Où trouver un emploi dans l'hôtellerie-restauration en Suisse — et pourquoi le français est-il ici la meilleure langue de recherche ?
Mis à jour:
En bref
L'hôtellerie-restauration compte pour environ 2,1 % des annonces suisses ouvertes que nous relevons, et c'est le domaine où le français rapporte le plus. 17,5 % des annonces du secteur sont rédigées en français, contre 9,6 % dans le reste du marché ; vu autrement, la branche représente 3,7 % de toutes les annonces francophones de notre relevé, 2,4 % des germanophones et seulement 0,6 % des anglophones. Chercher ce métier en anglais revient donc à n'en voir qu'une fraction. Le deuxième obstacle est le vocabulaire : la moitié des postes de cuisine ne contiennent jamais le mot « cuisinier ».
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Par type de poste
Le deuxième constat concerne les employeurs. Seules 20,1 % des annonces du secteur émanent d'hôtels et de resorts et 9,8 % de chaînes de restaurants, bars et cafés ; 23,4 % sont des établissements indépendants. Les 46,7 % restants viennent d'employeurs auxquels personne ne pense : hôpitaux, cliniques et EMS pour 17 %, commerce de détail pour 16,2 %, restauration collective et traiteurs pour 6,1 %, écoles, administrations et remontées mécaniques pour 4,1 %. Une cuisine existe partout où l'on nourrit des gens.
Troisième particularité, la géographie s'inverse. 1 % des annonces du reste du marché se situent dans une station alpine ou thermale ; dans l'hôtellerie-restauration, c'est 10,5 %. Le Valais porte 6,3 % des annonces de la branche contre 1,5 % du reste du marché. Et dans des localités comme Verbier, Zermatt, Saint-Moritz, Davos, Saas-Fee ou Bad Ragaz, 18,3 % de toutes les annonces ouvertes que nous relevons relèvent de l'hôtellerie-restauration. Pour qui accepte de bouger, c'est la densité la plus forte du pays.
Part des annonces rédigées dans chaque langue qui relèvent de l'hôtellerie-restauration. Analyse continue des annonces suisses ouvertes que nous relevons, état août 2026.
- La cuisine est le premier sous-ensemble de la branche avec 42,8 % des annonces, devant les fonctions polyvalentes de restauration à 20,3 %, le service et le bar à 13,3 %, l'étage et la réception à 9,2 % chacun, et l'encadrement à 5,2 %.
- Les titres de brigade traversent la frontière linguistique : 16,1 % des annonces germanophones du secteur et 26,9 % des anglophones portent un intitulé français dans le titre — Chef de Partie, Commis de Cuisine, Sous-Chef, Entremetier, Gardemanger.
- Le champ est plat, non concentré : 54,9 % des employeurs de la branche n'ont qu'une seule annonce ouverte. En écartant le plus gros annonceur, les dix suivants ne pèsent ensemble que 22,9 %.
- 9 % des annonces du secteur dont le texte est exploitable mentionnent les repas, une chambre de personnel ou un logement, contre 0,6 % dans le reste du marché. En station, c'est souvent ce qui rend le poste tenable.
- 11,1 % des annonces de la branche sont des places d'apprentissage ou des stages plutôt que des postes, contre 5,5 % ailleurs ; 3,7 % proposent un salaire horaire, un extra ou un travail sur appel, contre 0,7 %.
- La liste tourne vite : l'annonce médiane du secteur a 17 jours contre 20 ailleurs, et seules 16,4 % dépassent deux mois contre 27,5 %. Regarder chaque semaine vaut mieux qu'une candidature parfaite sur une annonce défraîchie.
Le français est la langue rentable de cette branche
Dans la plupart des domaines, chercher en allemand donne accès à la plus grosse part du marché suisse et l'anglais ouvre un segment international appréciable. L'hôtellerie-restauration échappe aux deux règles. 5,7 % seulement de ses annonces sont rédigées en anglais, contre 20,5 % dans le reste du marché : c'est la partie la moins anglophone de tout le marché que nous relevons. À l'inverse, 17,5 % de ses annonces sont en français, contre 9,6 % ailleurs.
La mesure la plus parlante est celle prise dans l'autre sens. Sur l'ensemble des annonces francophones de notre relevé, 3,7 % relèvent de l'hôtellerie-restauration ; sur les germanophones, 2,4 % ; sur les anglophones, 0,6 %. Autrement dit, une recherche menée en français dans ce métier est six fois plus productive que la même recherche menée en anglais, à effort égal.
