Quelle est une alternative à une agence de travail temporaire ?
Mis à jour:
En bref
L’alternative la plus directe est de postuler soi-même aux annonces de durée déterminée que les entreprises publient elles-mêmes. Dans notre fonds d’annonces suisses ouvertes, 3,6 % des annonces francophones se déclarent temporaires ou de durée déterminée, et 64,9 % de ces postes viennent directement de l’entreprise où le travail se fait, un tiers passant par une agence. S’y ajoutent le Job-Room de l’ORP, les plateformes comme Coople et la candidature spontanée. Ce qu’aucune alternative ne remplace : les missions jamais publiées et le fonds de formation de la branche. État au 25 août 2026.
Les portails d'emploi suisses en un coup d'œil
Cliquez sur une image pour la voir en grand. Ce qu'est réellement chaque portail est indiqué à côté.

1. SwissJobs.appNotre app
Plus de 21 000 postes suisses ouverts, issus des systèmes ATS, des sites d'entreprise et de LinkedIn au même endroit — et depuis chaque annonce, directement le CV, la lettre de motivation, la vérification du CV et la préparation à l'entretien. Le formulaire ORP se remplit depuis votre suivi de candidatures. Utilisable gratuitement ; le compte est demandé à l'enregistrement.
Emplois par métier, ville ou langue
Tapez un métier, une ville ou une langue, la page affiche les annonces actuellement ouvertes.
Par métier
- Consultant
- Chef de projet
- Vente
- Infirmier
- Soins
- Assistant administratif
- Account Manager
- Ingénieur logiciel
- Administration publique
- Architecte
- Assurance
- Cuisinier
71 de plus — affinez la recherche
Par type de poste
Genève est le cas particulier qui vaut d’être connu : 8,0 % des annonces ouvertes localisées à Genève sont temporaires ou de durée déterminée, contre 4,6 % dans le canton de Vaud, 3,0 % à Bâle et seulement 2,2 % à Zurich. Autrement dit, un Romand qui cherche une mission courte trouve près de quatre fois plus d’offres publiées qu’un habitant de Zurich, où le même travail passe bien davantage par les bailleurs de services. La voie de l’annonce n’a donc pas la même valeur selon l’endroit où vous cherchez.
Pour cette réponse, nous avons ouvert le 25 août 2026 les sites suisses d’Adecco, de Manpower, de Randstad et de Coople, lu la loi fédérale sur le service de l’emploi et la location de services dans sa version du 1er janvier 2026 sur fedlex, et recalculé le même jour les parts dans notre propre fonds d’annonces. Chaque chiffre ci-dessous est accompagné de sa source.
Part des annonces ouvertes sur SwissJobs.app qui se déclarent elles-mêmes temporaires, de durée déterminée, auxiliaires, sur appel ou de remplacement, calculée le 25 août 2026 d’après le champ de localisation de l’annonce. Genève se situe presque quatre fois au-dessus de Zurich.
- Qui fait commerce de céder des travailleurs à des tiers doit obtenir une autorisation de l’office cantonal du travail (art. 12 LSE). Le registre fédéral LSE permet de vérifier gratuitement n’importe quelle entreprise par nom, localité ou canton.
- La location en Suisse de services de personnel recruté à l’étranger n’est pas autorisée (art. 12 al. 2 LSE). Une agence d’intérim établie en France ne peut donc pas vous employer pour vous louer à une entreprise suisse : pour un frontalier, c’est la règle la plus souvent mal comprise.
- Le bailleur de services ne peut engager en Suisse que des étrangers admis à exercer une activité lucrative et autorisés à changer d’emploi (art. 21 LSE).
- Lorsque l’engagement est de durée indéterminée, le délai de congé est d’au moins deux jours pendant les trois premiers mois et d’au moins sept jours du quatrième au sixième mois (art. 19 al. 4 LSE). Il vaut dans les deux sens.
- Sont nuls et non avenus les accords qui exigent du travailleur loué le paiement d’émoluments ou de prestations financières préalables (art. 19 al. 5 let. a LSE). Une agence de placement, elle, peut facturer au demandeur d’emploi une taxe d’inscription de 45 francs au maximum et une commission de 5 % au maximum du premier salaire annuel brut.
- Sont également nuls les accords qui empêchent ou entravent votre transfert à l’entreprise locataire une fois le contrat arrivé à échéance (art. 19 al. 5 let. b LSE), comme ceux qui entravent l’entreprise locataire dans l’engagement (art. 22 al. 2).
