Où trouver des emplois anglophones en Suisse — et comment savoir si un poste se fait vraiment sans allemand ni français ?
Mis à jour:
En bref
La Suisse romande est, proportionnellement, le meilleur terrain anglophone du pays : parmi les annonces qui indiquent une exigence linguistique, 32,1 % y sont réalisables en anglais seul, contre 22,9 % en Suisse alémanique et 14,6 % au Tessin. Genève mène avec 46,1 %, devant Zoug à 43,6 % et le canton de Zurich à 35,1 %. Mais le volume, lui, reste zurichois : un tiers de toutes les annonces réalisables en anglais s'y trouve. Et 98 % de ces postes sont publiés en anglais — cherchez donc en anglais.
Les portails d'emploi suisses en un coup d'œil
Chaque lien ouvre directement le filtre anglais du portail, pas sa page d’accueil. Les chiffres sont le nombre de résultats au 10 septembre 2026.

1. SwissJobs.appNotre app
3 028 postes où l’anglais est la langue de travail. Le filtre porte sur ce que l’annonce EXIGE et sur la langue dans laquelle elle est rédigée : une annonce réclamant un allemand professionnel n’y figure pas. Gratuit, sans compte.

Le seul annuaire exclusivement anglophone pour la Suisse : « Find publicly listed, English-speaking job openings in Switzerland », 2 124 aujourd’hui. Sa page d’accueil les répartit par canton (Zurich 616, Vaud 283, Genève 264) et par type, 72 en télétravail, 344 à temps partiel, 12 avec parrainage de visa. Pas un filtre de langue sur un grand index : il ne contient que des annonces en anglais.

L’adresse plus étroite et plus juste si votre domaine est l’informatique : « 183 IT & Software developer jobs in Switzerland », le site lui-même en anglais, filtré par technologie plutôt que par langue, C#, Java, Python, DevOps, ML. Il publie aussi des statistiques salariales et la liste des entreprises qui affichent leurs fourchettes.
Emplois par métier, ville ou langue
Tapez un métier, une ville ou une langue, la page affiche les annonces actuellement ouvertes.
Par métier
- Consultant
- Chef de projet
- Vente
- Infirmier
- Soins
- Assistant administratif
- Account Manager
- Ingénieur logiciel
- Administration publique
- Architecte
- Assurance
- Cuisinier
71 de plus — affinez la recherche
Par type de poste
Le piège se trouve une ligne plus bas dans l'annonce. Un peu plus d'une annonce sur cinq que nous recensons est rédigée en anglais, et c'est ce chiffre qu'affiche un filtre linguistique. Or 20,1 % de ces annonces anglophones exigent quand même une langue nationale au niveau professionnel. En Suisse romande, ces annonces bloquantes demandent le français dans 78,1 % des cas et l'allemand dans 46,9 % — souvent les deux à la fois.
L'inverse, en revanche, ne se produit presque jamais : 97,9 % des postes réalisables en anglais seul sont aussi publiés en anglais, et seuls 3,2 % d'entre eux portent un intitulé à consonance germanique, contre 28,1 % du marché entier. Chercher « collaborateur » ou « Sachbearbeiter » revient donc à explorer une autre partie du marché que celle qui vous est ouverte.
Enfin, la branche pèse plus lourd que le canton. Parmi les annonces indiquant une exigence, 85 % des postes de recherche, 64 % dans la pharma et les sciences de la vie, 51 % dans la banque et la finance, 49 % dans la chaîne d'approvisionnement et la production et 41 % dans l'informatique se font sans langue nationale. Dans les soins, ce sont 5 %, dans l'hôtellerie-restauration 4 %, dans les métiers du bâtiment 2 %.
Part au sein de chaque branche, calculée sur les annonces qui indiquent une exigence linguistique. Analyse continue des annonces suisses ouvertes que nous recensons, 23 août 2026.
- Densité : 46,1 % des annonces genevoises indiquant une exigence sont réalisables en anglais, 43,6 % à Zoug, 35,1 % dans le canton de Zurich, 27,1 % à Neuchâtel, 23,8 % dans le canton de Vaud, 22,6 % à Bâle-Ville — et 5,6 % dans le canton de Berne.
