Qu'est-ce qui ne va pas dans ma lettre de motivation ?
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En bref
Le plus souvent, rien dans l'écriture : quelque chose dans la direction. Une annonce suisse a deux moitiés, ce qu'elle exige et ce qu'elle propose. Parmi les annonces en français que nous recensons, 39,6 pour cent contiennent au moins une phrase sur ce que l'employeur donne — ambiance d'équipe, formation, conditions, horaires — et 19,3 pour cent disent quelque chose sur l'entreprise elle-même. La plupart des lettres font l'inverse : elles complimentent l'entreprise et ne reprennent aucune de ces promesses.
Ce constat est difficile à voir sur sa propre lettre, parce que vous la lisez comme un texte et que le recruteur la lit comme une réponse. À voix haute, ce sont des phrases. Posée à côté de l'annonce, la lettre montre des trous : la formation continue promise et jamais mentionnée, le taux d'occupation annoncé en fourchette et laissé sans réponse, la première tâche du cahier des charges qui n'apparaît nulle part.
La deuxième partie du constat est moins agréable. Une bonne part de ce qui figure dans une lettre moyenne n'a rien à y faire. Niveau de langue, permis, lieu de domicile, diplôme : cela se décide en quelques secondes sur la première page du CV. Le répéter en prose ne le renforce pas ; cela consomme le seul endroit du dossier où c'est vous, et non le format, qui décidez de quoi on parle.
Décompte des annonces suisses actives que nous recensons dont la langue de publication est le français, état au 4 septembre 2026, apprentissages et stages exclus. Le décompte porte sur la version condensée de chaque annonce : une promesse figurant uniquement dans le texte intégral n'y apparaît pas, les valeurs sont donc des minima.
- En bref : le défaut le plus fréquent n'est pas un défaut de style, c'est une réponse manquante. L'annonce fait une promesse, la lettre ne la relève pas.
- En bref : la matière du paragraphe « pourquoi cette entreprise » se trouve dans l'annonce. La Suisse romande est la région où l'annonce parle le plus d'elle-même — 19,3 pour cent des annonces en français décrivent l'entreprise, contre 5,2 pour cent des annonces en anglais.
- Ce que les annonces romandes promettent, dans l'ordre : une équipe ou une ambiance dans 17,6 pour cent, la formation ou le développement dans 15,9, les conditions et prestations dans 6,9, des horaires flexibles dans 5,1, le salaire dans 4,7 pour cent.
- La matière disponible dépend fortement du métier : 59,5 pour cent des annonces de vente portent une promesse, 51,4 pour cent des postes administratifs, 42,9 pour cent de l'hôtellerie-restauration — mais seulement 22,5 pour cent dans la construction et les métiers techniques.
- Retirez de la lettre ce que le dossier prouve déjà. Les certificats de travail sont attendus complets et sans lacune, dans un seul PDF : vos qualités y sont attestées avant que vous ne les affirmiez.
- La lettre répond d'avance à deux questions que l'entretien posera de toute façon. arbeit.swiss les cite mot pour mot parmi les questions typiques de l'employeur : « Pourquoi ce poste en particulier ? Pourquoi cette entreprise ? »
- Ce qui n'est presque jamais le problème : la longueur, le modèle, une faute de frappe isolée et l'absence de personne de contact.
Une lettre échoue rarement comme texte : elle échoue comme réponse
Qui demande ce qui ne va pas dans sa lettre attend en général une réponse sur la langue : trop longue, trop guindée, trop modeste, trop d'adjectifs. Dans les faits, les lettres bien écrites échouent aussi sûrement que les maladroites, et au même endroit. Ce sont des présentations de soi là où l'on attendait une réponse.
Une annonce n'est pas une liste d'exigences accompagnée d'ornements. C'est une proposition d'échange dans les deux sens. Une moitié dit ce qui est demandé. L'autre dit ce qui est donné — et cette moitié est présente plus souvent qu'on ne le croit : 39,6 pour cent des annonces en français que nous recensons contiennent au moins une phrase sur ce que l'employeur apporte.
Servez-vous-en comme d'un test. Prenez votre lettre et surlignez chaque phrase qui répond à quelque chose d'écrit dans l'annonce. S'il reste deux ou trois surlignages, la lettre fait son travail. S'il en reste un — en général l'intitulé du poste dans l'objet —, vous n'avez pas un texte mal écrit : vous avez un texte sans destinataire.