- L’indemnité de transfert n’est admissible que si la mission a duré moins de trois mois et que le passage intervient moins de trois mois après sa fin, plafonnée aux frais d’administration et au bénéfice d’une mission de trois mois (art. 22 al. 3 et 4 LSE).
- Si l’entreprise locataire est soumise à une convention collective étendue, le bailleur doit vous appliquer les dispositions de cette CCT sur le salaire et la durée du travail (art. 20 LSE).
- 88 heures de mission en douze mois ouvrent un crédit de formation de CHF 440 auprès du fonds temptraining ; chaque heure supplémentaire ajoute CHF 5 depuis le 1er juillet 2026, jusqu’à CHF 5000 pour la formation et CHF 2250 pour la perte de gain.
- 44,5 % de nos annonces ouvertes renvoient au site de l’employeur pour postuler, 34,9 % vers un système de gestion des candidatures et 20,6 % vers un portail ou un prestataire de personnel.
- Parmi les annonces francophones temporaires, 35,1 % émanent d’un prestataire de personnel, contre 5,4 % des annonces germanophones : en Romandie, l’agence est aussi une option visible dans les annonces.
- Selon l’enquête de gfs-zürich commandée par swissstaffing, 58 % des travailleurs temporaires sont actifs dans les services, 26 % dans l’industrie, 15 % dans la construction et 1 % dans l’agriculture.
Agence temporaire ou candidature directe
| Critère | Via une agence | Directement à l'employeur |
|---|---|---|
| Coût pour vous | aucun | aucun |
| Accès aux postes | y compris non publiés | seulement ce que vous trouvez |
| Qui est votre employeur | l'agence | l'entreprise |
| Salaire | plus bas ; l'agence prend une marge | plein |
| Passage en fixe | fréquent, souvent après un délai | immédiat |
| Délais de congé | courts, CCT location de services | CO art. 335c |
| Début de carrière ou changement de secteur | vrai ouvre-porte | plus difficile sans références |
L'agence ne vous coûte rien — c'est l'entreprise qui paie. Le prix est ailleurs : votre contrat est avec l'agence et non avec l'entreprise, et le salaire est inférieur à ce que celle-ci verserait directement.
Ce que vend réellement une agence, et qu’aucun portail ne détient
Commençons par ce qui plaide contre nous. Une agence ne vend pas des annonces, elle vend l’accès à des missions qui ne sont jamais publiées. L’entreprise locataire appelle, le bailleur cherche parmi les personnes déjà inscrites chez lui, et aucune annonce publique n’apparaît dans cette chaîne. C’est pour cette raison que le marché temporaire paraît plus petit qu’il ne l’est sur n’importe quelle plateforme, la nôtre comprise.
L’agence porte ensuite l’emploi lui-même : elle conclut le contrat de travail, verse le salaire et s’occupe de l’AVS, de la caisse de pension, de l’assurance-accidents et des allocations familiales. Elle est en outre liée par la CCT location de services, en vigueur depuis le 1er janvier 2012 et étendue, qui reprend les dispositions salariales et horaires des conventions collectives étendues de la branche où vous êtes envoyé.
L’avantage le plus tangible est le fonds de formation. Après 88 heures de mission en douze mois, temptraining ouvre un droit de CHF 440 pour une formation ; chaque heure de mission supplémentaire ajoute CHF 5 depuis le 1er juillet 2026, jusqu’à CHF 5000, auxquels s’ajoutent jusqu’à CHF 2250 d’indemnité pour perte de gain, comptés à CHF 250 par jour de cours. Un contrat de durée déterminée signé directement avec une entreprise ne finance rien de tout cela. Pour qui travaille de toute façon à l’heure et vise un titre, c’est un argument qu’aucun moteur de recherche ne compense.
Les chiffres de branche proviennent de swissstaffing, l’association patronale des prestataires de personnel — donc d’une partie intéressée, et nous le signalons. Ils restent utiles pour comprendre le motif : selon l’étude Sotomo commandée par l’association, 41 % des entreprises interrogées recourent actuellement au travail temporaire, 83 % parmi celles de plus de 250 collaborateurs, et 62 % y recourent parce qu’elles n’ont pas trouvé de spécialiste qualifié pour un poste fixe.