- Volume : un tiers des annonces anglophones réalisables se trouve dans le canton de Zurich, 14 % à Genève, 7 % à Bâle-Ville, 5 % dans le canton de Vaud et 5 % à Zoug.
- Une annonce rédigée en anglais sur cinq exige tout de même une langue nationale au niveau professionnel : lisez la ligne des exigences avant d'écrire quoi que ce soit.
- 97,9 % des postes réalisables en anglais sont publiés en anglais ; les mots-clés anglais constituent donc la voie principale, pas un complément.
- Un peu plus d'un quart des annonces n'indique aucune exigence linguistique : ni promesse ni exclusion, à traiter dans un second passage.
- 4,4 % des annonces réalisables en anglais n'indiquent que le pays ou la mention Remote et échappent à toute recherche par ville.
Part des annonces en anglais par canton
| Canton | Annonces en anglais |
|---|---|
| Zurich | 59 % |
| Genève | 54 % |
| Bâle-Ville | 34 % |
| Vaud | 28 % |
| Fribourg | 17 % |
| Argovie | 15 % |
| Saint-Gall | 15 % |
| Berne | 13 % |
| Lucerne | 11 % |
Comptées dans notre index le 7 septembre 2026 : 22 315 annonces ouvertes, dont 17 263 avec une langue détectée. Uniquement les cantons comptant au moins 200 annonces.
Une annonce en anglais n'est pas un poste en anglais
C'est la distinction qui coûte le plus de candidatures inutiles. 20,2 % des annonces que nous recensons sont rédigées en anglais. Parmi elles, 20,1 % exigent malgré tout une langue nationale à un niveau professionnel ou natif, c'est-à-dire à un niveau où il faut réellement travailler dans cette langue. L'allemand apparaît dans 81,9 % de ces cas et le français dans 34,8 %.
Le mécanisme n'a rien de malhonnête. Un groupe recrute dans une seule langue sur tous ses marchés : l'annonce est donc en anglais parce que le processus de recrutement l'est. L'équipe sur place, la clientèle et les documents, eux, sont francophones ou germanophones — et la ligne des exigences le dit, tout en bas.
Dans l'autre sens, la règle est presque sans faille : 97,9 % des postes réalisables en anglais seul sont aussi publiés en anglais. Les annonces rédigées en français qui n'exigent finalement aucune langue nationale sont une quantité négligeable. Filtrer sur l'anglais est donc le bon premier geste : il vous donne presque tout le marché accessible, plus environ un cinquième de ballast que la ligne des exigences élimine en quelques secondes.
Une nuance compte : une annonce qui mentionne le français au niveau conversationnel reste comptée ici comme réalisable en anglais, et 10,4 % du gisement anglophone mentionne ainsi une langue nationale en douceur. Les employeurs suisses présentent souvent une seconde langue comme un atout et non comme une condition ; considérer chaque mention comme rédhibitoire viderait la liste sans raison.
La Romandie est plus ouverte que sa réputation
C'est le résultat le moins attendu de cette analyse. Sur l'ensemble des annonces romandes indiquant une exigence linguistique, 32,1 % se font sans langue nationale, contre 22,9 % en Suisse alémanique. L'image d'un marché anglophone concentré à Zurich et à Zoug est donc fausse en proportion : c'est l'arc lémanique qui offre la meilleure probabilité par annonce lue.
Le détail cantonal le confirme : Genève 46,1 %, Neuchâtel 27,1 %, Vaud 23,8 %, Fribourg 16,4 %. Trois logiques se superposent — les organisations internationales et la banque privée à Genève, la microtechnique et l'électronique à Neuchâtel, où le CSEM, Semtech et Safran publient régulièrement en anglais, et les sièges de groupes et jeunes sociétés technologiques sur l'arc lémanique.
Le volume, lui, reste ailleurs. Le canton de Zurich concentre 33,1 % des annonces réalisables en anglais, Genève 14,2 %, Bâle-Ville 6,8 %, Vaud 5,1 %, Zoug 4,7 % et le canton de Berne 2,1 %. Autrement dit : plus de choix à Zurich, meilleur rendement par annonce à Genève et à Zoug.