Si c'est si difficile à repérer soi-même, c'est à cause de l'ordre dans lequel on écrit. Presque tout le monde commence par soi, parce que c'est la partie qui ne demande aucune recherche, puis parcourt l'annonce à la recherche d'accroches où suspendre des phrases déjà écrites. Cet ordre produit invariablement une lettre où l'annonce sert de décor. Inversé — choisir d'abord les deux ou trois points de l'annonce, puis écrire —, il produit dans le même temps une lettre qui ne convient qu'à ce poste.
La promesse est dans l'annonce, l'histoire de l'entreprise l'est beaucoup moins
Le paragraphe le plus faible de presque toutes les lettres est celui qui parle de l'employeur. Sa fabrication est toujours la même : on ouvre le site, on lit « À propos », on y trouve l'année de fondation, les valeurs et la position sur le marché, et on en tire une phrase censée exprimer de l'estime. C'est la phrase la plus interchangeable de la lettre, parce qu'elle vient d'une source identique pour tous les candidats.
La Romandie est pourtant la région où ce paragraphe a le plus de chances d'exister : 19,3 pour cent des annonces en français disent quelque chose de l'entreprise en tant qu'organisation, contre 15,0 pour cent des annonces en allemand, 8,9 pour cent en italien et 5,2 pour cent en anglais. C'est la valeur la plus élevée des quatre langues de publication — et cela reste quatre annonces sur cinq qui ne vous donnent aucune matière de ce côté.
Elles vous en donnent une autre, plus souvent. Dans les annonces en français, une équipe ou une ambiance de travail est évoquée dans 17,6 pour cent des cas, la formation ou le développement dans 15,9 pour cent, les conditions de travail et les prestations sociales dans 6,9, des horaires flexibles dans 5,1, le salaire dans 4,7 pour cent. L'ordre compte : contrairement aux annonces en allemand, où la formation domine largement, l'annonce romande met d'abord en avant le cadre humain. C'est le vocabulaire dans lequel l'employeur parle de lui-même, et le paragraphe qui y répond ne peut figurer dans aucune autre lettre.
Répondre à une promesse n'est pas remercier pour elle. « Je me réjouis des possibilités de formation continue que vous offrez » reste un compliment. Une réponse nomme ce que vous comptez en faire ou ce que vous y apportez : le brevet fédéral commencé et l'objectif visé, pourquoi un horaire annualisé correspond à votre organisation familiale, l'expérience que vous avez d'une équipe de cette taille. Une phrase de politesse devient une phrase vérifiable.
Et si l'annonce ne propose rien du tout — c'est le cas de 60,4 pour cent des annonces en français —, la conclusion honnête n'est pas d'aller chercher le compliment sur le site, mais de supprimer le paragraphe. Trois paragraphes qui répondent tous à l'annonce valent mieux que quatre dont un vient d'internet.
Ce que la lettre doit officiellement faire, et les deux questions derrière
Il existe une description officielle de ce qu'une lettre de motivation doit accomplir, et elle est étonnamment étroite. arbeit.swiss, exploité par le Secrétariat d'État à l'économie, en nomme trois éléments : la lettre donne à votre futur employeur une vue d'ensemble de vos compétences, de vos qualifications et de votre motivation à occuper le poste à pourvoir.
Ce sont les derniers mots qui portent. Pas la motivation en général, pas l'enthousiasme pour le métier, mais la motivation à occuper le poste à pourvoir. Tout ce qui, dans votre lettre, se lirait à l'identique pour une autre annonce du même métier ne satisfait pas cette définition.
La même page officielle livre ailleurs les questions qui se cachent derrière. Dans la préparation à l'entretien, elle énumère les questions typiques de l'employeur, dont, mot pour mot : « pourquoi cherchez-vous un emploi ? Pourquoi ce poste en particulier ? Pourquoi cette entreprise ? » Ce sont exactement les trois questions que votre lettre anticipe. Une lettre qui n'y répond pas n'est pas fausse : elle n'est simplement pas encore écrite.
L'orientation professionnelle cantonale est plus directe encore dans son guide destiné aux places d'apprentissage : écrire une lettre différente pour chaque place, et faire sentir à l'entreprise que l'annonce a été lue attentivement, par exemple en reprenant certaines exigences ou certains domaines d'activité. C'est adressé à des adolescents, mais l'exigence ne diminue pas avec l'âge.
