … role advertised on your careers page. » « Veuillez agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées » se réduit à « Kind regards », qui correspond au « Freundliche Grüsse » des modèles officiels suisses. Enfin, « Madame, Monsieur » devient « Dear Sir or Madam » — mais seulement si l'annonce ne donne aucun nom ; si elle en donne un, on écrit « Dear Ms Bernasconi », comme orientation.ch le recommande déjà en français.

Dernier détail, mais visible : l'orthographe britannique ou américaine. La Confédération écrit britannique — la page anglaise d'arbeit.swiss utilise « organise », « labour », « programme » et « centre », sans aucune variante américaine. Du côté des titres de poste rédigés par les employeurs, les formes en « -ise » et en « -ize » se partagent le terrain à parts presque égales. Il n'existe donc pas de norme suisse : choisissez une variante, tenez-la sur toute la lettre, et ne modifiez jamais les noms propres, les raisons sociales ni l'intitulé officiel de vos diplômes.

Ce que l'annonce en anglais laisse en suspens

Les annonces anglophones sont moins précises sur le contrat que les annonces francophones. 38,8 pour cent ne mentionnent aucun type d'engagement, et 9,1 pour cent seulement affichent un taux dans le titre, contre 18,5 pour cent en français. Le temps partiel, lui, est presque invisible : 1,7 pour cent des annonces en anglais sont publiées comme postes à temps partiel, contre 4,6 pour cent des annonces en français. Cela ne signifie pas que ces employeurs le refusent, mais qu'ils ne l'annoncent pas.

Trois phrases suffisent, et elles se placent dans le dernier paragraphe. Le taux, avec un chiffre : « I am available at 80 to 100 percent. » La date d'entrée, calculée sur votre délai de congé : « My notice period is two months, so I could start on 1 November. » Le droit de travailler, si le dossier ne le montre pas déjà : une ligne sur votre permis ou sur la libre circulation. Ce sont ces trois lignes qui distinguent une lettre anglaise écrite pour la Suisse d'une lettre anglaise écrite pour Londres.

Les chiffres du marché proviennent des annonces actives sur SwissJobs.app le 23 août 2026 et sont toujours des parts, jamais des volumes absolus. « Rédigée en anglais » se rapporte à la langue du texte de l'annonce ; la base de calcul est l'ensemble des annonces dont la langue est identifiable, soit environ trois quarts des annonces actives. Le graphique en tête de page répond à une autre question et porte donc d'autres chiffres : il montre, par canton, la part des annonces auxquelles l'anglais seul suffit, sans langue nationale supplémentaire, mesurée le 15 août 2026. Les exigences linguistiques sont celles énoncées dans l'annonce ; 99 pour cent des annonces anglophones en mentionnent au moins une. La Suisse romande est ici l'ensemble des annonces dont le lieu de travail est une commune romande nommément identifiée. Les domaines professionnels sont construits à partir de mots-clés du titre de poste, et ceux comptant moins de quatre-vingts annonces sont écartés. Les éléments formels de la lettre et les termes anglais des pièces du dossier sont cités mot pour mot d'arbeit.swiss (SECO) dans ses versions française et anglaise et d'orientation.ch (CSFO), consultés le 23 août 2026.

Lettre de motivation suisse par IA : depuis l’annonce, gratuite

Comment rédiger sa lettre de motivation en français ?

En bref

Écrivez dans la langue de l'annonce, et vérifiez-la avant de commencer. Parmi les annonces publiées sur SwissJobs.app dont le lieu de travail est en Suisse romande et dont la langue est identifiable, 54,7 pour cent sont rédigées en français et 37,6 pour cent en anglais. L'écart tient au domaine, pas au canton : 95,7 pour cent de français dans la construction, 93,4 dans les soins, mais 24,2 pour cent dans le marketing. Quand l'annonce est en français, la lettre suit six éléments formels qu'arbeit.swiss énumère à l'identique dans ses quatre versions linguistiques.