Berne est le contre-exemple utile. Capitale fédérale, forte administration, gros secteur de la santé — et seulement 5,6 % d'annonces réalisables en anglais. S'installer à Berne sans allemand, c'est choisir le grand marché le moins compatible du pays. Lucerne, à 9,3 %, et l'Argovie, à 8,9 %, posent le même problème en plus doux.
Chercher avec l'orthographe de l'employeur, pas la sienne
Les employeurs qui publient en anglais écrivent aussi le nom du lieu en anglais, et l'écart est assez grand pour changer vos résultats. Parmi les annonces genevoises réalisables en anglais, 34,6 % écrivent Geneva plutôt que Genève, contre 14,6 % dans l'ensemble du canton. Taper uniquement Genève fait donc disparaître environ un tiers de ce qui vous convient.
Le canton de Zurich montre le même phénomène en plus marqué : 47,0 % des annonces zurichoises réalisables en anglais écrivent Zurich sans tréma, contre 15,0 % dans l'ensemble du canton. Les annonces que vous cherchez sont précisément celles qu'une orthographe locale masque.
Le second filtre se trouve dans l'intitulé. Seules 3,2 % des annonces réalisables en anglais portent un intitulé germanique classique, contre 28,1 % du marché entier. Il n'existe pas de « Sachbearbeiterin » réalisable en anglais ; il existe un Accounts Receivable Specialist. Les deux populations ne se recoupent quasiment pas.
En pratique, faites trois recherches au lieu d'une : l'intitulé anglais du métier, le nom de la ville dans les deux orthographes, et une recherche sans lieu du tout — car 4,4 % des annonces réalisables en anglais n'indiquent que le pays ou la mention Remote.
La branche décide plus que le canton
Si vous ne retenez qu'un écart de cette page, retenez celui-là. Parmi les annonces indiquant une exigence, 84,7 % des postes de recherche sont réalisables en anglais seul, 63,6 % dans la pharma et les sciences de la vie, 51,4 % dans la banque et la finance, 48,9 % dans la logistique et la production, 40,9 % dans l'informatique et 39,0 % dans la vente et le marketing. Les RH se situent à 28,7 %.
À l'autre extrémité se trouvent les métiers qui parlent aux gens présents dans la pièce : commerce de détail 6,7 %, soins 4,9 %, hôtellerie-restauration 3,7 %, bâtiment 1,6 %. Ce n'est pas une question d'ouverture d'esprit : un service de soins ou un chantier fonctionne dans la langue de ses patients et de ses collègues.
En volume, c'est pourtant l'informatique qui domine : 16,0 % du gisement anglophone porte un intitulé informatique, devant la vente et le marketing à 8,8 %, la banque et la finance à 7,7 % et la logistique et la production à 7,7 %. La recherche affiche le meilleur taux mais un volume mince, à 4,4 % du gisement.
Si votre métier figure en bas de cette liste, deux voies restent réalistes. La première : l'employeur international dans votre propre profession — hôpitaux universitaires avec recherche anglophone, groupes hôteliers à clientèle internationale, sites industriels dont la langue de groupe est l'anglais. La seconde : viser le niveau conversationnel plutôt que la maîtrise, puisque seules les exigences au niveau professionnel vous excluent réellement.
Chercher par employeur plutôt que par mot-clé
Le marché anglophone repose sur un petit groupe d'employeurs récurrents, et ce groupe change selon la région. À Genève, ce sont la banque privée et les organisations internationales : l'Union Bancaire Privée et Lombard Odier d'un côté, le CERN, l'OIM et le World Economic Forum de l'autre, auxquels s'ajoutent des sociétés technologiques genevoises comme Proton et SonarSource.
Dans le canton de Vaud, l'anglais est porté par Nestlé, Logitech, l'IMD et une série de jeunes sociétés technologiques comme Neural Concept et Adaptyv. Le canton de Zurich est dominé par On, de loin le plus gros pourvoyeur de postes anglophones, devant les banques privées Julius Baer et Vontobel, le cabinet PwC, des sociétés de robotique comme ANYbotics et l'EPF de Zurich.
Bâle-Ville est presque exclusivement sciences de la vie — Roche, Novartis, Idorsia, Lonza — avec Jet Aviation à l'aéroport. Zoug, le plus discret de ces marchés, réunit Thomson Reuters, GSK, Galderma, Partners Group, Medela et Specialized.