Ce qu'aucune de ces descriptions ne contient est tout aussi parlant : ni longueur, ni style, ni nombre de paragraphes, ni formule imposée. Les éléments formels sont listés — adresse de l'expéditeur, adresse du destinataire, date, objet, civilité, salutations et signature —, le reste est du contenu. Qui retravaille son style une quatrième fois travaille sur la partie qui n'est prescrite nulle part.
La lettre répète le dossier au lieu de le compléter
Le dossier suisse est un dossier de preuves. arbeit.swiss attend les certificats de travail complets et classés du plus récent au plus ancien, sans lacune, réunis dans un seul PDF, avec les diplômes et les certificats ; le CV ne doit pas dépasser trois pages et ne doit pas présenter de trous. C'est beaucoup de papier au regard des usages voisins, et cela a une conséquence directe pour la lettre : vos qualités sont attestées avant que vous ne les affirmiez.
L'affirmation de qualités perd donc son utilité. « Je suis fiable et j'ai l'esprit d'équipe » entre en concurrence avec un certificat de travail où un supérieur a écrit à peu près la même chose et l'a signé. La lettre ne gagne jamais cette comparaison ; elle ne peut qu'ajouter ce que les documents ne contiennent pas.
Ce qui donne à peu près la liste de ce qui a sa place dans une bonne lettre : pourquoi vous changez, ce que vous cherchez dans cette activité précise, comment vous remplissez l'exigence que votre CV ne montre pas au premier coup d'œil, à partir de quand et à quel taux d'occupation vous êtes disponible, et ce que vous ferez de ce que l'entreprise propose dans l'annonce. Rien de tout cela ne figure dans un certificat, et personne ne peut y répondre à votre place.
Pour un frontalier, un élément mérite d'être nommé plutôt que sous-entendu : le permis G et le temps de trajet réel. Mais indiquez-le aussi sur la première page du CV, avec le lieu de domicile — c'est là qu'on le cherche, et une information de ce type enfouie au troisième paragraphe d'une lettre arrive trop tard.
La soustraction correspondante, c'est le récit du CV en prose. C'est le remplissage le plus courant du milieu de lettre, et le seul paragraphe que la lectrice connaît déjà, sous une forme structurée, une page plus loin. Le supprimer libère exactement la place des deux paragraphes qui manquaient.
La matière disponible dépend du métier — et l'écart est large
Répondre à ce que propose l'employeur n'est pas également facile dans tous les métiers, et cela se mesure. Dans les annonces en français que nous recensons, 59,5 pour cent des annonces de vente portent une promesse, 51,4 pour cent des postes administratifs, 42,9 pour cent de l'hôtellerie-restauration, 41,4 pour cent de l'informatique et 38,0 pour cent des soins.
Tout en bas se trouvent la construction et les métiers techniques, avec 22,5 pour cent. C'est l'écart le plus large que l'on observe en français, et il est plausible : là où l'annonce est courte et opérationnelle, elle décrit le chantier, pas les avantages. Pour vous, cela signifie que la méthode ne change pas et que la matière change.
Là où il y a une promesse, répondez-y. Là où il n'y en a pas, prenez le travail lui-même : la première tâche citée, la taille ou la composition de l'équipe, l'outil ou le système nommé explicitement, le lieu, le régime d'horaires ou de piquet. Ce sont aussi des informations propres à cette annonce, et un paragraphe qui les traite fait le même travail qu'un paragraphe sur la formation.
Un cas mérite d'être distingué : les annonces publiées par des sociétés de placement. La promesse y est presque toujours celle du placeur, pas celle de l'entreprise utilisatrice, et cette dernière n'est même pas nommée. Le compliment à l'entreprise n'y est alors pas seulement faible, il est impossible — et une lettre qui l'essaie montre que l'annonce n'a pas été lue jusqu'au bout.
Ce qui, très probablement, ne cloche pas dans votre lettre
La longueur. Une page A4 est la convention suisse, et aucune description officielle ne fixe un nombre de mots. Une lettre qui tient sur une page et ne répond à rien ne s'améliore pas en raccourcissant. Une lettre qui répond ne se dégrade pas pour cinq lignes de plus.
Le modèle. Personne ne voit que votre lettre vient d'un modèle ; on voit qu'elle conviendrait à n'importe quel employeur. La différence a une conséquence pratique : la structure peut rester, les réponses doivent changer.
Le fait d'avoir utilisé un outil. L'orientation professionnelle cantonale recommande désormais explicitement de faire aussi corriger la lettre par une intelligence artificielle, à une condition : retirer d'abord les données personnelles et ne pas téléverser de documents confidentiels. C'est le contenu qui est jugé, pas l'instrument.