Une lettre rédigée en français n'est pas encore une lettre suisse. Les différences avec un courrier de candidature français ou belge sont peu nombreuses mais visibles dès la première page : la formule de politesse attendue ici est courte — le modèle officiel d'orientation.ch se termine par «Meilleures salutations», pas par «Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués» —, l'objet reprend l'intitulé exact de l'annonce, et le taux d'activité s'annonce en pourcentage, une unité qui n'existe pas dans les offres françaises.

L'essentiel se joue ensuite sur des mots que seul le marché suisse emploie. Le certificat fédéral de capacité s'écrit CFC et ne se traduit jamais : l'abréviation figure dans 8,0 pour cent des intitulés francophones. Le document que votre employeur précédent vous a remis est un certificat de travail, et arbeit.swiss demande de le joindre au dossier, dans un seul PDF, du plus récent au plus ancien. Enfin, 28,2 pour cent des annonces francophones qui précisent une exigence linguistique demandent aussi l'allemand — le français ne dispense pas de le dire.

Part des annonces rédigées en français en Suisse romande, par domaine
Part des annonces rédigées en français en Suisse romande, par domaineConstruction, métiers95.7pour cent des annonces romandes du domaine dont la langue est identifiableSoins, santé93.4pour cent des annonces romandes du domaine dont la langue est identifiableHôtellerie, restauration90pour cent des annonces romandes du domaine dont la langue est identifiableVente, commerce de détail80.7pour cent des annonces romandes du domaine dont la langue est identifiableAdministration, secrétariat77.6pour cent des annonces romandes du domaine dont la langue est identifiableStages, trainees52.8pour cent des annonces romandes du domaine dont la langue est identifiableFinance, banque47.9pour cent des annonces romandes du domaine dont la langue est identifiableInformatique33.3pour cent des annonces romandes du domaine dont la langue est identifiable

Mesuré sur les annonces actives sur SwissJobs.app le 23 août 2026 dont le lieu de travail est en Suisse romande et dont la langue du texte est identifiable sans ambiguïté. Les domaines sont formés à partir de mots-clés de l'intitulé ; ceux comptant moins de quarante annonces romandes sont écartés. Le complément est majoritairement rédigé en anglais.

  • Objet : «Candidature au poste de Gestionnaire en logistique, 80–100%», en gras, avec l'intitulé exact de l'annonce — mais sans la mention «(H/F)», qui appartient à l'employeur.
  • Civilité : «Madame, Monsieur,» si aucun nom n'est indiqué, «Madame Vaucher,» s'il y en a un. Les deux formes figurent telles quelles dans le modèle officiel.
  • Date : «Genève, le 23 août 2026» — lieu, virgule, «le», date, mois en minuscules. Le modèle officiel donne exactement cette forme.
  • Formule finale : «Meilleures salutations», puis la signature et le nom. La formule longue à la française n'est pas attendue et fait perdre deux lignes utiles.
  • Diplômes : «Employé de commerce CFC», jamais «CAP» ni traduction. Le CFC apparaît dans 8,0 pour cent des intitulés francophones, comme l'EFZ dans 8,9 pour cent des germanophones.
  • Disponibilité : «Disponible à 80–100% dès le 1er novembre». Seuls 18,5 pour cent des intitulés francophones annoncent eux-mêmes un taux, contre 29,1 pour cent des germanophones.
  • Langues : niveau et usage, pas d'adjectif. 28,2 pour cent des annonces francophones avec exigence linguistique demandent aussi l'allemand, dont 56,7 pour cent au niveau conversationnel.
  • Annexes : les lister en fin de lettre, ou écrire «Dossier de candidature» s'il manque de place. Envoi en PDF, depuis une adresse contenant prénom et nom.

La langue vient de l'annonce, pas du canton

La Suisse romande ne recrute pas uniquement en français, et c'est la première chose à vérifier. Sur les annonces situées en Romandie dont la langue du texte est identifiable, 54,7 pour cent sont en français, 37,6 pour cent en anglais, 5,1 pour cent en allemand et 2,6 pour cent en italien. Près de quatre annonces romandes sur dix sont donc écrites en anglais par l'employeur lui-même, et à Genève la proportion atteint 60,1 pour cent.