Enfin, une part réelle de ce marché n'est dans aucune ville : Solvias à Kaiseraugst, l'Institut Paul Scherrer à Villigen, Thermo Fisher à Allschwil, SBM Offshore à Marly, UCB à Bulle, Bühler à Uzwil, The North Face à Stabio. Ce sont des campus de recherche et des sites industriels situés dans des communes qui n'apparaissent sur aucune liste de villes ; seule la recherche par nom d'employeur les fait apparaître.
Deux pièges dans toute liste anglophone
Premièrement, toute annonce en anglais figurant dans une liste suisse n'est pas un emploi suisse. Entre les postes genevois et zurichois de notre propre collecte apparaissent régulièrement des employeurs établis ailleurs : une université australienne, une chaîne de magasins américaine, un groupe de voyage asiatique. Ils apparaissent parce qu'ils publient en anglais et diffusent largement, pas parce qu'ils recrutent en Suisse. Dès que la ligne de localisation ne contient aucun lieu que vous reconnaissez, vérifiez d'abord où se situe réellement le poste.
Deuxièmement, Remote est une indication de lieu trompeuse dans les deux sens. 4,4 % des annonces réalisables en anglais n'indiquent que le pays ou aucune ville. Certaines sont de vrais postes suisses avec télétravail ; d'autres sont des contrats à distance diffusés dans le monde entier, sans engagement suisse derrière — ce qui change tout en matière d'assurances sociales, d'impôts et de permis.
Les deux vérifications prennent deux minutes : ouvrir le site carrière de l'employeur, y retrouver le poste, lire le lieu et le type de contrat. Si le poste n'y figure pas, il est soit pourvu, soit n'a jamais été destiné à la Suisse.
Ce que disent les statistiques fédérales
Les chiffres de l'Office fédéral de la statistique expliquent pourquoi ce marché paraît à la fois vaste et étroit. Selon le relevé structurel arrêté au 31 décembre 2024, 23,6 % des personnes actives occupées parlent habituellement l'anglais au travail. En 2010, elles étaient 16,5 %, et 22,6 % en 2022 : une progression continue sur quinze ans.
Dans le même temps, 60,8 % parlent le suisse allemand au travail, 35,6 % l'allemand standard, 27,6 % le français et 8,0 % l'italien. Plusieurs langues pouvaient être citées, et c'est là toute la clé : en Suisse, l'anglais est très souvent une langue de travail supplémentaire, rarement la seule. Près d'un quart des actifs l'utilisent ; seul un cinquième environ des annonces indiquant une exigence peut être traité en anglais seul.
Deux conséquences pour votre recherche. À court terme, triez sur la ligne des exigences plutôt que sur l'impression générale de l'annonce. À moyen terme, un niveau conversationnel dans la langue de votre région déplace la frontière bien plus qu'une maîtrise parfaite, puisque seules les exigences au niveau professionnel vous excluent — et une annonce anglophone sur dix se contente déjà de la version douce.
Données de marché issues de notre analyse continue des annonces suisses ouvertes que nous recensons, état au 23 août 2026. « Réalisable en anglais » signifie que l'annonce mentionne l'anglais et n'exige aucune langue nationale au niveau professionnel ou natif ; les exigences au niveau conversationnel ou élémentaire ne comptent pas comme exclusion. Les parts par canton et par branche sont calculées sur les 72,8 % d'annonces qui indiquent une exigence linguistique ; les parts de composition portent sur l'ensemble du gisement réalisable en anglais. Le canton est déduit du champ de localité de l'annonce — noms de cantons dans toutes les langues nationales et principales communes —, si bien que les valeurs cantonales constituent une borne inférieure. Les branches sont déduites des intitulés et restent approximatives. Nous publions des parts, jamais des effectifs absolus. Les données sur les langues parlées au travail proviennent du relevé structurel de l'Office fédéral de la statistique.
Sources
Questions liées
Ce que notre index d’offres dit du marché suisse
Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.
Langue de rédaction des annonces
- Deutsch
- 60%
- English
- 23%
- Français
- 13%
- Italiano
- 3%
Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant
- Deutsch
- 70%
- English
- 43%
- Français
- 21%
- Italiano
- 3%
19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%