Cela tient à la nature du travail. Une cuisine et une salle fonctionnent à la voix, et la langue de service est celle de la région. Parmi les annonces du secteur qui précisent une exigence linguistique, 71,5 % demandent l'allemand et 30,3 % le français — contre 20,1 % pour le français dans le reste du marché. L'anglais figure dans 34,2 % des cas, mais presque toujours en complément : 32,7 % des annonces du secteur qui posent une exigence en demandent au moins deux langues.
La conséquence pratique est simple : menez chaque recherche deux fois, en français puis en allemand. En français : cuisinier, cuisinière, aide de cuisine, second de cuisine, serveur, serveuse, employé de restauration, réceptionniste, gouvernante, maître d'hôtel. En allemand : Koch, Köchin, Küchenhilfe, Servicemitarbeiter, Restaurantfachfrau, Housekeeping, Rezeption, Gastronomie, Hotellerie. Une même place est rarement publiée deux fois : les deux recherches donnent deux listes différentes, pas la même traduite.
La moitié des postes de cuisine ne dit jamais « cuisinier »
La brigade de cuisine porte des noms français que les établissements suisses reprennent tels quels, quelle que soit la langue du reste de l'annonce. Sur les postes de cuisine ouverts que nous relevons, le mot allemand « Koch » ou « Köchin » n'apparaît que dans 49,5 % des titres. En ajoutant « Küche » et « Küchenhilfe », on monte à 54,6 %. Il faut ajouter les intitulés de brigade pour atteindre 96,4 %.
En français, le piège est symétrique. « Cuisinier » ne couvre qu'une partie des annonces : le reste s'appelle Chef de Partie, Demi Chef de Partie, Commis de Cuisine, Sous-Chef, Second de cuisine, Entremetier, Gardemanger, Pâtissier, Chef de Cuisine, Responsable de cuisine, aide de cuisine ou employé polyvalent en cuisine. Sur les annonces francophones de la branche, 28,7 % portent un intitulé de brigade dans le titre — la proportion la plus élevée des trois langues.
Côté salle et hébergement, la liste utile est la suivante : Chef de Rang, serveur, serveuse, employé de restauration, maître d'hôtel, barman, barmaid, barista, sommelier ; réceptionniste, Front Office, concierge, portier de nuit ; gouvernante, femme et valet de chambre, employé d'étage, housekeeping. Ce sont les mots que les établissements écrivent réellement.
Un avertissement sur les mots trop larges. « Service » est ici presque inutilisable : sur toutes les annonces de notre relevé qui portent « service » dans le titre, 2,3 % seulement relèvent de l'hôtellerie-restauration ; le reste est du service client, du service technique, du service après-vente ou du support informatique. À l'inverse, « restaurant », « hôtel » et « hôtellerie » ne se trompent jamais de branche, mais ne trouvent chacun qu'environ un dixième du champ.
Près d'une place sur deux n'est ni dans un hôtel ni dans un restaurant
Classées par type d'établissement, les annonces de la branche se répartissent ainsi : 20,1 % d'hôtels et resorts, 9,8 % de chaînes de restauration, de bars et de cafés, et 23,4 % d'établissements indépendants sans groupe visible derrière eux — l'auberge de village, le restaurant d'altitude, le bistrot de quartier.
Les 46,7 % restants sont ailleurs. Les hôpitaux, cliniques, EMS et structures d'accompagnement pèsent 17 % des annonces de la branche : chacun exploite une cuisine, une salle à manger, une cafétéria et un service d'hôtellerie. Le commerce de détail en représente 16,2 % — le plus gros annonceur du secteur dans notre relevé n'est pas un hôtelier mais un détaillant exploitant des restaurants. La restauration collective et les traiteurs ajoutent 6,1 %, les écoles, administrations et remontées mécaniques 4,1 %, les agences de placement 3,3 %.
Cela change entièrement la liste d'adresses à surveiller. Ces employeurs publient sur leurs propres pages carrière, sous des intitulés qu'aucune recherche « restauration » ne fera remonter : « employé polyvalent en cuisine », « collaborateur restaurant », « Mitarbeiter:in Gastronomie », « hôtellerie des patients », « restaurant du personnel ». Il faut connaître les mots avant de pouvoir trouver les postes.
Le contenu du travail diffère aussi. Une cuisine institutionnelle signifie en général des horaires plus réguliers, moins de soirées et de week-ends, pas de rythme saisonnier — et pas de pourboire. Pour qui quitte la restauration classique à cause des horaires coupés plutôt que du métier lui-même, c'est la sortie ; et avec près d'une annonce sur deux, elle est assez large pour organiser une recherche autour d'elle.
