Où trouver des postes d'ingénieur en Suisse — et pourquoi le mot « ingénieur » n'en trouve presque aucun ?
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En bref
Les postes d'ingénieur représentent environ 4 pour cent des offres suisses ouvertes que nous recensons, et le mot français passe à côté de presque tout. « Ingénieur » ne figure que dans 6,4 pour cent de ces annonces, et 57,1 pour cent de ce qu'il ramène relève réellement de l'ingénierie. Le mot dominant du champ est anglais : « Engineer » apparaît dans 66,8 pour cent des offres — mais 27,8 pour cent seulement de ses résultats sont de l'ingénierie, le reste étant de l'informatique.
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En Suisse romande, ce déséquilibre linguistique est encore plus marqué qu'ailleurs. 58,5 pour cent des offres d'ingénieur situées en Romandie sont rédigées en anglais et 39 pour cent en français, alors que le reste du marché romand est à 56,6 pour cent en français et à 32,9 pour cent en anglais. Chercher un poste d'ingénieur uniquement en français revient donc à ne voir qu'un tiers de ce qui est ouvert autour de chez soi.
La sortie de ce piège est la discipline. « Bauingenieur » ramène du génie civil dans la totalité des cas, « mechanical » dans 72,7 pour cent, « automation » dans 40,2 pour cent. À l'inverse, les mots larges sont inutilisables : « électro » ne donne que 10,3 pour cent d'ingénierie et « technique » 7,3 pour cent, parce qu'ils ramènent avant tout des électriciens, des installateurs et des techniciens de service.
Reste la question du lieu. La Romandie porte 17,7 pour cent des offres d'ingénieur, à peine plus que sa part du reste du marché, et elles y sont concentrées sur un petit nombre d'adresses : l'arc Lausanne–Genève, le croissant microtechnique de Neuchâtel, puis des sites isolés à Gland, Yverdon-les-Bains, Renens, Bulle, Monthey et Fully. Le poste suit l'usine, pas la ville.
Part des offres d'ingénieur ouvertes que nous recensons, par discipline, attribuée à partir du titre et du texte de l'annonce. Analyse continue des offres suisses ouvertes de notre index, août 2026.
- En Romandie, 30,6 pour cent des titres d'offres d'ingénieur contiennent le mot « ingénieur » et 69,4 pour cent le mot anglais « Engineer ». Le titre francophone est devenu minoritaire dans son propre territoire linguistique.
- La part d'anglais dépend presque uniquement de la discipline : recherche et développement 77,1 pour cent, qualité et validation 64,4, mécanique 57,7, automation 43,6, électricité 21,2 — et génie civil 4,8 pour cent. Le génie civil est le seul sous-domaine qui recrute dans la langue du chantier.
- Les intermédiaires sont rares en Romandie : 5,7 pour cent des offres d'ingénieur y portent le nom d'une agence, contre 16,8 pour cent dans l'ensemble du champ et 51,1 pour cent parmi les postes informatiques qui partagent le mot « Engineer ». Vous lisez presque toujours l'employeur lui-même.
- Les annonces restent longtemps en ligne : 30 jours d'âge médian dans le champ, 36 jours pour les offres publiées directement par l'employeur et 36 jours également en Romandie, contre 22 jours pour le reste du marché. 39,6 pour cent des offres d'employeur ont plus de deux mois.
- Le temps partiel n'existe pratiquement pas : 0,7 pour cent des offres d'ingénieur sont annoncées à temps partiel, contre 6 pour cent ailleurs. Et l'entrée est étroite — 3,3 pour cent des titres mentionnent junior, diplômé, stage ou apprentissage, contre 5,9 pour cent dans le reste du marché.
- Neuf offres d'ingénieur sur dix ne citent aucun diplôme. EPFL ou ETH sont nommées dans 1,3 pour cent des annonces, contre 0,2 pour cent dans le reste du marché : six fois plus, et pourtant une petite minorité.
Un mot, deux marchés : pourquoi « Engineer » est une mauvaise requête
La Suisse rédige ses titres d'ingénieur en anglais, et son industrie du logiciel aussi. Cette collision est le fait le plus coûteux de toute la recherche dans ce domaine. Parmi les annonces de notre index dont le titre porte Engineer, Engineering, Ingenieur, ingénieur ou ingegnere, 61,4 pour cent décrivent un poste de logiciel, de systèmes, de réseau, de sécurité ou de cloud, et 35,5 pour cent un métier d'ingénieur au sens classique.