Frontaliers : la règle qui surprend le plus
Si vous habitez en France voisine, une phrase de la loi suisse compte plus que toutes les autres : la location en Suisse de services de personnel recruté à l’étranger n’est pas autorisée (art. 12 al. 2 LSE). Une agence d’intérim française ne peut donc pas vous salarier chez elle pour vous louer à une entreprise genevoise. Seule une entreprise au bénéfice d’une autorisation d’un office cantonal du travail suisse peut le faire ; la location de services vers l’étranger, elle, exige en plus une autorisation du SECO.
La deuxième règle porte sur le permis. Selon l’art. 21 LSE, le bailleur de services ne peut engager en Suisse que des étrangers admis à exercer une activité lucrative et autorisés à changer d’emploi. Un permis G de frontalier remplit ces conditions, un statut qui vous lie à un employeur nommé ne les remplit pas.
Concrètement, cela oriente la recherche. Ce qui fonctionne depuis la France, c’est soit une agence titulaire d’une autorisation suisse, vérifiable en trente secondes dans le registre fédéral LSE, soit la candidature directe auprès de l’entreprise. Et pour la candidature directe, le bassin genevois est justement celui où les annonces de durée déterminée sont les plus nombreuses. Les grandes agences le disent d’ailleurs elles-mêmes : sur sa page suisse, Manpower avertit qu’«un véritable consultant Manpower ne demandera jamais de paiement pour vous trouver un emploi», formulation lue le 25 août 2026 et conforme à l’art. 19 al. 5 LSE.
Ce que montrent nos propres annonces
La voie de l’annonce est mieux documentée que la réputation du travail temporaire ne le laisse croire. Parmi les annonces francophones ouvertes que nous détenons, 3,6 % se déclarent temporaires, de durée déterminée, sur appel ou de remplacement — contre 2,7 % des annonces germanophones. Le chiffre qui compte est le second, et il distingue nettement la Suisse romande du reste du pays : 64,9 % de ces postes francophones sont publiés par l’entreprise où le travail s’effectue et 35,1 % par un prestataire de personnel, alors que dans les annonces germanophones la part directe atteint 94,6 %. Les bailleurs de services publient donc en Romandie et presque pas en Suisse alémanique.
Les deux lectures sont vraies. D’une part, deux postes francophones sur trois s’atteignent sans intermédiaire : hôpitaux, hôtels, industries et administrations cantonales publient eux-mêmes, et à l’échelle de tout notre fonds la part directe monte à 87,4 %. D’autre part, comme les bailleurs de services publient très peu, cette part ne mesure que la portion visible du marché. Utiliser les deux voies ne coûte rien.
Et le geste de postuler aboutit le plus souvent chez l’entreprise elle-même : 44,5 % de nos annonces ouvertes renvoient au site de l’employeur, 34,9 % à un système de gestion des candidatures et 20,6 % à un portail ou à un prestataire. Sur une annonce de durée déterminée, cela signifie que votre dossier arrive chez la personne qui décide, sans marge d’agence intercalée.
Le passage chez l’entreprise locataire est protégé par la loi
La question que tout le monde pose sur l’intérim — l’entreprise peut-elle m’engager ensuite — reçoit en droit suisse une réponse inhabituellement nette, énoncée deux fois. Sont nuls et non avenus les accords qui empêchent ou entravent votre transfert à l’entreprise locataire une fois votre contrat arrivé à échéance (art. 19 al. 5 let. b LSE). Sont tout aussi nuls les accords qui entravent ou empêchent l’entreprise locataire de conclure un contrat de travail avec vous à la fin de la mission (art. 22 al. 2).
Une seule exception subsiste, étroite : le bailleur peut exiger une indemnité de l’entreprise lorsque la location a duré moins de trois mois et que vous y reprenez une activité moins de trois mois après sa fin, au maximum le montant des frais d’administration et du bénéfice d’un engagement de trois mois, dont il faut déduire ce qui a déjà été versé (art. 22 al. 3 et 4).
En pratique, une mission de trois mois ou plus ne coûte donc plus rien à convertir en poste fixe. C’est la raison pour laquelle, pour beaucoup, l’agence n’est pas l’alternative au poste fixe mais le détour qui y mène — et pour laquelle une agence qui vous décourage de passer chez le client s’appuie sur une clause que la loi déclare nulle.
