Faut-il payer une agence de placement ou un service de candidature en Suisse ?
Mis à jour:
En bref
Quiconque place des personnes contre rémunération en Suisse a besoin d'une autorisation de l'office cantonal du travail, et ce qu'il peut demander au demandeur d'emploi est plafonné au niveau fédéral : 45 francs au maximum de taxe d'inscription, une seule fois par ordre de placement, et 5 % au maximum du premier salaire annuel brut comme commission. Celle-ci n'est due que lorsque le placement a abouti à un contrat de travail. Un service qui rédige votre CV, vous coache ou envoie vos dossiers ne place personne et échappe à ces règles.
Cette page expose les règles fédérales et ne saurait se substituer à un avis juridique. L'office cantonal du travail délivre et retire les autorisations et conserve l'autorité compétente en matière de cas particuliers. Avant de signer, toute personne concernée par des indemnités de chômage doit éclaircir une dépense de ce type avec son ORP.
La première question à considérer est de déterminer quel est le métier qui vous est proposé. En ce qui concerne le placement, il s'agit d'une autorisation, d'un contrat écrit et de deux plafonds. Par contre, le service de candidature payant ne comporte aucune autorisation, aucun registre public, aucune limite légale au prix et aucune obligation quant à l'existence d'un poste à la fin : en effet, ce que vous payez est simplement ce qui a été convenu, rien de plus.
État au 18 septembre 2026, apprentissages et stages exclus. La part des placeurs est un minimum : les sociétés dont le nom ne trahit pas l'activité comptent ici comme entreprises.
- Le placement à titre onéreux est soumis à autorisation de l'office cantonal du travail.
- Taxe d'inscription : 45 francs au maximum, perçue une seule fois par ordre de placement.
- Commission de placement : 5 % au maximum du premier salaire annuel brut, due après la signature seulement.
- En location de services, toute taxe, avance ou retenue sur salaire exigée du travailleur est nulle.
- Un coaching ou une rédaction de dossier n'est pas du placement : aucun de ces plafonds ne s'y applique.
Deux métiers qui portent presque le même nom
La loi ne connaît qu'une activité : celui qui, régulièrement et contre rémunération, s'entremet en Suisse entre des demandeurs d'emploi et des employeurs en vue de la conclusion de contrats de travail a besoin d'une autorisation d'exploitation de l'office cantonal du travail. Le placement depuis ou vers l'étranger exige en plus une autorisation du Secrétariat d'État à l'économie.
Tout le reste tombe à côté de cette définition. Rédaction de CV, coaching de carrière, abonnement qui expédie des candidatures en votre nom : rien de tout cela ne vous met en présence d'un employeur déterminé pour signer un contrat, donc rien de tout cela n'est du placement. Ce n'est pas un jugement sur la qualité, c'est une qualification qui a des suites, car toute la mécanique protectrice de la loi y est suspendue.
Pour un demandeur d'emploi, l'effet est net : la même facture de quelques centaines de francs est, dans un cas, un dépassement d'un plafond légal et, dans l'autre, un prix parfaitement licite. Demander lequel des deux métiers vous est vendu revient à savoir quelles règles s'appliquent.
Ce qu'un placeur autorisé peut facturer
Le Conseil fédéral fixe les montants, et ils sont bas. La taxe d'inscription s'élève à 45 francs au maximum, que le placement se fasse en Suisse ou à l'étranger, et ne peut être perçue qu'une fois par ordre de placement. Ce plafond tient même si le placeur diffuse votre profil dans un organe de publication qui lui appartient. Si plusieurs placeurs collaborent au même ordre, la taxe ne peut être perçue plusieurs fois, et un ordre resté sans succès est réputé éteint au plus tôt après six mois.
La commission de placement s'élève à 5 % au maximum du premier salaire annuel brut. Pour un engagement de douze mois au plus, elle se calcule sur l'ensemble du salaire brut convenu. Elle n'est due qu'à partir du moment où le placement a abouti à la conclusion d'un contrat : une facture pour des efforts sans résultat n'a pas de base légale. La TVA sur la commission peut en revanche vous être transférée, même si le plafond s'en trouve dépassé.
Les prestations bénéficiant d'un traitement spécifique peuvent être facturées séparément. Cependant, l'ordonnance stipule ici une limite qui est pertinente en pratique : cette indemnité ne peut être déterminée sous forme de montant forfaitaire ni en pourcentage du salaire. Par conséquent, un tarif global pour le placement ne peut pas être considéré comme une prestation particulière.
Les clauses nulles de plein droit
Lorsque des honoraires sont perçus pour un placement, il est essentiel que le contrat avec le demandeur d'emploi soit établi par écrit et précise les services du placeur ainsi que ses honoraires. Deux types d'accords sont explicitement considérés comme nuls : ceux qui vous empêchent de vous adresser à un autre placeur, et ceux qui vous imposent de verser à nouveau la commission si vous concluez ultérieurement un contrat avec le même employeur sans l'intervention du placeur.