Les deux requêtes évidentes échouent donc dans des directions opposées. « Engineer » figure dans 66,8 pour cent des postes d'ingénieur, c'est de loin le mot le plus fréquent du champ, mais seuls 27,8 pour cent de ses résultats sont de l'ingénierie. « Ingenieur », en allemand, ramène 90,6 pour cent d'ingénierie — la liste la plus propre qu'un seul mot puisse produire — mais ne figure que dans 27,5 pour cent des offres. La précision et la couverture ne sont jamais disponibles dans la même requête.
Le mot français se situe entre les deux et pèse peu : 57,1 pour cent de précision pour 6,4 pour cent de couverture. Ajouté à ses équivalents allemand et italien, on atteint 80,4 pour cent de précision pour 34,5 pour cent de couverture. Autrement dit, les trois langues nationales réunies ne trouvent qu'un tiers du marché.
Il existe encore une zone aveugle : des intitulés d'un niveau clairement ingénieur qui n'emploient jamais le mot — constructeur, dessinateur-constructeur, projeteur, planificateur en technique du bâtiment. Ils ajoutent environ 14 pour cent aux offres comptées ici, et aucune requête contenant « ingénieur » ou « engineer » ne les fera apparaître.
Neuf disciplines qui se comportent comme neuf marchés
La mécanique et la construction forment le bloc principal avec 18,5 pour cent des offres d'ingénieur, devant les postes de projet et de planification à 16,2 pour cent, l'automation avec la robotique et la mécatronique à 14,1, le génie civil et les structures à 11,9, la recherche et développement à 9,8, l'électricité et l'électronique à 9,4, la qualité avec les essais et la validation à 8,8, les procédés avec l'énergie et la technique du bâtiment à 7,3 et la vente technique à 4 pour cent.
En Romandie, la répartition penche nettement : la mécanique y pèse 28,7 pour cent des offres d'ingénieur, les postes de projet 14,6, la qualité 13,4, la recherche et développement 12,7, le génie civil 9,6, l'électricité 8,9, l'automation 5,7 et les procédés 4,5 pour cent. La microtechnique et les sciences de la vie tirent la région vers la mécanique et la validation, là où la Suisse alémanique produit davantage d'automation et d'électrotechnique.
La langue sépare ces disciplines plus nettement que leur taille. En recherche et développement, 77,1 pour cent des annonces sont rédigées en anglais ; en génie civil, 4,8 pour cent. Ce n'est pas une question de style : la R&D recrute à l'international et travaille en anglais, alors que le génie civil travaille avec des normes suisses, des procédures d'autorisation cantonales et des communes.
Le rythme diffère aussi. L'automation est le sous-domaine le plus rapide, avec un âge médian de 19 jours, suivi des procédés à 20 jours, des postes de projet à 24, de la mécanique, de l'électricité, de la qualité et de la R&D autour de 31, du génie civil à 36 et de la vente technique à 52 jours. Et la hiérarchie est inégale : 1,9 pour cent seulement des titres de génie civil portent « senior » ou « lead », contre 26,7 pour cent en recherche et développement.
La Romandie recrute en anglais — et c'est une bonne nouvelle
Le chiffre le plus utile de cette réponse concerne la langue des annonces romandes. Sur les offres d'ingénieur situées en Suisse romande dont la langue est lisible, 58,5 pour cent sont en anglais, 39 pour cent en français et 2,4 pour cent en allemand. Dans le reste du marché romand, le rapport est inversé : 56,6 pour cent de français contre 32,9 pour cent d'anglais.
Deux effets en découlent. Le premier est un piège : une recherche menée uniquement en français, dans une région francophone, laisse de côté la majorité des postes d'ingénieur ouverts à côté de chez soi. Le second est une chance : l'annonce en anglais correspond ici à un vrai poste anglophone. Dans l'ensemble du champ, seules 21,3 pour cent des annonces rédigées en anglais mentionnent l'allemand comme exigence, et lorsqu'elles le font, 38,1 pour cent se contentent d'un niveau de conversation.
