Que faut-il mettre dans la première phrase d’une lettre de motivation ?
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En bref
Quatre informations, et aucune ne parle de vous : l’intitulé du poste tel qu’il figure dans l’annonce, y compris le mot de rang, le lieu de travail, le taux d’activité que vous proposez et votre date d’entrée la plus proche. La raison est arithmétique. Dans notre index, le premier mot d’un intitulé francophone désigne en médiane 18 annonces ouvertes simultanément, tandis que l’intitulé complet est unique dans 73,2 pour cent des cas. La première phrase est ce qui rattache votre lettre à une annonce précise.
Le français est la langue où cette différence est la plus marquée : 45,4 pour cent des intitulés francophones comptent six mots ou plus, contre 28,8 pour cent des intitulés germanophones. « Installateur électricien CFC – Dépannage / SAV » et « Installateur sanitaire CFC 100% » commencent par le même mot et désignent deux métiers, deux services et deux procédures de recrutement distinctes. Chez un seul installateur romand, quatorze intitulés ouverts commencent par « Installateur ».
Le modèle officiel d’orientation.ch demande deux choses à l’introduction : écrire que vous postulez, et préciser où vous avez trouvé l’annonce. Il en donne même la raison : « Certaines entreprises aiment savoir comment les candidats ont su qu’une place était vacante. » Tout le reste du paragraphe est facultatif — ce qui est obligatoire, c’est l’identification.
Mesuré sur les annonces francophones actives de SwissJobs.app au 23 août 2026. Chaque intitulé est compté une fois par mot, sans distinction de casse. Au total, 23,2 pour cent des intitulés francophones portent au moins un mot de rang ou de statut.
- L’intitulé recopié en entier, mot de rang compris. 23,2 pour cent des intitulés francophones portent un mot de rang ou de statut — chef, responsable, adjoint, assistant, apprenti, stagiaire. Ce n’est pas un ornement : « adjoint-e du secrétaire général » et « secrétaire général » sont deux postes différents.
- La suite de l’intitulé, c’est-à-dire ce qui vient après le métier. 45,4 pour cent des intitulés francophones comptent six mots ou plus, la proportion la plus élevée des quatre langues. « Agent-e de détention – Régime fermé » et « Agent-e de détention – Garde de nuit » ne se distinguent que par cette fin de ligne.
- Le lieu de travail. Chaque annonce de notre index porte un lieu, et 13,5 pour cent des annonces appartiennent à un groupe où un même employeur a publié le même intitulé dans plusieurs localités. Deux mots suffisent à lever le doute.
- Le taux d’activité que vous proposez, et non la fourchette de l’annonce. Seuls 18,5 pour cent des intitulés francophones affichent un pourcentage : dans la grande majorité des cas, votre taux est une information que l’employeur n’a pas. Répéter « 80–100 % » revient à lui rendre la question.
- Votre date d’entrée la plus proche. C’est la seule des quatre informations que l’annonce ne peut pas contenir, et la seule qui déclenche une planification. Une date vaut mieux que « à convenir », qui est un refus poli de répondre.
- Ce qui n’y a pas sa place : votre nom, votre âge, votre intérêt et un compliment sur l’entreprise. Le nom figure déjà dans l’en-tête, dans le CV et dans le nom du fichier ; l’intérêt est la condition pour écrire, donc pas une information.
La première phrase répond à une question d’aiguillage
Le portail fédéral arbeit.swiss décrit la lettre de motivation comme votre « carte de visite » et énumère ses éléments formels : adresse de l’expéditeur, adresse du destinataire, date, objet, civilité, salutations et signature. La première phrase ne figure pas dans cette liste. Elle est le premier texte que vous choisissez vous-même, donc le premier endroit où une lettre peut manquer sa cible.
Le modèle officiel publié par orientation.ch est en revanche très précis sur son contenu : « Écris que tu postules pour la place mentionnée. Précise où tu as trouvé cette place, par exemple dans une annonce, sur un site Internet ou lors d’un stage. » Suit une phrase qui explique pourquoi : certaines entreprises tiennent à savoir par quel canal les candidatures arrivent. Le reste du paragraphe — quelques mots sur vous — est explicitement facultatif.