Le domaine décide presque tout. À l'intérieur de la Romandie, en classant les annonces par mots-clés de l'intitulé, la part rédigée en français atteint 95,7 pour cent dans la construction et les métiers du bâtiment, 93,4 dans les soins et la santé, 90,0 dans l'hôtellerie-restauration, 80,7 dans la vente et 77,6 dans l'administration. Elle tombe à 47,9 pour cent dans la finance — contre 50,0 pour cent d'anglais —, à 33,3 dans l'informatique, à 29,3 dans l'ingénierie, à 27,5 dans la pharma et à 24,2 dans le marketing, où 72,7 pour cent des annonces sont en anglais. Les stages se partagent presque également : 52,8 pour cent en français, 44,4 en anglais.

Les villes prolongent la même logique. Genève affiche 37,5 pour cent d'annonces en français contre 60,1 en anglais ; Lausanne 65,5 contre 32,4 ; Neuchâtel 55,4 contre 20,1 ; Fribourg, les deux orthographes réunies, 58,5 contre 20,4. Plus on s'éloigne des sièges internationaux, plus le français reprend la main : 92,9 pour cent à La Chaux-de-Fonds, 95,2 à Yverdon-les-Bains, 89,3 à Morges. Et un détail vaut mieux que toutes ces moyennes : la façon dont l'employeur orthographie le lieu. Les annonces qui indiquent «Fribourg» sont à 70,7 pour cent en français ; celles qui écrivent «Freiburg» pour la même ville n'en comptent aucune — elles sont à 40,9 pour cent en allemand et à 59,1 pour cent en anglais. L'orthographe du lieu de travail est la langue de travail de la maison, lisible en un mot.

L'inverse est plus rare qu'on ne le croit : parmi les annonces germanophones qui indiquent une exigence linguistique, 8,5 pour cent seulement demandent le français, et 9,5 pour cent parmi les anglophones. Répondre en français à une annonce rédigée en allemand n'est donc presque jamais le bon calcul, même pour une entreprise dont le siège est à Lausanne.

Ce qui distingue une lettre suisse d'une lettre française

La structure d'abord, et elle est officielle. arbeit.swiss décrit la lettre de motivation comme «votre carte de visite» et énumère les éléments formels qu'elle doit contenir : adresse de l'expéditeur, adresse du destinataire, date, objet, civilité, salutations et signature. La même liste, dans le même ordre, figure dans les versions allemande, italienne et anglaise de la page. Rien de spectaculaire, mais cela règle une question courante : oui, l'en-tête postal complet reste attendu, même pour une candidature envoyée par formulaire en ligne.

La formule de politesse ensuite. Le modèle publié par orientation.ch, le service d'orientation des cantons, se termine par «Meilleures salutations», suivi de la signature et du nom. La formule longue en usage en France — «Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées» — n'est pas fautive, mais elle n'est pas attendue, et elle coûte deux lignes sur une lettre qui, par convention, tient sur une seule page A4. Même remarque pour la civilité : le modèle propose «Madame,» ou «Monsieur,» lorsque le nom de la personne est connu, et «Madame, Monsieur,» lorsqu'il ne l'est pas. Pas de «Cher Monsieur», pas de titre de fonction accolé.

Le vocabulaire enfin. Trois mots suisses reviennent dans toutes les annonces et doivent revenir dans votre lettre. Le taux d'activité remplace le temps plein ou partiel : on écrit «80–100%», jamais «trente-cinq heures». Le certificat de travail se joint au dossier : arbeit.swiss demande de les réunir tous, sans exception, dans un seul PDF et du plus récent au plus ancien, et d'indiquer dans le CV que les références sont fournies sur demande — une exigence qui surprend souvent les personnes formées hors de Suisse. Et le CFC est le titre de la formation professionnelle fédérale : il s'écrit après l'intitulé du métier et ne se traduit pas, ni en «CAP» ni en «bac professionnel».