Ces annonces anglophones viennent en outre presque toutes de l'employeur direct : 0,7 pour cent portent le nom d'une agence. En Romandie, la proportion d'intermédiaires est de toute façon faible — 5,7 pour cent contre 16,8 pour cent dans l'ensemble du champ. La personne de contact citée dans l'annonce est donc, la plupart du temps, celle qui décide.
Concrètement, il faut mener trois recherches pour un seul métier. Le même poste s'appelle « ingénieur développement » à Neuchâtel, « Entwicklungsingenieur » à Berne et « R&D Engineer » dans une entreprise à capitaux étrangers deux rues plus loin. Trois requêtes, trois listes différentes, un seul métier.
Les adresses : l'arc lémanique, le croissant horloger, puis des sites isolés
La Romandie porte 17,7 pour cent des offres d'ingénieur que nous recensons, contre 16,5 pour cent du reste du marché : la région n'est ni sur-représentée ni délaissée. Ce qui la distingue, c'est la concentration des adresses. Lausanne et Genève portent à elles seules la moitié des offres romandes, Neuchâtel vient ensuite, puis une série de communes qui n'apparaîtraient dans aucune recherche par ville : Gland, Yverdon-les-Bains, Renens, Bulle, Le Vaud, Monthey, Meyrin, Fully, Martigny.
Derrière ces noms, on retrouve des employeurs identifiables dans notre index : le CERN à Genève, le CSEM à Neuchâtel, Semtech dans le même canton, Coris Innovation Group à Gland et Lausanne, Siemens à Renens, SCHOTT à Yverdon-les-Bains, Liebherr à Bulle, ainsi qu'une couche d'entreprises de robotique et de deep tech implantées autour de l'EPFL.
Cette structure vaut pour toute la Suisse et elle est mesurable : en ne comptant que les employeurs directs, les offres d'ingénieur se répartissent sur 169 localités, alors que des échantillons de même taille du reste du marché en couvrent 224. Cela fait 4,33 offres par localité contre 3,30 — moins d'adresses, mais davantage de postes à chacune.
Le filtre géographique doit donc être appliqué en dernier et généreusement. Dans la plupart des métiers, on choisit une ville et on y trouve de nombreux employeurs ; en ingénierie, on trouve un site industriel, et ce site a plusieurs postes ouverts en même temps. Un rayon serré autour d'un centre-ville supprime exactement la moitié industrielle de l'offre.
On engage par vagues : lisez toute la liste de l'employeur
La propriété la plus exploitable de ce marché est sa concentration par employeur. En excluant les annonces publiées sous le nom d'une agence, chaque employeur porte en moyenne 2,09 postes d'ingénieur ouverts, contre 1,70 dans des échantillons de même taille du reste du marché. 36,1 pour cent des offres se trouvent chez des employeurs qui recrutent cinq ingénieurs ou plus en même temps, contre 24,6 pour cent ailleurs.
Ce n'est pas une curiosité statistique, c'est la manière dont le travail d'ingénieur est organisé. Le développement et l'étude se font en équipes et par projets : lorsqu'un mandat est décroché ou qu'une série est lancée, cinq postes s'ouvrent d'un coup et non un seul. L'unité pertinente de la recherche n'est donc pas l'annonce, mais l'entreprise.
La règle pratique tient en une phrase : dès qu'une offre vous convient, ouvrez la liste complète des postes de cette maison avant d'écrire quoi que ce soit. La probabilité qu'un deuxième poste vous corresponde est ici nettement plus élevée que dans le reste du marché — et une candidature qui mentionne les deux se lit mieux que deux candidatures séparées.
Une réserve s'impose malgré tout : 16,8 pour cent des offres d'ingénieur, à l'échelle suisse, portent le nom d'un intermédiaire plutôt que celui de l'entreprise où l'on travaillera, et un seul émetteur de ce type porte à lui seul 13,7 pour cent du champ. Ce n'est pas suspect en soi, mais la question du site d'affectation se pose avant la candidature, pas après.
Les annonces anciennes sont l'occasion, pas l'avertissement
L'offre d'ingénieur médiane de notre index a 30 jours ; en ne comptant que celles publiées directement par l'employeur, 36 jours, et 36 jours également en Romandie. Le reste du marché est à 22 jours, et les postes informatiques qui partagent le mot « Engineer » à 11 jours. Près de 40 pour cent des offres d'employeur sont en ligne depuis plus de deux mois.