La location de services est plus stricte encore. Lorsque vous êtes employé par un bailleur de services et travaillez dans une entreprise locataire, sont nuls les accords qui exigent de vous des émoluments ou des prestations financières préalables, comme ceux qui empêchent ou entravent votre passage dans l'entreprise locataire à l'échéance du contrat. Si le bailleur ne possède pas l'autorisation nécessaire, son contrat de travail avec vous est nul, et le code des obligations règle les suites.
Nul signifie sans effet, même signé. Ce qui en découle dans un cas concret est une question pour l'office cantonal du travail ou pour un conseil juridique, pas pour un site.
Comment savoir à qui l'on a affaire
Le Secrétariat d’État à l’économie tient un répertoire public des entreprises autorisées de placement privé et de location de services. Il se consulte librement, et une société qui place des gens sans y figurer mérite une question, à elle-même, ou à l’office cantonal du travail qui délivre et retire les autorisations.
Le second test est le contrat. Pour un placement payant, l'écrit n'est pas une politesse mais une exigence, et le texte doit dire ce qui est payé et pour quoi. Si ce qui arrive est un formulaire avec un forfait unique, vous pouvez demander quelle ligne est la taxe d'inscription et laquelle est la commission : la réponse classe l'offre d'elle-même.
L'autorisation est cantonale, les plafonds sont fédéraux. L'office compétent et sa rapidité varient donc d'un canton à l'autre ; les 45 francs et les 5 %, non.
Qui publie réellement les annonces en Suisse
Les placeurs sont très présents sur le marché, et leurs annonces ne coûtent rien aux candidats. Dans nos propres offres, au moins 12 % environ des postes ouverts proviennent de sociétés de placement et de recrutement identifiables plutôt que de l'entreprise qui embauche, et le plus gros annonceur à lui seul est un cabinet de recrutement, avec environ 8 % de toutes les annonces. Les deux chiffres à l'état du 18 septembre 2026, apprentissages et stages exclus.
Cette part est un minimum, pas une mesure complète : les sociétés sont reconnues à leur nom, donc un cabinet au nom neutre compte ici comme entreprise. Le constat tient quand même : une part importante des postes publiés se postule de toute façon auprès d’un intermédiaire, et là c’est le mandant, l’entreprise qui veut repourvoir le poste, qui paie.
C'est pourquoi la question de payer se pose rarement : la rémunération par l'employeur est le modèle courant de ce marché. Une offre qui vous réclame de l'argent n'est pas malhonnête par principe, mais elle est l'exception et se lit comme telle.
Ce qu'une prestation payante ne promet pas
Ni la loi ni le contrat n'obligent un placeur à ce qu'un poste existe au bout. Ce que la loi règle, c'est le prix et le moment : commission après la signature seulement, taxe une seule fois, ordre éteint au plus tôt après six mois. Avec un service de candidature payant, même ce lien disparaît : vous achetez un travail, pas un résultat.
Qui touche des indemnités de chômage dispose en plus de l'ORP. Le service public de l'emploi conseille et place gratuitement, et les cours passent par le conseiller. Savoir si une facture privée a du sens dans cette situation est une question à poser là-bas avant de signer, pas après.
La distinction du début reste l'outil véritable : d'un côté un placement soumis à autorisation avec deux plafonds, de l'autre une prestation librement convenue sans aucune limite de prix. Lequel des deux vous est proposé figure dans le contrat.
Textes légaux consultés le 22 septembre 2026 sur fedlex.admin.ch : loi sur le service de l'emploi et ordonnance sur les émoluments, dans leur version en vigueur. Parts de marché tirées de nos propres annonces, état au 18 septembre 2026, apprentissages et stages exclus.
Sources
- Loi sur le service de l'emploi (LSE), art. 2, 8 et 9, et art. 19 sur la location de services
- Ordonnance sur les émoluments LSE : taxe d'inscription et commission de placement
- Répertoire des entreprises autorisées de placement et de location de services (SECO)
- arbeit.swiss, service public de l’emploi et ORP
Questions liées
Ce que notre index d’offres dit du marché suisse
Calculé en direct sur notre propre index, non repris d’une étude. Uniquement des parts, à ce jour.
Langue de rédaction des annonces
- Deutsch
- 60%
- English
- 23%
- Français
- 13%
- Italiano
- 3%
Parmi les annonces exigeant une langue, la part demandant
- Deutsch
- 70%
- English
- 43%
- Français
- 21%
- Italiano
- 3%
19% publiées ces 7 derniers jours · Principaux marchés: Zürich 18% · Bern 10% · Genève 5% · Basel 5%