L’aiguillage n’a rien de théorique. L’annonce médiane de notre index émane d’un employeur qui a 26 postes ouverts en même temps et qui publie dans trois cantons ; 35,9 pour cent des annonces proviennent d’employeurs présents dans cinq cantons ou plus. Votre lettre n’arrive pas « au poste », elle arrive dans une boîte où des dizaines de procédures avancent en parallèle.
C’est ce qui fait de la première phrase la ligne au meilleur rendement de toute la lettre. Vingt mots suppriment la première question que se pose le lecteur. Une phrase qui exprime de l’intérêt reporte cette question au deuxième paragraphe — ou sur la personne qui lit.
En français, l’identification se trouve à la fin de l’intitulé
Nous avons compté, pour chaque annonce active, combien d’autres portent le même intitulé complet et combien commencent par le même mot. Dans le segment francophone, le premier mot désigne en médiane 18 annonces ouvertes en même temps ; 48,5 pour cent des intitulés francophones partagent leur premier mot avec au moins vingt autres, et 30 pour cent avec au moins cinquante. L’intitulé complet, lui, est unique dans 73,2 pour cent des cas.
Le français pousse cette asymétrie plus loin que les autres langues, parce que ses intitulés sont longs : 45,4 pour cent comptent six mots ou plus. La construction typique — un métier, puis un complément introduit par « de », « en » ou un tiret — place systématiquement l’information distinctive à la fin. Couper la fin, c’est couper précisément ce qui identifie le poste.
Un exemple concret : chez un installateur actif dans plusieurs cantons romands, quatorze intitulés ouverts commencent par « Installateur » et onze par « Chef », entre le chef de projet en électricité, le chef de projet sûreté et le chef d’équipe paysagiste. Chez un employeur public fribourgeois, dix intitulés commencent par « Agent-e », et la fin de ligne indique le régime, l’horaire et la fonction exacte.
Le cas le plus dense est celui de l’administration fédérale, qui a 22 intitulés distincts commençant par « Apprenti » ouverts en même temps, dans des métiers aussi éloignés que la logistique, la mécanique automobile et l’employé de commerce. Une lettre qui dit « je postule pour une place d’apprentissage » y est intransmissible : personne ne saura à quel métier ni à quel site la rattacher.
Le test tient en dix secondes : lisez votre première phrase à quelqu’un qui ne connaît pas l’annonce et demandez-lui de retrouver l’offre sur le site de l’employeur. S’il n’y arrive pas du premier coup, il manque une information — le plus souvent la fin de l’intitulé ou le lieu.
L’apprentissage et le stage : le mot de statut fait partie du métier
Dans le segment francophone, les mots de statut sont plus fréquents qu’ailleurs en tête d’intitulé : 4,9 pour cent des annonces francophones portent « apprenti » ou « apprentie » et 4,6 pour cent « stage » ou « stagiaire ». Ce sont les deux formes où l’omission est la plus coûteuse, parce que le même employeur publie souvent le poste fixe et la place de formation dans le même métier.
Le modèle officiel s’adresse d’ailleurs d’abord à ces candidatures : l’objet y est formulé « Candidature pour la place d’apprentissage de … », suivi de la profession « telle qu’elle apparaît dans l’annonce ». La même exigence vaut pour la première phrase : c’est la profession de l’annonce qui y est reprise, pas votre reformulation.
Pour un apprentissage, une quatrième information s’ajoute aux trois autres : la rentrée visée. Un opérateur romand publie la même place de médiamaticien CFC dans quatre villes ; un service industriel alémanique a 56 intitulés d’apprentissage ouverts avec l’année de début inscrite dans la ligne. Métier, année, lieu : sans ces trois éléments, la lettre ne peut pas être classée.
Pour un stage, précisez en outre la durée et le cadre — stage de maturité professionnelle, stage universitaire, stage d’orientation. Ce sont des procédures différentes, avec des interlocuteurs différents, et l’annonce ne dit pas laquelle vous visez.