Le réflexe consistant à les écarter est ici une erreur. Un poste d'ingénieur reste ouvert parce qu'il se pourvoit lentement : profils étroits, peu de candidatures adéquates, plusieurs tours d'entretien, et souvent un délai de congé de trois mois du côté du candidat. Une annonce de deux mois est en général toujours ouverte, et la concurrence y est plus faible qu'au premier jour.
La tactique qui en découle est simple : triez par adéquation et non par date, et candidatez d'abord aux annonces les plus anciennes. En cas de doute sur la validité de l'offre, un appel à la personne citée règle la question en deux minutes — dans un champ où cinq annonces sur six viennent de l'employeur, cet appel aboutit à quelqu'un.
À l'inverse, vérifier tous les jours ne rapporte presque rien : 11,6 pour cent seulement des offres d'ingénieur ont moins d'une semaine, contre 12,5 pour cent dans le reste du marché. Une alerte sur votre discipline vaut mieux qu'une habitude de rafraîchissement.
Diplômes, reconnaissance et entrée dans le métier
Neuf offres d'ingénieur sur dix ne citent aucun diplôme. Lorsqu'un mot d'études apparaît — EPFL, ETH, HES, HES-SO, bachelor, master, doctorat — c'est dans 9,4 pour cent des cas, contre 6,4 pour cent dans le reste du marché. L'exigence réside dans la description de la tâche et non dans la ligne du diplôme, ce qui rend une candidature issue d'une autre filière beaucoup moins vaine qu'elle n'en a l'air.
Si votre titre a été obtenu à l'étranger, la question à régler avant de postuler est de savoir si votre profession est réglementée en Suisse. Beaucoup d'activités techniques ne le sont pas et ne demandent alors aucune procédure ; pour les professions réglementées, une autorité précise est compétente. Le Secrétariat d'État à la formation, à la recherche et à l'innovation publie la procédure et les organes compétents.
L'entrée dans le métier est le véritable goulot d'étranglement de ce champ : 3,3 pour cent des titres seulement mentionnent un niveau débutant, contre 5,9 pour cent dans le reste du marché, tandis que 18,7 pour cent portent « senior » ou « lead » contre 11,7 pour cent. Les jeunes diplômés passent plus souvent par les stages, les travaux de master et les postes d'assistant qui sont publiés dans ce champ que par des intitulés « junior ».
Dernier point, facile à manquer : 2 pour cent des offres d'ingénieur n'indiquent comme lieu que « Suisse », et quelques-unes sont annoncées en télétravail. Ces annonces n'apparaissent dans aucune recherche par ville. Si vous filtrez par canton, faites une fois par semaine une recherche sans filtre sur votre discipline pour ne pas perdre ce groupe de vue.
Parts issues de notre analyse continue des offres suisses ouvertes que nous recensons, état août 2026. Est comptée comme offre d'ingénieur une annonce dont le titre porte l'un des mots Engineer, Engineering, Ingenieur, ingénieur ou ingegnere et dont la discipline peut être rattachée, à partir du titre et du texte de l'annonce, à une discipline classique de l'ingénierie ; les postes de logiciel, de systèmes, de réseau, de sécurité et de cloud sont exclus et comptés séparément. Les intitulés qui n'emploient jamais le mot — constructeur, projeteur, planificateur en technique du bâtiment — ne sont pas comptés et ajouteraient environ 14 pour cent. Les comparaisons avec le reste du marché reposent sur des échantillons de même taille dès qu'il s'agit de concentration ou de nombre de localités ; les parts de langue, d'âge et de titre sont calculées sur l'ensemble du stock restant. La Suisse romande est délimitée ici par les communes francophones citées dans les annonces.
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Sources
Questions liées
Ce que notre index d’offres dit du marché suisse
Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.
Langue de rédaction des annonces
- Deutsch
- 60%
- English
- 23%
- Français
- 13%
- Italiano
- 3%
Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant
- Deutsch
- 70%
- English
- 43%
- Français
- 21%
- Italiano
- 3%
19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%