Un dernier écart, discret mais réel : le CV. arbeit.swiss fixe une limite de trois pages et mentionne la photo parmi les éléments habituels d'un CV suisse. Les mêmes prescriptions fédérales s'appliquent dans toute la Suisse : une candidature romande suit donc le format suisse et non le format français, et cela vaut aussi pour la lettre — sobre, factuelle, sans phrase d'accroche littéraire.

L'objet reprend l'annonce, virgule comprise

Le modèle officiel formule l'objet ainsi : «Candidature pour la place d'apprentissage de …», en précisant d'insérer la profession exactement telle qu'elle apparaît dans l'annonce, et de le mettre en gras. Pour un poste, la même ligne devient «Candidature au poste de Gestionnaire en logistique, 80–100%». La consigne compte plus qu'il n'y paraît, parce que les intitulés romands ne sont pas de simples noms de métiers.

Ils portent en effet trois marques que le reste de la francophonie n'utilise pas. La première est la mention de genre : 22,8 pour cent des intitulés francophones contiennent «(H/F)» ou «(F/H)», 4,1 pour cent emploient un point médian dans le mot, 2,1 pour cent la forme «assistant(e)» et 1,7 pour cent la mention «tous genres». Reprenez l'intitulé, mais laissez cette mention à l'employeur : c'est sa manière d'écrire son annonce, pas votre titre professionnel. La deuxième est le CFC, présent dans 8,0 pour cent des intitulés — soit presque exactement la fréquence de l'EFZ dans les intitulés germanophones, 8,9 pour cent, puisqu'il s'agit du même diplôme. La troisième est le pourcentage : 18,5 pour cent des intitulés francophones annoncent un taux.

Ce dernier chiffre a une conséquence directe. Comme 81,5 pour cent des annonces francophones ne disent rien du taux dans leur intitulé, et que 4,6 pour cent seulement sont explicitement signalées comme temps partiel — contre 7,7 pour cent des annonces germanophones —, la lettre est souvent le premier endroit où la question se pose. «Disponible à 80–100% dès le 1er novembre» répond à deux questions en une ligne. À l'inverse, 2,9 pour cent des intitulés francophones précisent CDI ou CDD, une information que les intitulés germanophones ne portent quasiment jamais : si l'annonce indique un CDD, dites ce qu'il en est de votre disponibilité au-delà du terme.

Derrière le français, l'allemand

Parmi les annonces francophones qui précisent au moins une exigence linguistique — 95,1 pour cent d'entre elles —, 28,2 pour cent demandent aussi l'allemand et 22,8 pour cent l'anglais. En Romandie, la proportion pour l'allemand est de 25,9 pour cent. Le niveau demandé change tout : parmi les annonces francophones exigeant l'allemand, 56,7 pour cent se contentent d'un niveau conversationnel, 33,0 pour cent demandent un niveau professionnel, 5,5 pour cent la langue maternelle et 4,8 pour cent des bases. Autrement dit, pour une majorité de ces postes, un niveau intermédiaire suffit — à condition de l'écrire avec une échelle : «Allemand B2, utilisé quotidiennement en séance» est une information, «bonnes connaissances d'allemand» n'en est pas une.

Les employeurs bilingues sont ici la règle, pas l'exception. 33,4 pour cent des employeurs ayant au moins trois annonces publient dans plus d'une langue, et 16,5 pour cent publient en allemand et en français. Chez Coop, 92,6 pour cent des annonces sont en allemand et 7,3 pour cent en français ; aux CFF, 84,8 contre 12,7 ; chez Helvetia, 75,4 contre 20,3. Le Spitalzentrum Biel / Centre hospitalier Bienne, dont le nom est lui-même bilingue, publie 53,0 pour cent de ses annonces en allemand et 47,0 en français, et l'État de Fribourg inverse le rapport : 87,6 pour cent en français, 8,8 en allemand.