Contrats de saison : pourquoi « hiver 26/27 » se lit en août
L'hôtellerie-restauration est pratiquement le seul domaine où la saison figure dans l'intitulé du poste. 2 % de ses annonces portent un mot de saison — saisonnier, saison d'hiver, « hiver 26/27 », « Winter 26/27 » — contre 0,1 % dans le reste du marché. C'est peu en volume et c'est pourtant l'information de calendrier la plus utile de la branche : la saison d'hiver se recrute à la fin de l'été.
La convention de branche définit la saison de façon explicite. Le communiqué des partenaires sociaux sur les salaires minimums précise que « la saison hivernale prenant fin au plus tard le 30 avril 2026 et la saison estivale commençant le 1er mai 2026 ». Une annonce « hiver 26/27 » vue en août n'est donc pas en retard : c'est le cycle normal. Commencer à chercher un poste de saison d'hiver en décembre, en revanche, c'est chercher dans un marché déjà pourvu.
Les établissements saisonniers appliquent aussi d'autres règles. Selon l'art. 15 de la convention, la durée moyenne du travail est de 42 heures par semaine, de 43,5 heures dans les établissements saisonniers et de 45 heures dans les petits établissements. Et pour les contrats saisonniers, les hausses de salaire minimum ne s'appliquent pas au 1er janvier mais au début de la saison d'été. Ces deux points se discutent avant la signature.
La contrepartie est dans le reste du paquet. 9 % des annonces de la branche dont le texte est exploitable mentionnent les repas, une chambre de personnel ou un logement, contre 0,6 % ailleurs. Dans une station où se loger est rare et cher, ce n'est pas un détail : c'est souvent ce qui rend le poste possible. Si l'annonce n'en dit rien, posez la question — logement, repas et leur imputation sur le salaire sont réglés par la convention, mais ne sont pas offerts partout de la même manière.
Le salaire minimum de la CCNT, que personne n'écrit dans son annonce
La Suisse n'a pas de salaire minimum national, mais l'hôtellerie-restauration en a un. La convention collective nationale de travail de la branche s'applique aux employeurs et aux collaborateurs de l'hôtellerie-restauration dans tout le pays et est déclarée de force obligatoire du 1er mai 2026 au 31 décembre 2027. En sont notamment exclus les directeurs et responsables d'établissement, les membres de la famille de l'exploitant, les musiciens, artistes et disc-jockeys, ainsi que les personnes en formation au sens de la loi fédérale sur la formation professionnelle.
Les partenaires sociaux ont publié les salaires minimums 2026 en octobre dernier. Bruts, par mois : catégorie Ia, collaborateurs sans apprentissage, CHF 3'713 ; catégorie Ib, sans apprentissage mais avec une formation Progresso achevée, CHF 3'943 ; catégorie II, avec attestation fédérale de formation professionnelle ou équivalent, CHF 4'070 ; catégorie IIIa, titulaires d'un certificat fédéral de capacité ou équivalent, CHF 4'528 ; catégorie IIIb, avec CFC et formation continue, CHF 4'635 ; catégorie IV, avec examen professionnel, CHF 5'293. Pour les stagiaires, CHF 2'390.
Le reste de la convention vaut autant que le plancher salarial. L'art. 17 accorde cinq semaines de vacances par an, exprimées en 35 jours civils, ou une indemnité de 10,65 % lorsque les vacances sont payées avec un salaire horaire. L'art. 12 accorde un treizième salaire entier. S'y ajoutent six jours fériés payés et les 42 heures hebdomadaires évoquées plus haut. Un montant mensuel annoncé sans le treizième salaire n'est pas le chiffre à comparer.
Et voici le constat tiré de notre propre relevé : aucune des annonces du secteur dont le texte est exploitable ne cite la CCNT, la convention collective ni le L-GAV. Ce n'est pas une infraction — la convention s'applique qu'on la cite ou non — mais cela signifie que l'information repose entièrement sur vous. Déterminez votre catégorie salariale avant le premier entretien, pas après.
Depuis janvier 2026, les postes de cuisinier passent d'abord par l'ORP
Un changement récent frappe précisément ce métier. Depuis le 1er janvier 2026, les postes de cuisiniers sont de nouveau soumis à l'obligation d'annoncer les postes vacants. Le SECO retient un critère unique, un taux de chômage d'au moins 5 % pour le genre de profession ; les cuisiniers ont atteint 5,3 % sur la période déterminante. Les agents d'entretien dans les bureaux, hôtels et autres établissements ont été assujettis sur la même base, également à 5,3 %. La part de la population active concernée passe de 6,5 % à 10,8 %.