L'absence de personne de contact. Quand l'annonce ne nomme personne, la formule d'appel générale est la solution prévue et non un pis-aller. Et une faute de frappe isolée ne coûte pas un entretien, alors qu'une contradiction entre la lettre et le CV, oui.
Et le point le plus dur : parfois la lettre n'a rien de fautif et le refus arrive quand même. Sans le permis, sans le niveau de langue exigé, sans le diplôme demandé, la décision s'est prise à un seuil situé avant la lettre. La conclusion n'est pas d'écrire une meilleure lettre, mais de choisir d'autres annonces.
Le seul paragraphe qu'il vaut la peine de changer
Si vous ne changez qu'une chose à une lettre, changez celle-ci : remplacez le paragraphe sur l'employeur par un paragraphe sur ce que l'employeur a proposé, ou nommé comme première tâche, dans cette annonce. Même longueur, même temps de travail, et c'est le seul paragraphe que personne d'autre ne pourrait écrire.
Le test ne demande pas de relecteur. Masquez le nom de l'entreprise et l'intitulé du poste dans votre propre lettre, puis relisez-la. Si l'on devine encore de quelle annonce il s'agit, la lettre a fait son travail. Sinon, vous savez déjà quels paragraphes remplacer.
Cet effort ne se rentabilise pas partout de la même façon. Vingt candidatures sur des postes qui correspondent vraiment valent mieux que deux cents sur des postes qui correspondent à peu près — non parce que l'application est récompensée, mais parce qu'une lettre ne peut agir que là où les exigences dures sont déjà remplies. La lettre départage des candidatures recevables ; elle ne rend jamais une candidature recevable.
Ce que rapportent les personnes concernées
Une société de placement suisse décrit toujours le même schéma : l'annonce cherche une personne qualifiée et reçoit une lettre standard qui conviendrait aussi bien à une fiduciaire, à une entreprise industrielle ou à un établissement médico-social. Le reproche ne porte pas sur la langue, mais sur l'absence de lien visible avec le poste mis au concours.
Publication d'une société de placement suisse sur LinkedIn, juillet 2026, résumée comme un schéma et non citée mot à mot.
Dans le secteur suisse des outils de candidature, on observe que la lettre ne joue pas le même rôle de part et d'autre de la frontière : en France, la lettre de motivation est traitée comme quasi obligatoire et suit des formules fixes, tandis qu'en Suisse comptent surtout le lien avec l'annonce et la complétude du dossier. Traduire les mots serait la partie facile, connaître la convention la partie difficile.
Publication issue du secteur suisse des logiciels de candidature sur LinkedIn, juillet 2026, résumée comme un schéma.
Les personnes qui recrutent sur le marché suisse citent les mêmes points pour les candidatures venues de l'étranger : des documents non adaptés aux usages suisses, des postulations à des postes qui ne correspondent pas au profil, et l'absence de relance. La lettre est rarement seule en cause : elle est remarquée avec le dossier auquel elle appartient.
Publications de professionnels du recrutement actifs sur le marché suisse sur LinkedIn, septembre et novembre 2025, résumées comme un schéma.
Les proportions proviennent du décompte des annonces suisses actives que nous recensons, état au 4 septembre 2026 ; les apprentissages et les stages sont exclus et les valeurs citées portent sur le sous-ensemble publié en français. Le décompte porte sur la version condensée de chaque annonce : une phrase ne compte comme promesse que si l'employeur y donne quelque chose, et non s'il y demande quelque chose. Une promesse qui figure uniquement dans le texte intégral n'apparaît donc pas ici — ce sont des minima et non des maxima. Les versions condensées sont de longueur comparable dans les quatre langues de publication, si bien que les écarts entre langues ne résultent pas d'un raccourcissement inégal. Nous publions des proportions et des rapports, jamais des effectifs absolus. Les exigences relatives au dossier proviennent de la page « Conseils pour la candidature » d'arbeit.swiss (SECO), les indications sur la lettre elle-même d'orientation.ch (CSFO).
Lettre de motivation suisse par IA : depuis l’annonce, gratuite
Sources
Questions liées
Ce que notre index d’offres dit du marché suisse
Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.
Langue de rédaction des annonces
- Deutsch
- 60%
- English
- 23%
- Français
- 13%
- Italiano
- 3%
Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant
- Deutsch
- 70%
- English
- 43%
- Français
- 21%
- Italiano
- 3%
19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%