Le lieu et le taux : les deux informations que l’annonce ne fixe pas
22,8 pour cent des annonces actives appartiennent à un groupe où un même employeur a publié le même intitulé plusieurs fois simultanément ; pour 13,5 pour cent de l’index, ce groupe s’étend sur plus d’une localité, et pour 9,2 pour cent sur plus d’un canton. En Suisse romande, un installateur publie le même intitulé de monteur électricien dans quatre villes du Valais à la fois, et la même annonce d’installateur électricien douze fois dans sept localités.
Ce n’est pas un phénomène réservé aux grandes enseignes : 78,2 pour cent des annonces proviennent d’employeurs qui publient dans plus d’un canton, et l’employeur médian couvre trois cantons. Nommer le site coûte deux mots et évite un entretien fixé au mauvais endroit.
Le taux d’activité suit la même logique. Seuls 18,5 pour cent des intitulés francophones affichent un pourcentage ; dans les autres cas, l’employeur ne sait pas ce que vous proposez. Et lorsqu’une fourchette est indiquée, elle constitue une offre, pas une décision : « 80–100 % » attend une réponse. Donnez le chiffre que vous voulez travailler.
Le numéro de référence, lui, ne va pas dans la phrase. 36,5 pour cent des liens de candidature de notre index portent déjà une référence ou un identifiant. Si l’annonce en imprime un, placez-le dans l’objet ou dans le courriel d’accompagnement : dans la première phrase, il casse le rythme sans remplacer aucune des quatre informations.
Trois premières phrases qui passent le test, trois qui échouent
Métiers techniques : « Je vous soumets ma candidature au poste d’installateur électricien CFC – Dépannage / SAV pour votre succursale de Martigny, à 100 %, avec entrée en fonction possible le 1er décembre. » Métier, complément, lieu, taux, date : la question de l’aiguillage est réglée en une ligne.
Secteur public : « Je postule au poste d’agent-e de détention – Garde de nuit annoncé sur votre site le 12 août, à 80 %, et suis disponible dès le 1er novembre. » La fin de l’intitulé est reprise, parce que c’est elle qui distingue l’annonce des neuf autres du même employeur.
Apprentissage : « Je postule pour la place d’apprenti/e employé/e de commerce CFC, rentrée d’août 2027, sur votre site de Lausanne, que j’ai trouvée sur votre site Internet. » Métier, rentrée, lieu, source : les quatre repères dont l’administration a besoin pour transmettre le dossier.
Et les trois qui échouent. « C’est avec un vif intérêt que j’ai pris connaissance de votre annonce » énonce une condition, pas une information : supprimez la phrase et rien n’est perdu. « Je me permets de vous adresser ma candidature pour le poste vacant au sein de votre entreprise » ne nomme aucune des quatre informations. « Je m’appelle Camille Rossier, j’ai 34 ans et je suis à la recherche d’un nouveau défi » répète ce que l’en-tête, le CV et le nom du fichier disent déjà.
Le test est toujours le même : biffez de votre première phrase tout ce qui conviendrait à n’importe quelle autre candidature. Ce qui reste est l’identification. S’il ne reste rien, la phrase la plus lue de la lettre a été dépensée en formule de politesse.
Toutes les proportions proviennent des annonces actives sur SwissJobs.app au 23 août 2026. Les proportions par langue portent sur les annonces dont la langue du texte est identifiée sans ambiguïté. « Premier mot de l’intitulé » désigne le premier mot du titre du poste après suppression des mentions entre parenthèses et de la ponctuation, casse unifiée. Deux intitulés sont considérés comme identiques lorsqu’ils coïncident après cette normalisation ; les localités sont les lieux de travail indiqués dans l’annonce. Les chiffres relatifs à un employeur donné portent sur ses annonces actives simultanément à cette date.
Lettre de motivation suisse par IA : depuis l’annonce, gratuite
Sources
Questions liées
Ce que notre index d’offres dit du marché suisse
Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.
Langue de rédaction des annonces
- Deutsch
- 60%
- English
- 23%
- Français
- 13%
- Italiano
- 3%
Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant
- Deutsch
- 70%
- English
- 43%
- Français
- 21%
- Italiano
- 3%
19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%