Concrètement, un poste soumis à l'obligation doit être annoncé à l'ORP et paraît d'abord dans l'espace protégé de job-room.ch. L'employeur ne peut le publier ailleurs que cinq jours ouvrables plus tard. Les personnes inscrites auprès d'un ORP et enregistrées sur ce portail voient donc ces postes avant qu'ils ne soient publics — et dans cette branche, cela concerne le plus gros groupe de fonctions, puisque la cuisine représente 42,8 % du champ.
Cette réponse s'arrête volontairement là : le déroulement de l'inscription, les numéros nécessaires et le décompte exact des cinq jours ouvrables sont traités dans notre réponse consacrée à Job-Room. Pour la recherche en hôtellerie-restauration, la conséquence suffit — si vous êtes déjà inscrit à l'ORP, ce portail est depuis cette année la liste la plus précoce pour les postes de cuisine, en complément et non à la place des pages carrière.
L'ordre de recherche que suggèrent ces chiffres
D'abord, corriger le vocabulaire. Une recherche sur « cuisinier » seul n'est qu'une demi-recherche. Constituez pour votre poste — cuisine, salle, réception, étage — une liste de six à dix intitulés réels en français et en allemand, et passez-la dans les deux langues. C'est la seule étape qui double immédiatement le volume visible.
Ensuite, élargir la liste des employeurs au-delà des hôtels. Ajoutez les cuisines d'hôpitaux et d'EMS de votre région, les restaurants du personnel des grands employeurs locaux, les traiteurs de restauration collective et les groupes de détail : ensemble, presque la moitié du champ. Et comme 54,9 % des employeurs de la branche n'ont qu'une annonce ouverte, la largeur paie mieux que la profondeur : contrairement aux soins, ce marché n'est pas concentré sur quelques grandes adresses.
Puis, chercher par localité si vous êtes mobile. Les stations alpines et thermales concentrent 10,5 % des annonces de la branche contre 1 % du reste du marché, et dans ces localités 18,3 % de tout ce qui est publié relève de l'hôtellerie-restauration. Interroger une douzaine de stations par leur nom prend dix minutes et atteint un marché qu'une recherche par canton noie sous les chefs-lieux. Une réserve à dire clairement : notre couverture du Tessin est mince — 0,2 % seulement de nos annonces de la branche s'y trouvent — de sorte que pour Lugano, Locarno et Ascona, les portails régionaux et les sites des établissements resteront plus complets que notre liste.
Enfin, adopter le rythme du secteur. L'annonce médiane y a 17 jours contre 20 ailleurs, et seules 16,4 % dépassent deux mois contre 27,5 %. Regardez chaque semaine. Si vous entrez dans le métier plutôt que d'y changer de place, ajoutez les 11,1 % d'annonces qui sont des apprentissages ou des stages, contre 5,5 % ailleurs, et les 3,7 % en salaire horaire, extra ou travail sur appel, contre 0,7 %. Ces deux portes sont bien plus ouvertes ici que partout ailleurs sur le marché.
Parts issues de notre analyse continue des annonces suisses ouvertes que nous relevons, état août 2026. Est comptée comme annonce d'hôtellerie-restauration une annonce dont le titre nomme une fonction de cuisine, de salle, de bar, d'étage, de réception ou d'encadrement gastronomique (Koch, Küche, Chef de Partie, Commis, Sous-Chef, cuisinier, Servicemitarbeiter, Restaurantfach, Chef de Rang, serveur, barman, housekeeping, gouvernante, réceptionniste, Front Office, Gastronomie, Hotellerie, restauration et termes voisins) ; sont exclus les titres qui portent ces mots tout en relevant manifestement de la vente, de l'informatique, de la logistique, de la conciergerie d'immeuble ou de l'enseignement. Les exigences linguistiques ne sont comptées que sur les annonces qui en mentionnent une, et les mesures de texte que sur les annonces dont le résumé est exploitable. Le type d'établissement est déduit du nom de l'employeur et reste donc approximatif. Notre couverture est mince au Tessin et inégale dans les cantons de montagne ; le texte le signale à l'endroit concerné. Nous publions des parts, jamais des volumes absolus. Les données de salaire, de vacances et de durée du travail proviennent de la CCNT et du communiqué des partenaires sociaux ; celles sur l'obligation d'annonce, du SECO.
Sources
Questions liées
Ce que notre index d’offres dit du marché suisse
Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.
Langue de rédaction des annonces
- Deutsch
- 60%
- English
- 23%
- Français
- 13%
- Italiano
- 3%
Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant
- Deutsch
- 70%
- English
- 43%
- Français
- 21%
- Italiano
- 3%
19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%