D'où la seule règle qui tienne : la langue se lit sur l'annonce, jamais sur le nom de l'entreprise. 49,1 pour cent des annonces francophones proviennent d'employeurs qui publient aussi en allemand, et 18,4 pour cent d'employeurs dont les annonces sont majoritairement germanophones. Une candidature qui déduit la langue du site de l'entreprise se trompe donc dans près d'un cas sur cinq.

Ce que l'annonce ne dit pas, et le temps dont vous disposez

Quatre informations manquent presque toujours et se placent naturellement dans l'avant-dernier paragraphe : le taux d'activité souhaité, la date d'entrée la plus proche, le permis pour les personnes qui en ont besoin — «titulaire d'un permis B», «frontalier, permis G» — et les niveaux de langue avec leur échelle. Aucune de ces quatre n'est une confidence : ce sont les points que le recruteur doit vérifier avant de convoquer, et les écrire évite un aller-retour de courriels.

Vous avez généralement un peu plus de temps que sur le marché alémanique. L'annonce francophone médiane publiée sur SwissJobs.app a 31 jours, contre 19 jours pour l'annonce germanophone. Cet écart ne signifie pas qu'il faut attendre : il signifie qu'une lettre soignée reste dans les délais, et qu'une relecture par une tierce personne est réaliste. arbeit.swiss recommande d'ailleurs de relire l'ensemble du dossier avant l'envoi, en vérifiant l'orthographe, la mise en forme, l'exhaustivité et le nom des fichiers.

Deux détails d'envoi complètent le tableau, et ils sont écrits noir sur blanc sur la page fédérale : les documents s'envoient en PDF, et l'adresse électronique doit être une adresse sérieuse contenant de préférence votre prénom et votre nom. Le modèle d'orientation.ch conseille en plus de conserver la lettre en format Word pour l'adapter à la candidature suivante — le conseil vaut d'autant plus que chaque lettre doit reprendre l'intitulé exact d'une annonce différente.

Enfin, si vous postulez depuis la Romandie vers un employeur alémanique, sachez que 6,5 pour cent des annonces francophones ont leur lieu de travail dans une ville germanophone, Bienne et Berne en tête. Ce sont des environnements réellement bilingues, où la lettre en français est correcte et où l'entretien peut commencer en allemand. Répondez dans la langue de l'annonce et indiquez vos deux niveaux.

Les chiffres de marché proviennent des annonces actives sur SwissJobs.app le 23 août 2026 et sont toujours des parts, jamais des volumes. «Rédigée en français» désigne la langue du texte de l'annonce ; la base de calcul est l'ensemble des annonces dont la langue est identifiable sans ambiguïté, soit environ trois quarts d'entre elles. «Suisse romande» désigne ici le lieu de travail indiqué dans l'annonce, dans l'orthographe de l'employeur : «Fribourg» et «Freiburg» sont donc comptés séparément, et cette séparation est elle-même un résultat. Les exigences linguistiques et leurs niveaux sont tirés des exigences mentionnées dans l'annonce ; 95,1 pour cent des annonces francophones en indiquent au moins une. Les chiffres portant sur les intitulés, les types de contrat et les mentions de genre concernent le titre du poste, c'est-à-dire un texte écrit par l'employeur. Les indications formelles sur la lettre sont citées d'arbeit.swiss (SECO), version française, et d'orientation.ch (CSFO), consultées le 23 août 2026. Le modèle d'orientation.ch est rédigé pour les candidatures à une place d'apprentissage : ses exigences formelles — ligne de date, objet, civilité, formule finale — valent pour la lettre de candidature en général, ses suggestions de contenu non.

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Sources

Questions liées

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Ce que notre index d’offres dit du marché suisse

Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.

Langue de rédaction des annonces

Deutsch
60%
English
23%
Français
13%
Italiano
3%

Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant

Deutsch
70%
English
43%
Français
21%
Italiano
3%

19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%