Ce que l’ORP et le Job-Room couvrent gratuitement
Le service public de l’emploi est l’alternative la moins souvent comptée, alors qu’elle ne coûte rien. Après l’inscription auprès de l’office régional de placement, vous avez accès au conseil personnel, au placement et à l’enregistrement dans le Job-Room ; arbeit.swiss décrit l’objectif comme une réinsertion rapide et durable sur le marché du travail, avec un conseiller qui vous accompagne pendant toute la durée du chômage.
Deux réserves. L’offre s’adresse aux personnes au chômage ou menacées de l’être, et non à quelqu’un qui cherche une mission d’appoint en parallèle d’un emploi. Et si vous êtes inscrit, vos recherches d’emploi doivent être consignées dans le Job-Room ou sur le formulaire cantonal pour être prises en compte. Ce que vous trouvez chez nous est plus commode à parcourir, mais ne remplace pas cette inscription : le droit aux indemnités en dépend.
Le travail temporaire pendant le chômage relève par ailleurs du gain intermédiaire, ce qui modifie le calcul de l’indemnité journalière. Cela se règle avec votre conseiller ORP avant d’accepter la mission, pas après.
À qui convient chaque voie
Prenez l’agence si vous avez besoin de travailler dans les semaines et non dans les mois qui viennent, si vous êtes dans la construction, l’industrie, l’hôtellerie-restauration ou les soins, si vous voulez constituer votre crédit temptraining, ou simplement si vous ne voulez pas mener la recherche vous-même. Ce dernier service est payé par l’entreprise locataire, jamais par vous.
Prenez SwissJobs.app si vous voulez voir qui engage réellement et postuler directement, avec un CV écrit pour l’annonce précise, en français, en allemand, en italien ou en anglais. Pour la plupart des personnes qui posent cette question, c’est le bon premier geste, parce que deux postes temporaires francophones publiés sur trois s’atteignent sans intermédiaire — et parce qu’un dossier suisse attend des éléments qu’un outil international n’en demande jamais : le permis, les niveaux CECR et le taux d’occupation en pour cent.
Et sachez ce que nous ne sommes pas. Nous ne vous engageons pas, ne versons pas de salaire, n’organisons pas de mission et ne gérons aucun fonds de formation. Notre part d’annonces de durée déterminée reste modeste, et elle est la plus faible là où le travail temporaire est le plus répandu : 2,2 % à Zurich. Si vous cherchez une mission pour la semaine prochaine dans un entrepôt zurichois, un appel à un bailleur autorisé ira plus vite que n’importe quel masque de recherche, le nôtre compris.
Les parts proviennent du fonds d’annonces ouvertes de SwissJobs.app, calculées le 25 août 2026. Une annonce compte comme temporaire ou de durée déterminée lorsqu’elle se désigne ainsi dans son titre ou dans son champ de type d’engagement (temporaire, durée déterminée, auxiliaire, sur appel, remplacement, intérim, contract, befristet). Les annonces qui ne mentionnent la durée que dans le corps du texte n’y figurent pas : la part réelle est donc probablement un peu plus élevée. Les régions sont attribuées d’après le champ de localisation. Les indications légales proviennent de la loi fédérale sur le service de l’emploi et la location de services (RS 823.11) dans sa version du 1er janvier 2026 et de l’ordonnance fédérale sur les émoluments, lues en français sur fedlex. Les chiffres de branche viennent de swissstaffing, association patronale des prestataires de personnel, et sont désignés comme tels. Les offres des prestataires cités ont été lues sur leurs sites le 25 août 2026.
Sources
- Loi fédérale sur le service de l’emploi et la location de services (LSE), RS 823.11
- Ordonnance sur les émoluments, commissions et sûretés dans le domaine de la LSE, RS 823.113
- Registre fédéral LSE — entreprises autorisées à placer et à louer des services
- CCT location de services — tempservice
- temptraining — fonds de formation continue pour travailleurs temporaires
- swissstaffing — le travail temporaire en détail
- arbeit.swiss — demandeurs d’emploi
- Job-Room — la plateforme publique de l’emploi
- Adecco Suisse — prestations et générateur de CV gratuit
- Manpower Suisse — page d’accueil et mise en garde sur les demandes de paiement
- Coople — location de services par plateforme
Questions liées
Ce que notre index d’offres dit du marché suisse
Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.
Langue de rédaction des annonces
- Deutsch
- 60%
- English
- 23%
- Français
- 13%
- Italiano
- 3%
Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant
- Deutsch
- 70%
- English
- 43%
- Français
- 21%
- Italiano
- 3%
19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%






